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14 juin 2005

Commentaires

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Quand tu es journaliste arrivé à Bagdad, tu as une étiquette fluo vissée dans le dos où il est écrit « 3 Milions $ »

Milan

> "Respect pour l'otage libérée, la journaliste, son attitude magistrale"

Je n'ai pas suivi de près l'histoire et donc l'"attitude" de Florence Aubenas, mais qu'à t-elle de "magistrale"?
De mon point de vue, une attitude magistrale aurait consisté à refuser de participer à tout le brouhaha médiatico-politique que nous venons de vivre.
Soit, déclarer sitôt libérée quelque chose comme :
"Je suis très heureuse d'être libre mais je ne suis qu'un être humain qui a souffert parmi des millions d'autres et je pense que mes collègues journalistes devraient se préoccuper de sujets autrement plus importants que ma petite personne".
Puis aller prendre un avion de ligne, refuser les opérations de récupération des Doustes, Chirac et consorts.

Milan

> "[l'opinion publique] a fait pression sur le gouvernement pour qu'il ne soit pas tenté d'abandonner les otages, et soit prêt à payer le prix fort".

> "Rarement vu une telle unité dans la pression contre le gouvernement."

J'avais au contraire l'impression que c'est le gouvernement qui avait participé à la pression médiatique sur l'opinion publique afin de détourner autant que possible son attention vers ce sujet consensuel et fédérateur (cf Rafarrin au salon de l'agriculture avec la photo des deux otages "sur le coeur").

Landru

Ben moi, je pense quand même vraiment à Guy Georges...

versac

Milan : ok, je m'égare, disons que je l'ai trouvée éclatante, et jouant sur le registre du "je joue le jeu de la conf de presse, mais vous n'aurez pas de réponses", maniant l'ironie.
Je retire le magistral.

Je pense que le gouvernement n'avait au début pas envie de se taper une deuxième affaire d'otages, qui peut toujours mal se terminer, et qu'il est allé au début à rebrousse poil sur le sujet. Ensuite, oui, le badge "pour florence et hussein" était volontiers un outil simple de sanctification, de détournement d'attention, sans doute pas non plus.

Ceci-dit, il est évident que le gouvernement reprend tout ça à son compte, se valorise, et le lapsus de Barnier sur Kieffer montre qu'en fait il se fout des otages, mais a bien tenté de profiter de l'opération pour se faire mousser.

Milan

On pourrait informer Barnier que la blogosphère a retrouvé Guy Georges : il est en train d'écrire un bouquin sur ses "aventures" à la centrale de Moulin-Yzeure! ;-)

http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/2005/06/editeur_emwante.html

Gilda Fiermonte ex-membre de l'ex-comité de soutien

magistral si, vous pouvez laisser.

Accepter le battage médiatique de retour était pour remercier tous les pauvres gens qui se sont bougés les fesses pour eux. C'est un signe de respect et un marathon épuisant pour ceux qui s'y soumettent (1). Il ne s'éternisera pas.

On le sait à présent que la mobilisation aussi kitsch à vos yeux que nous l'ayons faite, a atteint son but qui étaient de leur donner assez de valeur pour qu'ils ne soient pas exécutés. Il ne s'agissait pas que d'une journaliste française mais également de son accompagnateur.
Dans les premiers temps Florence Aubenas se faisait traiter par celui qui se présentait comme le boss d'otage "nulle parce qu'on ne parlait pas assez d'elle à la télé".
Ce n'est pas la mobilisation qui a ralenti le dénouement bien au contraire.
D'ailleurs celle en Roumanie pour leur propres otages, comme celle auparavant en Italie pour Giuliana Sgrena ont été également très fortes, voire plus, puisqu'ils ont pu organiser de grandes manifestations populaires, mais sur un temps plus court.

Personnellement si j'ai mis si longtemps ma vie de côté pour tenter de faire ce que je pouvais c'est parce que j'avais lu les livres et pas mal des articles de Florence Aubenas, en plus que d'avoir une amie commune. Sa voix d'écriture me touche et me laisse moins bête. Je lui devais bien ça de tenter d'aider. Mon implication est avant tout la conséquence de son travail. Laisser de côté le reste pour travailler en militant n'est pas un luxe qu'on peut s'offrir longtemps de suite dans une vie que l'on doit gagner, j'ai pu le faire pour elle et son guide, je ne le peux pas pour les autres dont je n'ai rien lu (en plus que l'un d'eux est caméraman), même si leurs histoires personnelle est terrible aussi.
Chaque fois que nous l'avons pu, nous les avons associés à nos manifestations de soutien, allez donc voir sur notre site, http://www.pourflorenceethussein.org/

et le comité de soutien à Ingrid Bétancourt, lui-même très actif, n'a pas manqué l'opportunité de relancer la mobilisation la concernant.

J'ai le regret d'informer ceux qui croient que les gens ce sont remués "parce que la dame elle était belle sur la photo" que la plupart des messages reçus au comité de soutien parlaient de liberté de la presse, de témoignages et même, quel scandale, parfois de ses articles ! De plus nous avons toujours associé Florence et Hussein, et ce n'était en aucun cas de la sanctification, en tout cas de notre part.

On ne peut pas non plus reprocher à un journal d'avoir soutenu ceux qui travaille pour lui. Il est évident que Guy André Kieffer et Fred Nérac se sont trouvés beaucoup plus isolés de ce point de vue. C'est le rôle de Reporters sans Frontières de compenser ce genre de déséquilibre.
Le cas d'Ingrid Bétancourt est encore différent qui dépend essentiellement du gouvernement colombien.

En fait cette mobilisation est une belle histoire d'amitié, vous n'imaginez pas le travail que c'était et tous ceux qui ont mis pendant de longs mois leur propre boulot entre parenthèse pour leur amie et son guide ; indépendamment des rôles variables des différents politiciens, les services tels que la DGSE et ceux de l'ambassade à Bagdad ont effectué un très gros travail pour la libération et qui a fini par aboutir.

Enfin il ne faut pas oublier qu'en Irak les premières victimes des enlèvements sont les Irakiens eux-mêmes et pas nécessairement très fortunés. Seulement il n'y a plus guère de journalistes de terrain sur place pour nous en informer ...

pardon Versac d'avoir été trop longue, c'est une façon étrange de te remercier pour avoir parlé d'eux avec intelligence quand ils étaient otages et d'avoir pris la peine d'une note pour leur libération.

(1) Qui s'est déjà retrouvé à "faire des télés" pour autre chose que des clowneries, sait l'effort que c'est déjà pour quelqu'un qui est en forme, n'est-ce pas Versac, alors je vous laisse imaginer pour des personnes qui sortent d'un enfer et tentent d'avoir la dignité d'en laisser paraître le moins possible afin d'exprimer au mieux leur reconnaissance.

Antoine B

Mon commentaire vient un peu tard, mais il n'en a que plus de valeur...
Je suis loin de la France, mais de la Floride on a quand même quelques échos des médias français.
En effet, si j'ai été ému et ravi du retour de Florence Aubenas (et quel superbe "direct" télé!) j'aurais aimé lire ou entendre quelques commentaires dissonants qui parleraient de la responsabilité des journalistes qui se rendent dans des zones de guerre où l'enlèvement est une arme habituelle et qui attendent le secours de leur gouvernement et de l'opinion pour obtenir leur libération.
C'est en effet donner un pouvoir effarant à n'importe quelle clique ou secte qui peut manipuler opinions et gouvernements à leur guise, ôter toute marge et capacité de manoeuvre à une nation, mettre à sa merci un appareil d'Etat, tétaniser tous les "responsables".
Tout ça pour quelques "choses vues" et aperçus plus ou moins originaux (si j'en juge par la personnalité de Florence, les siens ne devaient pas manquer de sel, mais je ne les ai jamais lus avant).
Le prix n'en est-il pas absurdement élevé: rendre un pays impuissant et craintif, le paralyser où et quand le souhaitent les maîtres-chanteurs.
Ces derniers jouent évidemment un jeu politique cruel mais que dire des médias qui leur servent sans retenue aucune de relais: n'ont-ils pas encore compris pourquoi ce sont de préférence des journalistes qui sont enlevés?
Il faut mettre un terme à cet abaissement de la France à chaque enlèvement d'un journaliste français. Il devrait être bien entendu que les journalistes qui se rendent dans des zones de guerre le font à leur propres risques et périls et sous leur seule responsabilité et celle des médias qui les envoient.
Je ne pense pas être le seul Français choqué de la diminution de son pays pour la défense d'une corporation mais celle-ci se garde de laisser s'exprimer ce sentiment, et c'est pourquoi, décidemment les blogs en général, et celui-ci en particulier, sont bien utiles.

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