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16 février 2007

Commentaires

Michaelski

lol :)

Gus

L'engagement de législature "pas de dépenses nouvelles sans redéploiement" reste facile à énoncer, tenir, et faire contrôler. Personne n'a d'ailleurs jamais essayé que je sache, l'idée même de chiffrer le coût des programmes étant, si ma mémoire est juste, nouvelle en France en 2007.

Par exemple, Bayrou serait infiniment plus crédible en proposant ne serait-ce qu'une simple théorie par laquelle la nation retrouverait les six milliards qu'il se propose de dépenser en notre nom.

Michaelski

lol :)

don'blog

La machine UMP aurait-elle quelques soucis? Il semble bien en effet que les cordonniers soient les plus mal chaussés ! :)

luc67

:-))

Eh oui, c'est du grand n'importe quoi les promesses de Sarkozy (qui n'engagent que ceux qui les écoutent).

Curieux de savoir si les médias vont embrayer ou non sur ce sérieux cafouillage.

Mon petit doigt (briefé par JP Elkabbach) me dit que non !

laurentpoujol

La polémique gronde, l’équipe de Mme Royal se déchire (son conseiller économique démissionne ce jour sur fond de scandale interne), le site Débat 2007 chiffre le coût du programme du candidat Sarkozy à presque le double du chiffre annoncé par celui-ci.

Comme d’habitude on est loin de la qualité de communication dont les français ont besoin pour adhérer à nos idées.

Hier soir, j’ai vu l’émission de la 5 « C dans l’air » sur les gaspillages de l’argent public et les invités (Philippe Seguin de la Cour des comptes, J Marseille Historien, un économiste, un journaliste de l’Expansion et M. Pelous, le Monsieur Urgence dont a beaucoup vu le visage au moment de la canicule). Le débat était honnête et passionnant.

J’en ai retenu un thème ou plutôt une solution que je pratique assidument dans mon métier de formateur comportemental, il s'agit de la mesure de l’impact. Cette méthodologie est simple et demande rigueur et discipline. En fait, il s’agit d'appliquer systématiquement une mesure d’efficience et d’efficacité à tout projet, mesure, loi, investissement, changement, etc…

Comme l’a expliqué Philippe Seguin, l’efficience c’est la manière dont le projet est mis en place (respect du budget, des normes, transparence, communication, cahier des charges, etc…) et l’efficacité, c’est la réussite de la mesure par rapport à son objectif initial (des voitures passent sur le pont, des chômeurs trouvent un emploi, etc…).

Mesurer l’impact, c’est s’assurer que l’on ne pourra plus (ou moins en tout cas) laisser des acteurs de la vie publique peu scrupuleux dépenser le bien public là où il ne devrait pas l’être. Et les exemples sont légions. Hier, les invités ont donné l’exemple des 5000 organismes d’aide aux PME et de leur redondance et inefficacité.

Bref, nous avons aujourd’hui à notre disposition un grand nombre de rapports et d’évaluations comme ceux de la Cour des comptes qui nous donnent des pistes : utilisons-les !

Je détaillerais la méthodologie de la mesure d’impact dans une prochaine note. En guise de conclusion au sujet du financement du programme, je voulais suggérer à Nicolas Sarkozy d’aborder la question sous un angle nouveau :

Ø On ne finance pas avec des dépenses mais avec des recettes.
Ø En fait, on s’attaque à la dette en améliorant l’efficience et l’efficacité des systèmes et dépenses publiques existants.
Ø Chaque corps de l’état, des collectivités locales et territoriales se voit attribuer un organe connexe mixte (interne et externe) qui aura pour responsabilité de mesurer l’impact des programmes, projets, lois, investissement, subventions, etc…
Ø Un organe central et national est créé afin de coordonner l’ensemble des activités d’audit, de mesure et la communication des recommandations faites.
Ø Ces recommandations sont publiquement communiquées dans un journal en ligne mensel.
Ø Le parlement devra obligatoirement être saisi des conclusions et se prononcer sur les recommandations.
Ø Celles qui seront validées seront intégrées dans la LOF (Loi Organique de Financement, le budget de l’état) et celles refusées ou modifiées ne pourront l’être qu’après justification.


Ayons le courage de mettre l'ensemble des citoyens devant leurs responsabilités et de dire enfin la vérité.
Les financements suivront tout seuls car l'argent est là, il dort devant nos yeux, ici se trouve le véritable scandale.
Laurent

leon

Thierry BRETON, ministre de l’Économie et des Finances, a clairement contredit ce matin sur Canal + Nicolas SARKOZY sur la question de la baisse des prélèvements obligatoires, une mesure phare du candidat de l’UMP.

Alors que le ministre candidat a annoncé le 23 janvier dans le journal le Monde une baisse de 4 points des prélèvements obligatoires dès son élection, son collègue du gouvernement le contredit de façon cinglante en annonçant ce matin sur Canal + que finalement, s’il était élu, Monsieur SARKOZY « s’attaquera d’abord au désendettement de l’Etat et ne commencera la baisse promise des prélèvements obligatoires qu’après 2010 ». Monsieur BRETON précise même que Cette baisse devra s’étaler « sur dix années »

On se demandait en effet depuis plusieurs jours comment le candidat de l’UMP comptait financer, non pas le programme qu’il n’a pas encore publié, mais les mesures éparses et néanmoins onéreuses (122 milliards d’euros à ce jour) semées au gré de ses discours.
Monsieur BRETON apporte un début de réponse. Les promesses, c’est pour maintenant. Leur réalisation, ce sera pour plus tard. Beaucoup plus tard. Tellement plus tard qu’elle serait reportée au mandat suivant ! En clair, si l’UMP pense à la France d’après, c’est en réalité à la France d’après 2012 !

politiful people

Je trouve ce communiqué plutôt rassurant et moins obséquieux envers Sarkozy que tu ne le dis.

1/
Personne ne croit que les programmes des candidats seront intégralement appliqués, ou alors ce sont des gens avec la mémoire courte.

2/
Les gens apprécient des projets, leurs principes, leurs objectifs et leur cohérence (à ce titre, celui de Sarkozy qui promeut la valeur "Travail", mais supprime les droits de successions, n'est pas le plus cohérent et me fait sourire.)Le chiffrage n'est là que pour assurer une crédibilité technique, mais de toute façon si le coeur n'y est pas, le vote ne suit pas.
30 milliards ou 50 milliards, qu'est ce que les gens (je m'inclue avec vigueur dans ceux ci) peuvent dire ? Worst case scenario ? best case scenario ?


3/ la grande nouvelle est que des gens osent dire merde à Sarkozy dans son propre camp.
C'est plutôt rassurant d'être challengé en interne. Il n'a pas l'habitude, mais c'est plutot rassurant les contrepouvoirs en interne non ?

Ségo

Ouf enfin quelqu'un qui dit la vérité sur le programme ( si on peut appeler ça un programme ) de Sarko

on est sauvé

quant aux journalistes : ça fait bien longtemps que j'ai fait une croix sur leur partialité

et aucun ne relévera les absurdités du côté Sarko

trop occupé à chercher la petite bête au PS

dia

Je vous avoue que ce chiffrage, je commence à le sentir bien

Rubin Sfadj

Sarkozy cherche-t-il à nous donner envie de voter Bayrou ?

Félix

Traduction en bonne et belle langue courante du chiffrage du projet présidentiel de Sarkozy écrit en langue politique, aussi salutaire qu'une traduction en bon français du mode d'emploi en moldo-poldave du dernier gadget électronique acheté... à quand l'outil de traduction automatique, pour que chaqu'un puisse prendre sa pinte de rire en famille à décrypter ce qui se cache derrière cette langue politique si douce aux oreilles, si amère aux réalités.

Dedalus

la question est : finira-t-on par réussir à faire tomber le masque des beaux discours de Sarkozy et donné à voir aux français son vrai visage ?

On sait déjà que les médias traditionnels n'y contribueront pas.

Le monde clos de l'internet saura-t-il faire entendre suffisamment fort, à l'extérieur, la vérité de M. Sarkozy ?

j'ai pondu quelques articles sur sarkononmerci.fr : diffusez tout ce que vous voulez - faites-moi part de vos articles - créons des liens et tissons notre toile autour de l'araignée sarkoziste...

frednetick

arrêtons un peu de casser du sucre sur le dos de icolas sarkozy et de son chiffrage. Il fait juste des promesses pour lui et ses deux successeurs, où y'a t-il un probleme?

Non je déconne c'est du grad n'importe quoi mais ça marche, 55/45 selon un énième sondage du parisien.

C'est une technique qu'il utilise désormais depuis un bout de temps, plus c'est gros plus ça marche.

The king of esbrouffe has stroke again.

HERO

Pour vous aider à choisir votre candidat:
ORDRE juste ?
Sophie Bouchet Petersen s'est fait virée du staff de Royal pour se faire remplacer par Erik ORSENNA: "ordre juste".
Afin de minimiser le départ de Eric Besson du bureau politique du PS, Royal le ridiculise lors de sa sortie à Dunkerque: "ordre juste"
2 internautes socialistes posent la question du remplacement de la candidate qui chute dans les sondages, le PS fait pression pour fermer le site et Cambadélis menace de porter plainte: "ordre juste"
Je ne peux pas croire une seconde S.Royal quant elle dit qu'elle défendera les intérêts des travailleurs:
Ségolène Royal condamnée à payer 2.500 euros à 2 ex-employées
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee_2007/20070131.OBS9809/segolene_royal_condamneea_payer_2.500_euros.html
Encore moins le parti socialiste:
Le PS condamné à verser 25 000 euros à un ancien employé
http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070217.FIG000000850_le_ps_condamne_a_verser_euros_a_un_ancien_employe.html

pas perdus

Même les sarkozistes reconnaissent que le programme de leur favori c'est du vent !

Le temps que les médias répercutent le truc, que Débat 2007 prenne en compte cette donnée, on aura peut-être enfin une lecture plus objective du programme de Ségolène Royal qui elle ne s'est pas précipitée pour annoncer n'importe quoi!

A force de vouloir être omniprésent, Sarkozy a gaffé sur son programme ! Sarkozy c'est des paroles... du bruit... voire émeutes. Et rien d'autre.

Jacques Adam

Ah, si Royal avait fait le même coup... La une de tous les JT, de toutes les radios pendant trois jours. Premier jour on annonce le désastre national, deuxième jour on donne la parole largement à l'UMP, troisième jour on invite un soit-disant expert pour nous expliquer la démagogie économique de tout cela. "Cette femme est préoccupante. C'est bien une socialiste elle veut dépenser des fortunes et mener le pays à la faillite. Regardez en face le projet de son adversaire qui ne bouge pas d'un iota..."

Mais c'est sarkozy alors on parlera d'ajustement, de mesures phares, urgentes à appliquer immédiatement en oubliant de préciser que les autres on ne les appliquera jamais. Non,non Claire Chazal ne fera pas la liste des mesures annoncées par Sarkozy et qui passent en perte et profit. Ce serait pas poli pour le cher ministre-candidat

sangaku

J'ai comme l'impression que le "programme " de NS fait "pssshhhiiit"

Caroline

Désolée, mais tout ceci est de la désinformation. Ayez la patience d'attendre quelques jours et vous en aurez le coeur net.
Je ne vous en félicite par Versac !

ecolodujour

Les propos de Sarkozy, c'est vraiment du tout et n'importe quoi....
On signe le pacte écologique de Nicolas Hulot, avec la mise en place d'une taxe carbone, pour limiter les émissions de CO2 ...mais on se prononce pour la construction d'autoroutes (sic)
Il dit qu'il faut un minimum de transparence sur les OGM mais le gouvernement dans lequel il est, refuse depuis 5 ans d'appliquer une directive européenne et se trouve dans l'illégalité la plus totale.....Pourquoi cela changerait avec ce justicier?
Bref, c'est de la com....histoire de répondre à tel ou tel catégorie socio professionelle mais lorsque l'on essaye de regrouper toutes les promesses....cela ne tient pas....ca fait pssschhhhiiiiiiiiitttt

nounours

Regardez un débat entre Sarkozy et Ségolène Royal en 1993 http://nounours.typepad.com/nounours/2007/02/sarkozy_royal_l.html
Déjà à l'époque Nicolas Sarkozy avait le même discours (le truc du redressement de la France) et personne ne lui demande ce qu'il a fait depuis..
Ségolène à l'époque l'avait bien remis à sa place

Caroline

Vu ce soir sur le blog d'Alain Lambert, ancien ministre délégué au Budget et à la réforme budgétaire :
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Bataille de chiffres dans la campagne.
Par Alain Lambert, samedi 17 février 2007 à 17:44 :: Politique

De Prague, où je suis parti jeudi après midi, j'ai suivi avec étonnement la soudaine irruption médiatique qui s'est produite, au sein de la campagne présidentielle, suite à la manchette du Monde suspectant une tentative de remise en cause du financement du programme de Nicolas Sarkozy. Vu de l'extérieur, sous le regard d'amis étrangers, cette agitation nous semblait surréaliste. Voilà plusieurs jours que je sentais cette frénésie du chiffrage monter et s'emparer du débat public, au risque de distraire l'attention des Français des vrais sujets qui sont ceux de leur avenir et de celui de la France.

Qu'attend-on d'un Président de République ? Non pas qu'il nous égrène, comme un caissier-comptable, ou un apothicaire une liste de mesures avec des indications précises sur le poids et la liste des ingrédients qui les constituent. Nous attendons qu'il nous dessine un vrai projet de société pour la France, pour nos enfants et pour nous même.
J'ai retenu, pour ce qui me concerne, 3 messages forts de Nicolas Sarkozy :
1) Le retour au plein emploi dans les 5 ans ;
2) L'amélioration du pouvoir d'achat des Français ;
3) La sécurisation de la solvabilité de la France pour garantir la protection sociale (famille, retraites, santé, vieillissement).
Pour réaliser ces objectifs d'intérêt général, il explique sa méthode :
- S'agissant du plein emploi, il érige le travail en priorité nationale en permettant, par exemple, à tous ceux qui le souhaitent de travailler plus pour gagner plus, notamment grâce aux heures supplémentaires exonérées.
- S'agissant du pouvoir d'achat, il propose de réduire toutes les charges et impôts qui grèvent le budget des ménages.
- S'agissant de garantir la solvabilité de la France, il prend des engagements précis sur une trajectoire d'assainissement de nos comptes publics avec des objectifs explicites d'amélioration du stock de dette, du déficit, de norme des dépenses, de prélèvement obligatoires, et l'introduction de la « règle d'or » interdisant désormais d'emprunter pour financer des dépenses de fonctionnement.
Cette garantie de la solvabilité de la France est pour moi essentielle, et je suis en mesure d'expliquer, à tous ceux qui le souhaitent, l'évolution de nos comptes publics sur les 5 ans qui viennent, selon les hypothèses de croissance, tels qu'ils résultent des engagements du candidat et dans le cadre desquels (comptes) les mesures proposées devront s'inscrire.
Cette démarche s'appelle un cadrage ! Je m'épuise à rappeler sur ce blog qu'un cadrage solide, sérieux, contradictoire, explicité, documenté, vaut mille fois mieux que tous les chiffrages de bouts de table qui fleurissent ici ou là.
J'essaierai cependant par d'autres billets, pour ne pas tout mélanger, d'expliquer les limites de tous ces chiffrages. Cela étant dit, pour figurer parmi les acteurs principaux des finances publiques depuis 15 ans, et m'étant souvent soustrait aux contingences partisanes, sans m'être jamais fait d'ennemis, quels que soient les partis, j'aspire à ce que le débat public sur nos comptes publics reprenne un cours sérieux, professionnel, calme, et responsable. Et j'expliquerai clairement pourquoi je crois à la cohérence d'ensemble des propositions de Nicolas Sarkozy

christian

Gagner plus en travaillant plus!!!!!!!!!!!!
hahahahahahahahahahaha..............mdr....

Thrin

Pour faire suite au post de Caroline, AL continue ses posts sur les querelles de chiffrage.
http://www.alain-lambert-blog.org/

FrédéricLN

Je continue à adresser à Alain Lambert toute mon admiration pour sa virtuosité. Peut-on déduire de ses exposés que "le candidat qu'il soutient raconte n'importe quoi toute la sainte journée et son contraire la nuit" ? Je n'ose lui demander sur son blog.

Versac : "ça n'écoute que ceux qui les écoutent" : n'engage ... je t'assure, avec Luc67.

jeunespop87

Allez, soyons justes, les chiffres de Sarkozy sont clairs et vérifiables alors que le grand garant des comptes au PS a démissionné ! Alors, franchement, tu crois pas que c'est un peu puéril cette pseudo critique ? L'écran de fumée n'est pas assez grand pour cacher le vide du programme du PS et sa facilité à dépenser sans envisager de mettre un sous en face pour financer !

Ankou

Hummm, vous vous moquez tous de Sarkozy, mais maintenant que le ménage a été fait dans ses propositions (c'est à dire mettre des hiérarchisation dans les propositions et évacuer les trop optimistes) le candidat va pouvoir aller faire un tour dans le chiffrage de la candidate PS, vous savez, celle qui a démissionné Besson.
Et dans toutes les autres candidatures.
Et tiens, bizarrement on va moins entendre tous ces commentateurs zélés, pourquoi donc?

Pour une fois qu'on a un parti qui dis clairement les choses, vous le regrettez...

Et tiens, pourquoi personne ne pose la question du financement du programme PS? 53 milliard d'euros, c'est rien, on ne construira pas les 20 porte avions prévus.

vienne

C’est quand même fou, tous ces spécialistes économiques en herbe qui se trémoussent sur ce blog !
Quand vous aurez l’expérience et les compétences d’un A. Lambert je commencerais à vous lire plus attentivement.
En attendant je prendrai vos remarques pour ce qu’ils sont : du babillage haineux de militants sans compétences. Vos postes successifs pour casser du sucre sur le dos de NS ne vous honorent pas, cher Versac.
Des critiques oui, mais ce matraquage incessant et systématique devient vraiment lassant.
Souffrez qu’il y a des gens qui ne pensent pas comme vous et qui ont parfaitement compris et approuvent la tendance globale du programme de NS : remettre en marche le train de l’économie freiné par 25 ans de règlementations, de gabegies en tous genres et de dérives socialisantes.
Je vous conseille d’écouter attentivement l’émission « c dans l’air du 14 février » et vous poser les questions suivantes : comment en est-on arrivé là, à distribuer toujours plus, encore plus aux gens pour les assister et distribuer parallèlement des subventions à tour de bras à l’économie pour soutenir notre compétitivité et comment sortir de cette spirale infernale.

Caroline

Alain Lambert suite :

Querelles de chiffrages : En sortir par le bon sens.

Par Alain Lambert, samedi 17 février 2007 à 21:41 :: Politique

Comme je le disais dans le post précédent, la sagesse commanderait d'en finir avec ces querelles de boutiques qui n'éclairent en rien les grands enjeux. Une fois encore, je veux rappeler mes doutes sur l'utilité de ces démarches de chiffrage individuel, mesure par mesure. J'en connais les limites. Parce que je les ai vécues, sans interruption, pendant 15 ans, comme Rapporteur Général du Budget, comme Président de Commission de Finances ou comme Ministre du Budget. Quelque soit le soin apporté au chiffrage d'une mesure, l'aléa est total ! Les risques d'erreur vont du simple au double. Voire au triple. Je remarque que, quelque soit les gouvernements en fonction, les amendements parlementaires sont assortis d'un avis défavorable au motif qu'ils coûtent tous des fortunes dont les montants plongent souvent leurs auteurs dans un abîme de perplexité. Je constate que, quelque soient les gouvernements en place, les prévisions de croissance, de recettes fiscales, donnent lieu à des controverses irréconciliables. Et je remarque, avec ironie, que personne ! Absolument personne ne s'intéresse, au terme de l'année, de savoir qui avait raison ou tort et quel a été l'écart entre la prévision et la réalisation. Cette propension française à se disputer systématiquement et à l'infini sur les prévisions sans jamais s'intéresser aux résultats est une calamité dont nous devrions essayer de nous guérir.

Je ne l'ai pas par devers moi, mais je vous publierai, dans la semaine qui vient, un tableau vous relatant les écarts, sur les années qui viennent de s'écouler, entre prévisions et réalisations sur la croissance de l'économie, sur les recettes fiscales et autres fondamentaux de nos comptes publics et vous verrez combien les débats manichéens sur les chiffrages ex ante sont dérisoires.
Quelques exemples à propos des débats en cours :
- En recettes : Nicolas Sarkozy propose d'alléger les prélèvements de 15 Mds€ sur 5 ans ? Est-ce possible ? Il en a été fait 23 lors de la présente législature ! Dois-je rappeler que le total des recettes publiques, toutes administrations confondues, est de près de 900 milliards d'euros. Dois-je ajouter que sur la seule année 2006, et malgré des prévisions contestées par personne, et sur les seules recettes de l'Etat, les plus values ont été de 10 milliards d'euros ! Ces seuls chiffres illustrent combien le débat sur les allégements fiscaux n'a d'intérêt que dans le principe et non dans le quantum dont le réalisme est évident.
- En dépenses : Le candidat envisage des mesures prioritaires d'un coût d'environ 15 Mds€ également, en 5 ans, finançable par redéploiement sur une masse de dépenses annuelles d'environ 600 milliards. Serions-nous sclérosés au point de ne plus être capables de redéployer 1% de nos dépenses ? Espérons que non !
- En solde budgétaire : La cible qu'il s'est fixée de ne pas dépasser 1,5 % de la richesse nationale en fin de législature correspond à la trajectoire actuelle de nos finances publiques, laquelle n'a pas été saluée comme exceptionnelle. Alors qu'avec le volontarisme qu'il exprime, l'espoir d'une croissance plus soutenue est légitime. La encore, le débat n'est pas savoir si c'est faisable ou pas. Que ce soit faisable est une évidence. Que l'on souhaite faire mieux et plus vite serait une controverse beaucoup plus utile car elle éclairerait la sempiternelle question de savoir si la croissance optimale s'obtient par un mixte entre allégement et réduction du déficit ou par le seul objectif du retour à l'équilibre. La démocratie se nourrirait d'un tel débat. Plutôt que de cette bataille de milliards qui ne parlent à personne.
Au final, la confiance des Français s'exprimera au bénéfice du candidat qui propose des caps clairs, des ambitions collectives, des exigences fortes, et qui traduit ses propositions en langue citoyenne, pour être compris par tous, et qui fait appel à ce que les Français ont en partage : le bon sens !

jani-rah

Ségolène Royal pose comme principe de ne pas augmenter la pression fiscale, et d'au moins stabiliser la dette.

Une fois ces principes clarifiés, le reste est de peu d'intérêt en terme de chiffrage. Les marges de manoeuvre sont telles, des mesures peuvent être gonflées ou dégonflées par des aménagements techniques ou des choix politiques, qui font partie de l'arbitrage...

Sans compter l'impact de la croissance, des besoins nouveaux liés aux alléas internationaux ou autres, ou des nouvelles idées qui peuvent s'imposer...

Donc mieux vaut présenter des principes et des orientations, quelques mesures fortes, et un ensemble ensuite de projets mais sans forcément les chiffrer...


Pour le reste : l'émission de C dans l'air ne m'a vraiment pas enchanté : Philippe Seguin était le moins démago, avec une vision balancée d'une réforme nécessaire, mais déjà en cours, et difficile.

Que ce soient Jacques Marseille, ou M. Levy (qui a commenté les commentaires sur le programme de SR en faisant des erreurs flagrantes) ou l'économiste de l'expansion; voire Yves Calvi complaisant (l'émission de lundi était du même genre avec une majorité de représentants anti-SR comme le très neutre Christophe Barbier).

Relever quelques gaspillages ou abbérations, soit. Mais cela ne suffit pas : que faire, comment, avec les administrations concernées... Le remplacement de 1 fonctionnaire sur deux, pourquoi pas si c'est possible... Mais où ? Et cela ne suffit pas en terme d'économie sur le mandat.

Quand aux économies fantasmées...
30 milliards chez Sarkozy, 20 Milliards chez Bayrou, et également à travers la décentralisation chez SRoyal : cela fait des années qu'on les traque. On en trouvera encore, mais ce n'est pas le centre : sinon par des réformes politiques ou techniques, que l'on omet de présenter.
Donc réforme de l'Etat et économies, bien sur, c'est à dire un processus permanent de bonne gestion de l'Etat, qui commence à se mettre en place.
Mais ce n'est pas cela qui financera le reste.

Merlin

Ca intéresse quelqu'un les querelles de chiffres? Je veux dire, ca interesse les vrais "gens"? Même moi ca me fatigue.

Il y a d'ailleurs un billet sur Telos qui explique pourquoi. La France est au taquet en ce qui concerne la dépense et la recette. Donc a quelque chouia pres on ne va pas pouvoir appliquer un quelconque programme accroissant la dépense, aussi bien intentionnée soit elle.

Quand a augmenter les prélevements obligatoires j'aimerais que l'on me dise qui cela va pouvoir concerner sérieusement.

L'ISF rapporte €3mds, 2% des Francais payent €30mds des €60mds de l'IR alors ca va pas être facile d'augmenter la taxation des riches pour autre chose que des cacahouètes. Les classes moyennes ont elles envie de contribuer quelque chose aux grandes causes nationales?

Quand a compter sur la croissance on est mal parti. En 2006 la croissance de la zone Euro est de 2.7%, même l'Allemagne est a 2.6% et la France a 2%. Seule l'Italie fait moins bien. Notre moyenne sur les 10 ou 15 dernières années est de 1.6%.

Donc relaxons nous, buvons frais. Tout ca ce sont des paroles verbales.

sangaku

Mais oui ! le BON SENS, personne n'y avait penser !
Merci Alain Lambert, quel genie !

Mais alors, y avait'il du bon sens au gouvernement pendant 5 ans ?
si Sarko est elu, on aura les mêmes personnes au gouvernement, comment ont'ils fait pour retrouver le BON SENS ?

tristram

Une minute de réalisme.

Comparons les deux émissions politiques France Europe express et la politic star academy de TF1. Le problème de notre démocratie d’opinion, c’est que l’émission politique dans laquelle des gens compétent et soucieux de l’intérêt général, débattent avec un candidat à la présidentielle, n’hésitant pas à apporter la controverse et à le remettre à sa place quand il divague, et bien cette émission passe après minuit le dimanche soir.

Par contre un show de télévangéliste américaine où les fidèles de « l’église du renouveau de la maison France » viennent exposer leur drame et se voient promis le salut personnel garanti TTC, et bien ce show passe en prime time.

Voilà le problème : le président de la République n’est plus dans ce pays, la personne qui rassemble la nation derrière de grandes orientations qui doivent garantir l’intérêt du plus grand nombre. Le président de la république aujourd’hui est un commercial thaumaturge de l’espoir bon marché, qui défend l’intérêt catégoriel, et sera d’autant plus sur d’entrer dans le château qu’il aura promis le plus de balivernes au plus grand nombre de catégories sociales.

C’est pour cela que Chirac a été préféré à Barre, c’est pour cela que Mitterrand a été préféré à Rocard ou à Delors.

C’est pour la même raison que les prestidigitateurs menteurs seront préférés au gens sérieux et responsables, et qu’après on viendra se plaindre de la qualité de la classe politique française.

Mais non, la classe politique française est élue par les Français. Ce qui est embêtant avec la démocratie s’est qu’on est comptable des dirigeants qu’on s’est choisi.

Alors bon peuple, suivez la Reine guérisseuses avec tambours et trompettes jusqu’au royaume céleste, situé, au loin, au sommet de la montagne sacrée des brumes perdues du n’importe quoi.

Nicolas

Ton commentaire est saignant !

Je n'ai pas lu le communiqué de l'UMP, mais c'est vrai que le Candidat du gouvernement est véritablement un candidat de la société de la vitesse. C'est speedy gonzales, la fameuse souris qui court plus vite que son ombre...

Il a réussi à inventer les promesses que l'on oublie avant même l'élection !

Faut le faire !

Mais que va-t-il trouver pour occuper les 2 mois de campagne à venir d'ici au premier tour ?

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