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11 mars 2007

Commentaires

Denis CASTEL

A la soirée où j'étais, personne n'est partie en claquant la porte. Sur la quinzaine de personnes présentes, douze déclaraient vouloir voter Bayrou, une Sarko et un Ségo. Il faut préciser que c'était rue Poliveau (à côté du boulevard Saint-Marcel) chez deux journaleux de Charlie Hebdo. Plus bobo comme soirée, c'est difficile...

Pépites

De la part de ce qui est un des meilleurs blogs politiques, je trouve bien tristounet le commentaire consacré à l'allocution de Jacques Chirac, qui ponctue 12 années de présidence et 40 années de vie politique. Quoi qu'on en pense, on ne peut pas ainsi tout balayer d'un coup de clavier...

Nicolas

Ben elle a raison ta copine de claquer la porte, faudrait nous dire qui elle est qu'on la félicite. Voter Bayrou, c'est voter à droite et il est vrai que ne pas le comprendre ou plutôt feindre de ne pas le comprendre c'est exaspérant !
Quand on aime la solidarité, l'égalité et la fraternité, ça peut fatiquer à force... ;-)

FrédéricLN

réellement exaspérant, même, autant que de voir une allusion à notre devise nationale privée de sa liberté !

jmfayard

Oui elle a raison la frangine, faut dire franchement les choses ;-)

La gauche décomplexée qui en a marre de payer des impôts pour ces rentiers qui gagnent le RMI et réclame une flat rate en remplacement de l'ISF ou bien qui trouve que "dans un pays qui compte quatre millions de chômeurs, pourquoi aller chercher de la main-d’œuvre à l'extérieur ?", qu'elle vote Bayrou, nous on ne croit pas à une n-ième "Bonne Crise Salutaire" après 2002, 2004 et 2005 et on restera à garder la vieille maison ;-)

pas perdus

Voter Bayrou pour quelqu'un qui se déclare de gauche ?

C'est sans doute le meilleur moyen de se cacher à soi-même qu'on est devenu un électeur de droite avec les "valeurs" qui vont avec...

Que ces personnes ne s'étonnent pas si Sarkozy ou Fillon devienne son 1er ministre...

Laurent

Je souhaite juste comprendre quelque chose, quelqu'un pourrait il m'expliquer ce qu'il y a de mal à être de droite comme vous dites? Vous en parlez comme quelque chose de honteux que l'on devrait cacher?
Je serais vraiment curieux d'en savoir plus.

Antoine Block

Oui, Laurent, c'est en effet assez honteux.
Parce que la valeur cardinale de la gauche est la solidarité (ce qui me semble la base même du concept de société), et que celle de la droite est la réussite personnelle. L'idéal étant, évidemment, de pouvoir avoir l'un et l'autre, mais s'il faut choisir…

Verel

Le bilan de J Chirac, c'est tout simplement que nous sommes derniers en Europe: sur la croissance, sur la dette, sur le chômage

La gauche, c'est la solidarité. très bien. Mais il ne suffit pas de le dire, il faut le faire!
Qu'est ce que cette solidarité qui veut supprimer parce qu'elle la trouve injuste socialement une loi (la loi Fillon) qui a aligné le système de retraite des fonctionnaires sur le privé et qui a enfin institué le départ avant 60 ans mais après 42 ans de cotisations pour ceux qui ont généralement eu les métiers les plus durs (carrières longues)?
Où est la solidarité quand on refuse de voir qu'on a maintenant le chômage le plus élevé dans l'UE à 15 et que seuls la Pologne et la Slovaquie font pire que nous (pour l'instant)
Où est la solidarité quand on a plus d'un million de Rmiste et qu'on ne se demande pas si on ne s'est pas trompé quelque part?
Où est la solidarité quand la moitié des salariés portent tout le poids de la flexibilité?
Ou est la solidarité quand on va pleurer sur les salariés d'Airbus qui vont être mis en pré retraite alors que tous les jours des gens se font virer dans les PME?
Ou est la solidarité d'un système de protection sociale divisé en une multitude de corporatisme quand les pays du Nord avaient un système universel dès 1945?
Où est la solidarité quand la gestion des ressources humaines de l'Etat met les plus jeunes, les débutants parmi les profs, les flics ou les surveillants de prisons dans les zones les plus difficiles?
Où est la solidarité quand on déduit de l'impôt sur la fortune les entreprises et les oeuvres d'art?
Où est la solidarité quand on multiplie les niches fiscales?
Et où est la solidarité quand on considère ne pas pouvoir manger avec des gens qui ne pensent pas comme vous?

versac

Laurent : même sectarisme chez certains gens de droite, qui voient des gauchistes abominables, couteau antidans toute personne se réclamant du parti socialiste, ce n'est pas un monopole de la gauche.
Pour ma part, je ne me sens pas appartenir au "peuple de gauche", ce qui doit faire de moi quelqu'un "de droite", aux yeux de pas mal de monde à gauche. J'ai toujours adoré ces débats débiles, tant les frontières sont poreuses entre ces deux camps, à mes yeux.

Denis

Post intéressant (second degré mais sans ironie aucune) : il faudrait en effet redéfinir les clivages droite/gauche.

Personnellement, il me semble que cela se joue autour de la question de la répartition des richesses et des fondements de la société (= est-on juste là pour être un rouage d'une machine économique ? ou y a t'il quelque chose d'un peu plus "spirituel" à "être ensemble" ?)

Le PS a abandonné tout cela depuis longtemps (les services publics ont été tous rognés au nom du la logique de marché, le ministère de la Culture est devenu un guichet administratif, etc...) et ils le redécouvrent amèrement avant chaque élection.

Quand au sectarisme de votre amie, c'était peut-être caricatural comme réaction, mais, c'est un peu (en plus chic) l'effet que me font les textes de Telos et de Debat 2007 même s'ils sont intéressants : ça sent un peu le renfermé et le sectarisme (secte).

Le jour où les quartiers populaires manifestent leur desespoir, ces analystes sont surpris, et puis oublient tout ça pour pondre un texte sur la gouvernance d'Airbus qui est quand même plus noble.

On se demandent vraiment si ces analystes ne vivent pas sur une autre planète...

C'est un peu la remarque que vous faisiez sur Le Monde il y a quelques jours. Et j'ai peur que l'on puisse vous l'a retournée.

Est-ce être de droite de se focaliser sur les enjeux de management (d'Etat et d'entreprise) ? A votre avis ?

Denis

Je me relis et je suis horrifié par les fautes d'orthographes et de grammaire...

j'ai peur que l'on puisse vous l'a retournée
j'ai peur que l'on puisse vous la retourner

La honte...

niamreg

Ah j'imagine la scène !!! Des socdems surs d'eux mêmes, mais hésitant entre FB et SR (c'est dire à quel point le programme de SR est de droite, ou à quel point les socdems sont de droite, parce qu'en tout cas, le programme de FB n'est pas de gauche), prenant de haut une femme isolée en la traitant de sectaire juste parce qu'elle dit que Bayrou est de droite... Je n'étais pas là, mais son reproche semble contenir deux parties ("mecs" et "droite")?

J'ai connu moi-même des socdems méprisants m'expliquant que j'étais fasciste et xénophobe parce que je votais non au TCE. Mais les socdems pensent que ceux qui ne pensent pas comme eux sont tous des sectaires hargneux et fascisants. Mais ca ce n'est pas du tout sectaire!!!!!

dfitz

Je sais que tout le monde se moque de ce que dit Chirac, mais suis-je le seul à avoir entendu siffler deux scuds en direction de Sarko lors de son allocution télé de dimanche.
Je soumets donc à votre sagacité les sifflements en question :
Le texte :
"S'agissant des échéances électorales, j'aurai l'occasion d'exprimer mes choix personnels. Mais ce soir, et au nom de la confiance que vous m'avez témoignée, je voudrais vous adresser plusieurs messages.

D'abord, ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre. Dans notre histoire, l'extrémisme a déjà failli nous conduire à l'abîme. C'est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l'âme de la France dit non à l'extrémisme.

Le vrai combat de la France, le beau combat de la France, c'est celui de l'unité, c'est celui de la cohésion. Oui, nos valeurs ont un sens ! Oui, la France est riche de sa diversité ! Oui, l'honneur de la politique, c'est d'agir d'abord pour l'égalité des chances ! C'est de permettre à chacun, à chaque jeune, d'avoir sa chance. Ce combat, malgré tous les obstacles, et même si je mesure le chemin qui reste à parcourir, il est désormais bien engagé. Il doit nous unir dans la durée. C'est l'une des clés de notre avenir."

1/ Il repousse à plus tard l'expression de son choix. Ce n'est pas un désavoeu, mais c'est un signe important que de ne pas désigner Sarko au moment où il commence à passer la main.

2/ Il dit bien de "ne pas composer" avec les extrêmes quelques jours après que Sarko ait évoqué la création d'un ministère de l'immigration, clairement planté dans les terres du FN.

3/ Enfin, il parle d'unité quand le mot clef de de la campagne de Sarko est rupture.

Est-ce que je souffre d'hallucination anti-sarokoziste (convaincu que Chirac referait le coup de Mitterrand le désignant lui plutôt que Jospin) ? Aucun édito à ma connaissance ne reprend cette lecture. Pourtant j'ai bien vu à la tête de Hortefeux qu'il avait du mal à digérer l'allocution présidentille.

Aidez-moi !? J'y comprends plus rien.

dfitz

Màj : François Hollande partage mon analyse. Je dois souffrir d'hallucinations partisanes...

versac

denis : intéressante question. Je ne crois pas que s'intéresser au management soit de droite ou de gauche, mais plus une question de fonction.

Ceci-dit, dans les sphères intellectuelles, je trouve très juste l'approche de la République des Idées, par exemple, qui cherche à expliquer le réel, le mettre en perspective. Expliquer les banlieues, les inégalités, chercher à comprendre si la politique fiscale a ou pas accru les inégalités...

Je ne crois pas qu'il y ait d'un coté els mecs de droite qui s'intéressent à la bonne gestion et ceux de gauche qui s'intéressent aux problèmes du peuple. Vraiment pas. Je crois qu'il y a des deux cotés des gens des deux profils, et qu'il manque un pont entre la réflexion sur les solutions et celle sur les problèmes des citoyens. Ce pont relève de l'évaluation, de l'analyse des effets, de la compréhension du réel...

versac

dfitz : euh, je suis le seul à avoir lu ça à peu près partout, les scuds anti-sarkozy ?

dfitz

versac : dans les commentaires des internautes sur les sites du Monde et de Libé, oui. Mais sous les signatures des éditorialistes, point. Sinon, dites-moi où ?
Je constate plutôt une hypocrisie troublante : genre ne relevons pas que Chirac tape sur Sarko, ça pourrait nuire à l'image de ce dernier. Mais avant de tirer une pareille conclusion, il fallait que je nettoie mes binocles. Alors ?

Damien (de sable)

Niamreg : en effet, tu ne fais qu'imaginer... car la scène que tu décris n'a rien à voir avec ce qui s'est passé à cette soirée, où j'étais. C'est au contraire cette "fille isolée" qui a pris tout le monde de haut - d'autant qu'elle est assez grande en taille - et s'est éclipsée surtout parce que ce n'était pas assez hype à son goût. Il faut préciser que cette demoiselle est aussi la muse d'un cinéaste considérable, et n'a donc pas de temps à perdre avec des gens qui ne partagent pas ses rêves de gauche-caviar bien-pensante...

versac

niamreg : pas du tout ça, la scène. Plus une assemblée volubile et diverse, pas très "socdem", où l'on discutait de tout ça assez vivement. Et aucune exclusion : la discussion avec la femme en question n'a pas eu lieu. C'était en réalité sans doute un prétexte pour fuir dans un lieu où il y avait encore des boissons décentes ou de la compagnie plus chic à ses yeux.

C'est marrant comme les prismes sont vite calqués sur une petite anecdote...

niamreg

autant pour moi, et oui c'est vrai qu'on calque vite des grilles de lecture perso sur des événements qu'on ne connait pas.

Je réagissais juste à tes propos sur la "hargne sectaire", qui semble n'avoir été, en fait, qu'un prétexte au départ. Ca m'apprendra à vouloir commenter des événements sans savoir.

Guillermo

J'A-DO-RE l'histoire de la fille qui se tire en parlant de "mecs de droite". Je sais pas si elle est sectaire, mais cette mode bayrou à des côtés exaspérants... Surtout, c'est complètement consensuel, ce qui me déprime par dessus tout. La vraie révolte, c'est de voter encore PS... merde je suis sectaire aussi moi.

Slothorp

"Surtout, c'est vraiment consensuel" : ce n'est vraiment pas l'impression que j'en retire au vu des réactions épidermiques et parfois franchement outrancières des gens de gauche. On a plutôt le sentiment que le soutien apporté à Bayrou et sa (trop?) rapide montée dans les sondages ébranle des situations bien installées, qui se croyant rassises ne sont que conservatrices. On dirait les bourgeois de 81 qui, à l'arrivée de Mitterrand, voyaient déjà les chars soviétiques sur les Champs-Elysées.

Thomas

Quitte à alourdir inutilement ces commentaires, je reprends une remarque de Denis.
Il est étrange de constater combien l’accusation de myopie portée contre les éditorialistes parisiens laisse un goût étrange d’aveuglement partagé.
On se demande qui des uns ou des autres sont les plus coupés du dit monde réel – monde dont, d’ailleurs, il y aurait beaucoup à dire, tant il est enrobé de qualités presque magiques. Posons qu’il existe, que les éditorialistes évoqués plus haut ne le connaissent pas, l’ignorent quand ils ne le méprisent pas. Qu’est-ce qui peut laisser croire que depuis votre promontoire, inspectant avec motivation et vigueur, c’est une évidence, les propositions des différents candidats, vous ne vous coupez progressivement pas vous-même, du monde réel... S’il n’était votre médiatisation grandissante, j’aurais eu envie de dire, votre anonymat – ou plutôt, notre anonymat, nous, bloggeurs occasionnels ou acharnés, sincères, ouverts.
A cette aune, la fascination qu’exerce François Bayrou est assez édifiante. Foin des clivages politiques, vive une espèce de mol maelstrom irénique niant tout rapport de force, passerelle habile entre la gauche et la droite, que l’on emprunterait dans les deux sens pour piocher ici une idée économique, là une politique culturelle, comme si les soubassements politiques, les conceptions sociales étaient devenues creuses, vieilleries d’un temps ancien qui habillaient des combats sclérosés.
(Signalons, au passage, l’analyse que propose Piketty dans Libé des propositions sur l’école des trois principaux candidats. Méthode, pour ne pas dire formalisme, caractériserait celles de Bayrou : de matière, rien.)
Loin de moi l'idée que le clivage droite / gauche est un clivage figé. L’histoire ne cesse de déplacer les lignes. Le libéralisme politique serait, si tant est que cette étiquette eût pu revêtir une signification similaire au XIXe siècle, de gauche. Mais ses déplacements, cette mobilité des thèmes ne sauraient masquer le vide d’un discours qui prospère à sa manière sur une connaissance revendiquée de la France réelle, France qui n’a pas moins l’air reconstruite et artificielle que celle que l’on reproche aux éditorialistes de singer.

versac

juste rapidement : guillermo, je savais que tu allais adorer, je l'ai narrée juste pour toi.

J'ai l'impression, dans la réaction gauchoè-identitaire, du même genre de réaction face à un phénomène un peu absurde (et c'est vrai qu'il y a un coté absurde à voter Bayrou quand on est àgauche) que ce qui s'est passé pour Ségolène.

Le truc, en fait, c'est que l'on est placé, si l'on est un abominable socdem, dans un choix Bayrou/Ségolène, qui agit sur des plans différents. Ségolène répond déjà mal à l'identité de gauche : pourquoi Bayrou serait-il plus inadapté ?

jani-rah

Au lieu de partir, elle aurait dû argumenter. Convaincre des paradoxes, tout en reconnaissants certains intérêts au mouvement Bayrou, ne demande pas l'agrégation...

Mais effectivement le sectarisme empêche de penser.

Royal/Bayrou, effectivement il y a plusieurs dimensions à ce choix.
Mais il n'y a aucune difficulté, c'est ce que je soutiens, à voir un grand espoir social-démocrate en SR, et une construction centriste bancale par défaut chez FB.
Comme le soutiennent DSK ou Bockel :

http://rfrn.over-blog.com/article-5886412.html

http://rfrn.over-blog.com/article-5624773.html

Benoît

j'ai l'impression qu'on oublie que derrière les présidentielles se profilent les législatives... ainsi, bayrou, qui me paraît bien sympathique parce qu'il tâcle le système bipartisan, parce qu'il pourrait nous éviter sarkozy, n'a a priori aucun moyen de remporter les législatives sans passer une multitude d'accords purement électoraux...
de plus, je ne comprends guère les citoyens de gauche qui hésitent : si royal n'est pas au 2ème tour, c'est l'explosion du PS, et une grosse cure d'opposition pour la social-démocratie pendant des années... donc, voter bayrou, c'est aussi tuer le PS..

en revanche, je pige mal pourquoi on rejetterait d'office - comme l'annonce fabius le has been qui ne comprend plus grand chose - une alliance avec l'UDF : mitterrand est bien allé dans ce ses en 88 avec ses ministres d'ouverture, et le programme de royal est suffisamment social-démocrate pour ne pas inquiéter les sociaux-libéraux de l'UDF...

en tout cas, avec tous ces atermoiements, il ne faut pas oublier que 5 ans de politique de droite supplémentaires risquent de casser encore un peu plus la cohésion sociale du pays... il faut donc considérer aussi bien le court-terme (risque d'implosion du PS) que le long-terme (empêcher la poursuite de la politique que l'on subit depuis 5 ans) au moment du vote, et je me demande si ces 2 dimensions n'appellent pas à un vote contradictoire, d'où le dilemme..

Charles'

Un long débat - j'ai tout lu - qui ne peut que chanter à mes oreilles libérales. Ca cogne à gauche, je veux dire sur l'axe Bayrou-Royal. Les autres sont déjà morts. Guillermo a raison, c'est révoltant de voter PS.
Pendant ce temps ça se rassemble de l'autre côté.
Même Villepin fait copain. On joue à Jacques-a-dit? Listings? Vous avez dit listings? Connais pas.
Borloo viendra dans le pack si son bouquin passe les 100.000.
Et Pâques qui approche...

Une autre fille rafraîchissante

Moi aussi j'y étais, à cette fête... et je confirme que cette fille est dignement partie devant toutes les confusions de genre - je cite les propos tenus : "je suis de gauche et je vote Bayrou..." (phrase la plus répandue de la soirée), " j'ai été de gauche mais je vote sarko, même si je suis contre le communautarisme et la valeur travail, etc..." , "je suis de droite et je vote Ségo"... On avait l'impression que plus personne ne savait quoi faire, pour qui voter et que le populisme ambiant régnait là en maître... Je suis restée pour dire qu'être de gauche et voter à gauche est encore une position défendable et a un sens. J'ai aussi eu le sentiment d'une amnésie collective sur les actions passées de chacun des candidats... J'ai tout de même ressenti la nécessité d'aller me rafraîchir ensuite à une autre soirée et là un charmant garçon m'a expliqué que les sondages se sont toujours trompés et que peut-être à cette fête les gens regardaient trop la télévison...

Bernard

Bravo à cette jeune fille, je trouve qu'elle a du cran. Je suis moi même passablement lassé par tous ces moutons bayrouesques qui se croient de gauche et qui surtout ont un gros problème à élire... une femme, même si elle a le même programme que DSK. J'ai eu quelques copains au téléphone, ils sont en train de décider de voter Ségo. Comme le dit ici Niamreg, la vraie révolte, c'est de voter S2go. Le vote Ségo est en train de devenir un vote "cool".

Bernard

Versac : un geste vraiment classe aurait été de quitter la soirée également par solidarité. Elle était pas canon ?

une autre fille rafraîchissante

Evidemment l'argument de la "misogynie" est venu sur le tapis et tout le monde à hurler au n'importe quoi de ma part....Quand à celui de la récente position de DSK contre Bayrou une personne qui se reconnaitra aussi m'a dit qu'elle demandait à voir...Personnellement je ne cherche pas être cool non plus il s'agit plutôt de savoir pour qui voter et pour qu'elle raison...un programme politique.

versac

une autre fille : mais avec toi, on pouvait discuter. Voire parler d'autre chose.

Il y a des freins et des moteurs chez tous les candidats. Ségolène a contre elle de nombreux éléments, de mon point de vue, dont son insupportable démagogie, sa volonté d'appraitre juste comme un miroir des problèmes catégoriels des français, qui n'est pas de nature à m'inspirer confiance et capacité de décision, d'arbitrage. Son appui sur le projet du PS du Mans, auquel on a ajouté quelques grammes de participatif pas toujours à propos, n'est pas très rassurant non plus.

Elle a pour elle d'autres points, ses références au modèle sudédois (qu'elle semble parfois découvrir de manière très partielle), certains éléments de son programme, des membres de son équipe, ...

En face, Bayrou a d'autres défauts (dilletantisme sur de nombreux sujets, survol, teinte faussement socdem à de nombreux égards, simplisme économique, absence de volonté réformatrice au delà des institutions ?...), et d'autres qualités.

Certains, dans ce cadre (mal brossé, il est tard) se réfugient dans l'identité gauche-droite comme une solution. Je voterai Ségo, au moins, elle est de gôche. Pas moi. Ce qui ne veut pas dire que je ne voterai pas pour elle. Mais je veux sonder mes doutes jusqu'au bout.

Il n'est certainement pas scandaleux de voir en SR une personnification de la démagogie, à condition de bien comprendre que celle-ci autant que NS ne le seront jamais autant que FB. La difficulté de son positionnement ne tient pas seulement à un centre introuvable dans la politique française - Lecanuet si tu nous entends - mais aux contorsions auxquelles cette viduité le contraint : vide, comme son programme, veuf comme son rattachement politique historique, celui qui a mené son peu d'action gouvernementale, celui qui a conduit son peu d'activité législative jusqu'au jour où il vit (prof de français) la lumière, c'est-à-dire ces rodomontades poujadistes qui depuis que les sondages lui sont favorables lui font dire que, finalement, il y a des enseignements à tirer d'eux.

Amicalement,

Thomas

Bernard

@Versac
Ta position équilibrée correspond à un point de vue partagé par pas mal de mes amis qui hésitent aussi entre le vote Royal et le vote Bayrou. Tu me sembles un bon baromètre de ce qui risque de se passer au premier tour... Moi personnellemnt, et sans vouloir t'influencer, chacun fait son propre cheminement intellectuel, mon choix est fait. C'est...

Ted et Eux

François Bayrou, c'est beaucoup d'enflure dans les mots pour cacher la finesse de l'écart qui le sépare de son bercail traditionnel. Je le comprends : c'est la seule façon de faire exister un centre ectoplasmique. Je l'écoutais dimanche soir fustiger durement les institutions (Aaah ! Oui, tiens, supprimer le Sénat, par exemple ?), pour proposer de limiter le 49.3 (Aaaaeeuh, oui, très courageux...). Le positionnement de FB (libéralisme social enraciné dans la démocratie chrétienne) n'est pas nouveau et le situe clairement au centre droit. Ce n'est pas être sectaire que de le dire, de le rappeler. Et c'est plutôt courageux de la part de cette jeune femme que d'affirmer que, que quand on est de gauche, on n'a rien à faire politiquement avec ces gens-là. Je comprends que ça fasse un peu bizarre d'entendre ça quand on essaie se la jouer « je vais voter Bayrou, ça va leur apprendre à la gauche, tiens ». Car si c'est pour se retrouver, après Le Pen-Chirac en 2002, dans un remake de Poher-Pompidou (second tour présidentielles de 1972), bonjour les seventies. Ça tombe bien d'ailleurs, Polnareff est de retour.... Pour ma part, la démocratie n'étant pas en danger, j'opterai dans ce cas -improbable- pour le même slogan qu'à l'époque : « Blanc-Bonnet et bonnet Blanc », donc abstention.

Bernard

Avez-vous entendu Joffrin sur France Inter cet après-midi ? Edifiant. On comprend la une d'aujourd'hui... Libé soutient Ségo, affirme-t-il sans rire mais, lui ne va certainement pas voter pour elle. Joffrin fait partie des nouveaux réacs soit-disant de gauche. Il est revenu sur l'éditorial à propos des bobos qui d'après lui votent Bayrou : pour lui, en réalité, un bobo c'est quelqu'un qui a de l'argent. Point final. Il confond bobo et bourgeois. J'ai discuté avec la caissière d'un Bricomarché cet après-midi, je crois qu'il y a toute une frange de la population pour qui être de gauche signifie encore quelque chose... on ne peut pas continuer à casser le tissu social. Les 5 économistes prix Nobel américains qui jugent sévèrement la France considèrent qu'un peu de flexibilité de l'emploi nous ferait pas de mal, mais ils admettent en même temps que, même en cas de dynamisme économique, cela conduirait à agraver les inégalités. Le peut-on ? Le veut-on ? Veut-on laisser de côté une frange encore plus importante de la population ? A-t-on le choix ? Moi je crois que oui. Grâce à l'Europe. Bon je me calme.

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