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04 décembre 2007

Commentaires

pampero

Une hirondelle ne fait pas le printemps. Un intellectuel français ne fait pas l'hiver

le chafouin

Pourtant les alter européens, ceux qui ne disent pas non à l'Europe mais qui en voudrant une autre,alertent depuis bien longtemps sur ces dangers. Jamais on ne les écoute. Elargir plutôt qu'approfondir a toujours été le credo de Bruxelles, on voit où ça nous mène.

YMB

Pour la reprise de l'approfondissement européen, je ne vois guère pour l'instant que la régionalisation à venir (demain la Belgique, après-demain l'Espagne et le Royaume-Uni ?). Les nouveaux "petits" états n'ayant jamais eu accès à certaines compétences (politique étrangère notamment), ils auront je pense moins de mal à en transférer une partie à un échelon où elles sont plus adaptées (politique étrangère de nouveau).

Pour l'heure, à voir la qualité des négociations sur un budget européen en baisse, je pense comme M. Bourlanges que nous sommes arrivés à un pallier.

romain blachier/lyonnitude(s)/socdem

ça fiche un coup au moral.si bourlanges, aprés rocard ne croit plus ne l'europe, qui va y croire?

Fer

Il y a désormais plus de sensibilités centristes que trotskystes en France.

Ha non, en fait ça fait déjà longtemps.

Fer

Au fait, avez-vous lu le dernier rapport constatant le très faible turn-over des députés européens d'un mandat sur l'autre ?

La faute à la fonctionnarisation de la fonction, sans doute. Qui, déjà, était en faveur des scrutins de liste et de la proportionnelle ?

Gus

La baisse du budget européen n'est que cosmétique : elle ne résulte que des écarts considérables entre les prévisions de dépense de la PAC et leur réalisation effective.

Va-t-on se plaindre si l'europe de l'est finalement préfère se dispenser de subventions (et des règlementations qui vont avec) ?

Cet écart à lui seul a permis à l'Union de trouver les deux milliards et demi qui lui manquaient pour se payer les trente satellites de Galileo, équivalent en coût à la moitié de ce que Sarkozy a promis pour les universités ou que 1.5% de la valeur d'EDF.

L'Union n'est donc point si pauvre. Par contre, elle est assez mal placée pour exiger des états-membres de la rigueur budgétaire quand elle même se comporte comme la première administration de province en se payant ses caprices de fin d'année avec les excédents de gestion de l'argent qu'elle gère. Et il faudrait augmenter son budget, encore ?

Assistant parlementaire

Ce n'est pas faute pourtant d'avoir vu leurs idées guider l'Union européenne jusqu'ici.

Seulement voilà il y a des réalités que l'on ne peut pas ignorer, ces réalités ce sont les Etats et les différences entre les cultures européennes.

Une fois que celles-ci auront été prises en compte cela ira beaucoup mieux, promis.

Aetius

Oui le chafouin, une autre Europe est possible.

Jean-Louis Bourlanges est un grand garçon. Quand il dit : "l'hétérogénéité des économies et des sociétés, le réveil des identitarismes et l'absence de menace extérieure forte et spécifique rendent extrêmement difficile tout progrès important."
Oui, tout part en vrille et, plus grave encore : une grande partie de l'Europe, celle des six de son origine, est menacée de perdre énormément d'emplois, au bénéfice des moins avancés de cette pseudo entité (pourquoi pas ?) et de nouveaux très grands à bon marché (Chine, Inde, Brésil).

Si cette mondialisation à sens unique n'est pas une menace extérieure forte ? Ouvrez les yeux, JLB !
L'observable d'aujourd'hui n'est qu'un début. Et les cons n'ont pas terminé leur oeuvre.

Que les adeptes du cycle "destructions créations" me racontent :
- les miettes qui sortent des chantiers navals de Saint Nazaire ou de la Ciotat,
- les nouveaux wagons TGV qui proviennent du Canada,
- les bienfaits d'un carnet de commandes Airbus qui alimenteront des usines au pays du Yin et du Yang,
- l'arrivée de la Logan dans des pays traditionnellement constructeurs, bientôt désindustrialisés,
- la présence de conserves de haricots "made in China" dans nos hypers...

Les libéraux se marrent ?

Tout ça pour devenir :
- équipier souriant chez McDo,
- vendeur gracieux à temps partiel de pompes indonésiennes,
- livreur motorisé de pizzas chez Rapidégueux,
- prof de philo en fac sponsorisée,
- pianiste intermittent sur Yamaha laqué,
- électeur aphone devant le traité de Lisbonne,
- chasublé "qui peut nous aider" dans un hangar à fripes d'origines exotiques,
- moulinés chez Moulinex,
- lecteur d'une presse multiple où seul le titre change,
- dévoreur asservi de culture devant la Starac,
- heureux plaisancier au Club BQS (Bords de Quais de Seine) en hiver...

Les assujettis à l'ISF se bidonnent ? Quel avenir radieux pour nos enfants !

"L'Europe est donc surdimensionnée institutionnellement. Elle l'est d'autant plus que deux des principales compétences que lui ont concédées les Etats, la concurrence et la monnaie, sont dépolitisées. Assemblée politique d'une Union qui n'aime pas la politique, le Parlement européen, même s'il ne cesse de grignoter du pouvoir, fait trop souvent figure de porte-avions condamné à faire des ronds dans l'eau."
Et ça sert à quoi, dans la vie de tous les jours, ce machin ? Ah oui, la paix ! Mais la guerre est économique : les difficultés engendrées et croissantes non résolues par nos "élites" vont inévitablement favoriser une crainte en l'avenir, traduite par un repli sur soi ou une réécriture complète et entière du modèle ? Qui a dit destruction création ?
J'espère, à travers ce sentiment, que les peuples vont prendre conscience des limites du libéralisme sauvage, bien parti pour s'autodétruire. Ouf.

Et JLB de conclure : "Entre l'UMP, le MoDem et le Nouveau Centre, les enfants de l'UDF n'ont le choix qu'entre une reddition, une secte et un camp de réfugiés.."
Je traduis : un régent despote, un illusionniste et un bouffon. De toute façon, l'UDF...

thierryl

Mouais... cela ne me semble pas un manque d'argent, mais à l'origine un manque d'idée et d'ambition de la part de l'Europe.
On s'est, il me semble, assez posé de questions sur nous-mêmes dans les années 90, quelle forme politque l'Europe devrait-elle revêtir ?
Trop d'introspection tue l'action...
Pendant ce temps une entreprise "modeste" genre Google se lance dans les énergies renouvelables, et sans qu'un Etat ou une institution le lui ai demandé parce que c'est inclus dans le plan quinquennal de progression et de croissance d'un gouvernement fédéral, lol.
Globalement, si l'Europe veut une place dans le monde, qu'elle commence d'abord par se poser la question de ce qu'elle veut apporter au monde, les pays africains par exemple...
Mais pleurer sur les idéologies passées, la perte du sens collectif (combien de morts, d'ailleurs, pour entretenir au XXeme siècle l'illusion du collectivisme fachiste et les trotskystes font partie du lot), comme le fait Bourlanges, cela ressemble plus à une amertume isssue d'une grande détresse intellectuelle, et qui ne fait rien avancer...
Cela même aurait pu apparaître comme une forme de trahison intellectuelle au yeux des Lumières, qui étaient loin de manquer d'enthousiasme et d'imagination.
Le monde est tel qu'il est, bien fous sont ceux comme Bourlanges qui se réveillent en fin de vie en détestant ce qu'ils ont adoré... ils ont perdu la foi c'est tout, mais ce n'est vraiment pas pour cela qu'il faut baisser les bras.

Fer

Je me demandais combien de temps passerait avant que quelqu'un n'évoque l'évidente proximité intellectuelle entre l'Union et la défunte URSS psot-kroutchévienne.

Même dans la comm millimétrée ou dans le recours à un parlement fantoche ça se voit.

Gus

"où sont les verrous à faire sauter"

Alexandre Delaigue a écrit beaucoup de choses à ce sujet sur econoclaste. Selon ma lecture, du moins.

Noel Bairel

sur le même sujet il a déja fait une sortie dans l'esprit publique il y a quelques semaines:

http://www.dailymotion.com/relevance/search/bourlanges/video/x3ik1b_bourlanges-quitte-le-parlement-euro_news

pas perdus

En toutes choses, nul n'est indispensable.

Bourlanges a suffisamment passé de temps au parlement européen.

Il était député européen depuis 1989 : ça ne lui fera pas de mal de retourner à la vie civile...

Au-delà du cas présent, y a pas de politiques qui devraient arrêter de se cramponner à tout prix à leurs mandats...

D'ailleurs, le législateur devrait imposer un retour à la vie civile après un ou deux mandats... ça en reconnecterait certains à la réalité de leurs concitoyens.

Fr.

Les rêves imparfaitement démocratiques finissent par lasser. Il fallait faire élire la Commission au suffrage universel direct. Ce n'est pas trop tard.

sumac

Grosse déprime, page tournée, c’est quand même pas déjà le grand âge ?

La question est plus de savoir pourquoi Jean Louis Bourlanges abandonne son mandat de député européen que de constater son pessimisme et sa résignation.

Dans son interview rien de bien neuf ! Alors pourquoi maintenant ?

L’Europe c’est pourtant comme ça que ça fonctionne : petits pas , consensus mous et puis de temps en temps des avancées notables et des leaders hors du commun.

L’extension de l’Europe : que deviendraient les Européens de l’Est avec Poutine qui montre les dents. Il fallait élargir .

Il n’y a pas réveil de l’identitarisme, mais bien plutôt des réactions épidermiques dues à l’accueil de lointains cousins oubliés depuis longtemps, des grognements et puis aussi de divines surprises comme l’éviction d’un des deux jumeaux polonais et l’envie d’Europe des citoyens de l’Est. L’hétérogénéité des économies est une bonne chose pour nous préparer à plus difficile. Le Far- East est plein de promesses avec des taux de croissance intéressants. Pourquoi ne pas voir le verre à moitié plein ?

Pas de menace extérieure forte ? Voire. Ce n’est en tous cas pas l’impression ressentie si l’on se place du point de vue économique.

Europe des Nations définitivement ? L’émiettement des états serait plutôt un coup porté contre cette Europe des Nations en les faisant éclater. Ce n’est pas parce que la région souhaite s’émanciper et voir reconnaître ses particularismes qu’elle demande moins d’Europe.

Alors oui le « partage nécessaire à toute vie collective » est remis en question, mais ce n’est pas qu’en Europe, c’est le problème de la démocratie à laquelle certains rêvent de substituer d’autres organisations. Pour défendre la démocratie les structures européennes sont plutôt un outil qu’un obstacle. L’ère Bush va se terminer bientôt , un monde multipolaire se dessine, pourquoi ne pas croire à une redistribution des cartes et à un sursaut européen ?

Le choix de ne pas choisir entre les différents morceaux se prétendant centristes et de ce fait de se retrouver bien seul , explique peut être cette résignation. En tout cas la fin de l’interview est surréaliste, Bayrou : Dieu le père après Mitterrand , étonnant en effet .

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