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19 septembre 2007

Commentaires

Xavier

Je suis d'accord, et je dirais exactement la même chose pour son discours d'hier sur le social : c'est du Mignon, pas du Guaino, et ça fait un bien fou !

Farid

'Je ne peux que lui lancer mes louanges..."

Louanges pour les fonctionnaires qu'il ne renouvellera pas dans l'enseignement ? ou pour ceux qui ne seront pas remplacés dans le domaine de la santé ?

A moins que ce soit la réforme des régimes spéciaux qui ne concernent pas plus de 7% des salariés qui t'emballe. Perso je suis encore dubitatif quant à ces mesures irréalistes et irréalisables. Il devrait commencer par réduire le nombre de ses collaborateurs directs et indirects qui ne font que pondre des kilomètres de lignes creuses et laisser ceux qui travaillent travailler !

Il n'en serait que plus crédible !

For me c'est no louanges (en attendant de changer d'avis... )!

Peut être qu'étant en plein dans la "nouvelle gouvernance" à l'hôpital je suis un peu moins sensible à la démagogie ambiante, puisqu'au coeur de toutes les incohérences du dispositif de réforme de l'état !

Doubler le personnel administratif pour évaluer les pratiques en vue d'optimiser la filière de soins mais réduire le nombre de personnel soignant juste pour optimiser les enveloppes budgétaires... alors qu'il y a déjà un manque cruel dans les hôpitaux... ça me laisse réveur, de la à louer ... !

Emmanuel

"Il est dit sur un ton inhabituel, plus sobre, moins emphatique, où l'anaphore est moins visible, on se demande si Guaino est celui qui a écrit ce discours"

Etrange, j'avais l'impression totalement inverse. Autant le discours "agenda social" sentait davantage le techno que le Guaino (Sarko ayant rajouté une bonne louche de populo au moment du prononcé), autant celui-ci est bourré d'anaphores qui rendent son origine peu douteuse, AMHA. Evidemment, on reste en-deçà de l'orgie spinalienne, mais quand même, 7 "il ne faut pas" à la suite?

versac

Emmnanuel : oui, il y a de l'anaphore, mais elles sont réduites, et moins creuses ou absurdes que les tapis de cathédrales de guaino. Et le reste est très différent dans le style, c'est plus concret, plus techno.

-

Farid : il y a évidemment du mauvais dans tout processus de réforme, et évidemment dans ceux de l'Etat. Mais je ne vois pas pourquoi il faudrait jeter le bébé avec l'eau du bain...

Rameaux

Blog supprimé de mes flux ( et cher prochain menbre d'une commission du demi-dieu, je ne me considère pas comme "gauchiste", c'est juste le mot "juste" qui me gène un peu, tu vois...)
Daniel

Rameaux

Blog supprimé de mes flux ( et cher prochain menbre d'une commission du demi-dieu, je ne me considère pas comme "gauchiste", c'est juste le mot "juste" qui me gène un peu, tu vois...)
Daniel

Emmanuel

Versac : "réduites" par rapport à un discours entièrement écrit par Guaino, certes. Par rapport à un discours normal, certainement pas...

En fait, à relire le texte en diagonale, il ne me semble pas absurde de penser que Guaino a largement contribué à la première partie du texte (disons jusqu'à ce laïus sur "ce n'est pas la faute"), le reste (les propositions concrètes - qui restent quand même assez vagues, cela dit) étant rédigé par le techno de service.

petit jardin

C'est en effet un discours assez différent des autres au point que l'on peut s'interroger une fois de plus sur la personnalité du Président, sur ses ancrage fondamentaux, sur l'ampleur de la dimension com (voir par exemple le passage sur la morale). S'agit-il d'un ré-ajustement marketé du style ou d'une première étape de maturité due à la prise de fonction, des deux à la fois ?

Pour en revenir au fond il faut constater que bon nombre de ministres ont désormais un sérieux programme à mettre en oeuvre rapidement et qu'il faudra donc être bien attentif à la justification profonde et réelle des actions et mesures gouvernementales à venir.

Pour se défendre ou se justifier le président, le gouvernement et la majorité évoquent encore beaucoup trop un attente pressante et claire des Français soit disant exprimée dans les urnes au lieu de travailler et de communiquer sur l'interêt public et collectif des mesures à venir avec les citoyens concernés. Hors le très idéalisé ''tout devient possible'' ne le sera véritablement que par l'usage abondant du dialogue et la participation des intéressés.

Nicolas Sarkosy devrait pourtant savoir qu'une élection n'est qu'une impulsion politique assez furtive. Il faut la travailler et la transformer afin qu'elle puisse devenir opérationnelle. Désormais le discours, fut-il très bien ''pensé'' constitue une phase accessoire.

Gus

Les premières mesures seront à inscrire au projet de budget 2009 de l'aveu même du Président : donc, aucun résultat concret avant juin 2009, voire, décembre 2009

On aura le temps d'y réfléchir d'ici là.

Verel

Effectivement, ce n'est pas mal!

Un petit exemple sur la mobilité, raconté par une de mes anciennes jeunes collègues qui vient d'entrer dans une petite structure de l'Etat et qui découvre qu'il y a dans sa petite équipe 4 secrétaires, qu'on n'en a pas besoin et qu'on attend donc qu'elles partent en retraite....

Seb

Ne dénotes tu pas un brouillage entre l'interventionnisme économique et cette politique de rigueur sociale. Au fond tout cela ne suit pas une ligne claire. Et pourtant, je suis de droite.

http://careagit.blogspot.com

koz

Tiens, y'a un dangereux gauchiste, là, qui pense pas comme toi : http://blog-pl-seguillon.lci.fr/article-179221.html On devrait vite voir fleurir l'argument.

Quant à moi, faudrait que je lise tout ça, mais il va un peu vite pour moi.

matéo

Le discours est bon. Mais les discours sont en général toujours très bons à la tête de l'Etat.

Tout cela respire le bon sens, la Fonction Publique va donc goûter aux techniques de management des entreprises privées, la gestion des ressources humaines n'en étant pas le moindre aspect.

Mais le problème me semble être toujours un peu le même : l'écart toujours possible entre la "promesse" et la réalisation de celle-ci. Souci car c'est une grande et belle spécialité franco-française, historique pourrait-on dire. On se rassurera à peu de frais en prenant en compte le réalisme de la durée nécessaire pour conduire un tel chantier.

Puisse enfin Gus comprendre qu'un travail d'audit prend du temps, le second comité de modernisations avec ses préconisations intervenant en avril 2008 : l'établissement d'une planification, pluri-annuelle, ne peut pas par définition touchée l'exercice 2008.

palpatine

"Je le pense ce que je dis" ; entre autres horreurs, mais celle-là, elle est magnifique, ça ferait un bon titre de billet ; pourrait-on tout de même faire valoir le droit à la formation pour faire prendre des cours de Français aux nègres de service ?

Je me souviens de mes cours de Français de 1ère, quand on étudiait les discours révolutionnaires, et que Robespierre, Danton, St-Just, Vergniaud, pondaient à la volée et par eux-même des chefs d'oeuvre à la fois de pensée et forme linguistique. Tout se perd, mon bon monsieur (sinon, sur le fond, il me semble déceler un petit problème mathématique : moins de foctionnaires, ça ne voudrait pas dire plus de chômeurs par le plus pur des hasards ? Parce que c'est quand même bien chouette de pouvoir recaser des CAP et des femmes à mi-temps dans des p'tits jobs sous-payés à la mairie, mais où ils servent tout de même à quelque chose... Idem pour les gratte-papier. Et j'ose à peine penser aux filières littéraires qui sont de véritables usines à profs, faudra me dire ce qu'on va faire de ceux qui vont nous rester sur les bras...).

F

Curieux tout de même de renoncer au discours sur le périmètre de l'état pour se focaliser sur les fonctionnaires.

à croire que les fonctionnaires sont les inspirateurs de l'action de l'état et qu'ils l'organisent quotidiennement : mais dans ce cas, quels sont les rôles des ministres et des ministères ?

Louis BAPTISTE

Je trouve ta réflexion sur la « justesse » du discours très intéressante. Et je crois qu’elle s’explique par le fait que les thèmes soulevés par Nicolas SARKOZY sont connus de tous et que les constats qu’il fait sont eux aussi assez largement partagés.

Le problème sera donc, comme souvent, dans l’application des projets. En effet, les Français ont cette curieuse attitude qui consiste à reconnaître la nécessité d’une réforme, mais à ne pas la soutenir par la suite.

Nous verrons bien ce qu’il en advient. En tout cas, les intentions présidentielles sont claires et, à mon avis, le diagnostic assez bon.

Radjel

Au fonds le problème est simple c'est: réformer l'état ou aller dans le mur.Les syndicats sont ils suicidaires à ce point pour masquer la réalité?

La réforme s'est passée dans d'autres pays avant nous, nul ne peut contester que cela a été salutaire !

niamreg

en dehors de Farid, les "gauchistes" semblent vous avoir abandonné. Reprenons quelques données de base. Le statut de la fonction publique est une condition nécessaire à la mise en place d'un service public. En tant que chercheur, je sais que ma liberté dépend du fait que je ne suis ni payé ni évalué par mon supérieur hiérarchique, ce qui me permet d'interagir avec lui librement, et ce qui est bénéfique pour moi, mais aussi pour lui. D'autre part, choisir de travailler au service du public, c'est vraiment autre chose que de choisir de travailler pour soi-même, ou pour les actionnaires d'une société privée. Que cela s'accompagne d'une différence de statut n'est pas choquant. Il y a bien sur, comme partout (c'est une question de taille plutôt que de statut) des lourdeurs et des rigidités. Il y a aussi une culture de la responsabilité individuelle qui devrait être promue (mais y'a-t-il une culture de la responsabilité individuelle chez mcdo, autrement que par les menaces de licenciement?). Engager une réforme des statuts sans travailler la notion même de service public est donc une supercherie. Mon opinion personnelle est qu'il faudrait être naif pour ne pas voir que cette "révolution culturelle" est majoritairement guidée par la volonté de restreindre le périmètre d'intervention de l'état. C'est un choix légitime et approuvé démocratiquement, alors pourquoi ne pas le dire?

Ulpien

moi je conteste que ce type de réformes ait été salutaire dans les pays voisins.

Importer les méthodes de gestion du privé dans le secteur public, dans beaucoup de pays, ça veut dire faire appel à des sociétés de consultances complètement ignorantes des réalités administratives, dont l'intervention coûte très cher pour un bénéfice médiocre, et qui ont pour seul mérite de dire au ministre ce qu'il a envie d'entendre (pour être sûr d'obtenir le marché de consultance suivant).

l'Etat doit évidemment être efficace, mais il ne le devient pas par la méconnaissance de ses spécificités et de ses valeurs.

Nicolas

Je suis cadre fonctionnaire territorial et j'ai envi d'encourager le chef de l'état dans les réformes qu'il entend mener.
Que ceux qui sont inquiets pour leur avenir de fonctionnaire se rassurent : la France a besoin de fonctionnaire pour fonctionner. La France a besoin d'une fonction publique réactive qui valorise ceux qui travaillent. La fonction publique est un corps de métier trés organisé qui dispose d'un pouvoir important influencé par une idéologie et non par la réalité du terrain. En face, l'élu est un animal qui doit faire rêver les gens pour entretenir son leadership dans une opinion trés versatile attentif à son quotidien. Ma conclusion est que dans une économie mondialisée à forte concurrence, la sécurité de l'emploi ne peut plus être une fin en soi. Mais depuis que le conseil constitutionnel a invalidé la proposition de déduire les annuités d'emprunt de maniére rétroactive et la personnalisation du pouvoir autour d'un homme, je m'interroge beaucoup sur le sérieux de Sarkozy dans sa capacité technique pour dompter le dossier du "mammouth"... A défaut de fumer des pétards, il ne faudrait pas que les étincelles des discours de Sarko n'allument finalement que des pétard mouillés...

Suzanne

Ce qui m'a gêné dans ce discours, mis à part le fait qu'il ne s'agissait que de dire tout haut ce que certains savent depuis longtemps, était le passage où NicolasSarkozy dit clairement aux élèves de l'IRA de Nantes qu'entre l'idée qu'ils se font du métier et sa réalité, il seront forcément déçus. Je ne suis pas sûre que ce soit la meilleur façon de motiver des futurs fonctionnaires.
Patite perfidie de "gauchiste" apparemment, mais il me semble que les hauts fonctionnaires n'ont jamais eu de problème à pratiquer la mobilité entre le secteur public et le secteur privé...

cecil

Merci pour lien Versac : ca nous permet de discuter en connaissance de cause, sans se fier aux 2,3 bribes entendues sur radio france.

Si on se focalise sur les fonctionnaires, j'imagine que c'est parce qu'ils représentent une partie importante des dépenses de l'état.

Le budget de l'éducation a augmenté de 80% en 20 ans, nous avons le plus fort taux d'enseignants par eleve en europe, ce n'est pas pour cela que notre systeme educatif est le meilleur. 11,000 enseignants en moins cela represente une baisse de 1,1% des enseignants. Ca ne me semble pas scandaleux.

Nous sommes dans une politique du toujours plus - il est interessant de se demander a un moment donné comment faire mieux plutot que faire plus. Demorand sur France Inter etait etonné de voir que Darcos ne demandait pas une augmentation de son budget "un ministre qui se contente de son budget, ca alors". C'est cela qu'il faut briser.

Notre dette a été multipliée par 5 en 20 ans. Elle a augmenté de 10 points de PIB en dix ans. Record avec l'Allemagne qui a investit massivement pour la reunification. Et nous quel investissement ? Pour quel motif ? Non, tout cela pour maintenir le niveau de vie des baby-boomers.

Et c'est la génération qui entre aujourd'hui avec grand peine sur le marché de l'emploi qui va devoir éponger les dettes.

Dans cette perspective, entendre Fitoussi dire "qu'il n'est pas ethique de pretexter de cette dette pour supprimer des posts de fonctionnaires" me semble au moins autant immoral que ne pas renouveler un fonctionnaire sur 2.

niamreg

On mélange décidément tout dans cette histoire. Le statut de fonctionnaire avec le nombre de fonctionnaire, puis le nombre de fonctionnaire avec la dette, et finalement on justifie la modification du statut et de la gestion des ressources humaines par la dette.

Je précise mon post précédent: il me semble qu'il devrait d'abord y avoir une décision politique claire sur quel service public on veut (et à mon avis le statut des fonctionnaires dépend de ce point), puis sur comment l'obtenir avec le moins d'argent possible (et le nombre de fonctionnaires dépend de ce point). Ensuite, il faut répartir cette charge entre l'impôt et la dette.

Enfin, pour la "génération qui entre aujourd'hui avec grand peine sur le marché de l'emploi", je ne suis pas sur que ce soit très habile de se fabriquer de la concurrence sur ce marché. Ceux qui n'auront pas de poste dans la fonction publique en chercheront ailleurs ....

Jean Véronis

Versac> Pour répondre à ta question sur la paternité : ce texte est comme beaucoup, un composite. Il y a du Guaino dans les 50 premières phrases, et ensuite, ce n'est plus lui.

cecil

@niamreg>je ne veux pas tout mélanger, juste que ces problèmes à mon sens sont étroitement liés.

Je crois que NS a repondu a votre question hier à Chabot et PPD concernant le service public. Sauf que les deux problèmes (quel service public, quel budget on lui alloue) sont traités simultanément et pas séquentiellement. Ce qui me semble préférable car la reflexion sur "le service public que l'on veut" pourrait encore prendre 30 ans.

Et je pense qu'aujourd'hui la contrainte essentielle est budgetaire. Je prefererais sincerement que mes impots servent a payer des educateurs dans les cités, a fincancer des programmes de recherche ou des infrastructures plutot que regler les interets de la dette.

Par ailleurs, germain, je n'ai pas compris votre derniere phrase.

Enfin, je ne suis pas certain de comprendre l'interet de determiner l'auteur du texte.

Manue

Ce n'est sûrement pas du Guaino, ou alors il a pris des cours de qq chose, du coup de discours y a gagné en poids et en un minimum de crédibilité, ce qui était bien le moins qu'on pouvait en attendre, étant donné le sujet. Le propos était donc intelligible et à peu près débarrassé d'un "pathos" qui aurait été du plus mauvais effet. Mais il était d'autant plus intelligible qu'il n'était guère nouveau. Que du déjà entendu, déjà lu, déjà subodoré ... mais avec tout ce qu'il a déjà dit, il ne faut pas rêver, il ne peut pas non plus inventer complètement tout et n'importe quoi tous les jours ! ... quoique ...
Ultime remarque : le "sentimentalisme" de Guaino aurait-il, lui, conduit à écarter totalement Fillon, et même jusqu'au prononcé de son poste, du discours ...? En tous cas le fait est là : le "collaborateur" ne fait pas partie de la feuille de route !
Signé d'une "droitiste" (désolée), et qui a voté Nicolas, en plus !

niamreg

@ cecil

Je n'ai pas écouté NS hier soir, et je ne peux donc pas juger de ce qu'il a dit sur le service public. Mais j'ai cru comprendre qu'il souhaitait une "révolution culturelle". On peut en plus la vouloir en 15 jours et tout seul, mais alors ça n'a plus grand chose à voir avec un service public, qui devrait être cogéré par l'état, les salariés et les usagers. Peut-être peut-on prendre un peu de temps pour une révolution?

Quant à la dette, imputer sa taille à des dépenses excessives est de fait une supercherie. La dette étant la différence entre les recettes et les dépenses, on ne peut pas en parler sans inclure la politique fiscale, et on ne peut pas dire que celle mise en place par NS soit raisonnable. Peut-être alors faudrait-il lui reprocher à lui de nous faire payer les allègements fiscaux des plus riches?

Quant à ma dernière phrase, je me disais seulement que tous les gens qui ne seront pas embauchés dans la fonction publique chercheront un travail dans le privé, ce qui ne peut que tendre la situation du "marché de l'emploi".

C20100

Tu pourra trouver un "discours" autrement décoiffant sur mon site et tu n'aurais pas eu besoin de l'attendre aussi longtemps :

Le Champ Libre - http://cvincent.club.fr

Enfin tant mieux que Sarkozy se mette en fin à réformer bien sur.

Le Nonce

1. La réforme de l'Etat, on en parle beaucoup depuis les années 90, et sans arrêt depuis les deux derniers présidents. Mais la priorité est-elle là aujourd'hui ?

Virer un fonctionne sur deux ou revenir sur le statut des fonctionnaires flatte une certaine frange de l'opinion. OK. Mais où la stratégie là dedans ? On ne fait pas de politique pénale en fixant des objectifs de PV ou d'expulsion, ni de "réforme de l'Etat" avec ce genre d'indicateurs tapageurs.

Dans les années 60-70, l'Etat avait une vision stratégique : on développe le nucléaire, les autoroutes, les télécoms, le TGV, des projets industriels énormes qui couraient sur dix ou quinze ans. Et dont on profite aujourd'hui - c'est grâce au contribuable que l'on a aujourd'hui un kWh nucléaire EDF pas cher, pas grâce à la concurrence qui n'est arrivée qu'après la bataille.

Actuellement, en termes de vision stratégique, c'est que dalle, si ce n'est vendre les autoroutes ou EDF pour la moitié de leur valeur de marché (l'Etat gère super bien son patrimoine, ça fait peur !). D'autant que l'Etat est fauché comme les blés et que tous les gouvernements successifs - à part celui de Jospin, une exception en 25 ans - plombent un peu plus déficit et dette publique.

Bref, ces gouvernements qui parlent sans arrêt de réforme de l'Etat se font harakiri en réduisant d'eux mêmes leurs marges de manoeuvre budgétaires. Bonjour la cohérence !: Pas la peine d'attendre des miracles dans un tel contexte?

2. Un point essentiel n'est d'ailleurs jamais abordé quand il s'agit de réforme de l'Etat - à part en quelques lignes par Ségolène Royal, me semble-t-il, durant la campagne : le problème principal, c'est la répartition des pouvoirs sur le territoire, que ce soit ceux de l'Etat (préfectures et tutti quanti) et les collectivités locales électives qui vont avec.

Nous avons 36.000 communes, 100 départements, 22 régions, autant de collectivités locales et leur pendant étatique dit « déconcentré » (préfectures de département, préfectures de région). 500.000 élus locaux, je ne sais combien de fonctionnaires territoriaux, et aussi des fonctionnaires d'Etat en région.

Rien de tout cela n'est efficace ni rationnel : personne ne connaît les compétences des collectivités locales, on ne sait donc jamais pour qui on vote ni pour quoi. Le statut de l'opposition n'existant pas, ces collectivités marchent comme le pouvoir d'Etat : le maire / président du CG dirige tout tout seul (c'est bcp moins vrai pour les régions, avec leur mode de scrutin). Des profs parlent de « présidentialisation du local » et d'absence de contre-pouvoirs (le plus important n'étant pas, au niveau local, l'opposition, mais les Chambres régionales des Comptes : bonjour le contrôle démocratique... et une résultante : les élus d'opposition ne servent à rien !), avec tous les travers que cela implique comme gestion sous-dimensionnée et médiocre.

Les collectivités sont beaucoup trop nombreuses, et beaucoup trop petites. Le département est un archaïsme idiot et coûteux - 100 présidents de conseils généraux, ça en fait, des petites "cours"... -, mais c'est pourtant les conseils généraux les plus dotés en budget. Même les régions sont trop nombreuses. Et on ne parle pas des communes... Bref, notre Etat déconcentré et notre démocratie locale souffrent d'archaïsme prononcé. Et tout le monde s'en fout.

Avec une telle (dés)organisation du territoire, les collectivités locales ne peuvent jouer au mieux leur rôle d'aiguillon des bassins économiques et d'emploi, soutenir leurs spécialités économiques par des politiques adaptées, etc. Le budget de fonctionnement d'un système aux têtes multiples est disproportionné. Les services déconcentrés de l'Etat sont confrontés aux mêmes problèmes.

Or il se trouve que la France est situé en plein milieu de l'Europe, entre des régions (Allemagne, Royaume Uni, Espagne, Italie) puissantes. Quand elles veulent faire des trucs avec nous, nous n'avons à proposer qu'un myriade de microcollectivités à laquelle personne ne comprend rien (allez donc trouver le bon interlocuteur, ils sont 150 pour la même matière...) dont la répartition des pouvoirs est ubuesque et incompréhensible. Il ne reste plus qu'à demander à l'Etat de prendre les choses en main, un comble !

Y a-t-il quelqu'un qui, un jour, va s'attaquer à cela ? Pour moi, c'est là qu'est le véritable enjeu de la « réforme de l'Etat ». Ce qu'il nous faut, c'est 5/6 régions maximum, la suppression des départements et la fusion tout azimuts des communes pour qu'il n'en existe plus que 6/7.000. Les économies d'échelles seraient tout simplement énormes, sans parler de l'efficacité

C'est mauvais pour les clientèles électorales (municipales en vue, il ne se passera donc... rien) et des élus plus attachés à leur siège qu'à leur fonction, mais c'est pourtant par là qu'il faudrait commencer...

Le Nonce

pas perdus

Totalement d'accord avec le Nonce.

J'ajoute que c'est un discours rien qu'un discours, banal et classique, d'inspiration néo-libérale...

Certains commentaires sont très marrants :
"goûter aux techniques de management des entreprises privées, la gestion des ressources humaines n'en étant pas le moindre aspect." Faudrait peut-être suivre l'actualité ? Y a quelqu'un qui bosse chez Reugeot ou Penault, comme cadre ou ouvrier ? Suicides en série, accidents du travail non déclarés pour faire casquer la sécu... Je suis caricatural dans mon propos... Mais c'est cela aussi le secteur privé.

Quant à la mobilité : dans le privé, à part les cadres sup (oui oui, y a aussi des cadres moyens, des salariés, voire des ouvriers) elle est surtout imposée... Dans le public, vous avez le détachement, la mutation, la mise à dispo, la disponibilité... qui sont volontaires à tous les niveaux de la hiérarchie... sans parler de la promotion interne...

Enfin, sur "les syndicats suicidaires"... Non, ce ne sera que la énième réforme imposée par le haut... sans aucune vision, autre que comptable

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