« Marre de GTA San Andreas ? | Accueil | L'urinoir »

09 juin 2006

Commentaires

Gus

"Les mouvements auto-organisés restent encore, sauf aux extrèmes, très tournés vers la discussion et le débat, mais s'en remettent encore aux intermédiaires pour assurer la terminaison politique."

Quel troisième choix proposeriez-vous à choisir entre ça et l'action directe ?

versac

Gus : la concurrence. Cf. Daily Kos, où l'on contourne le parti officiel, pour mieux le faire avancer.
Je ne le souhaite pas, et constate même que les blogueurs proches du PS, par exemple, sont assez nombreux à avoir (ré)adhéré. Comme si ils ne voyaient pas d'issue politique autre.

Gus

versac: Intéressant : effectivement, j'avais même perdu cette approche de vue, depuis le temps.

Si vous avez bonne mémoire, vous devez vous souvenir de l'idée que j'avais exposé sur Publius selon laquelle un très gros contentieux au sein de la gauche française avait émergé lors de l'affaire de l'AMI, alors que la gauche était au pouvoir. à cette époque, une bonne partie de la mouvance que je nomme "internationaliste" a déserté silencieusement les rangs de la gauche gouvernementale pour éviter de casser la dynamique en cours. Depuis, et notamment du fait du résultat de l'élection de 2002, l'usage a persisté, au point que la plupart des militants de ce qu'est devenu cette mouvance pensent sincèrement n'avoir jamais eu aucun lieu avec le PS, puisqu'ils n'ont même pas connu cette époque.

Peut-être cela changera-t-il avec le temps dans le sens que vous proposez.

ponolive

Gus, pouvez-vous précisez ce que vous appelez la mouvance internationaliste ? Merci.

Natacha QS

Attention, voici un commentaire un peu long ;-)
Merci pour ce compte rendu, c'est tout à fait pertinent !

En France, les forums ou réseaux sociaux citoyens ont déjà eu des impacts réels. Je peux témoigner en tant que co-coordinatrice de la communauté des Humains Associés en ligne depuis 1994. Le mouvement contre la guerre en Irak de 2002-2003 s'est largement appuyé en France (comme aux USA) sur un usage du Net et des relais multiples (courriel, sms, diffusion du net vers le papier). Un exemple concret, il y a eu la manifestation planétaire géante du 15 février 2003, grâce à des relais locaux très étendus (notre réseau social), nous avons pu proposer à l'avance une liste de manifestations locales dans plus de soixante-dix villes (et continuer par la suite), on dirait aujourd'hui que c'était de l'hyperlocal.

L'info nous prevenait des groupes locaux et l'on faisait la synthèse que nous diffusions en ligne via des canaux multiples, il y a eu aussi des reprises presse. Par effet boule de neige (ou buzz si on préfère), cela a touché pas mal de gens. Cela est possible aussi quand l'état d'esprit citoyen est bien énoncé et respecté depuis le départ par le réseau, cela se joue aussi avec sa bonne réputation. Les gens sont très méfiants ( à juste titre vis-à-vis des récupérations des appareils politiques et syndicaux). D'ailleurs en ce sens, nous avions beaucoup de témoignages de personnes non politisées, ou moins politisées que d'autres, qui ne se retrouvaient pas du tout représentées par les anti-guerres français médiatiques, éternel problème de la représentativité.

Je suis d'accord avec toi Nicolas sur le manque d'impact de la communauté des anti-DADVSI. Il faut savoir s'organiser en ligne, mais que cela se traduise par un engagement de terrain concret. Je pense que ce sont des cas nouveaux, c'est-à-dire des questions politiques qui mobilisent des personnes qui ne sont pas politisées. C'est une très bonne chose, mais cela dépasse le cadre des représentants officiels pour le moment.

Un grand changement déjà amorcé par touche ici et ailleurs, le fait de collaborer ponctuellement pour une opération donnée sans forcément être d'accord sur tout, une approche moins idéologique et plus pragmatique ce qui dans notre cas correspond totalement à notre pratique depuis vingt ans.

Gus

ponolive: la terminologie est ici mienne (et d'autant plus malaisée à définir sur un blog politique qui reste très axé sur la politique intérieure française) du fait que j'ai tendance à considérer qu'il n'y a plus désormais de branche strictement française ou francophone de la chose[*] ou même, souhaitant s'identifier comme française plutôt que francophone (de sorte à intégrer notamment les voisins belges et luxembourgeois).

Non pas que je veuille esquiver le débat (bien que je souhaite marquer la distance avec l'internationale socialiste, hein..), mais je ne suis pas sûr que Versac apprécierait à cet instant un débat sur les gauches :-))) : si c'est sur ce terrain que vous souhaitez qu'on aille, dites-moi juste où :-)

Sinon, je souhaitais surtout souligner que la faiblesse du raisonnement de Versac me semblait être qu'il souhaitait transposer une méthode applicable dans un paysage politique où les véritables enjeux (fédéraux) font l'objet d'un débat bipolaire, alors que la plupart des débats politiques français sont tronqués du fait qu'on se refuse à admettre que nul débat n'est gérable sans y inclure une réflexion internationale, et notamment européenne.

Voilà pour un Dailykos n'a pas de sens dans notre actuel paysage : ou plutôt, à vouloir lui en donner un maintenant, on donnerait un avantage un peu trop significatif à ces tendances qui, par affinité naturelle, ont intégré depuis longtemps la dimension supra-nationale de tout débat de portée un peu vaste.

J'avais oublié un lien sur l'article que je citais dans ma contrib' précédente :

http://publiusleuropeen.typepad.com/publius/2005/10/majorit_qualifi.html

Ne voir aucune provocation à une telle affirmation, en constatant, par exemple, l'unité et l'homogénéité des verts européens, si distincts des verts français, ou même, du GUE, qui sont tous deux des mouvances distinctes de celle dont je signale l'existence, qui, en France, s'appuie encore sur les perosnnalités du PS pour faire relayer leurs messages (historiquement Savary et Rocard principalement)

ponolive

Gus, je prends note de ce que vous m'écrivez.
Je ne souhaitais pas débattre, encore moins de la Gauche, mais juste comprendre mieux votre pensée.

Ne cherchez pas "où je voulais en venir", ni d'éventuels prés de duel quand je me contente de poser une question - lol.

Ce que vous écrivez me donne à penser, très souvent.

Gus

Dans ce cas, il faut bien que j'avoue que je ne fais, la plupart du temps, que répéter et reformuler la parole préexistante d'associations militantes assumées.

Mais peut-être vous intéresserez-vous alors à la parole passée et présente des associations en question :

http://www.laptop.org/
http://www.ubuntu.org/
http://www.ffii.org/index.en.html (il existe désormais une association purement française, qui s'est notamment illustrée dans le débat relatif à DAVDSI http://www.ffii.fr qui porte une parole un peu différente)
http://www.urfig.org/

ponolive

Merci Gus. Je m'informe alors "de ce pas" comme on dit.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.