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24 mars 2004

Commentaires

Léo

Ah je savais pas que slama passait aussi à la radio, tiens! Oui le matin je suis très france info, qui est pas mal de gauche aussi, mais bon, c'est le seul truc écoutable à 6h moins le quart héhé ;-)

Bartlebooth

- "beugler avec vulgarité au complot des connards bourgeois de droite (Laure Adler)" : ça ressemble à du discours performatif ; je signalerais tout de même que la première à gueuler au complot fut Laure Adler elle-même lorsque des critiques furent faites sur sa manière de bouleverser la grille des programmes, de virer du monde, et qu'une pétition circula pour que france-culture retrouve sa dignité. Le dernier coup de balai de Laure Adler ne fait qu'agrandir le saccage. On pourait même penser qu'elle, également dans le performatif, réalise ce que désignait Benasayag dans sa derniere chronique : "on fait du lepenisme sans Le Pen", Pierre Marcelle fait, en référence à la dernière chronique de Benasayag, le même rapprochement.
- "uniquement aux militants d'Attac", "section trotskiste" : tu réduis outrancièrement la destination et la portée de ses interventions
- je ne vois pas en quoi Adler et Slama s'adressent plus à tout le monde que Benasayag
- "ce qui n'est pas la vocation du service public" : Benasayag, comme les autres, était embauché pour livrer un point de vue, en l'occurence celui de la gauche alternative, pour faire contrepoids avec les deux chroniqueurs de droite. Pour moi le service public a cette mission de diversité. Tant que Benasayag n'est pas remplacé, d'un point de vue politique il n'y a plus vraiment diversité à cette heure (et d'ailleurs avant que Benasayag arrive il n'y avait personne à sa place). Le problème avec france culture, c'est que cette radio va vers une banalisation, une uniformisation du produit. Benasayag est chassé hors du prime time comme le véritablement culturel, le spirituel, le littéraire ont été refoulés vers la nuit ou tout simplement évincés. De plus en plus, place aux bavardages, à la sponsorisation, aux caricatures d'intellectualisme et de réflexion.
- "on se dit qu'Adler..." : je me dis que Slama et Adler (qui s'était honteusement fourvoyé avec le guignol Finkielkraut pour témoigner contre Mermet dans le lamentable procès qui était intenté contre ce dernier, soupçonné d'antisémitisme) sont très loin d'être hors de l'excès idéologique, communautaire, dont tu as l'air d'accuser Benasayag, qui faisait preuve d'une indépendance d'esprit beaucoup plus grande que les deux autres. Le militantisme d'Adler et Slama si il est moins audible formellement que chez Benasayag est loin d'être absent.
- tu dis que tu n'émets pas de jugement sur Radio Libertaire, mais involontairement ou sournoisement tu le fais quand même, en suggérant qu'elle est exclusivement une radio militante : alors que Radio Libertaire (qui a fêté ses vingt ans en créant un grand événement de poésie sonore) est éminemment culturelle, est complétementaire de France Culture, fait dans beaucoup de domaines le boulot que ne fait pas/plus France Culture...
- "on aimerait bien..." : moi j'aimerais bien qu'on vire tous les militants politiques des matins de france cu, et qu'on redonne sa place à la culture.
Honte à Laure Adler d'avoir fait jusque-là un tel carnage, d'avoir mis fin à tant de bonnes émissions, d'avoir viré du monde que pour des raisons d'indépendance d'esprit, de désertifier le paysage culturel
Quand j'entends france culture, je sors mon revolver

sans moi

J'écoute France Culture toute la journée, et je peux te dire, Bartelbooth, que la radio est loin d'être passée à droite ! Il n'y a qu'à écouter leurs points informations pour s'en persuader, qui fait la part belle à tous les dérapages de la droite, critique Sarko et Chirac, etc.

Tu oublies que Nicolas de Morand fait, lui aussi, partie de la gauche plutôt alternative, on le voit lorsqu'il signe l'idiot appel contre la guerre à l'intelligence... de même Marc Kravetz est à gauche, de même la plupart des invités sont de gauche..

Quand à Slama et Adler, ils sont par ailleurs chroniqueurs au Figaro, 1er quotidien de France : leur courant de pensée touche donc beaucoup plus de monde que le courant de la gauche alternative.

Slama est parfois honteusement partisan mais il a des idées lumineuses et fait preuve d'infiniment moins de mauvaise foi que Miguel (malgré le charme argentin de celui-ci, c'était en ce qui me concerne son principal atout - à la radio la voix ça compte aussi..)

Bref je ne serai manichéenne qu'en parlant de Pierre Marcelle : aux orties, celui-là, sans arrière pensées ni regrets.

Nicolas

Bartlebooth,

Je n'ai pas cette impression d'un appauvrissement de France Culture sous Laure Adler. Certes, j'écoutais peu cette radio avant, j'étais jeune, et France Culture avait à mes yeux l'image de ces émissions inaudibles que mes parents écoutaient un peu quand j'étais jeune.

Je refuse le discours sur l'opposition culture/actualité ou sur la perte de richesse des programmes de cette radio. Culture reste une excellente radio. Je l'écoute en quasi permanence dans ma voiture, chez moi le week-end, le soir. La place accordée à la politique et l'actualité reste minoritaire par rapport à la culture et à la création. Les matins consacrent quasiment systématiquement une place à un acteur culturel. Les grands débats de cette année ont occupé une place à part. Je ne crois pas que ce soit cette place de la culture, mais un recentrage du positionnement politique qui te gène.

Quant à Benasayag, il parlait "au peuple de gauche" en livrant un point de vue extrêmement minoritaire, et inaudible pour qui n'appartient pas à ce peuple. Certaines de ses interventions étaient justes, et son esprit brillant nous faisait découvrir de nouveaux horizons. Mais il réduisait systématiquement la porté de son discours en excluant ceux qui ne pensent pas comme lui. Slama, s'il est également polémiste, et a un point de vue (qui n'est pas le tien, je le conçois, ni même souvent le mien), parle à l'invité, lance une polémique, et dit un avis, en s'adressant à tout le monde sur le sujet général de la matinée. Il est plus respectueux de l'auditeur.

Cessons de croire que, sous prétexte que cette radio cesse d'être d'une certaine gauche, elle devient honteusement capitaliste.

Sur Radio Libertaire, je ne peux faire de jugement, puisque je n'écoute pas cette radio. Et mon exigence m'empêche de le faire. Je ne dis pas que Libertaire est militante, mais que son antenne est à mon sens nécessairement plus ouverte au point de vue de Benasayag, et n'a pas la nécessité de diversité, d'expression grand public que doit avoir une radio de service public.

Si on vire tous les militants politiques des matins de France Culture, il n'y aura plus personne. enses-tu qu'Antoine Spire ou Jean Lebrun (moins, je le conçois) n'étaient pas militants ou partisans ?
Quelqu'un remplacera Benasayag, apportant un point de vue de gauche aussi. Mais quelqu'un qui aura, je l'espère, un discours plus large, plus adapté aux thèmes de l'émission, plus respectueux des auditeurs.

tlon

Je vois que le débat fait rage, excusez mon retard j'étais trop occupé à écouter ce havre de paix qu'est le Journal des Artisans sur Radio Courtoisie!! ( Quant j'entend le mot revolver, j'écoute Radio Courtoisie!!!). Que Mr Marcelle dont vous savez comme il m'est indispensable ( cf mon post du 10/03) ne soit pas content du départ du beau Miguel, c'est là son affaire. Qu'il fasse en des termes injurieux et comme à l'accoutumée en donneur de leçon c'est la insuportable. Il reste surement un petit quelque chose à Mr Marcelle de ses anciennes fonctions de responsable du service d'ordre de l'OCI, mais je ne pense pas que cela soit l'esprit de finesse et le sens de la nuance.
Quant à Mr Bartlebooth, il me peine de voir rapprocher le beau nom du héros de La vie Mode d'Emploi avec une citation détounée ( et o combien drôle!!) du Maréchal Goering

sans moi

tiens j'y avais pas pensé, c'est vrai que Pierre Marcelle joue le rôle de l'intégrateur négatif.. ça lui fait une utilité..

cel

Que France culture reste (pour le moment) une radio qui se laisse (à peu près) écouter, je dois bien le reconnaitre, mais c'est surtout relativement à la pauvreté des autres chaines. Faut pourtant avouer que la place de la culture y est de plus en plus réduite.
Et puis dire que les chroniqueurs section Figaro touchent plus de monde simplement parce que c'est "le premier quotidien de France", ça me fait bondir. Sous pretexte d'être une chaine publique culture devrait correspondre à ce qui est déjà sur-représenté, et éliminer ce qui semble minoritaire, pas assez "large" ou en décalage avec la ligne des plus grands médias ? Confort d'un "débat" où le nombre d'adhérents assurés (car bien dénombrables et regroupés) déterminera les idées représentables...
Excusez, j'ai sorti mon revolver sans même m'en rendre compte.

Nicolas

Je pense que vous n'avez pas compris ma perception du discours de Benasayag vs les autres. Evidemment, je ne pense pas que Slama ou Adler aient plus de légitimité parce qu'ils vienennt du Figaro (m'en fous, moi, du Figaro). Ils pourraient venir de rien du tout ou ne pas être chroniqueurs de presse, celà m'irait très bien, d'ailleurs.

Il s'agit juste de leurs discours et de leurs attitudes :
- Slama parle du thème de l'invité, exprimant un point de vue, s'adressant à tout le monde en le proposant comme son analyse propre, et ouvrant un débat avec ledit invité. C'est constructif, polémique, certes, mais ça ouvre un débat.
- Adler livre une analyse, certes partiale, mais éclairante, sur des événements du monde. C'est partial, mais ça parle de faits, ca ouvre sur le monde, et c'est intelligent. C'est un bon complément aux enjeux internationaux.
- Benasayag donne son point de vue, son humeur, sur un sujet de son choix, en choisissant systémtiquement un thème très "alter", et assène que c'est la vérité, vraie, indiscutable. Il milite, il tord la vérité. Il ne parle pas à l'auditeur de France Culture. Il parle à son pote d'Attac, Nicolas (vous aurez remarqué qu'il s'adresse uniquement à Nicolas Demorand). PAs de réponse, pas d'ouverture, pas de découverte, juste un point de vue partial sur un sujet en général partiel.

Je ne conteste pas la pluralité de points de vues. Je la recherche même. Mais celà ne me choque pas qu'on change de bonhomme. Et je ne crie pas au complot. J'attends un bon mec de gauche.

Enfin, cel, tu trahis un a priori négatif sur l'évolution de Culture : "Que France culture reste (pour le moment) une radio qui se laisse (à peu près) écouter" Toutes ces modérations, je ne les partage pas. J'aime beaucoup France Culture telle qu'elle est aujourd'hui, et pas uniquement "relativement à la pauvreté des autres chaînes". Avec beaucoup de Culture, mais aussi une ouverture sur notre monde. Des débats politiques de très grande qualité, des émissions qui m'enchantent.

cel

Quelques émissions qui m'enchantent, pas assez, pas au bon moment (vers 2h ou 3h du mat' l'autre nuit une rediffusion d'une émission tirée d'une série thématique à approche pluridisciplinaire : "la symétrie aujourd'hui". Série datant de la fin des années 80, une autre époque...). D'autres qui m'agacent. Je ne trahis rien, j'ai en effet un a priori négatif sur la voie qu'a l'air de prendre France culture, et si je le modère c'est juste en attendant la suite.
Sur ce je vais mettre un disque.

Nicolas

Je ne comprends pas ce qui évolue vraiment vers le négatif sur Culture. Il y a 8 émissions par semaine (dont plusieurs quotidiennes) de création rédiphoniques, dont certaines de très grande qualité, et à des heures de grande écoute... Et on dit qu'il n'y a plus de place pour la création radiophonique.

Sur les arts, il y a au moins une, deux, trois émissions hebdomadaire à chaque discipline. Celles que j'acoute (les domaines qui me plaisent, comme le cinéma ou l'architecture) sont d'excellente qualité.

Certes, il y a plus de place pour le savoir; la connaissance, les idées. On parle plus d'histoire. Tant mieux. On débat, on échange, tant mieux.
Je ne vois aucun argument objectif qui me prouve la médiocre qualité de la grille. Je ne vois que des procès d'intentions.

Jean-Marie Borzeix disait : "France Culture est, en effet, à la fois un vecteur de ce qui se passe et un acteur culturel." "A la fois entre le présent et l'intemporel, à la fois entre l'immédiat de l'information et la durée de la création, de la réflexion." Cette dualité est toujours présente, mais je ne crois pas au basculement d'un coté, en tout cas pas celui qu'on veut nous faire croire.

sans moi

Si on fait une recherche "Pierre Marcelle" sur Google, on tombe sur plein de mots sympathiques : anti, contre, critique, cons, salauds, justice pourrie...

Bartlebooth

> Nicolas : tu parles de "respect de l'auditeur" et tu pointes juste : c'est effectivement ce qui fait défaut depuis que Laure Adler est à la tête de france cu. Le constat a été largement fait par ceux qui s'effarèrent des multiples changements de grilles : pour résumer et limiter, citons 60 % d'émissions supprimées (dont beaucoup faisaient l'âme de la radio), l'introduction en masse d'émissions portant sur l'actualité (pour remplacer le savoir) alors que c'est déjà largement présent sur d'autres media, introduction d'émissions courtes (on ne prend plus le temps d'apprendre, faut aller vite et zapper), etc. [de bons détails ici : http://www.broguiere.com/culture/docs.htm]
Effectivement France Culture reste encore à part dans le paysage audiovisuel, et ça tient essentiellement aux 40 % d'émissions auxquelles la patronne n'a pas encore touché. Les émissions de création radiophoniques et sur l'art que tu évoques font certainement partie de l'ancienne formule.
Tu supposes que c'est le recentrage politique qui me gêne avant tout, non, c'est bien l'appauvrissement culturel, mais peut-être est-ce à rattacher à une certaine politique (en tous cas la politique directionnelle de Laure Adler).
"Cessons de croire que, sous prétexte que cette radio cesse d'être d'une certaine gauche, elle devient honteusement capitaliste.", dis-tu, mais ce n'est pas le problème et ce n'est certainement pas dans ce sens-là qu'il faut le prendre. La question politique, je m'en fous, et France Culture d'avant n'était pas aussi pourrie par le politique qu'elle l'est aujourd'hui, ce n'est pas du tout la question de ne plus être d'une "certaine gauche" ; je le reprécise, c'est de ne plus faire la part la plus belle à la culture et au savoir. Par contre, je reprends ta formule dans l'autre sens et là j'y vois plus de sens : croyons bien que, parce que France Culture devient honteusement capitaliste, la culture est soumise au marché, adaptée au jeunisme, ... Cavada, qui donnait la voie à Adler, le disait lui-même en parlant « d'adapter la chaîne à son époque et de conquérir de nouveaux publics (...), dans une situation de marché concurrentiel »... Si c'est pas honteux... le dire et le prévoir (Cavada), c'était déjà bien con et désolant, mais le faire (Adler) ....... Le savoir et la création furent donc sacrifiés pour adapter la radio au "marché concurrentiel"... quelle honte !
"Si on vire tous les militants politiques..." : les virer tous, oui, ils n'ont pas leur place sur france culture, ont déjà leur tribune ailleurs. On retrouvera peut-être alors les "chemins de la connaissance" dans toute leur ampleur.


> Tlon : il n'y a pas de quoi être peiné, Perec était maître de la citation détournée ; que ça vienne de Goering n'aurait pas ennuyé celui pour qui "l'Histoire s'écrit avec une grande Hache" et dont l'humour savait être le plus noir (voir, exemple parmi tant d'autres, au chapitre LII de La Vie mode d'emploi, la carte de visite "Adolf Hitler - fourreur"]

tlon

Cela fait bientot 25 ans que j'écoute Culture, et le discours sur c'était mieux avant à toujours existé..Je constate que l'arrivée à la tête de la station de la belle Laure (cf post du 10/03) a coincidée dans un premier temps avec ce que l'on peut appeler l'esprit inrocks ( bourmeau , demorand ) plus axé sur une sociologie de type bourdivine. Dans un deuxième temps un recadrage s'est fait avec Adler et Slama. Le tout reste équilibrée avec un avantage à la gauche. Tout ça pour dire que cette statiion reste de grande qualité et pour mémoire vous rappele qu'elle fait 1% d'audimat..

Nicolas

J'avais écrit une immense réponse qui a disparu.
Ca ne fait que quelques années que j'écoute Culture. Mais j'ai retrouvé sur internet plus de 10 ans de débats, documents, alertes.

Je crois qu'on a tout à perdre à :
- être dans l'excès et les cris d'orfraie, là où Culture est un lien entre deux mondes, une passerelle
- croire que Culture vit dans un autre monde et ne doit pas tenir compte du fait qu'un environnement existe
- oublier que service public signifie avant tout efficacité, qualité, respect de l'auditeur, respect de l'argent dépensé, faculté d'adapatation,
- amalgamer, comme Aline Pailler, revendications sur les salaires, les statuts, les contenus, les moyens, les intentions suppoées des dirigeants...
- opposer sans cesse le sanctuaire du service public, lieu de création libre de qualité qui ne saurait souffir aucune contrainte, à l'enfer du privé, qui ne serait que merde mercantile et compagnie.

Et dis-moi, Bartlebooth, quand tu écris "....... Le savoir et la création furent donc sacrifiés pour adapter la radio au "marché concurrentiel"... tu ne le penses pas, tu t'emportes juste, non ?

sans moi

Les émissions d'actu sont et de loin meilleures sur France Cu que partout ailleurs, moi je trouve..

tlon

A noter que notre ami PM en rajoute une couche ce matin. Finalement je crois que ce type est tout simplement con!!

aggie

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