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31 janvier 2006

Commentaires

Maitre Eolas

Rhôôô, pourquoi tu racontes la fin ?

Gus

La fin ? Bah : on verra bien combien de députés parmi ceux qui voteront cette loi reviendront en deuxième semaine.

Que ne ferais-je pas pour pouvoir proposer un CNE à un ex-député UMP éjecté de son siège. Rien que l'idée me réjouit infiniment.....

versac

Gus : la majorité des députés sont fonctionnaires en détachement. Tu n'auras sûrement pas ce plaisir.Ils réintègreront leur corps d'origine rapidement.
(quoique les députés UMP sont ceux qui comptent le moins de fonctionnaires en proportion).

Gus

versac; Ce n'est hélas que trop vrai, et encore faut-il également prendre en compte les professions libérales protégées (médecins, notaires, avocats, etc...), auxquelles on ne risque guère de proposer un CNE.

Mais en cherchant bien, on en trouvera certainement quelques-uns, parmi les élus improbables de 2002 : je pense tout particulièrement aux jeunes députées UMP qui n'ont pas matériellement eu le temps d'assurer leurs arrières et sont parfois jalousées au sein même de leur propre parti.

Jean-François

Pour moi le choix est fait ;-) ! Mais le débat reste ouvert bien entendu ! De toute manière, l'incertitude qu'implique le CPE est pour moi une mauvaise réponse au manque de perspective de la population... Redonnez l'espoir ne se base pas sur des contrats fragiles et éphemères...

Dan

Le plus triste dans cette affaire du Contrat Emploi Solidarité (CPE), c’est que ce ne sont pas les étudiants qui seront majoritairement concernés par celui-ci mais les jeunes sans diplôme ou détenteurs d’un CAP, d’un BEP ou d’un baccalauréat professionnel. En ce sens, je trouve particulièrement navrant que certains étudiants bloquent les universités car cela va réduire encore davantage les chances de réussite des étudiants issus des milieux populaires. En effet, beaucoup de jeunes issus des milieux populaires tentent l’université dans l’espoir d’acquérir un diplôme, or ils ont moins de chance que les autres d’en obtenir un par défaut de capital économique et de capital culturel, et ils en auront d’autant moins s’ils ne peuvent aller en cours ; après deux ou trois années à essayer d’obtenir un diplôme du supérieur, une grande partie d’entre eux se retrouvera sur le marché de l’emploi avec pour seul et unique diplôme leur baccalauréat, et c’est malheureusement cela la précarité ! En ce qui concerne le blocage des universités, j’ajouterais que je trouve totalement choquant que des jeunes, pas nécessairement étudiants, membres de divers groupuscules d’extrême gauche, viennent systématiquement participer à l’occupation des universités et qu’ils sont les premiers à commettre violences et destructions ! Cela donne une très belle image du milieu étudiant en France. Et quand, en plus, certains soi-disant leaders étudiants ne parviennent même pas à exprimer clairement et correctement leurs idées, cela en dit long sur le niveau actuel de certains étudiants. On peut être légitimement contre le CPE, mais de là à faire tout ce cirque, à bloquer les universités et à empêcher ainsi tous les étudiants de suivre normalement les cours, à détruire, saccager et donner une triste image de l’enseignement supérieur en France, cela démontre un manque flagrant de maturité et de sens de la responsabilité chez une partie des étudiants français.

Joël Monpère

Les étudiants à la pointe de la démocratie

Le formidable mouvement citoyen des étudiants nous montre combien le désir de démocratie est vif dans ce pays. Quel brillant hommage rendu aux racines gréco-islamiques de note démocratie! L'amphithéâtre devient une agora citoyenne et grâce au vote à main levée notre société reprend goût à l’esprit critique, à l'art oratoire et au débat d'idées.


L’amphithéâtre, lieu de démocratie:

Il y a peu je concluais une de mes réflexions par "La seule véritable démocratie, c'est la rue". Notre exubérante jeunesse nous démontre que l’amphithéâtre, terre de connaissance, est aussi un riche lieu de vie démocratique. Alors que dans la cité de Périclès, seuls les citoyens masculins blancs respectant scrupuleusement la religion d'Etat (comprenez le christianisme) avaient le droit de vote, dans l’amphithéâtre tout le monde peut rentrer librement, s'exprimer et voter démocratiquement(cela quelque soit nos idées, notre statut social, notre âge(1) ou notre nationalité (2)). La supériorité de la pensée estudiantine met ainsi en lumière la lépénisation de la pseudo démocratie athénienne.


Le vote à main levée, vote de maturité:

Le constat est sans appel: la démocratie par les urnes, qui donne de l’écho aux sentiments les plus haineux, est un échec, en plus d'être illégitime. La présence de Jean-Marie Lepen au second tour de l’élection présidentielle et la victoire de la droite l’ont une fois de plus démontré. Dans l’anonymat de l’isoloir, planqué, déresponsabilisé et à l’abri de l’indispensable vigilance citoyenne des élites progressistes, le votant laisse libre court à ses bas instincts et les actions irréfléchies se multiplient. Pourquoi faudrait-il se cacher pour voter alors que le vote doit être le fruit d’une réflexion basée sur la recherche du bien public, de la justice sociale et du respect de la différence? . Par opposition aux urnes, ultime refuge des lâches, le vote a main levée est un acte de courage, d’honnêteté intellectuelle et d’ouverture à la discussion citoyenne.

La pensée conservatrice française est marquée par sa préférence pour la théorie plutôt que la réalité. Ne tombons pas dans ce piège. Que montrent les faits? Quand les élections traditionnelles conduisent à l'indécision et aux majorités molles, le vote à main levée célèbre la victoire du consensus et de l’unité démocratique. Qu’attendons-nous donc pour exiger que la Constitution rende le vote à main levée obligatoire pour toutes les élections?

Joël Monpère


(1) Le mouvement social des cités de novembre 2005 a montré l'étourdissante précocité d'une jeunesse qui, souvent dès 11-12 ans, a une conscience sociale et politique très développée. Au nom de quel principe devrait-on l’empêcher de s’exprimer?

(2) Rappelons qu'en 2006, dans ce pays, de nombreux citoyens français se font encore refouler des bureaux de vote au prétexte xénophobe qu'ils sont sans papiers. Il s’agit là d’un véritable racisme d’Etat institutionnalisé.

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