« Piketty n'est pas content... | Accueil | Ralliement »

12 février 2007

Commentaires

xsteph

Un intellectuel doit être une référence inconstestée dans sa discipline, exerçer son magistère avec une grande rigueur.
L'intellectuel est même considéré par ses "adversaires" scientifiques.
Sa pensée sur le monde doit montrer, dénoncer, démonter, réorganiser, proposer, solutionner.
Être un intellectuel ne préjuge en rien d'ailleur de la valeur de cette pensée, il peut lourdement se tromper, mais j'ai tendance à prêter une oreille attentive à celui-ci.
Des gens commme Chomsky aujourd'hui, Aron hier, Einstein avant-hier répondent à ce portrait-robot.

Aujourd'hui, les intellectuels français ont désertés le champ politique.
Les dernières incursions de valeur datent de Bourdieu (beaucoup), de Dérida (un peu). Seuls quelque uns comme Jacquart par exemple s'essayent encore aujourd'hui a cet exercice périlleux qu'est l'intervention en politique.

BHL, Gluksman, Finkielkraut, Marseille, etc. (la liset est très longue !) ne sont pas des intellectuels mais des usurpateurs, de pseudo-penseurs médiatiques, au mieux de gentils essayistes, qui n'ont jamais rien apportés à leur domaine de prédilection ou en tout cas tellement peu qu'il n'est pas nécessaire d'en faire état.
BHL a plus fait pour Ariel Dombasle et Blanco que pour la philosophie : il n'est ni étudié, ni cité d'ailleur, dans aucun pays ou l'on enseigne la philosophie.

Leur prestige intellectuel étant très faible, il est dérisoire pour un candidat de vouloir s'en parer, voir même contre-productif.
Il est intéressant de noter que cette décrue de l'engagement intellectuel aux côtés de politiques est remplacé par celui d'artistes ou de sportifs.
Autres temps, autres moeurs ...

Pierre Catalan

Hum... Est-on bien sûr que c'est Aron qu'on a le plus écouté, et que c'est Sartre qui a eu le plus raison?

A lire l'excellent Siècle des Intellectuels de Michel Winock, pour éviter toute référence abusive ;)

potagepekinois

Vous reprochez quoi exactement à ces intellectuels? De s'engager dans la campagne ou de n'être ni Sartre ni Aron?
Ca faisait longtemps que les voix des intellectuels français ne s'étaient plus faites entendre. Alors peut-être n'ont-ils pas le talent d'un Sartre mais je ne vois pas en quoi ça les empêcherait d'avoir de meilleurs idées!
Je trouve d'ailleurs que lautrecampagne.org s'inscrit de façon intelligente dans cette campagne.

Gus

Je serais bien curieux de savoir ce qu'un économiste pourrait dire de cette célèbre citation de Sartre : "Il y a deux espèces de pauvres, ceux qui sont pauvres ensemble et ceux qui le sont tout seuls. Les premiers sont vrais, les autres sont des riches qui n'ont pas eu de chance."

authueil

Des intellectuels de la trempe de Sartre ou Aron, il n'y en a plus beaucoup en France. Et les quelques uns qui nous restent ne sont pas éditorialistes, écrivaillons à succès médiatiques. Les vrais bossent, loin des sunlights et de l'engagement partisan en période électorale.

VinZ

L'article d'Europe 1 est malhonnête sur Finkielkraut...
C'était bien la peine que le philosophe fasse le tour des medias pour démentir son ralliement à Sarkozy (Le Monde, Libé, Inter, etc.), on n'en tient même pas compte... Même Sarkozy n'en tient pas compte...
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/234502.FR.php
"Le ministre-candidat se félicite du ralliement de Glucksmann, de Max Gallo, ministre sous Mitterrand et d'Alain Finkielkraut"

versac

xsteph : je ne partage pas le constat sur la disparition d'intellectuels, mais j'adhère au fait que Glucksmann n'est pas Sartre ou Aron (comme Finkie ou BHL).

Pierre : ce n'était pas l'objet de la note que de contester la phrase initiale et son devenir empirique ;) Je pense difficile de faire un bilan comptable, tous deux ont eu de l'influence, malgré tout.

potagepekinois : je ne leur reproche rien du tout. Ils font ce qu'ils veulent. Mais bon, de là à les comparer avec Sartre et Aron...

Gus : un économiste je ne sais pas, mais moi, elle me fait rire (j'ai pris le parti de rire de ces énromités de Sartre à présent). Il faudrait peut être soumettre le truc à un psy, plus qu'à un économiste, non ?

potagepekinois

Bha la comparaison n'est pas idiote sauf si l'on considère que le positionnement sur le champ politique ne trouve sa légitimité qu'en fonction d'un talent d'écrivain.
Si Sartre avait écrit aussi mal qu'il a eu tort en parlerait-on encore?

Pierre Catalan

@ Versac
ce n'était pas tourné contre toi!

Quant aux "intellectuels Français", c'est quoi? Onfray? BHL?

hmmm...

Gus

J'entends de temps à autre quelques appels du pied de quelques économistes à quelques sociologues. Je postulais qu'on ne parvient pas à écrire de son plein gré autant de livres chiants sans avoir quelque vision à exposer et y oeuvrer avec plus ou moins de bonheur.

Pour le psy, Aragon me semble être un meilleur client.

Eric

Je vais vous livrer un scoop, ou plutôt une info qui est passée inaperçue: Alain Duhamel a annoncé qu'il voterait François Bayrou, lors d'une réunion à sciences po. (voir la vidéo ici: http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2007/02/08/bayrou-la-tuile.html

http://www.dailymotion.com/search/bayrou/video/x151aw_duhamelvotebayrou)

Sachant que le candidat préféré d'AD est toujours perdant (pas parce qu'AD est un mauvais pronostiqueur: c'est un commentateur, pas un pronostiqueur), est-ce que François Bayrou doit se réjouir de ce "ralliement"?

pas perdus

La définition de l'intellectuel est qu'il consent à quitter sa tour d'ivoire et à s'engager, ce qui ne signifie pas qu'il appelle à voter pour tartempion...

Le ralliement de Glucksmann me laisse pour le moins dubitatif... C'est quelqu'un qui a toujours eu besoin d'un grand homme pour avancer "ses" "idées"... Mao, Bush et maintenant Sarko... Est-ce d'ailleurs un intellectuel ? Quels sont ses travaux, ses recherches ? C'est un médiacrate...

Sinon les ralliements de Sarko ressemblent à un concours de has-been et de médiacrates...

potagepekinois

"La définition de l'intellectuel est qu'il consent à quitter sa tour d'ivoire et à s'engager, ce qui ne signifie pas qu'il appelle à voter pour tartempion..."

C'est une définition de qui??

Arno from Paris

Avoir raison avec un Sartre qui s'est trompé sur toute la ligne, c'est super! Allons-y!
Vu sur Lire.fr:
"Sartre qui dénonça le colonialisme, détesta la démocratie parlementaire et prit la défense des régimes de l'Est au point d'affirmer en 1954, que «la liberté de critique est totale» dans une Union soviétique dont il annonçait doctement qu'elle rattraperait l'Occident dix ans plus tard, avant de rompre avec le parti communiste pour devenir castriste, maoïste et couvrir de son autorité les appels à la violence et à la «justice populaire»".
Mais bon, comme Sartre était de gauche, il avait forcément raison.

la thilde

tout à fait d'ac avec ce qui précède : prendre Sartre comme référence, c'est déjà trop (et la gauche là-dedans...)

humour japonais

mais le problème des intellectuels c'est qu'ils étaient embarrassés par les méthodes d'une candidate qui assura sa promotion sur le seul fait qu'elle était une femme, ne disons pas le contraire, le machisme est bien réel, mais delà à vouloir sortir la gauche de tous ces archaismes, comme une espèce de vengeance...
cette méthode a d'une part braqué une partie de la population et interloqué les intellectuels...
d'ailleurs quand on écoute le porte parole de madame royal*, on reste ébahi par sa fascination
on peut être du peuple et affirmer ce soir que les dangers qui se profilent, nous les avons vus!

Cyrille

C'est archi vieux comme annonce, ici c'est mieux
http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/02/10/les-germanoptratins-en-ordre-de-marche.html

Arbey

Si ces intellectuels s'étaient ralliés à Bayrou auriez vous le même jugement sévère ?
Mais admettez que, même si Glucksmann vous semble un "petit philosophe médiatique", il a toujours était un militant anti-totalitarime.
Et cela ne cadre pas vraiment avec votre description de NS sur ce blog "Voilà un homme pour qui des mots comme constitution, éthique ou respect des règles semble tout à fait étranger".

Guichardin

Glucksman est loin de la stature de Aron, certes. Mais ce serait l'insulter que de le rabaisser au niveau de Sartre, qui n'était guère qu'un journaliste engagé qui se prenait pour un philosophe. Il n'a dû son succès qu'à son couple médiatique (sa femme écrivait autrement mieux, soi dit en passant) et surtout à ses talents de publicistes dont Moscou avait grand besoin. Sartre, c'est comme Johnny, à l'étranger ils ont du mal à nous comprendre...

Cyrille

Gus> la solitude est un concept capitaliste, la primauté de l'individu.. etc, d'où la comunauté,le principe de... des vrais relations humaines, là où tout est authentique. C'est une tentative d'explication...

Cyrille

N'oubliez pas Bergson...

Aetius

Je vais changer la problématique parce que ça m'arrange : les philosophes ou les intellectuels ont ils un impact sur les électeurs ?
La grande distrib des maîtres à penser (chaînes TV), les moyennes surfaces et supérettes des idées toutes faites (presse et radios) n'ont déjà aucune influence sur l'électorat (voir référendum du PCE de 2005).
Alors, vous vous masturbez les neurones pour déceler l'aura des boutiques de quartier, seraient elles de luxe ?

Libéralisateur

Merci pour ce discours comparatif des intellectuels passés ou futur dans le fonctionnement de notre société d'aujourd'hui et sa prospective pour demain.

Et si on faisait référence à nos "économistes" "penseurs ?" du rôle de l'individu et de ses ressorts pour la société et du rôle de l'Etat, du rôle que devrait avoir l'Etat. Ils ont pour nom TURGOT, TOCQUEVILLE, BASTIAT etc et leurs écrits, sur ces fondements, ont été écrits il y a bien longtemps mais sont toujours d'actualité.

Parce que la vie et les fondements de la société humaine, sont un perpétuel recommencement. Tout ce qui s'écarte de cette vue simple des choses de la vie a vocation à disparaître comme les socialismes en Asie (au sens large) sur ces 20 dernières années.

N'est-ce pas assez intellectuel ?

Aetius

Pourquoi pas "libérateur", mais ce qui intéresse le peuple aujourd'hui, ce n'est pas TURGOT mais le mag TV TURBO, ce n'est pas TOCQUEVILLE mais les émissions culinaires des maîtres queue, ce n'est pas BASTIAT mais les résultats des clubs corses en foot.
Et dès à présent, que sont les BHL, Gluksman, Finkielkraut, Marseille (laisse moi rire) ?
Sont-ils comparables à Sartre, Aron ou Bourdieu ?
Que laisseront ces scribouillards dans le temps ?
Qui sont ils déjà par rapport à l'Abbé Pierre, Mère Teresa, voire au commandant Cousteau ?
De plus, ils ont souvent le mauvais goût de se tromper de bord…
Quant à l'Asie (au sens large), elle y reviendra.
Le libéralisme n'a pas le monopole de l'avenir.

versac

Arbey : pour vous répondre, oui. Et pourtant, j'aime bien Glucksmann (faites une recherche sur mes billets passés : je loue son anti-totalitarisme), j'ai fait partie comme lui de ceux qui critiquaient la position de la France lors de la guerre en Irak. Le truc, c'est que j'ai l'impression que son anti-anti-américanisme se transforme peu à peu en bushisme sans finesse.


politiful people

Personnellement, je me méfie toujours du "c'était mieux avant !", (même quand je le pense moi-même !), en toutes choses de la vie.
Au mieux, c'est un regret passéiste ou une protection conservatrice.
Les élites intellectuelles sont aussi le reflet d'une époque, assumons le.

pour Finkielkraut, c'est tout sauf un philosophe "médiatique", il écrit des bouquins intelligents et dit systématiquement des conneries sans nom aux médias. Disons que c'est du médiatique à scandale, très dans l'air du temps aussi

Antoine Block

Le problème vient de ce que les politiques ne sollicitent aucunement le ralliement de véritables intellectuels. Cela ne les intéresse tout simplement pas, parce que ce n'est guère payant électoralement parlant.

Qui accorde le moindre crédit au soutien d'un obscur (médiatiquement) universitaire qui, s'il est excellentissime dans son domaine, n'est pas un nom capable de fédérer le grand public ?

Les "intellectuels" dont il est ici question (Finkielkraut, BHL, Glucksmann, Onfray, Ferry, etc.) sont des figures médiatiques et sont utilisés comme tels. Parmi les électeurs, quel pourcentage a simplment lu (je ne parle même pas d'étudier avec les outils critiques et le background académique nécessaires) leurs ouvrages ? Ils ne sont (re)connus que par leurs passages chez Ardisson, Fogiel, Ruquier & Co.

Cela aussi fait sans doute parti de cette fameuse "nouvelle manière de faire de la politique" : un réalisme comptable qui veut qu'il soit plus rentable de safficher avec une icone (au sens d'image médiatique…) que d'entrer dans un véritable dialogue avec une pensée exigente.

Le temps des intellectuels est révolu, sinon définitivement, du moins pour longtemps.

Gus

Cyrille: la poursuite de son propre intérêt d'individu ne me semble pas être un trait particulièrement caractéristique des sociétés capitalistes. Je suis juste intimement convaincu que, bien souvent, en tant qu'individu, nous ne considérons pas notre seul intérêt d'individu, mais celui des multiples groupes auxquels nous considérons appartenir : par exemple, ne sacrifions-nous pas rituellement et régulièrement notre propre intérêt pour nos enfants ?

Il me semble par contre bien évident que quiconque, groupe ou individu, qui poursuit farouchement son propre intérêt et le seul sien luttera contre tout comportement ouvertement coopératif chez autrui, sachant bien que de tels comportements provoquent d'une part une moindre richesse globale et d'autre part réduisent la part qu'il peut espérer pour lui seul de cette richesse globale.

L'Etat lui-même, tenté de se poser en médiateur obligé de toutes les relations sociales, n'agit d'ailleurs pas différemment, éventuellement incarné au quotidien par ses plus zélés serviteurs. Réduire toute relation sociale à sa forme comptable et donner à cette forme force de loi par l'application à elle de la règle fiscale est certainement la méthode la plus aboutie à notre époque de destructuration sociale, autrement dit, de croissance économique.


http://www.lefigaro.fr/forum-figaro-2007/20070213.FIG000000048_etre_civilise_c_est_accepter_l_entierete_de_l_etre_social.html

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.