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25 juin 2007

Commentaires

Pandore

En somme, vous êtes un papa exemplaire.

versac

Pandore : pas vraiment, non, mais j'avais envie d'exprimer la stupidité de cette lecture, par la nécessité de la corriger à la maison.

xsteph

Cher vous,
Il est très important effectivement d'expliquer a vos enfants que le communisme et les communistes sont à renvoyer bien au fond de la poubelle de l'histoire.
Quitte à faire des contresens, a moraliser l'histoire à l'excès, pas grave ... pas besoin non plus de s'interroger sur le fait que des militants communistes soient arrêtés avant la rupture dudit pacte.

Bref, probablement qu'une éducation réussie doit se mesurer au sentiment de répulsion suscité à l'évocation du mot "communiste".
Vive Pavlov ! (un soviétique ?)

PissTroiGüt

C'est assez génial - en même temps un petit peu frustrant - de trouver dans vos réflexions l'explication très simple et logique de pensées plus confuse, mais dans ce sens qui m'avaient traversé l'esprit.

J'aime les pages rebonds chez libé, et j'aime les blogs intelligibles comme le votre.

ouinon

Oui il y avait eu confusion dans la presse le jour de l'investiture entre entre le bois de Boulogne et ses martyrs ou avait lieu la cérémonie (qui eux étaient bien des résistants de tous pays, de tous partis et de toutes religions éxécutés juste avant la libération après trahison) et la lettre de Guy Môquet qui symbolisait le courage du gamin face à la mort (?) au en tant qu'otage en 41. Dans ce contexte, on peut effectivement se demander quel sens aurait la lecture de cette lettre en classe, à des enfants ? (aider à relativiser les choses ? mouairf…)
Nous en avions parlé chez Embruns, colonne de gauche.

Laurent

@Ouinon, : j'ai supprimé les commentaires chez moi, la conversation était un peu nauséabonde, comme le texte infâme cité par Versac.

Pierre

Je la trouve parfaite cette lettre de Guy Moquet. Elle a plusieurs lectures et plusieurs explications paternelles, selon l'âge de la fille:
- A 8 ans, on peut expliquer que des gens (des enfants) ont été très courageux face à la mort, et que c'est admirable.
- A 12 ans, on peut expliquer que des gens ont résisté jusqu'à la mort face à des systèmes monstrueux, et que c'est admirable. Et on peut rebondir vers J. Moulin, d'Estiennes d'Orves.
- A 15 ans, on peut expliquer que les idéologies se trompent toujours, et que c'est le cas du communisme. Il s'est même confondu avec le nazisme.
- A 18 ans, c'est le moment de voter. On peut expliquer que certains dirigeants seront toujours tentés de faire des raccourcis faciles, qu'il faut se documenter avant de décider etc...

Très bon choix malgré lui de Notre Président.

Dalim

"Des individus-alibis réduits au rôle de tête de gondole sans réelle responsabilité ou moyens d’action simplement destinés à faciliter l’acceptation du programme très droitier de Nicolas Sarkozy et participant qui plus est, pour le second type, d’une entreprise idéologique dangereuse de responsabilisation des populations des quartiers populaires : voilà ce que sont l’ouverture et la diversité selon Nicolas Sarkozy."

http://dalim.blog.20minutes.fr/

ouinon

Laurent : ah oui, je n'avais pas vu ;-)

Erasme de Metz

Merci d'avoir mis des mots sur l'indicible malaise qui me tient face à la décision de Nicolas Sarkozy. Je reste coincé entre la mémoire d'un enfant, une histoire plus complexe que l'héroïsme affiché, un texte qui n'apprend rien, une décision conjoncturelle absurde.
J'ai le sentiment qu'à vouloir "retrouver des valeurs" et "sortir de Mai 68", il y a la recherhce d'un nouveau nivellement où l'émotion primerait absolument la raison au lieu de l'équilibrer

Fachocentriste

Si l'antisarkozysme peut servir à miner un peu la mythologie communisto-résistante, moi je prends...

Il faudra quand même qu'on m'explique où se trouve la politique "droitière" de Sarkozy. Pour le moment je n'en ai pas vu la couleur.

DSCH

Je suis professeur et, même si on me le demande, je ne lirai pas ni ne ferai lire cette lettre à la rentrée. Je ne me prononce pas sur la valeur de ce texte, sur le fond. On peut trouver cette lettre admirable ou non, là n'est pas mon problème.

Mais personne -- et en particulier le président de la république -- n'a le droit de me dicter ce que je dois dire devant mes élèves (tant que je respecte les programmes scolaires bien sûr). Après la tentative (avortée) concernant les "bienfaits de la colonisation", voilà qu'à nouveau on tente d'instrumentaliser l'école à des fins de propagande. Mon métier consiste à transmettre un savoir, et non à servir la soupe sarkozienne. Non, monsieur le président, le choix du contenu des programmes scolaires ne fait pas partie de vos attributions. Pas plus que le rôle de premier ministre... Oups, je m'égare !

Thalamos

Fabriquer des héros est un vieux démon de l'histoire. Tous les pouvoirs ont fabriqué leurs modèles, pour édification. Roland était le modèle du chevalier au Moyen Age, et sous la IIIeme République, les catholiques chérissaient Jeanne d'Arc tandis que les républicains mettaient en avant, mettons, Etienne Marcel....
Bref. On peut relire Christian Amalvi sur l'art d'utiliser les héros de l'histoire de France à des fins politiques.
J'ajoute qu'il peut être intéressant de relire le merveilleux texte d'Antoine Prost éclairant de façon la plus éclatante le bon vieux débat entre histoire et mémoire (Revue XXe siècle, vers 2000 je pense).
Au passage, puisque j'y suis, je vous invite à consulter régulièrement le site du Comité de Vilgilance sur les Usages Publics de l'Histoire, très informé et mis en place par des historiens reconnus dans la profession pour leur sérieux et leur qualité.

Fabriquer des héros. Déjà cela inspire la méfiance. Mais en plus, de nos jours, et vous me pardonnerez cette pointe d'amertume, quel lycéen ne trouvera pas cette lecture ennuyeuse (au mieux...) ? Les héros d'aujourd'hui ne se sacrifient pas.

En même temps (note plus optimiste), une époque qui n'a pas besoin de héros doit être finalement relativement paisible. Le dernier grand héros de l'histoire nationale (dans le genre sauveur) ce fut De Gaulle. Celui qui pouvait résoudre les drames. Pour le moment, on n'a plus besoin de Deus Ex Machina. Signe que le temps des grandes catastrophes est, pour le moment, derrière nous.

Mégane

Le débat sur cette question m'inspire un sentiment confus. Oui, il y a probablement eu d'autres écrits de la Résistance bien plus importants (je suis moi même favorable à l'idée de faire du Chant des Partisans un hymne national porteur de plus de sens que la Marseillaise). Mais de là à écrire qu'il s'agit d'un enfant exalté... autant écrire qu'il est mort de sa connerie, ce qui serait insultant pour tous ceux qui, comme lui, symbolisent une forme de résistance aux occupants.

le chafouin

Une tribune dans Le Monde suffit-elle a qualifier l'histoire de guy moquet de mythe?
Un peu de recul, de prudence, un peu d'esprit critique, quand même. J'ignore tout de son parcours. Et je suis tenté de croire le texte de Boulouque et Berlière. Mais enfin. Détiennent-ils la vérité absolue?

Emmanuel V

Compliqué.
Sarkozy met de l'émotion là où il faudrait inciter nos enfants à réfléchir et à être critique (ceci dit, c'est le rôle des profs, et pourquoi ne prendraient-ils pas notre président à contre-pied ?). Sarkozy fait du Sarkozy, ce à quoi il va falloir s'habituer.
Le texte du Monde est néanmoins tendancieux. La mise en abîme de la vérité historique et de sa réécriture est très bien ammenée. Il n'empêche que ce type avait 17 ans, s'est fait arrêté pour des raisons que je ne comprends pas en lisant ce papier et s'est fait fusillé en représaille à l'assassinat d'un dignitaire nazi. Juste après avoir écrit une lettre que l'on peut trouver émouvante à ses parents. Quitte à faire peu de cas de l'implication réelle de membres du PC dans les mouvements de résistance, le texte manque cruellement d'humanisme à ce moment là.
Les jugements 'définitifs' sur cette période et les comportements individuels doivent, à 60 ans d'intervalle et le c.. sur une chaise, rester mesurés.

Fachocentriste

@ Emmanuel V: Il est vrai que l'article du Monde ne dit pas pourquoi il a été arrêté. Et qu'humainement la lettre garde toute sa valeur.

Ceci dit on peut se demander s'il est vraiment pertinent de vanter ce type d'héroïsme dans un contexte de montée potentielle de l'islamisme en banlieue.

Archibald

Comme à chaque fois l'histoire est revue et corrigée selon les idées des uns ou des autres. Cela ne me dérange pas que cette lettre soit lue dans les classes même si je la trouve confuse et qu'une suele phrase a vraiment un impact.
Interview exclusif du journaliste de droite le plus tranchant du Figaro: Ivan Rioufol. Venez sur Désirs de réaction pour donner votre avis sur ses idées: http://desirsdereaction.com

Erick

J' ignore si les tracts alors distribués par le PC appelaient ou non à la résistance. Le rappel à la lettre de Guy Mocquet n' est pas une apologie du PC mais de la jeunesse. Ne confondons pas les choses sous prétexte de pouvoir dire que Sarkozy s' est planté.
Oseriez-vous dire aux communistes que le qualificatif auto-attribué de "parti des fusillés" est usurpé, n' ayant pas bougé jusqu' à l' attaque sur la Russie et Thorez étant resté à l' abri chez Staline ?

Francois

entierment d'accord, voici un extrait du blog de VA:

Guy est mort en otage pas en résistant. Fils de député communiste, militant communiste, il fut arrêté en octobre 1940 parce que le PCF avait été dissous par Daladier en septembre 1939 pour collusion avec l’URSS et l’Allemagne nazie, alors alliées. Dirigé par un déserteur (Maurice Thorez), strictement aligné sur Moscou, le PCF ne considérait pas l’Allemagne comme l’ennemi. Il encourageait même le sabotage de l’armée française. Le jeune Guy obéissait à ses aînés. Raflé par la police française, il était en prison quand le PCF entra enfin en résistance, après l’attaque de l’URSS par l’Allemagne le 22 juin 1941. Des communistes abattirent un officier allemand à Nantes. L’occupant exigea des otages : ce fut le massacre des 27 Français de la prison de Châteaubriant. Guy était le plus jeune. D’autres Français étaient entrés en résistance dès juin 1940 (relire Griotteray). Parmi ces héros de la première heure, Honoré d’Estienne d’Orves, arrêté en janvier 1941, fusillé le 29 août suivant. « N’ayez à cause de moi aucune haine pour personne », laissa-t-il dans son testament. Le 28 août, il confia ses enfants à sa femme Eliane : « Tu leurs expliqueras ce que j’ai fait, à ces petits, pour qu’ils sachent que leur papa n’a eu qu’un but ; la grandeur de la France, et qu’il y a consacré sa vie. » Et que dire d’Henri Fertet, exécuté à Besançon à l’âge de 16 ans, après 87 jours de cellule et de torture, authentique résistant (chevalier de la Légion d’honneur et Compagnon de la Libération) : « Chers parents, ma lettre va vous causer une grande peine…Papa, je t’en supplie, prie. Songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable que celle-là ? Je meurs volontairement pour ma patrie. Nous nous retrouverons tous les quatre, bientôt au Ciel… C’est dur quand même de mourir. Mille baisers. Vive la France. » Il faudrait aussi transmettre la lettre d’Henri Fertet au président.

versac

Quelques réponses.

Je ne critique pas la valeur du texte, qui en a une, en tant que document historique, et témoignage d'un enfant qui va mourir sous un régime d'occupation, et c'est effectivement émouvant.

Non, ce que je critique, c'est cette volonté d'imposer cette lecture, comme un moment d'émotion, à tous les élèves. C'est typique du sarko-guaino, cette confusion des valeurs, cette petite dictatiure de l'émotion de l'histoire, c'est tout à fait détestable.

Quitte à faire lire quelque chose (le faut-il ?) à tous les élèves, ne faudrait-il pas choisir quelque chose de plus porteur de valeurs que les derniers mots d'une victime ?

Denys

C'est vrai que le portrait du jeune militant communiste en héros dont l'exemple doit édifier les générations futures, ça en rappelle d'autres, dans le genre :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pavel_Morozov
Mais je m'égare, là.

pierre schweitzer


La 1ère confusion a consisté à faire lire la lettre de Guy Môquet devant le monument commémorant la fusillade près de la Cascade du Bois de Boulogne : aucun rapport !

Me souviens pas avoir lu ou entendu un seul journaliste interroger ce curieux 'collage' historique. Une bonne partie de la confusion vient pourtant de là : les victimes de la Cascade étaient manifestement des résistants (un guet-apen organisé autour d'une prétendue livraison d'armes). Rien à voir avec l'exécution sommaire des prisonniers communistes (et non communistes) de Chateaubriand.

Bref.

Laurence

L'injustice de l'Histoire n'est plus à démontrer. Mon grand père, grand résistant, déserta son bateau à Alexandrie avec deux autres officiers de la marine dont d'Estienne d'Orves. Il travailla ensuite pendant 4 ans à Londres avec de Gaulle et fut condamné à mort par contumace par le gouvernement de Vichy. Il participa au débarquement en Provence.
Tous ses camarades de guerre furent Compagnon de la Libération. Lui fut oublié, détestant se mettre en avant ou quémander quoi que ce soit. L'histoire a effacé son nom, alors que d'Estienne d'Orves - par sa mort- est devenu un héros à jamais.
Aujourd'hui, ce type de glorifications posthumes continuent à retourner le couteau dans la plaie...

Janus

Voilà quelque temps je m'étais arrêté sur ce sujet (http://tinyurl.com/2q6la9), pas sous cet aspect néanmoins, mais davantage en cherchant à montrer la pure et simple récupération émotionnelle du texte.

Laurent

Un petit coup de Wikipédia peut-être ? (avec les réserves qui s'imposent)

"Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Pierre-Louis Basse le présente comme un « titi », volontiers gouailleur tout en ne dédaignant pas écrire des poêmes, plaisant aux filles et doué dans les disciplines sportives. Au sprint, son seul rival est Charles Éboué, fils de Félix Éboué [2].

L'arrestation de son père en octobre 1939 est un évènement marquant qui renforce son ardeur militante. Réfugié avec sa mère et son frère dans la Manche, il revient seul à Paris après l'arrestation de son père, où il milite clandestinement au sein des Jeunesses communistes[3]. Il écrit une lettre au président de l'assemblée Édouard Herriot pour demander la libération de son père. Avec l'occupation de Paris par les Allemands et l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande ardeur militante pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son parti en été 1940.

Quelle est la teneur de ces tracts ? On y dénonce évidemment l'occupation étrangère mais c'est surtout la misère qui est épinglée : « Des magnats d'industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier [...]), tous, qu'ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère [...] De l'ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l'employé du quartier de l'Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles [...] les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d'accord pour lutter contre la misère… »[4]. Ils réclament également la libération des prisonniers communistes[3].

Guy est arrêté à 16 ans le 13 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par des policiers français qui recherchent les militants communistes. "

Comme il a été dit plus haut, il est fusillé en représailles suite à l'assassinat d'un officier allemand.

Que Guy Moquet ne fut pas résistant paraît relever de l'évidence.
Qu'il était un garçon courageux, aussi.
Le problème étant que la vertu du courage se confond avec la Résistance durant cette période on nage en effet en pleine ambiguité.

Mais ce qui relève de l'histoire n'est pas la même chose que ce qui relève du mythe. Il n'est qu'à voir les cas Pasteur, Guillaume le Conquérant, etc.

En fait l'historiographie (a fortiori d'Etat) ne vit pas que des faits historiques ; elle se nourrit aussi des perceptions de son époque (contemporaine).

D'où ces accumulations de vraies-fausses vérités. Si l'on peut dire.

frednetick

étonnante redondance cyclique, il y a deux mois je me suis pris la tête avec Eolas chez laurent sur la valeur à donner à cette lettre et sur la pertinence de l'imposer par fait du prince...

pas perdus

Vous auriez pu ajouter "récupération et simplification"...

Que cette lettre soit lue ne me dérange pas. Par contre, le contexte me dérange. La démarche de Sarkozy est assez cynique.

La lettre de G. Mocquet est d'ordre privée. Il aurait fallut y associer un des tracts que distribuait G. Mocquet. Il aurait pu également choisir d'autres lettres qui étaient plus politiques, notamment celles des résistants du M.O.I.

Mais dans le populisme ambiant, citer des étrangers en situation irrégulière qui luttaient au sacrifice de leurs vies pour la liberté et la libération de la France ne cadre pas trop avec ce fameux commissariat de l'immigration et de l'identité nationale....

Il aurait pu également choisir les témoignages des survivants des camps de la mort, pour rappeler combien la stigmatisation d'une population peut conduire aux pires horreurs... Et en profiter également pour dénoncer ce fait inédit dans l'histoire qu'a constitué cette sorte d'industrie de la mort...

Fachocentriste

Mouais, pas perdus, voilà bien le genre de commentaire qui me donne envie de soutenir Sarko, que je n'aime pourtant pas des masses... Il faudra me dire où et quand il a fait dans la "stigmatisation d'une population", à part dans les fantasmes du PS, et en quoi sa politique de l'immigration est fondamentalement différente de celle des gauches française et européennes.

Le geste de Sarko n'a rien de cynique, c'est de la com à deux balles comme en font tous nos dirigeants depuis que je suis en âge d'appuyer sur le bouton "off" de la télé.

olivier

Si j'avais comme vous une fille, j'aimerais surtout qu'on lui explique que le pacte germano-soviétique était plus compliqué que ce qu'on pouvait en dire bien des années plus tard (de la légende communiste, à
l'autre légende anti-communiste, deux faces d'une même tentative de simplification - confiscation de l'Histoire).

J'aimerais que mon enfant ne se précipite pas pour juger, pour donner de la voix, mais interroge patiemment faits et arguments, de telle sorte que son idée ne soit pas une, mais comme fragmentée, éclatée, éclatante.

J'aimerais cela, que mon enfant sache aller à contre-courant, avec courage et intelligence. Je vous le souhaite, pour vous, pour nous, pour elles.

Torvald



Un peu de distance que diable. On dirait une classification dans des tiroirs des quincailleries à l'ancienne, un tiroir pour les boulons de 14, 16, 18, 40, 44...

Berlière est certes un bon historien de WWII en France et de la police française sous l'occupation (voir ses émissions sur Histoire sur TPS), mais comme chaque fois qu'un type sort du nez sur le guidon, ses jugements semblent altérés.

Officellement le PC soutient le pacte germano-soviétique. Pour leur part des centaines de militants n'y croient pas. Comme personne n'était à la place de Guy Moquet, c'est un peu rapide de dire qu'il n'était pas résistant. C'est faire un procès d'intention, qu'aurait-il fait par la suite ? Kollaborateur ??? sûrement pas.

Ensuite Sarko. Sarko n'est pas machiavélien (ni faussement comme Chirac ni vraiment, comme Mitterrand) ça se voit dans les articles sur le traité européen.
Donc la manipulation n'est qu'éventuelle, n'est pas à prendre au 5ème degré. C'est toujours l'intention de rassembler, ça parait évident même si ça passe plus ou moins bien. De la distance que diable.

Voilà, l'auteur n'est absolument pas pro ceci ou pro cela, il a fait beaucoup de tapage contre les dirigeants-escrocs et parasites de haut vol, Bowling for Columbani c'est de lui.



jc durbant

Mais au-delà même de la polémique sur l'idéologie du jeune Môquet, le premier problème du choix de cette lettre n'est-il pas, comme le rappelait dernièrement le blog Historia Nostra, qu'elle ne contient guère que... l’adieu d’un fils à sa mère et ne mentionne ni la Résistance ni même la France ?

http://jcdurbant.blog.lemonde.fr/2007/05/30/histoire-retour-sur-la-legende-guy-moquet/

Jacques Adam

(je n'ai pas lu tous les commentaires)
Dites Versac elle a quel âge votre fille... cette lecture de lettre, elle devrait la subir dans les cinq ans à venir ? Car dans cinq ans, espérons-le, un autre pouvoir remettra certaines pendules à l'heure et aura beaucoup à faire pour gommer toutes les dérives de l'ère sarkozienne

Fachocentriste

Il y a les épopées individuelles, et il y a les positions politiques d'un appareil. Le parti communiste a été l'allié objectif de Staline et Hitler après le pacte germano-soviétique; après juin 41 il n'a plus été que l'allié de Staline. Ses dirigeants ont utilisé l'héroïsme de ses militants dans l'espoir d'accomplir leur programme totalitaire en France à l'issue de la guerre. Il n'y a pas incompatibilité entre ces deux réalités: il y a eu de nombreux héros patriotes communistes; Thorez était une ordure au service d'une puissance étrangère.

jc

A lire, à méditer. Réponses à Jean-Marc Berlière et Sylvain Bouloque dans l'humanité du 26 juin:

1. Des historiens Xavier Vigna, Jean Vigreux, Serge Wolikow, Université de Bourgogne, UMR CNRS 5605.

"Un peu de rigueur SVP !

À lire l’article de Jean-Marc Berlière et Sylvain Boulouque (*), aucun communiste n’a été résistant avant juin 1941. Cette vieille querelle, à la fois historiographique et politique, a donc la vie longue. Pensons au débat Vercors-De Gaulle en 1956, où le premier venant de lire les Mémoires de l’homme du 18 juin, s’interroge et même s’étonne dans une lettre envoyée au second, le 11 février 1956, de retrouver « sous votre plume les calomnies ordinaires que l’on porte contre les communistes ? On a suffisamment de choses à leur reprocher pour ne pas y ajouter des accusations historiquement fausses (...) »

S’il est utile de repenser et revisiter la part des mythes historiques, il ne faudrait pas qu’au nom de ce révisionnisme l’historien oublie le contexte précis et les actes de l’époque.

Les tracts diffusés par le jeune Môquet ne sont plus ceux de 1939 de défense du pacte germano-soviétique et d’une dénonciation de la « guerre impérialiste ». Si dénoncer Vichy et les conditions de vie de l’été et l’automne 1940 n’est pas une forme de Résistance, que reste-t-il pour apprécier la Résistance de 1940 ? La Résistance se limite-t-elle à la dénonciation de l’occupant, en gardant un caractère patriotique ? Il semble que cette vision est réductrice. On peut considérer à rebours que la dénonciation du régime de Vichy, régime de l’exclusion (qui a promulgué le 13 août la « dissolution des sociétés secrètes » et le 3 octobre « le statut des Juifs ») et qui prépare l’entrevue de Montoire (24 octobre), est un moment de la Résistance. C’est dans ce contexte que le jeune Môquet est arrêté le dimanche 13 octobre 1940 à la gare de l’Est... Dire qu’il est dans la logique du pacte germano-soviétique et de la ligne de rapprochement avec les forces d’occupation à la fin de l’été 1940 revient à oublier les inflexions qu’impose Thorez depuis Moscou. Pourquoi Môquet a-t-il été arrêté ? Par erreur ? Par zèle ? Ce jeu de bascule est dangereux quant à l’interprétation historique. D’autant que le jeune Môquet, une fois interné, participe à diffuser des messages résistants.

De même que certains résistants à cette date - et pas des moindres - sont à la fois pétainistes et hostiles à l’occupation, on peut sans doute considérer que l’hostilité à Vichy est une étape dans la bascule des communistes vers la Résistance.

Est-ce que la police qui arrête le jeune Môquet dépend d’un régime républicain ? N’y a-t-il pas rupture fondamentale entre Vichy et la IIIe République ? Ce raccourci historique conduit à trahir la réalité et aboutit à un amalgame contestable.

Dans ce même article, les auteurs n’ont pas de mots assez durs contre les jeunes communistes qui font des attentats contre les officiers allemands au moment où Guy Môquet est exécuté comme otage, à l’automne 1941. Où est le sens profond de la dénonciation ? C’est celui d’actes isolés, qui conduisent aux représailles. Lire ces actes de lutte armée, donc de Résistance, à l’aune d’attentats organisés - mais dissimulés par le PCF -, c’est aussi reprendre la terminologie de Vichy et de l’occupant sur des « terroristes », c’est nier les contextes variés et emboîtés de l’époque, c’est escamoter la réalité de l’occupation militaire allemande. Les jeunes engagés dans la lutte armée sont-ils seulement « manipulés », n’ont-ils pas conscience de se battre contre l’occupant ? Si l’on dénie aux otages le droit d’être résistant, pourquoi dire alors que les attentats se font dans « la plus totale improvisation » ? Il s’agit aussi de dénier aux auteurs des attentats le qualificatif de résistant. Toute la résistance qui se fait dans la clandestinité et qui est loin d’être unifiée (ce qui arrivera seulement en 1943) serait alors impensable, inimaginable, voire impossible.

Les deux moments, les deux stigmatisations de la jeunesse - pour ne pas dire du jeunisme - permettent aux auteurs de tout réduire au mythe et à la mystification communistes. N’y a-t-il pas là une déformation induite par la lecture des archives des brigades spéciales, donnant lieu à une sorte d’« histoire spéciale » dont la principale caractéristique serait d’être un tract anticommuniste ?

De fait, nos collègues, au lieu d’élucider les usages politiques du passé que Sarkozy déploie, semblent sombrer dans un anticommunisme suranné. Un tel choix leur appartient, mais aboutit à gommer les complexités du phénomène résistant, à l’intérieur duquel il faut compter des militants communistes, entre le printemps 1940 et l’automne 1941.

(*) « Guy Môquet : le mythe et l’histoire »,

le Monde, 23 juin 2007."


2. Du journaliste L. Degoy:

"La mémoire bafouée de Guy Môquet

En mettant en doute l’engagement résistant du jeune lycéen fusillé par l’occupant allemand, deux historiens de l’Université de Bourgogne tentent de discréditer les combats communistes.

Sous le titre « Guy Môquet : le mythe et l’histoire », le quotidien le Monde publie dans son édition de dimanche et lundi un long article signé de Jean-Marc Berlière et Sylvain Bouloque, tous deux historiens à l’Université de Bourgogne. On lira par ailleurs ci-contre, la réponse, en forme de mise au point, que leur adressent trois historiens, enseignants dans cette même université et que le journal du soir n’a pas jugé utile de donner à connaître à ses lecteurs. Pourtant, il n’est nullement question dans cette controverse de querelle de spécialistes, de préciser tel ou tel point de détail, ou d’apprécier la valeur de telle ou telle archive ou témoignage, mais bien d’une attaque frontale, aussi grossière qu’elle se veut sans appel, puisqu’elle entend discréditer le sens même du combat pour lequel Guy Môquet et la plupart de ses compagnons emprisonnés, puis fusillés à Châteaubriant ou au Mont-Valérien, ont donné leur vie.

La logique de l’article est élémentaire, sans la moindre nuance : Guy Môquet dont la mémoire a été remise sur le devant de la scène publique par le président de la République, le jour de sa prise de fonction, « sans que la réalité historique soit pour autant interrogée » était membre d’un parti qui, au moment de l’arrestation du jeune homme par des policiers français à la gare de l’Est, le 13 octobre 1940, « était tout sauf résistant ». Dépeint comme un jeune lycéen « exalté », « prisonnier de la logique d’un parti enfermé dans les compromissions de l’alliance Staline-Hitler »,

il « n’a pas pu être le « résistant qu’on célèbre

à tort ». Il y aurait donc erreur, énorme contresens

à la fois sur la personne de Guy Môquet comme sur l’engagement patriotique des communistes, bien qu’ils aient été interdits, leurs élus destitués,

les militants traqués et emprisonnés par la police de Vichy, pendant cette époque du début de la guerre et de l’Occupation.

L’accusation n’est pas nouvelle hélas : elle consiste à dire qu’avant l’invasion de l’Union soviétique

par Hitler en juin 1941,

il ne saurait y avoir de « résistance » communiste

à l’envahisseur, comme

si le fait d’être désigné par Pétain comme l’adversaire à abattre alors même

que son gouvernement organise la collaboration avec l’occupant, suspend la démocratie, et promulgue les premières lois racistes antijuives, était quantité à négliger. Certes, la résistance intérieure dans laquelle les communistes prendront une part incontestée, n’est pas née du jour au lendemain : elle naît sur

un terreau de classe, dans le prolongement du Front populaire et des combats antifascistes, elle se nourrit des idéaux démocratiques et de transformation sociale, elle conjugue le patriotisme

et l’internationalisme et le prestige

des Brigades internationales dont

les communistes, sans être les seuls,

furent sans discontinuer les ardents propagateurs. L’action qui prend corps à l’été et à l’automne 1940 n’a pas été sans hésitation ni fautes. Elle est souvent individuelle, son organisation clandestine embryonnaire, mais elle se construit

à l’évidence face au pouvoir pétainiste qui, lui, s’incline devant l’occupant.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’action de Guy Môquet et de ses jeunes compagnons : eux ne craquent pas sous

le poids de l’énorme responsabilité pesant sur leurs épaules et ils meurent en héros.

Ce n’est pas ce qui intéresse les auteurs de l’article pour qui l’objectif idéologique essentiel semble être de faire une nouvelle fois le procès du PCF, accusé d’avoir voulu « laver une des périodes les plus troubles

et ambiguës de son histoire » « avec le sang des otages ». La formule est insupportable. Elle déshonore ses auteurs.

Lucien Degoy"

http://www.humanite.fr/journal/2007-06-26/2007-06-26-853713

jc

A lire, à méditer. Réponses à Jean-Marc Berlière et Sylvain Bouloque dans l'humanité du 26 juin:

1. Des historiens Xavier Vigna, Jean Vigreux, Serge Wolikow, Université de Bourgogne, UMR CNRS 5605.

"Un peu de rigueur SVP !

À lire l’article de Jean-Marc Berlière et Sylvain Boulouque (*), aucun communiste n’a été résistant avant juin 1941. Cette vieille querelle, à la fois historiographique et politique, a donc la vie longue. Pensons au débat Vercors-De Gaulle en 1956, où le premier venant de lire les Mémoires de l’homme du 18 juin, s’interroge et même s’étonne dans une lettre envoyée au second, le 11 février 1956, de retrouver « sous votre plume les calomnies ordinaires que l’on porte contre les communistes ? On a suffisamment de choses à leur reprocher pour ne pas y ajouter des accusations historiquement fausses (...) »

S’il est utile de repenser et revisiter la part des mythes historiques, il ne faudrait pas qu’au nom de ce révisionnisme l’historien oublie le contexte précis et les actes de l’époque.

Les tracts diffusés par le jeune Môquet ne sont plus ceux de 1939 de défense du pacte germano-soviétique et d’une dénonciation de la « guerre impérialiste ». Si dénoncer Vichy et les conditions de vie de l’été et l’automne 1940 n’est pas une forme de Résistance, que reste-t-il pour apprécier la Résistance de 1940 ? La Résistance se limite-t-elle à la dénonciation de l’occupant, en gardant un caractère patriotique ? Il semble que cette vision est réductrice. On peut considérer à rebours que la dénonciation du régime de Vichy, régime de l’exclusion (qui a promulgué le 13 août la « dissolution des sociétés secrètes » et le 3 octobre « le statut des Juifs ») et qui prépare l’entrevue de Montoire (24 octobre), est un moment de la Résistance. C’est dans ce contexte que le jeune Môquet est arrêté le dimanche 13 octobre 1940 à la gare de l’Est... Dire qu’il est dans la logique du pacte germano-soviétique et de la ligne de rapprochement avec les forces d’occupation à la fin de l’été 1940 revient à oublier les inflexions qu’impose Thorez depuis Moscou. Pourquoi Môquet a-t-il été arrêté ? Par erreur ? Par zèle ? Ce jeu de bascule est dangereux quant à l’interprétation historique. D’autant que le jeune Môquet, une fois interné, participe à diffuser des messages résistants.

De même que certains résistants à cette date - et pas des moindres - sont à la fois pétainistes et hostiles à l’occupation, on peut sans doute considérer que l’hostilité à Vichy est une étape dans la bascule des communistes vers la Résistance.

Est-ce que la police qui arrête le jeune Môquet dépend d’un régime républicain ? N’y a-t-il pas rupture fondamentale entre Vichy et la IIIe République ? Ce raccourci historique conduit à trahir la réalité et aboutit à un amalgame contestable.

Dans ce même article, les auteurs n’ont pas de mots assez durs contre les jeunes communistes qui font des attentats contre les officiers allemands au moment où Guy Môquet est exécuté comme otage, à l’automne 1941. Où est le sens profond de la dénonciation ? C’est celui d’actes isolés, qui conduisent aux représailles. Lire ces actes de lutte armée, donc de Résistance, à l’aune d’attentats organisés - mais dissimulés par le PCF -, c’est aussi reprendre la terminologie de Vichy et de l’occupant sur des « terroristes », c’est nier les contextes variés et emboîtés de l’époque, c’est escamoter la réalité de l’occupation militaire allemande. Les jeunes engagés dans la lutte armée sont-ils seulement « manipulés », n’ont-ils pas conscience de se battre contre l’occupant ? Si l’on dénie aux otages le droit d’être résistant, pourquoi dire alors que les attentats se font dans « la plus totale improvisation » ? Il s’agit aussi de dénier aux auteurs des attentats le qualificatif de résistant. Toute la résistance qui se fait dans la clandestinité et qui est loin d’être unifiée (ce qui arrivera seulement en 1943) serait alors impensable, inimaginable, voire impossible.

Les deux moments, les deux stigmatisations de la jeunesse - pour ne pas dire du jeunisme - permettent aux auteurs de tout réduire au mythe et à la mystification communistes. N’y a-t-il pas là une déformation induite par la lecture des archives des brigades spéciales, donnant lieu à une sorte d’« histoire spéciale » dont la principale caractéristique serait d’être un tract anticommuniste ?

De fait, nos collègues, au lieu d’élucider les usages politiques du passé que Sarkozy déploie, semblent sombrer dans un anticommunisme suranné. Un tel choix leur appartient, mais aboutit à gommer les complexités du phénomène résistant, à l’intérieur duquel il faut compter des militants communistes, entre le printemps 1940 et l’automne 1941.

(*) « Guy Môquet : le mythe et l’histoire »,

le Monde, 23 juin 2007."


2. Du journaliste L. Degoy:

"La mémoire bafouée de Guy Môquet

En mettant en doute l’engagement résistant du jeune lycéen fusillé par l’occupant allemand, deux historiens de l’Université de Bourgogne tentent de discréditer les combats communistes.

Sous le titre « Guy Môquet : le mythe et l’histoire », le quotidien le Monde publie dans son édition de dimanche et lundi un long article signé de Jean-Marc Berlière et Sylvain Bouloque, tous deux historiens à l’Université de Bourgogne. On lira par ailleurs ci-contre, la réponse, en forme de mise au point, que leur adressent trois historiens, enseignants dans cette même université et que le journal du soir n’a pas jugé utile de donner à connaître à ses lecteurs. Pourtant, il n’est nullement question dans cette controverse de querelle de spécialistes, de préciser tel ou tel point de détail, ou d’apprécier la valeur de telle ou telle archive ou témoignage, mais bien d’une attaque frontale, aussi grossière qu’elle se veut sans appel, puisqu’elle entend discréditer le sens même du combat pour lequel Guy Môquet et la plupart de ses compagnons emprisonnés, puis fusillés à Châteaubriant ou au Mont-Valérien, ont donné leur vie.

La logique de l’article est élémentaire, sans la moindre nuance : Guy Môquet dont la mémoire a été remise sur le devant de la scène publique par le président de la République, le jour de sa prise de fonction, « sans que la réalité historique soit pour autant interrogée » était membre d’un parti qui, au moment de l’arrestation du jeune homme par des policiers français à la gare de l’Est, le 13 octobre 1940, « était tout sauf résistant ». Dépeint comme un jeune lycéen « exalté », « prisonnier de la logique d’un parti enfermé dans les compromissions de l’alliance Staline-Hitler »,

il « n’a pas pu être le « résistant qu’on célèbre à tort ». Il y aurait donc erreur, énorme contresens à la fois sur la personne de Guy Môquet comme sur l’engagement patriotique des communistes, bien qu’ils aient été interdits, leurs élus destitués,

les militants traqués et emprisonnés par la police de Vichy, pendant cette époque du début de la guerre et de l’Occupation.

L’accusation n’est pas nouvelle hélas : elle consiste à dire qu’avant l’invasion de l’Union soviétique par Hitler en juin 1941,
il ne saurait y avoir de « résistance » communiste à l’envahisseur, comme
si le fait d’être désigné par Pétain comme l’adversaire à abattre alors même

que son gouvernement organise la collaboration avec l’occupant, suspend la démocratie, et promulgue les premières lois racistes antijuives, était quantité à négliger. Certes, la résistance intérieure dans laquelle les communistes prendront une part incontestée, n’est pas née du jour au lendemain : elle naît sur

un terreau de classe, dans le prolongement du Front populaire et des combats antifascistes, elle se nourrit des idéaux démocratiques et de transformation sociale, elle conjugue le patriotisme
et l’internationalisme et le prestige
des Brigades internationales dont
les communistes, sans être les seuls,

furent sans discontinuer les ardents propagateurs. L’action qui prend corps à l’été et à l’automne 1940 n’a pas été sans hésitation ni fautes. Elle est souvent individuelle, son organisation clandestine embryonnaire, mais elle se construit à l’évidence face au pouvoir pétainiste qui, lui, s’incline devant l’occupant.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’action de Guy Môquet et de ses jeunes compagnons : eux ne craquent pas sous
le poids de l’énorme responsabilité pesant sur leurs épaules et ils meurent en héros.

Ce n’est pas ce qui intéresse les auteurs de l’article pour qui l’objectif idéologique essentiel semble être de faire une nouvelle fois le procès du PCF, accusé d’avoir voulu « laver une des périodes les plus troubles

et ambiguës de son histoire » « avec le sang des otages ». La formule est insupportable. Elle déshonore ses auteurs.

Lucien Degoy"

http://www.humanite.fr/journal/2007-06-26/2007-06-26-853713

jc

Désolé pour le doublon!

Fachocentriste

Ah, merci jc. Un grand moment. Je connaissais la tactique qui consiste à commencer l'histoire de la Résistance en 41 et à oublier ce qui précède, mais le coup de "les communistes étaient Résistants en 40-41 parce qu'il résistaient à Vichy", ça je ne pensais quand même pas qu'on avait osé. Ah ben si. Grandiose.

Ca fait plaisir de voir qu'il y en a toujours, et qu'ils n'ont pas changé de méthodes: "les auteurs n’ont pas de mots assez durs contre les jeunes communistes qui font des attentats contre les officiers allemands". Il faudra qu'on m'explique où se trouvent ces "mots assez durs"; l'article se contente de raconter l'histoire, sans porter le moindre jugement (à part celui "d'improvisation", qui ne me paraît pas nécessairement péjoratif). Les auteurs ne remettent absolument pas en cause le caractère résistant de ces actes.

Il y a eu des personnalités communistes qui ont résisté avant 41, mais ça n'est pas la majorité, et ça n'est pas le cas de l'appareil, qui était alors un parti collaborateur. Rappelons que le PC s'appelait alors, de son petit nom, "Section Française de l'Internationale Communiste", dont le siège était à Moscou. Sa finalité était d'instaurer, dans un premier temps, la dictature du prolétariat. Ca n'empêche pas que des personnalités aient pu utiliser cet appareil fortement structuré dans un but réellement patriotique. Mais il ne faut pas l'oublier quand même.

Ceci dit, il serait intéressant de savoir ce qu'il y avait exactement sur ces tracts. S'il y avait véritablement une dénonciation du statut des juifs et autres lois vichyssoises, il y aurait de quoi accréditer la thèse défendue ci-dessus, en ce qui concerne Môquet à tout le moins.

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