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26 novembre 2007

Commentaires

Leptitbenji

Juste un mot : Bravo !

Raveline

Tu as intérêt à être là demain que je puisse te féliciter de vive voix !

Olivier

La fiction pourrait s'avérer plus proche de la réalité que l'idée que l'on en a : il existe une recherche très poussée sur des outils de modélisation 3D à partir de systèmes de type "radar" qui, associés à une production de petites machines outils (notamment pour le bois) pourrait permettre à tout un chacun de reproduire la quasi totalité des petits objets en bois de la vie courante. Ces modélisation 3D pourraient être échangées sur le web ou ailleurs ...

Personne n'a la moindre idée de ce que permettra l'évolution numérique dans les 10,20 ou 30 prochaines années. Et il est probable que l'immense majorité des gens (décideurs ou simples citoyens) sous-estime, de manière très importante, ces évolutions possibles.

L'application des lois (et la définition des délits) est déjà dans l'impasse dans les problèmes des échanges numériques. Ce n'est qu'un début. Il deviendra vite imposssible aux états de suivre juridiquement l'évolution technique. On est entrés dans l'ère numérique ... il est temps que l'on en accepte les conséquences. Ceux (surtout dans les sphères dirigeantes et économiques) qui pensent pouvoir s'affranchir de cette révolution s'apprêtent à vivre des moments difficiles !

Spacey

Cette analogie est brillante. On dirait du Attali et c'est un compliment de ma part.
Je souscris complètement à tes réflexions sur le net-bashing en général. Ce qui me tracasse, c'est l'argument de l'"exception culturelle française" à préserver. J'ai peur que ce dogme suffise à maintenir les futures lois liberticides.
Ma seule réponse est le positivisme mais si cela se passe comme dans d'autres secteurs de l'économie, on est cuit (agriculture, médecine...)

Guillaume

Cet excellent article me fait penser à une réflexion sur l'Open-Source à laquelle je réfléchis depuis quelques jours et la sortie du rapport Olivennes et des nombreux commentaires afférents.

Le principe de l'Open-Source est simple: il consiste en la mise à disposition sans contraintes (ni garanties) de la source d'un objet numérique: le code d'un logiciel, les pistes d'une chanson... Il est donc possible à un utilisateur d'en bénéficier sans autre coût que celui de la bande-passante consommée.

Le premier point à noter est que ce type de modèle est en phase à la fois avec l'évolution de la distribution de contenus à l'ère des technologies numériques (ie, le coût marginal de distribution est nul) et avec les pratiques de consommation des internautes (j'ai ce que je veux, disponible tout de suite). Il serait tentant de supposer que cette gratuité entraîne une absence nécessaire de revenus générés.

Que constate-t-on cependant? Que des business-models viables se mettent en place autour de ce type d'activité, parce que des entreprises et des individus se montrent capables de fournir des prestations qui créent une valeur ajoutée au-delà de la simple mise à disposition. Pour reprendre l'exemple des baskets, elles sont certes gratuites et copiables, mais le service rendu par l'artisan que vous rémunérez pour en assurer la customisation et l'entretien sont tout à fait susceptibles de vous fournir un revenu.

Ce modèle est également le garant d'une certaine conception de la liberté de l'individu. Il arrivait régulièrement qu'un consommateur achète un CD pour découvrir que seules quelques unes de ses chansons lui plaise vraiment. Ce phénomène diminuait l'utilité obtenue par ledit consommateur après avoir acheté son CD. Le modèle Open-Source renverse cette situation: désormais, le coût d'essai est nul et vous pouvez expérimenter à votre guise. L'acheteur ne paie plus que pour des éléments choisis (et non subis) qui lui confèrent une utilité plus grande (je paye pour avoir une paire de baskets qui me ressemble et non simplement pour avoir une paire de baskets).

Un autre aspect important tient à l'efficacité économique intrinsèque des modèles Open-Source. Ils permettent notamment la mutualisation d'efforts de développement (exemple: Apache, technologie Open-Source répondant aux besoins de 60% des serveurs web de la planète) et donc une économie liée à la non-répétition d'une même tâche, offrant à un autre acteur une base sur laquelle construire et le temps libre pour le faire. Les différents projets Open-Source bénéficient donc les uns les autres des avancées réalisées par chacun. Une rapide analyse des coûts d'opportunité (je peux consacrer à un autre projet le temps que je ne passe pas à développer l'existant à nouveau) permet une évaluation intuitive de la valeur supplémentaire créée.

Je suis convaincu que ce type de modèles pourrait apporter des perspectives intéressantes dans la façon dont nous pouvons concevoir aujourd'hui la distribution de contenus en ligne. Loin d'un débat de principes opposant l'irréductibilité du droit d'auteur aux partisans du tout-gratuit, des solutions pragmatiques ont le potentiel nécessaire pour se créer une place sur le marché.

+1 pour le dessein ! ;-)

Pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les business-models de l'Open-Source, un rapport intéressant est disponible ici (en): http://www.forfas.ie/publications/show/pub238.html ou encore une présentation de faberNovel Consulting sur le sujet ici (fr): http://tinyurl.com/3d7l6c.

thierryl

Cela ne saurait être qu'un projet national, Versac.
Il peut être d'impulsion nationale, mais c'est au niveau Européen qu'il faudra vouloir, prévoir et concevoir les aménagements institutionnels et constitutionnels, pour rendre possible les nouvelles formes de création par Internet.

Hélas, vous reconnaîtrez aussi qu'il n'y a pas que le triste exemple donné par Olivennes en France. cet arbre qui cache la forêt...
Doit-on maintenir, sous toutes ses formes existantes, le mécénat public de la culture sous prétexte d'exception française ?
La culture doit-elle rester affaire d'Etat ?

Je ne sais pas si vous allez jusqu'à cette extrémité...

La Politique pour les Nuls

Je trouve un peu illusoire de considerer que le peer-to-peer represente un meilleur acces a la culture pour tous.

Selon moi, et c'est le cas d'Internet en general, le P2P represente surtout le relativisme culturel: Diams cotoie Brel et les Stones. Le pire cotoie le meilleur, sans aucune hierarchisation.

De plus le P2P ne nuit pas tant aux artistes confirmes, qu'aux nouveaux artistes qui peinent a se faire financer par un label.

Le debat meritait d'etre lance!

Pour ma part, je reviens sur la prochaine conference de paix israelo-palestinienne:

http://lapolitiquepourlesnuls.blog.20minutes.fr/

versac

Raveline : les félicitations, c'est bien, les verres, c'est encore mieux :)

Olivier : oui, les imprimantes 3D sont déjà à un stade avancé. De là à produire la basket de son choix dans 20 ans, je ne pense pas, mais enfin, oui, on peut imaginer qu'on n'est pas loin de la fin d'un monde industriel. C'est beau sur du papier, mais on tente toujours de maintenir ce monde à la première fissure dans la première industrie.

Guillaume : il est évident que l'open source, s'il n'était diabolisé (par les pouvoirs publics plus que par les acteurs économiques), servirait de modèle à plein de nouveaux modèles de création de valeur.

thierryl : je ne sais pas juqu'à quelle extrémité je vais. La question dépasse la France, c'est certain, mais elle peut aussi avoir une définition nationale (nous disposons de moyens internes de financement). Et surtout, les deux questions de l'exception culturelle et du droit d'auteur me semblent distinctes, et ne pas relever de la même approche. L'une est un défi à relever, un problème posé par la réalité. L'autre est une politique à mener, qui doit tenir compte de cette réalité.

Markss

Je trouve ce post doublement puissant, puisqu'il met en pratique ce qu'il dit tout en le disant : grâce au nouveau régime technologique, la copie à l'infini est possible : Alexandre Delaigue avait eu strictement la même idée il y a de cela deux ans, sauf que lui avait inventé une machine à multiplier les pains.

Je me rappelle de ce post parce qu'il m'avait beaucoup marqué, c'est à ce moment là que je m'étais dit qu'éconoclaste était un site génial et que ce qu'on y lisait était beaucoup mieux que tout ce que j'avais pu avoir accès hors internet. Loin d'y voir un quelconque plagiat (ou piratage, puisque c'est le sujet), je pense qu'il t'a fait le même effet et qu'une réminiscence a surgi des profondeurs vers cette page, illustrant involontairement ton propos.

Avocat du diable

Olivennes ne fait pas son choix au hasard : les baskets sont copiables.

à 90%.

Je veux dire que plus de 90% du prix de vente d'une basket n'alimente pas son fabricant, comme pour la musique.

Et c'est pareil pour la musique (même en piratant, il reste quelques frais à la charge de l'internaute)

Le coût de fabrication d'une basket est au plus de 10% de son prix de vente.

C'est donc uniquement par le concours permanent des forces de l'ordre qu'on ne peut pas trouver des baskets partout à vil prix.

Pour les baskets comme les CDs, ce sont les 90% restants qui font vivre touts ceux qui imaginent de nouvelles baskets, etc.

Autrement dit, le modèle imaginaire que vous vantez existe déjà : c'est le monde de Nike, Adidas et Reebok, qui n'existe que par la lutte permanente des pouvoirs publics contre la contrefaçon. Tout ce que demande Olivennes, c'est de disposer des mêmes possibilités que celles offertes à Nike, Lacoste, Chanel,etc. : la possibilité d'enquêter sur les traficants et les poursuivre.

Vonric

D'accord sur le fond, juste un bémol concernant "Partout, chacun peut imaginer des baskets, et les lancer sur le marché, les rendre accessibles aux autres": pensons a la sécurité. Autant Adidas, Nike ou Puma sont identifiable, règlementés et doivent répondre des défauts de leurs chaussures, autant cette sécurité disparait lorsque on ouvre grandes les portes. En effet un autre mode de contrôle est a inventer...

versac

Markss : c'est sans aucun doute très exactement ce que tu décris. J'avais évidemment lu l'article d'Alexandre, et tu me le remets en tête. Je vais le lier en bas d'article, d'ailleurs, l'explication du subconscient qui remonte est très juste.

Avocat du Diable : il y a une différence, malgré tout, qui tient au fait que, quand j'achète une basket, elle m'appartient, et n'est pas copiable à l'infini en tant que telle. On peut d'ailleurs noter un mouvement d'hyper personnalisation, de montée des petites séries, des objets quasi uniques, pour parer à l'immense banalisation. On peut gager que ce sera le cas pour la musique également (bootlegs, live, etc...).

Vonric : oui, bien sûr, la sécurité serait un sujet, et justifierait l'existence de business solides, avec des garanties, de la qualité, etc...

Charlie Echo

Quelques remarques :

* Open source
=============
C'est un fantastique modèle de développement, mais c'est un modèle VOLONTAIRE. Les développeurs mettent leurs travaux en commun volontairement, pour profiter du travail d'autrui. D'autres développeurs peuvent dire "je ne me place pas dans un cadre open-source" et ça marche aussi.

Pour la musique, c'est pareil : certains artistes donnent leur musique gratuitement (Creative Commons) et d'autres veulent faire payer leur musique.
Pourquoi ne pas respecter leur choix ?

* Conscience de la propriété intellectuelle
===========================================
Sur un site qui propose un "tutoriel" pour utiliser un logiciel de téléchargement, on lit, en en-tête : "boycottez le site XXX : il a copié notre tutoriel sans nous prévenir, et il a donc volé notre propriété intellectuelle".
Savoureux !

* Comparaison basket / musique
==============================
Et si vous étiez concepteur de vêtements, et qu'on vous disait "demain, on ferme boutique. C'est fini, la technologie nous a rattrapés". Qu'en diriez-vous ?
Et après-demain, vous continueriez à copier les baskets d'hier ? (imaginez porter les baskets en cuir des années folles...)

N'est-il pas normal que la filière musicale lutte, pour continuer à créer ?

* Les sommes économisées sont ré-investies ?
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Nous vivons dans une économie de services ; une énorme partie de notre PIB est due au travail intellectuel, à la création, car la production est trop chère.
Alors pourquoi tuer cette partie-là de l'économie ?
Si le ré-investissement se fait au profit de produits importés, est-ce bon pour nous ?

Pour résumer ma pensée
======================
Oui, il faudrait que tout soit gratuit ; sauf mon boulot.

Jerome

Je rajouterais juste un petit mot: quand tu dits "Est-ce la mort de la culture ?" j'ai envie de dire que non aussi bien au contraire même car ceux qui vont en souffrir c'est des "artistes" TF1/Universal. Les mannes a fric des majors qui eux n'en resortirons pas. Deja qu'on assiste presque à leur mort en direct (pas de tube de l'été cette année, aucun groupe/chanteur phare, les anciennes stars comme Jennifer Lopez ou Britney ne vendent plus rien comme album). Par contre, ceux qui innovent, les véritables artistes et non pas ceux qui chantent uniquement pour satisfaire les bénéfices des majors, eux vont s'en sortir grandis. Un bon point pour la culture donc.

Infreequentable

Finalement, tout cela n'est qu'un épisode des "destructions créatrices" décrites par Schumpeter.

Elles annoncent la fin d'un cycle long de Kondratiev (30 ans de croissance, 30 ans de décroissance) qu'on voyait bien, jusque là, s'inscrire dans le dernier cycle 1945/1974 - 1974/2004... Et les destructions créatrices ayant commencée dans les années 80 (l'informatique, les biotechniques, l'explosion des bulles immobilières, la fermeture des industries lourdes, acier, charbon, demain le dernier avatar : "la culture à l'ancienne" ?)

Le prochain cycle montant devrait être stoppé vers 2034 pour faire retomber l'économie mondiale dans une crise lourde en 2064 avec de nouvelles destructions créatrices dès les années 2050.

Juste pour les incroyants, on peut aussi remonter le précédent cycle long vers 1880/1914 puis 1914/1945 (pour la descente aux enfers) avec la guerre de 1870 comme destruction créatrice et les révoltes des années 80 du XIX° siècle : on était sortie de la crise par la colonisation en plein essor...

Et encore avant, 1848/1880, 1815/1848, puis encore avant... veille des chamboulements majeurs en europe (guerre d'indépendance des USA, fragilité économique de la France qui a accouché d'une révolution, troubles dans les Balkans, effondrement de l'empore Ottoman).

Bref, le tout est lié aux flux et reflux de la démographie.

versac

Charlie Echo :
"
Et si vous étiez concepteur de vêtements, et qu'on vous disait "demain, on ferme boutique. C'est fini, la technologie nous a rattrapés". Qu'en diriez-vous ?
Et après-demain, vous continueriez à copier les baskets d'hier ? (imaginez porter les baskets en cuir des années folles...)"

J'ai, il me semble, expliqué que la colère ou le désarroi de ces acteurs est légitime. Comme l'était celui des conducteurs de fiacre face à la voiture.
Et présenter les choses ainsi (continuer à porter des chaussures des années folels), c'est croire qu'on n'améliorera plus les baskets. Je pense justement que c'est le contraire. Rien ne me dit que la création sera empêchée, que la musique sera moins bonne, que la production de cr"ations incroyables, émouvantes, culturellement riches sera impossible à l'ère numérique.

Surtout, si j'en juge par l'immense démocratisation des moyens de production, il y a au contraire progrès de ce point de vue.

Mais perte de monopole...


Ol

Il est certain que sans la propriété intellectuelle pour permettre aux *artistes* de faire don lorsqu'ils le souhaitent de leur travail, nul doute que depuis bien longtemps un fatras de règlementations aurait abouti à ce que, comme c'est le cas par exemple pour l'eau, il faille payer pour obtenir ce qui est par ailleurs librement disponible.

Les artistes libres ne se porteront jamais mieux qu'avec une répression dissuasive du piratage : le rapport Olivennes est donc une bonne nouvelle pour le monde du logiciel libre.

sam_00

" Aujourd'hui, on semble ne voir, dans les pouvoirs publics, que ce qui part. Pas ce qui arrive. ON ne comprend pas que, si les usines de baskets disparaissent, et qu'il faut accompagner cette immense mutation, le bénéfice d'avoir le monde entier potentiellement chaussé de baskets est immense, incroyable, fantastique."

Je tiens à vous dire que cela ne date pas d'aujourd'hui! cela dure depuis plus d'un siècle!

Frédéric Bastiat a magnifiquement décrit ce problème de vision hémiplégique dans un texte magnifique: "Ce qu'on voit, et ce qu'on ne vois pas" http://bastiat.org/fr/cqovecqonvp.html

J'en recommande la lecture à tous ceux qui ne l'auraient pas déjà lu! Ce texte illustre parfaitement l'imbécillité de la réponse politique actuelle.

Et pour ce qui est de la gratuité, le même Frédéric Bastiat a, encore une fois, tout dit sur le sujet dans un autre magnifique texte : la "Pétition des marchands de chandelles" http://bastiat.org/fr/petition.html

Là aussi, tout est dit ... et cela depuis plus de 150ans!

C'est à se demander comment il est possible que nous en soyons encore là en France au 21ème siècle! Cela viens peut être du fait que, pour pouvoir lire les oeuvre de Bastiat en français, il faut les commander sur amazon USA?

sam

toto

Jerome, je ne pense pas qu'on puisse mettre TF1 et Universal dans le même paquet. Il me semble que TF1 ne fait qu'augmenter son pouvoir, en présentant toujours plus le monde extérieur à leur monde imaginaire comme apocalyptique (dans le 'journal'), et en bêtifiant toujours plus leur monde imaginaire avec des icônes (les stars, les 'pipeules') et des paillettes.
TF1 gagne toujours plus en vendant de l'espace pub toujours plus cher: le pont entre le monde réel et leur monde virtuel se renforce, s'épaissit à mesure que le monde virtuel de TF1 s'éloigne du monde réel.
TF1 s'en fout que les fictions achetées aux USA ne fonctionnent pas parce qu'elles sont piratées: elles représentent le monde réel, et ce qu'il faut renforcer, c'est les "bêtisiers".

Emmeline

"le bénéfice d'avoir le monde entier potentiellement chaussé de baskets est immense, incroyable, fantastique."

Notamment pour les vendeurs d'aérosols et de déodorisants pour chaussures (désolée pour le mauvais esprit).

Ou comment montrer avec pas mal de brio que Schumpeter et la destruction créatrice sont toujours d'actualité...

Alex

L'analogie entre "piratage" et "vol" ne tient pas pour une raison bien plus simple que cette analogie douteuse que vous développez: le piratage, juridiquement, c'est de la contrefaçon; pas du vol. Point.

L'analogie entre "basket" et "PI" ne tient pas plus: une "basket" c'est un bien matériel; de la "PI" c'est immatériel. Une machine à multiplier les baskets, sauf dans la Bible peut-être, ça viole les lois de Lavoisier: "rien en se perd, rien ne se crée blabla": on ne crée pas du "tout" à partir du "rien". Bref, tirer des conséquences pour un bien immatériel à partir "d'expériences" (imaginaires) menées sur un bien matériel, ça me semble léger, ne serait-ce que juridiquement parlant.

Franky

Je pense que le nœud du problème est surtout que l'industrie n'avait qu'à pas inventer et distribuer largement des outils qui permettent aujourd'hui de copier de la musique. N'est-ce pas hypocrite pour Sony de vendre des graveurs de CD, des lecteurs MP3, et de venir pleurer ensuite parce que les artistes Sony sont piratés ?
Je pense également qu'il est hypocrite de dire que le piratage est gratuit. Téléchargez des MP3 sur Internet, cela a un coup, celui de la connexion à Internet.
Enfin, les nouvelles technologies ont permis à l’industrie de créer ou de développer de nouveaux marchés : ceux des baladeurs MP3, des téléphones portables, les boutiques de téléchargement légal, …
Il faut bien penser que si le piratage pénalise les artistes, il a aussi créé des emplois, chez Apple pour concevoir iPod et iPhone, chez France Télécom pour développer le haut-débit, etc.
Ce sont donc d'autres acteurs de l'industrie qui bénéficient de ces nouveaux modes de consommation du public. Peut-être que les industriels devraient simplement être un peu plus solidaires entre eux…

le fou

Alex > quand bien même, l'immatérialité permettra tout autant de création (déjà au niveau des lecteurs mp3...).

Une analogie a toujours ses limites. Si on s'amuse à comparer A et B, puis à en noter toutes les inadéquations - sans se demander quel argument l'analogie sert à réfuter - alors on finirait par rapprocher les analogies pour en arriver à ne plus jamais en faire.

Quand on aura trouvé quelque chose d'assez immatériel pour être comparé à la musique sur le net, mettons un rapport de consultant, quelqu'un viendra dire que l'analogie n'est pas pertinente parce que dans la musique il y a des notes de musiques, dans un rapport de consultant il y a un travail de réseau et d'investissement etc. Puis comparer musique de concert et musique sur le net - mais l'odeur, la salle, l'ambiance, les gens...

Une analogie est forcément imparfaite dans sa forme : deux choses ne seront jamais identiques. L'objectif d'une analogie est de définir l'argument qu'on veut mettre à l'épreuve, et voir ce à quoi il est applicable.

Ici, l'argument qu'on met à l'épreuve est le vol, qu'on a voulu appliquer aux copies de musique.

Pour la contrefaçon, c'est une autre histoire.

Avocat du diable

Versac, sans animosité aucune, permettez-moi de vous répondre : la musique est certes facile à copier pour vous, mais, pour un entreprenant couturier chinois, il est certainement plus simple de réussir dans sa cave à copier un polo lacoste ou une paire de Nike que de se procurer sur internet une reproduction du CD de Nusrat Fateh Ali Khan.

La "démocratisation" dont vous parlez ne concerne guère que les 10% de la population française les plus instruits : ceux qui savent à la fois se servir d'un ordinateur, d'internet, qui disposent d'une connexion ADSL fiable et performante, qui ont une culture musicale et qui souhaitent l'enrichir. Sinon, quel serait le sens de permettre l'assistance informatique parmi les jobs éligibles en CESU ?

Enfin, quand vous parlez de la forme encore majoritaire de commercialisation de la culture, c'est à dire, un objet portant une reproduction du truc qualifié d'oeuvre même lorsque c'est Nolwenn Leroy qui chante, l'objet n'est pas davantage reproductible en tant que tel qu'une paire de basket : le recours à un appareillage spécialisé est tout aussi nécessaire que pour reproduire des baskets et des polos. Quand à l'oeuvre dématérialisée, elle est tout aussi reproductible que l'a toujours été le plan d'un bâtiment, un schéma, un dessin, un projet, une texture pour habillage graphique, une fonte, etc.

forlis

Versac, je vous lis depuis la campagne présidentielle, avec un intérêt constant.
Je voulais vous demander : ce pseudoynyme, c'est un hommage à la pièce de théâtre de Jean-Louis Laya, L'Ami des Lois, qui défraya la chronique en janvier 1793, semant la tempête à la Convention en plein procès de Louis XVI? (l'histoire se passe chez M. et Mme (de) Versac).
Cela rendrait votre position politique difficile à déchiffrer : cette comédie, calquée sur le canevas de L'Ecole des Femmes, est d'inspiration Girondine, mais votre homonyme dans la pièce est un ci-devant impatient de voir l'Armée des Princes et l'émigration déferler sur la France!

Sulimo

Olala...
Je tâche de respirer un bon coup avant d'écrire tant ce tissu de vérités non-argumentées et de raisonnement "vaporeux" est conserternant...

Merci à Alex pour avoir pointer l'inanité de la comparaison, c'est du grand n'importe quoi, à placarder en exemple dans toute école de rhétorique. Poussé à ce point je pense même que c'est de l'Art !

Pour le "reste" (oooohh que c'est merveilleux je télécharge tout gratos le progrès c'est supeeeeer) il va quand même falloir faire un petit effort intellectuel messieurs dames parce que... ça fait peur !

Les chandelles ou les fiacres n'ont rien à voir là dedans, car dans ces deux exemples le progrès concerne la production : un objet produit "meilleur" en remplace un autre "dépassé", on peut être content ou pas que cela soit le cas mais en l'espèce le rapport avec le sujet est aussi éloigné que la perspective d'un accord israelo-palestinien sous mandature Bush.

La situation est donc la suivante : les FAI (qui sont des distributeurs de contenu) vendent leur prestation (abonnement ADSL pack machin chouette plus méga super rapide pour télécharger plus mieux bien) en la valorisant avec des contenus QU'ILS N'ONT PAS CREE, en spoliant (oui oui, on aurait pu aussi dire détournant ça marchait) les créateurs (car ce sont eux les premières victimes) ET les distributeurs "historiques" (les majors quoi).

Alors non je ne pleure pas sur les majors. Mais je me consterne que l'on trouve normal que les créateurs (dans d'autres domaines on parle des producteurs hein) n'aient plus le droit de vivre de leur travail, dans l'indifférence la plus normal (quoi t'es pas content ? bah pourquoi sé kool g pu ecouté to nalbum gratosse lool)

Racontez donc ce que vous voulez pour vous donner bonne conscience, mais vous soutenez un business model (celui des FAI) qui pue, et qui ressemble étrangement à celui de la grande distribution (écrasons les producteurs pour accroitre nos marges, nous qui ne sommes que des parasites). Enfin la Grande Distrib' c'est des enfants de coeur, ces cons ils payent encore les produits, gageons qu'ils vont vite comprendre qu'ils devraient, par "comparaison" haha, ne RIEN DEBOURSER pour les légumes les poissons et tout le reste.

Ne venez pas pleurer après quand les créateurs de contenu auront disparu, vous aurez largement concurru à ce que cela advienne.

La PI ca n'est rien d'autre que la propriété appliqué à l'immatériel, et la propriété c'est un droit fondamental dans notre constitution, qui cite en préambule celle de 1789.

versac

forlis : non, ce pseudo est un bout d'un anagramme de mon nom, mais plutôt, s'il fallait avoir une référence, une allusion au personnage de Crébillon fils, marquis libertin. Ceci-dit, le marquis de Versac y est une sorte de sous-Valmont assez peu recommandable.

Avocat du diable : je ne crois pas avoir dit qu'il fallait jeter le bébé avec l'eau du bain dès aujourd'hui. Mais accompagner une mutation, en ne refusant point celle-ci, pour protéger des maillons de la chaine voués, à moyen terme, à revoir profondément leur proposition de valeur.
Par ailleurs, je crois que vous mésestimez l'ampleur des pratiques de "piratage". Allez à Bangkok, et voyez les pratiques musicales et de lecture de films des jeunes thais, vous allez voir.

guilbator

Effectivement, le vol est un prétexte qui prouve que les acteurs du marché n'ont pas la maturité pour aborder le problème. Les maisons de disques devraient reconsidérer leur rôle au sein de la chaine commerciale. Une activité possible et commercialement viable : responsabiliser le consommateur en le faisant investir en amont dans des projets culturels, qu’il en assume les risques et qu’il bénéficie des bons résultats à hauteur de sa participation. Qu'il soit également informer au mieux des tenants de son investissement.

C’est là que se trouve la véritable reconversion de tous les distributeurs de bien culturels (films, musique, livres, jeux videos…). Ce nouveau marché commence tout juste à naître.

TVnomics

versac, ta note est une ode à non civilisation
o:)

thierryl

A noter aussi que le "piratage" a pu créer indirectement l'énorme richesse de quasi-monopoles tels que celui de Microsoft dans la bureautique commerciale.
Fermer les yeux sur le craquage et la duplication de la suite Office dans les familles, pour se retrouver en tête des désidérata du personnel dans les entreprises... Puis finalement jouir d'un monopole de fait qui a permis d'instituer dans les grandes entreprises une politique de licence qui est à la hauteur d'une véritable redevance ou rente de situation.
Ce surcoût a évidemment été répercuté par les entreprises qui n'ont aucun pouvoir de négociation face à la politique tarifaire de Microsoft. Et le consommateur "pirate" bien content de son acquisition à vil prix, n'a pas senti qu'avec une attitude "libertaire" a courte vue, il avait soutenu et participé à la constitution d'un des plus grands monopoles.

Le logiciel libre combat en effet pour la liberté totale de créer et d'echanger mais en aucun cas ne promet la gratuité, ni le dépouillement de l'auteur de tous ses droits.

FAUCHEY  29100 DOUARNENEZ

Savoureux.Voir pétition pour les marchands de chandelle Bastiat 19ème siecle

FAUCHEY  29100 DOUARNENEZ

Savoureux.Voir pétition pour les marchands de chandelle Bastiat 19ème siecle

FAUCHEY  29100 DOUARNENEZ

Savoureux.Voir pétition pour les marchands de chandelle Bastiat 19ème siecle

Gus

"C’est là que se trouve la véritable reconversion de tous les distributeurs de bien culturels "

Manifestement, un recyclage dans les métiers au demeurant porteurs de la police et de la gendarmerie est également tout à fait envisageable, les notions de base communes aux deux métiers semblant acquises.

acidtest

Versac qui parle de baskets, sans même parler de Veja, c'est que c'est vraiment sérieux ;-)

Un business model (appelons le comme ça) où la seule valeur ajoutée (la créativité de l'auteur), ne reçoit que 10% du cout d'achat d'un produit est en soi une aberration et n'aurait jamais du vivre aussi longtemps.

La comparaison avec les baskets est limité, par le fait qu'en achetant une paire de basket merdique qui dure 2 fois moins longtemps, si je la paie 2 fois moins cher, j'ai la même utilité qu'en payant celle qui coute 2 fois plus chère et 2 fois plus longtemps (je pose l'hypothèse que la durée de vie de la basket est le seul critère d'utilité, ce qui est assez réducteur et montre une incompréhension complète du marché de la basket).
En revanche, peu de gens sont prêts à payer 2 fois moins cher un groupe merdique au lieu de payer plein prix la star du moment (je ne cite pas de nom, ce n'est pas le propos). ça fait partie des marchés intellectuels comme les avocats, ou 2 mauvais avocats n'ont jamais remplacé un bon avocat.

Corto

La comparaison entre le logiciel libre et la création artistique ne tient pas. Autant le modèle du logiciel libre marche (mais bien parce qu'il existe Microsoft ! Open Office ne sort pas de la cuisse de Jupiter, il emprunte étroitement le sillon de Office) pour des logiciels courants (et ça a son utilité pour contrer l’apparition de monopole), autant il est illusoire de croire que l'artiste ou le créateur va toujours pouvoir se rémunérer avec des services associés. Et je regrette, c'est les jeunes artistes qui vont en souffrir, parce que plus personne n'investira pour les éditer (et oui, un studio d'enregistrement, ce n'est pas encore gratuit), alors que Johnny vendra toujours assez de disques pour être rentable.
L’écrivain va t’il se rémunérer avec des dédicaces ? Et les médicaments pour le sida, les labos se rémunèrent grâce à la pub ?

Soyons sérieux. C'est vrai que l'industrie du disque, entre autre, doit se réformer, que certains intermédiaires vont disparaître. Mais il y a un principe : tout travail mérite une rémunération, toute oeuvre appartient à son créateur. ça c'est pas près de changer...

Le Nonce

Bon. Juste une petite réflexion en passant.

Le british Richard Branson passe pour un visionnaire. Faut dire que ses Virgin Megastores ont changé pas mal de choses dans la distribution de biens culturels. Mais c'était dans les années 60. Branson a commencé à céder ses Megastores à la fin des années 90 – donc ça fait presque dix ans aujourd'hui.

En France, c'est le gars Lagardère qui les a alors racheté. Eh bien il vient de les revendre, et il a paumé de l'argent : il se trouve que les recettes que Branson a abandonné il y a dix ans ne marchent plus. Pire : depuis leur rachat par Lagardère vers 1999 – de tête - , les Megastores de France n'ont jamais dégagé le moindre centime de marge.

C'était ***avant*** l'avènement du P2P de partout, et le modèle économique ne marchait déjà plus aussi bien.

La Fnac (propriété de PPR, de la famille Pinault) et son patron Olivennes, c'est un peu la même histoire. A une différence près : la Fnac revendique haut et fort son intention de ne pas remettre en cause son modèle économique. Non, non et non : plutôt que d'essayer de comprendre ce qui se passe dans la production distrib de musique - soit, quand même, les trois quart du prix de ces CD qui ne baissent pas... -, ils adoptent une super stratégie.

Simple : la stratégie Fnac consiste à rien faire du tout, à ne rien étudier, à ne rien changer à ses habitudes, et à exiger de ses copains politiques qu'ils tentent de restaurer vos marges à grands coups de lois. Là où même Lagardère a fini par jeter l'éponge et par revendre – à perte – les Megastores français cette année, la Fnac et Olivenne-Pinault comptent sur leurs appuis politiques.

Vive la France. Pour info, Branson, de son côté, a vendu ses derniers Megastores – ceux du Royaume Uni – il y a quelques mois. Il est totalement sorti de ce business, et il en monte d'autres, dont une plate-forme de distribution en ligne. Lui, au moins, il tente. Un peu comme Olivenne, mais à l'envers.

Mouarf. Quelle bande de buses... Je les aurais presque plaint, nos distributeurs français, mais je n'aime pas les gens qui n'essaient même pas de comprendre ce qui se passe, d'adapter leurs modèles économiques. Et se contentent de m'insulter copieusement.

Déjà, je n'ai jamais pu supporter que les CD de classique soient vendus, dans un passé pas si ancien, au même prix que les titres avec « ayant droits »encore en vie. Mais alors là, c'est le ponpon. Ils réagissent si bêtement et si dangereusement, que je dois avouer que je leur souhaite de crever.

Pour l'avenir, une chose est sûre : avec des Olivenne, ce n'est pas de France qu'émergera le prochain mode de distribution de CD. Vraiment trop c...

Le Nonce

kundk

Bonjour,

Entièrement d'accord sur le fait que parler de "vol" pour un fichier numérique n'a pas de sens. Il y a multiplication.
De nouveaux modèles, en particulier pour la culture numérique en général (et pas la musique uniquement) vont voir le jour.
La philosophie du libre peut parfaitement s'appliquer à la culture. Internet et le numérique constituent un excellent moyen de partager et diffuser la culture.
Parler de ces sujets en France : impossible car les responsables/décideurs ne maîtrisent pas les technologies et privilégient le "déjà connu" ou la routine aux changements et évolutions. Quant aux institutions européennes, le problème vient de l'absence de structure pour prendre connaissance de ces mêmes phénomènes. Beaucoup d'initiatives innovantes venant de très petites équipes (avec peu de moyens financiers) comment et à qui les faire connaître ?

Sulimo

Mwai...

Le Nonce :
Si je comprends bien la fnac et les autres distributeurs vont se casser la gueule et c'est bien fait pour eux. Certes.
Mais où est le rapport avec le schmilblick?
Vous pouvez inventer n'importe quoi comme nouvelle méthode de distribution, vous ne concurrencerez jamais LE GRATUIT, c'est à dire l'acceptation que la PI n'existe pas.
Qu'il y ait une part (grande, ne soyons pas aveugle) de protection de ses marges dans la démarche du gugusse, c'est indéniable.
Cela ne remet pas en cause le PROBLEME du PtoP, qui est que l'on conteste pour les créateurs de musique, films et logiciels LEUR DROIT à un salaire.

Alors je veux bien qu'on me réponde "z'on ka faire des tourné et transpiré 1 peu" mais bon moi je fais des logiciels, j'y consacre du temps, et je ne vais pas créer des t-shirts avec pour me payer.

Menez votre croisade contre les distributeurs, je vous soutiendrai comme beaucoup de gens. Mais tâchez de ne pas faire trop de dégâts colatéraux dans ceux qui produisent et qui créent sinon il ne vous restera plus grand chose à mettre dans vos splendides joujous technologiques.

Le Nonce

A Sulimo : attention, faut pas tout mélanger.

Question : la baisse des ventes de CD décourage-t-elle la création musicale ? Est-elle en danger de mort ? Les gens ne veulent-ils plus rien payer du tout ?

Pour moi, la réponse a toutes ces questions est clairement non.

En revanche, si vous posez la question du seul point de vue des producteurs et distributeurs, la réponse est sans doute plus positive. Ils ont pris des habitudes et conçu des modèles économiques qu'ils ne veulent pas changer. Et c'est leur soupe qu'ils défendent avant tout, ne vous y trompez pas. Pour faire vite, artistes et distributeurs n'ont pas partie liée. Ou plus, ou plus forcément. Y'a « découplage », pour reprendre un mot à la mode.

Si je vous ai bien compris, vous semblez assimiler les intérêts représentés par Olivenne avec ceux des artistes. Pour moi, les deux ne se recouvrent que très partiellement. Il suffit de prendre le % du prix d'un CD revenant aux artistes-interprètes pour en être convaincu.

Cela ne signifie pas que les producteurs et distributeurs n'ont plus de rôle à jouer. Mais pour forcer un peu le trait, ils veulent continuer à bosser façon URSS dans le Russie de Poutine. Toutes les lois du monde ne reviendront jamais sur l'émergence de nouveaux standards numériques et les habitudes qui vont avec.

Imagination, bordel ! Des tas de drôles de boîtes proposent des canaux de distribution alternatifs pour les artistes. La plupart sont sans doute voués à l'échec, mais sans doute l'un d'entre eux est-il l'avenir. Après tout, Apple et son iTunes ont construit une plate forme de distribution complète en ligne à partir de rien. Rien ne dit que c'est celle qui survivra, au contraire. Et la Fnac, elle fait quoi ? Elle veut que je retourne dans ses magasins, sauf que moi j'ai pas envie. Alors ?

Je sais pas, quelqu'un a des stats sur le montant librement versé pour acheter en ligne le dernier album de Radiohead ? Perso, j'ai mis 7 ou 9 euros, de tête. A vue de nez, la proportion qui revient au groupe n'est pas d'un misérable 20%, comme tel est le cas avec les CD.

Tenez, pas plus tard que la semaine passée, j'ai acheté un album d'un artiste entendu sur une radio. Je l'ai trouvé sur iTunes, et l'ait collé sur mon iPod. Je n'ai pas versé un centavos à Olivenne et consorts, mais cela ne signifie pas que je n'achète plus rien.

D'autre part, ce n'est pas en me traitant sans arrêt de voleur à la tire ni en brandissant des menaces de feu nucléaire que tous les Olivenne du monde me feront revenir vers eux. Comme je suis un peu têtu sur les bords, ce genre de surréaction aurait presque tendance à me faire télécharger du Lorie piraté... (presque).

Non mais. Moi y'en a être consommateur adulte trentenaire, moi y en a vouloir autre chose que vieille soupe conçue quand MP3 pas exister. C'est donc trop demander ?

Autre chose : moi y'en a pas avoir moyens financiers illimités ni payer l'ISF, même si je voudrais bien. C'est peut-être à prendre en compte dans ce pays ou nous en sommes à la deuxième génération de chômage de masse, qui touche surtout les jeunes.

LN
Ex-jeune

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