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12 octobre 2006

Commentaires

Ouille ouille ouille

> "Il doit en être un acteur et un stratège qui "met les mains dans le cambouis" et utilise les leviers de ce marché pour peser sur ses orientations."

NON MERCI !

Que l'Etat se contente de se gerer lui-meme, ce sera deja une grande chose.

C'est un reve socialiste post-sovietique que de croire que l'Etat peut encore peser sur les orientations du marche. C'est une chimere dangereuse que l'on prendra soin de laisser aux nostalgiques du XXe siecle...

Gus

"Il doit en être un acteur et un stratège qui "met les mains dans le cambouis" et utilise les leviers de ce marché pour peser sur ses orientations."

C'est exactement ce que fit Lénine en 1917 en arrivant au pouvoir.

blogoliticien

Sur ce sujet, je vous invite à lire "Le génie français" de Michel Guénaire. Cet essai se demande qu'elle est la place possible de l'Etat dans une économie mondialisée. La mondialisation est un modèle économique de type anlgo-saxon étranger à la culture française. La France doit réinventer un développement avec un Etat restreint sur quelques domaines d'actions (santé, social, éducation, recherche...) mais véritablement présent. En somme il parle du retour de l'Etat dans une economie libéralisée. Nouvelle pensée de la droite moderne.

FrédéricLN

Certes, si le terme de Fred-EM, "met les mains dans le cambouis", est entre guillemets, cela suggère bien qu'il est un peu décalé par rapport à ce que même Fred-EM voudrait dire. Les bielles, pistons, engrenages du "moteur économique" que nous sommes (entrepreneurs, salariés, actionnaires, clients ...) n'ont certainement pas envie d'avoir au-dessus d'eux en permanence les grosses pattes de l'Etat prêt à intervenir sur le premier mécanisme qui tourne un peu différemment de ce qu'il souhaite.

Et pourtant, la démocratie doit bel et bien piloter ce moteur (pour reprendre la comparaison du volant et du moteur, faite par F. Bayrou en janvier dernier à ce sujet). La volonté des citoyens doit bel et bien s'exercer pour que le libre jeu des bielles, pistons, engrenages pollue le moins possible (au sens propre), apporte le plus possible d'égalité des chances, favorise la diversité des offres contre les monopoles et l'uniformisation, autorise la création gratuite contre les arsenaux judiciaires, etc.

C'est à la démocratie de fixer les règles du jeu qui permettront au libre jeu des acteurs économiques, de produire ce qui se rapprochera le plus possible de l'intérêt collectif.

FrédéricLN

Précision : si j'écrit "la démocratie" et "les citoyens" et non l'Etat, c'est que l'assimilation avec l'Etat me semble malfondée.

En matière de protection de l'atmosphère, les choix démocratiques ne peuvent se faire qu'à l'échelle mondiale, probablement par le relais européen (Cf. cas des pluies acides).

En matière d'attribution de l'espace, de conflits sur l'usage du sol (entre agriculteurs, logisticiens, habitants, touristes etc.), les choix démocratiques ne peuvent être raisonnables et efficaces qu'à l'échelle du territoire ; etc.

L'Etat ne devrait donc certainement pas se concevoir comme le stratège de l'économie (≠ époque gaullienne), mais comme le stratège de sa propre action en matière économique, pour les leviers d'action qui sont à son échelle (fiscalité, charges sociales, grandes infrastructures, approvisionnement énergétique, réglementation des médias, etc.)

carolus

Il faut rendre à César ce qui est à César : l'Etat stratège, l'expression vient de Christian Blanc et, plus précisément, d'un rapport qu'il a écrit en 93 et dont c'était le titre.

Un Etat qui impulse, mutualise, coordonne, pas qui fait tout de loin, donc tout mal. Qui ne prétend pas mieux savoir que les acteurs ce qui doit être fait.

frednetick

L'état fait tout mal, pèse trop, à des gros doigts et en plus les énarques mangent des enfants...

Le trait est constamment grossier, pourquoi ne pas alléger un peu vos critiques comme vous souhaiteriez en général que l'état fasse ne matière de charges sociales?

J'aime beaucoup l'argument deslibéraux qui disent vouloir favoriser le jeu du marché sauf en cas d'investissement lourd et non rentable... dès lors que l'argent n'est pas au bout du compte c'est encore et toujours l'état qui doit y aller..mais par contre quand ça marche (suivez mon regard vers GDF), on privatise !!!!

C'est souvent joliment huilé mais au final ça fait toujours mal aux fesses des mêmes..

Comme bien souvent on est prompt à formuler critiques et revendications mais ensuite l'on s'aperçoit rapidement que les paroles ne sont pas suivies d'actes compatibles avec les valeurs precedement mises en avant...

Quand à la référence à Lénine, ouch..un réel crochet au foie...1917...pfiouuuuu

Fred de "et maintenant ?"

Post-soviétique, léniniste... vous me faites décidément trop d'honneur ;-)

Pour répondre sérieusement à FrédéricLN, je ne veux pas d'un Etat qui soit "au-dessus" du marché (je refuse aussi bien la planification que les nationalisations arbitraires), mais je veux d'un Etat qui soit "dans" le marché, et s'y comporte comme un actionnaire soucieux d'y défendre les intérêts industriels qui construisent son avenir.

Il n'y a pas de contradiction entre ouvrir le capital d'entreprises publiques pour faire financer par le marché des projets qui garantissent sa compétitivité (comme France Telecom l'a fait pour investir dans le portable), vendre ses participations pour construire des synergies - notamment européennes - entre groupes industriels, négocier des pactes d'actionnaires avec des entreprises privées pour stabiliser le capital d'une entreprise stratégique (comme dans EADS avec Lagardère) ou prendre des participations dans le capital de "start-ups" qui souhaitent innover dans des technologies-clés pour l'avenir de notre économie (comme le propose le projet du PS)

En ce sens, je suis pour une deconnexion des notions de "service public" - qui relève d'un cahier des charges contractuel - et de "capital public" - qui donne une capacité de décision au niveau d'une entreprise.

Un petit quizz pour finir

1. Quel bolchévique a dit des privatisations : "elles sont condamnables lorsqu'elles sacrifient l'avenir" ?

2. Quel stalinien a dit "Il faut créer une grande entreprise publique nommée Energie de france. L'énergie n'est pas un bien de consommation comme les autres, elle doit rester sous contrôle public" ?

réponses :
1. François Bayrou
2. le sarkozyste Dominique Paillé.

On est vraiment cerné par les rouges...

frednetick

Si l'on ajoute à ces deux tristes individus le dénommé Joseph Stiglitz que l'on a récemment vu le couteau entre les dents, ça fait beaucoup..

edgar

"au nom de quel dogme ?"

= 1h30 de TGV départ Paris Gare du Nord

Matthieu

J'aime bien votre billet, Fred. Je suis bien d'accord avec vous, avec Michel Rocard, mais vous semblez oublier que ce n'est pas la direction du PS d'aujourd'hui. Michel Rocard n'a pas eu le succès qu'il méritait, à l'époque, aujourd'hui on tire à boulets rouges sur Ségolène Royal pour son prétendu blairisme.

La tentation de l'interventionnisme reste donc forte, et à droite aussi d'ailleurs

Fred de "et maintenant ?"

La question de "plus ou moins d'interventionnisme" est précisément de celles qu'il faut dépasser.

Il faut tout à la fois créer un cadre qui permette à l'entreprise privée d'exprimer toute sa capacité de créativité et d'innovation, et savoir être présent pour l'orienter ou la consolider lorsque des intérêts stratégiques l'exige.

Tout le drame de la politique est de créer des guerres de religion sur le dimensionnement des moyens, alors que c'est sur la nature des objectifs que le débat devrait porter.

Gus

"Et pourtant, la démocratie doit bel et bien piloter ce moteur (pour reprendre la comparaison du volant et du moteur,"

Bon : et comment donc l'état stratège va-t-il concilier sa nécessité de piloter le moteur avec le fait que le moteur et ses capitaux ont toute liberté de s'installer où ils voudront en europe, ne serait-ce que pour emmerder le stratège ?

(Au passage, remarquez qu'au sein de la zone euro, toutes les économies sont solidaires, donc, que servir l'intégrêt des français se fait aussi bien en Belgique qu'en France stratège.

Stéphane

Le pdg UMP, SZarkozy, que vous soutenez est aux affaires depuis 2002, sans compter qu'il le fut aussi sous ballamou... et vous pensez que ce politicien, ami des pasqua, balkani ou ny, et consorts va mener la France comme un chef d'entreprise et la rénover...? Cet homme est le symbole de la langue de bois et d'une classe politique qui s'accroche à ses privilèges.

Son passage au ministère de l'éco et des finances se résume à faciliter la transmission des entreprises aux enfants, et la vie des rentiers... Les privatisations qu'il mena sous balladur ont juste permis de placer des amis politiques, ex hauts fonctionnaires comme Messier.

Bref, l'entreprise est une sotre d'idéal dans la bouche des libéraux. Mais l'entreprise, c'est aussi Enron qui se fout des salariés. C'est aussi Total qui pollue. Ou ces entreprises qui profitent des zones franches et qui vident les lieux en catimini.

Alors, vous voyez, c'est facile d'accuser un acteur de tous les péchés... de tous les maux de notre société comme vous le faites pour l'Etat. C'est bien joli de dénoncer les monopoles étatiques mais ceux - ci permettent d'offrir des services à bas prix ou gratuits.

Quid des situations monopolistiques dans certains secteurs privés, des ententes secrêtes entre entreprises privées ?

FrédéricLN

Gus : comme l'explique mon comm., c'est précisément pour cela que j'écris "la démocratie, le citoyen" et non "l'Etat".

C'est pourquoi je suis pour l'harmonisation fiscale et sociale en Europe (et le parti dont je suis adhérent a défendu - en vain - ce principe lors de l'élaboration du projet de Constitution européenne).

Il est clair que chaque pouvoir démocratique (Etat, Europe, communes, etc.) ne peut agir que ... sur ce qui est en son pouvoir.

cdg

etat stratege oui mais encore faudrait il avoir a la tete de l etat un stratege, pas une marionette pres a tout pour etre reelu et a carresser dans le sens du poil son coeur de cible electoral (comme un certain JC)

Petite question actuelle. Pourquoi fussionner GDF et Suez? Pour eviter que suez soit avalee par un groupe italien et qu un copain de JC (PDG de suez) perde sa place (le principal cationnaire du nouveua groupe sera ... belge! (albert frere))
Autre exemple parfait de l etat stratege, la promotion de Noel Forgeard a la tete d EADS apres son passage a airbus. On connait la suite

Conclusion: on ne donne pas les allumettes a un enfant, pourquoi confier la direction d entreprise a des politiciens corrompus, incompetants ou au mieux clientelistes ?

Franck

Quand on observe l'agitation de l'Etat autour de Gaz de France et Suez ou de EADS et Airbus, on se dit que si les fonds de pension n'étaient pas réservés au fonctionnaires, un actionnariat moins politique des grandes affaires règlerait mieux ces problèmes et qu'on n'aurait moins à s'interroger sur l'arrivée des capitaux russes !

gil

Une économie de marché ne peut correctement fonctionner que si elle est organisée et contrôlée par l'Etat.

Les pays les plus industrialisés, Etats-Unis en tête, ont des gouvernements qui n'hésitent pas à intervenir et à réguler le domaine économique.

La loi de la jungle n'est pas économiquement optimale.

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