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23 novembre 2007

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Voici les sites qui parlent de Pourquoi télécharge-t-on plus en France qu'à l'étranger ? :

Commentaires

éconoclaste-sm

Tu fais ch... J'ai un paquet de copies code noir (je sais plus si c'est ça le truc de notre maître à tous). J'ai pô le temps ce soir (avant un moment).

Eric

Denis Olivennes il connaît le sens du mot "conflit d'intérêt"? (Désolé, je suis un peu hors sujet).

Sinon, effectivement, les CD de Céline Dion sont hors de prix.

Reza

Petit devinette.

"En France, on pirate deux fois plus qu'en Allemagne, trois fois plus qu'au Royaume-Uni, cinq fois plus qu'aux Etats-Unis."

Parmi les pays cités dans cet extrait, quel est celui qui a le chômage le plus élevé, la croissance la plus molle, les salaires les plus bas, le plus grand nombre de jeunes au chômage ?

Peut-être que cela donnera une idée d'un des facteurs à prendre en compte dans la réponse...

tux

en guise de réponse, on pourrait avancer la ponction de plus de 50% de prélevement de l'état (ou organisme para-étatiques en situation de monopole) sur l'ensemble de la richesse crée chaque année dans notre pays?

Peut-etre pourrait-on aussi avancer la taxe "copie-privée" qui est un excelent incitateur économique pour inciter les internautes Francais a acheter leur CD-R et DVD-R en angleterre?

On pourrait aussi parler des ponctions diverses pour protéger (comprendre subventionner) "l'exception culturelle francaise"?

A moins qu'il ne faille invoquer la débilité des taxes sur les livres, CD, etc ... ou encore les contraintes UBUesques sur les plateformes de téléchargement payant?

Et si nous parlions des DRM? voila de magnifiques incitateurs économique a consommer autrement!
Souvenez-vous! a l'époque le ministre RDDV parlait d'une loi "historique" a propos de la DADVSI qui donnait naissance aux DRM ... cela aura survécu 1an ... avec les effets économiques que l'on sait.

Au final, de mon point de vue, cette nouvelle contruction étatique se résume, encore une fois, en des nouvelles lignes maginot, de nouvelles protection contre cette mondialisation qui veut tuer notre modele que le monde entier nous envie.

Aujourd'hui, l'industrie culturelle francaise vient de signer son acte de décés ... qu'elle repose en paix.

Emmeline

Si je faisais mon économiste, et je la fais, je dirais que tout est déterminé par les préférences (exogènes) des agents ; et qu'il se peut tout simplement que les Français aiment plus la musique que leurs voisins, et donc soient davantage prêts à braver la terrrrrrible répression qui les menace. Bref, un simple calcul coûts-avantages : les gens téléchargent plus la musique parce qu'ils aiment plus la musique. Comment ça, l'économie ne nous apprend rien ?

Après, je ne sais si RCE ose se prétendre l'ami de Versac (bien qu'il soit à titre personnel mon cher ancien etc), mais un billet sur le sujet est prévu pour ce week-end. Teaser non contractuel.

tux

Au passage, sachant que Tele2 et Darty n'ont pas signé l'accord, a votre avis que vont faire les internautes si jamais free, 9 tel ou FT leur coupent leur acces internet?

Encore une belle invention étatatique innaplicable qui conduira les francais a croire encore plus qu'en France on vote des lois mais on ne les applique jamais.

Le filtrage est dans le meme esprit ... je me demande bien ce qu'ils vont pouvoir filtrer si je prend un acces satelite aupres d'un FAI d'un autre pays? ou si je passe pas un proxy crypté?

Cette folie répressive va encore faire le jeu des vrai délinquants (pédophiles, terroristes, etc) car cela conduira les internautes a passer par des protocoles totalement chiffrés et intracables (sauf a y consacrer l'intégralité du PIB) ...

1Mbps d'upload pour 10millions de foyers francais connectés en haut débit, cela fait (1.10^6/8)*3600*24*10^6 = 10,8 Péta-octet/jour a analyser pour filtrer les contenus interdit ... BON COURAGE!

Et je vous rappele que pour pouvoir filtrer, cela supposer de disposer d'une base de données exhaustive de tous les fichiers protégés par le droit d'auteur ...

Franchement, le leviathan est aux abois ou je ne m'y connais pas

tux

ps: par contre, ce qui est certain, c'est que pour pondre un rapport aussi nul n'importe lequel d'entre nous aurait put sieger a la commission teodule de monsieur Olivenne ... je me demande meme si le resultat aurait été aussi lamentable!

Mox Folder

Moi j'ai peut-être un début de réponse : je pense tout simplement que les français ne sont pas des cochons et ne veulent pas accepter que leur médias préférés leur desservent de la merde sans aucun respect pour eux (que ce soi TF1 france 2 M6 qui diffusent des épisodes de séries TV dans le désordre et parfois amputés). L'exemple des séries TV est à mon sens très parlant, il suffit de voir sur mininova par exemple la réactivité avec laquelle certains épisodes sont diffusés en VOST-FR. Par ailleurs la communauté de sous titreur en france est aussi très active.

J'avancerai aussi que les français ont soif de culture et/ou de divertissement, par pitié ne leur enlevons pas ça.

(l'offre cinématographique dans les cinémas français est probablement celle qui offre la plus grande diversité au monde).

versac

Emmeline : je ne sais pas si RCE peut se prétendre l'amie de versac, mais versac est l'ami de RCE. Peut-être RCE a-t-elle remarqué la belle mention dans Les Echos de ce jour...

http://www.debateco.fr/blog/index.php?2007/11/23/17-l-interpretation-des-greves

alexandre delaigue

Je pense que c'est une donnée entièrement bidon, et que le résultat trouvé vient de la façon dont on évalue à la truelle le nombre de téléchargements. Si on l'évalue sur le nombre de gens poursuivis, cela ne fait que montrer les priorités différentes en matière de chasse à l'internaute selon les pays; ou alors, c'est une hypothèse fondée sur le taux de pénétration du haut débit (en supposant une moyenne de téléchargement par personne augmentée avec le haut débit); ou alors c'est fondé sur une baisse des ventes de disques en France plus forte qu'ailleurs. Dans tous les cas, cela ne signifie rien.

Si on admet cependant ce chiffre, cela peut s'expliquer par un phénomène tout bête : les gens qui téléchargent le font d'abord beaucoup pour se composer une bibliothèque de titres, puis ralentissent quand ils en ont assez. Cela ne traduirait alors que le fait que les différents pays sont à diverses phases de ce cycle.

Denys

Les méchants français indisciplinés auxquels il faut un Etat fort, sinon tout fout l'camp, elle n'est pas neuve. Genre : "les motards français se tuent 2,8 fois plus que les (vertueux) allemands". En l'espèce, il est très simple de démontrer que cette prétendue différence est uniquement le produit d'un artefact statistique.
Ce qui serait bien c'est que, quand Denis Olivennes ressortira cet argument, un journaliste lui demande sa source. (d'ailleurs, ils l'ont fait, au Monde ?)
(Ah sinon, comment on fait pour obtenir une mesure fiable d'une activité illégale ?)

Guillermo

Ouais faudrait surtout 1/ arrêter les comparaison avec les pays nordiques et leur éthique protestante qui les rend tellement, tellement moins capable de déclarer leurs "méfaits", 2/ penser au taux de connexion haut débit en France, plus élevé qu'aux US (au moins) voir qu'ailleurs en Europe et 3/ arreter de confier une mission sur le téléchargement illégal au patron de la Fnac ! Pourquoi pas confier une mission sur l'impérialisme américain à Ben Laden ? Sur le trafic de fausses rolex à sarko ??

tux

Guillermo:

Quoi ca vous parrait pas logique de demander a un agrege de lettres et commercant de faire des propositions sur l'internet?

Moi quand j'ai un probleme avec l'electricite dans ma maison, je prend les pages jaunes et je cherche un charcutier; pas vous? ;-p

éconoclaste-sm

@Alexandre : au départ, je pensais aussi au taux de pénétration du haut débit. Mais l'écart semble trop faible pour expliquer simplement un niveau de téléchargement du simple au double. Peut-être qu'en regardant la série depuis 2000, on peut arriver à utiliser cette statistique. Mon idée, c'est que si la France a rattrapé l'Allemagne, les allemands ont peut-être déjà reconstitué leur discothèque au format MP3, alors que les français sont encore en train de le faire. Dans ce cas, on trouverait chez les allemands des téléchargements plus importants dans les périodes plus anciennes. A voir.

club-cordelier

Sur le téléchargement et les modèles économiques qu'il implique, il y a un paradoxe qui n'est jamais mis en avant ni débattu...
Pourquoi les multinationales ne profitent-elles pas de la mise en ligne volontaire et gratuite par les internautes de ces milliards de titres ?
Pourquoi dépensent-ils des milliard de US$ pour faire eux même cette mise en ligne dans des sysèmes captifs ?
Ce n'est tout de même pas pour la préservation de l'emploi ?
Et à l'opposé, la communauté plutôt libertaire des téléchargeurs se rend-elle compte que cette mise à disposition a des répercussions en matière d'emploi ?
Quand on aura éclairci ces questions, on pourra peut-être enfin se pencher sur le vrai problème, celui de la rémunération des créateurs... et pas des intermédiaires ou des actionnaires.
Si je veux écouter de la musique, je suis prêt à payer à l'auteur ce que je lui dois, mais pas à rémunerer un fond de pension américain...

Séb

_commentaire hors sujet_

N. Holzschuch

L'une des premières choses qui frappe l'expatrié aux USA, c'est la différence de prix sur pratiquement toutes les choses de la vie courante. Chemises de marque à 10 $, caddies de nourriture deux fois moins cher (sans se priver et avec de la healthy food), etc. (et je ne parle même pas de l'électronique). Un économiste aurait sans doute quelque chose à dire sur la taille du marché intérieur, mais passons.

Et, sur mon expérience, l'argent libéré sur ces postes vient grossir l'argent disponible pour d'autres choses. Je suis nettement moins tenté de pirater depuis que je ne mets plus tout mon argent dans l'habillage/la nourriture/etc, vous voyez l'idée.

Et puis même la musique légale est moins chère. Un album à 10 $ sur iTunes, il est 50 % moins cher qu'à 10 € en Europe. :-)

Charles'

Une autre piste:
La musique adoucit les moeurs
Elle a donc des vertus thérapeuthiques
En France les soins sont gratuits (quasiment, comparés aux US)
Donc la musique gratuite est un dû.
Ca tient? Non?

Troll et bus

"(exemple, dernier album de Sigur Ros : 13,97$ aux Etats-Unis, 17,99€ en France) ? Et pourquoi la musique est-elle plus chère ?"

Ben : parce que le piratage y est deux fois plus élevé, et donc, que les distributeurs compensent leurs pertes sur les clients légitimes :-)

Robinson

Un taux de piratage de la musique plus élevé + un prix moyen des CD plus élevé en France que dans d’autres pays de niveau de vie équivalent pourraient correspondre à une plus faible élasticité-prix de la demande de musique enregistrée.
= La demande s’accroît peu si le prix des CD passe de 10€ à 5€ (parce qu’une grande partie des pirates préfèrent dans les 2 cas un CD à 0€ + le coût moral et/ou pénal de se mettre dans l’illégalité ; ils ne seraient près à acheter de la musique légalement que pour des prix extrêmement bas) et elle décroît peu si le prix des CD passe de 10€ à 15€ (parce que la plupart des acheteurs légaux achètent les CD qui leur plaisent à (presque) n’importe quel prix).
D’où, pour maximiser leurs profits, les maisons de disque ont intérêt à fixer des prix assez élevés, bien que cela implique un taux de piratage plus élevé. En vendant les CD à 15€ plutôt qu’à 10€ (ou 5€) elles vendent un peu moins de CD (et une partie des acheteurs potentiels à 10€ les piratent) mais en tirent des profits supérieurs.
A ce stade l’économiste n’a néanmoins pas expliqué grand-chose. Reste en effet à savoir pourquoi la demande de musique enregistrée serait moins sensible aux prix en France qu’aux US?
(Réponse facile mais peu satisfaisante : préférences exogènes!)

flo

Bon, moi j'ai une question naïve : comment avec quelle méthodologie et depuis quelles sources, évalue-t-on le téléchargement non payant (désigné par le terme de "pirate") ?

Fait-on une distinction entre la diffusion (streaming), qui bien que revenant techniquement à un tc est en réalité une lecture, une consultation versus internaute, et le téléchargement qui entraîne conservation sur disque dur ? (pour les films et séries, c'est important)

Je suis pour le moins étonnée que l'on ponde quasiment coup sur coup deux dispositifs (DADVSI puis celui qui arrive) reposant sur la corrélation téléchargement=>baisse des ventes, non vérifiée mais née du rapprochement entre deux phénomènes distincts et eux-même diversifiés, bref on appelle ça une association d'idées, non ? (après la question naïve, l'avis naïf ;) )

Cela dit, je ne suis pas sûre qu'il faille s'affoler rapido de l'arrivée d'un dispositif de flicage via les FAI. Regardez : la DADVSI avec les DRM, ça ne marche pas (on le voyait venir), ça se crashe tout doucement. Si un nouveau truc arrive, c'est bien parce que l'usine à gaz DADVSI est un brillant échec. Vu le projet actuel, ça va être une jolie filiale d'usine à gaz juridique et contractuelle, et je gagerais volontiers que ça ne marchera pas. Logique, quand on regarde les prémisses...


thierryl

Il ne semble pas du tout évident que le téléchargement sur Internet représente la majorité des activités illégales.
C'est arriver un peu tard dans la mêlée que de s'obstiner su le phénomène des téléchargements en P2P et de le comparer aux ventes des CD.
Depuis que l'internaute français a accès libre au téléchargement, et sans compter ceux qui ont déjà converti une impressionnante discothèque personnelle, je pense que le mieux aujourd'hui pour se doter gratuitement d'un stock respectable de titres est d'échanger par disque dur externe et clés USB de haute capacité, avec des amis , des collègues étudiants, des copains de classe, qui en tant que passionnés doivent disposer de collections bien établies...

Il doit aussi sûrement exister des serveurs privés en ligne avec accès cryptés où des communautés "musicologiques" mettent en commun leurs bibliothèques musicales.

Le modèle de consommation et de vente de la musique par CD et bientot celui par DVD semble en voie de disparition. Cela n'a plus de sens de le voir maintenir dans sa belle forme d'antan, c'est du temps et de l'énergie perdue.

De plus, je ne suis pas sûr que les producteurs et distributeurs de "l'industrie classique" soient en matière de prix ou "d'interopérabilité" capables de négocier face aux nouveaux arrivants tels qu'Apple...
Ils semblent avoir perdu la main face à leur nouveaux concurrents et devront s'adapter au plus vite, plutôt que de chercher des accords locaux avec le pouvoir politique.
En se laissant dépasser par la conversion technologique et n'ayant pas su réagir à temps, ils ont surement perdus les leviers stratégiques qui les faisaient décider dans leur ancienne chaîne de métiers des prix, de leur marge, du support technologique.

Cet accord suite à la mission Olivennes) va peut-être les rassurer un temps, psychologiquement c'est peut être un réconfort pour eux.
Mais s'ils croient qu'à terme cela va les sauver...
Il feraient mieux d'investir dans l'anticipation des futurs bouleversement technologiques, mais bon, cela semble de l'histoire à répétition.
Les agences de Pub se présentaient comme les reines de la communication : deux jeunes technos montent Google et leur font une leçon magistrale sur la publicité sur Internet (celle qui fonctionne).
Les producteurs et distributeurs de musique se croyaient bien à l'abri dans leurs boutiques achalandées sur les plus belles avenues des capitales du Monde : et un génie reconnu de l'ergonomie et du marketing en informatique révolutionne la façon de consommer la musique en quelques années, après avoir observé les premiers phénomènes de téléchargement massifs de mp3.

yellowrose

Je ne peux m'empêcher de comparer les producteurs et distributeurs de musique et leurs avantages acquis aux cheminots et les leurs. Il serait temps de les traiter de la même façon.

Qui osera s'attaquer aux lois de la propriété intellectuelle, le privilège de 70 ans (soit 3 générations - quand on ne détourne pas le 70 ans!), les chantages et les rançonnages?

thierryl

Justement, le but n'est pas de s'attaquer aux lois de la propriété intellectuelle, mais d'encourager chez les ayant-droits et les artistes des stratégies différentes de licensing.
Dans "Free Software" et "Free Culture", "Free" ne veut pas dire "gratuit" mais est employé au sens "libre".
C'est en encourageant par degré à l'ouverture, en offrant un panel de licences différentes qui permettent au départ un partage de l'oeuvre sous condition qu'on habituera les ayant-droits à adopter des stratégies commerciales innovantes sur le réseau.
Si tu déclares la guerre au principe de propriété intellectuelle ou au copyright, il n'y a aucune raison que l'industrie fasse preuve alors en retour d'un respect du Copyleft contenu dans la GPL.
Globalement, la tactique du MOI-JE ou "j'ai raison contre tous", est particulièrement détestable sur les réseaux, et produit les effets inverses à l'esprit d'ouverture et d'échange.

mangon@gfg.fr

La différence de prix c'est la longue tradition française de la grande distribution qui, contrairement à ce que l'on croit, pratique une politique de marge plutot que de volume. En France nous avons un biais culturel énorme qui consiste à associer trés étroitement la qualité potentielle d'un produit/service avec son prix, c'est ce que l'on appel "l'effet prix".
De là découle le fait que chercher la rentabilité au volume c'est adopter une politique de prix bas (justement en rapport avec les élasticités au prix)et donc prendre le risque d'être perçu comme vendant des produits de piètre qualité. Il vaut mieux faire une marge trés confortable et rendre une partie des béénfices à communiquer sur le fait que l'on pratique des prix bas, c'est la stratégie de la Fnac comme des Auchan et autres Darty, tous proposant des produits à des prix supérieurs aux petites enseignes ou à ce que l'on peut trouver sur internet.
Vous payez vos CD plus cher même qu'au Daneark par exemple, pays où le niveau de vie rend pourtant tout plus couteux par rapport aux prix français.
Enfin, concernant l'achat de CD/DVD il est hors de question que je paye au delà du prix du support physique un bien numérique reproductible à l'infini pour un cout nul (ce qui est la définition d'un bien public), dans ce cas je crois que le cout de fabrication de la galette est aux alentours de 50cts d'euros (livrés).Donc j'acheterai des CD/DVD quand les prix seront autour de 1,50€ ce qu correspond à un coef 3 normal dans le commerce.

Emmeline

Teaser contractualisé : le billet de Jean-Edouard est en ligne.

Et merci Versac pour vos compliments, et pour les Echos (hé non on n'avait pas vu !).

Tom Bombadil

Ma petite expérience sur le p2p ne corrèle pas, c'est le moins que l'on puisse dire, les chiffres à la truelle de l'épicier Olivennes (agitateur culturel depuis trop longtemps).

Avant tout, en réponse aux commentaires laissés plus haut, il me semble qu'il faut faire la différence entre au moins deux profils de téléchargeurs, et d'ailleurs Olivennes le dit lui-même.

D'un côté, les passionnés, aux goûts musicaux très acérés, pour qui le p2p a été un extraordinaire multiplicateur d'expériences. Je n'oublierai jamais l'émotion que j'ai ressenti en téléchargeant des cd qui étaient sortis à 200 exemplaires il y a 15 ans au Japon, qui étaient absolument introuvables, et qui avaient atteint un statut quasiment mythique chez les amateurs. Sans parlers des vinyls jamais sortis en cd et numérisés par des passionnés. J'écoute du jazz, beaucoup, parfois pointu, et dans ce domaine, soulseek est une ouverture à peine imaginable, surtout que M. Olivennes ne distribue pas correctement les disques des artistes qui ne lui rapporteront jamais un rond. Je n'ai pas encore essayé, mais s'il le faut je m'incrusterais sur les forums cryptés, privés, où des passionnés partagent des discothèques à se damner. Dans ce domaine, le jazz et la musique contemporaine, qui n'intéresse pas les grands distributeurs, les plus belles collections partagées en ligne sur Soulseek viennent souvent d'Europe du Nord, de Japon ou des USA. Très peu de français, et avec des collections bien moins impressionnantes. Evidemment, c'est de l'estimation à la truelle, également. Bref, les passionnés, je ne les sens pas forcément plus téléchargeurs en France qu'ailleurs. Et ça tombe bien, parce que Olivennes s'en bat les noix joyeusement, de ces gens-là. Et c'est un peu réciproque, même si j'aimerai bien qu'on ne vienne pas me faire chier parce que parmi les disques introuvables que je trouve ici ou là, il doit aussi y en avoir pas mal de trouvables...

Olivennes, il cible la deuxième catégorie, ceux qui tapent dans les vaches à lait industrielles, qui téléchargent le dernier Mika au lieu d'aller gentiment l'acheter, qui piratent les cd de la Starac', et complètent leur collection de single de Johnny etc... Et là, franchement, je n'ai aucune idée de l'importance de la France dans le marché global, mais je crois me souvenir que les français, en majorité, restent attachés à la musique française, et ne s'aventurent pas forcément vers d'autres horizons. Il faudrait voir aussi le poids de la constitution d'une sorte de sous-marché national, et comparer, par exemple, avec l'Allemagne. En GB, la problématique n'est forcément pas la même, pour des raisons de langue, et le marché intérieur, au sens de culture locale, est très fortement mondialisé, je pense.

Je ne sais pas non plus si le bombardement conjoint de la musique industrielle (à coup de starac, popstar, starounettes r'n'b fabriquées en usine pour disparaître après un succès), de la pub échevelée pour la musique mobile (présente partout tout le temps à la mesure des budgets monstrueux que les opérateurs de téléphone peuvent y consacrer) et de la compétition pour les offres "triple play" haut débit, je ne sais pas, donc, si cette conjonction, qui est en soi un appel permanent au téléchargement, est plus prononcée en France qu'ailleurs. Elle me parait en tout cas extrêmement puissante, et cette puissance de propagande dépasse de très loin l'efficacité des offres légales vaguement présentes pour satisfaire les désirs si puissamment produits, mais toutes plus inefficaces, frileuses, techniquement castrées, et tellement peu à la mesure du désir, justement. Et dans ce domaine, Olivennes est hautement responsable de la faillite à venir de son industrie : il contribue à la construction du désir sans désemparer (il vend la musique, les ordinateurs, les téléphones portables, les lecteurs mp3...), mais contribue aussi à la médiocrité crasse de l'offre bricolée pour y répondre.

C'est parti dans tous les sens, mais je n'ai pas de réponse à la question posée, en réalité...

abadinte

Le problème ne vient pas de la demande qui est là mais de l'offre. Qui oserait acheter l'album de Cascada? Qui oserait donner de l'argent à Rihanna? Je n'ai même pas oser penser émettre la possbilité de télécharger ses chansons tellement c'est nul.
Depuis que j'achète des CDs, je n'en prend pas plus de deux par an. La proportion n'a pas diminué depuis qu'Internet existe.

celui

Et si on compare à la Belgique ou pour 34€ par mois, je n'ai que 12Go de téléchargement/mois (et si on lit les petits caractères, on apprends qu'il faut comprendre téléchargement=download+upload)

Ce serait intéressant d'avoir une estimation de la répartition des données téléchargées. Quel est le pourcentage de séries américaines ? Ce qui a un fort succès chez les 15-30 ans (gros téléchargeurs non) qui mettent entre 6 mois et 2 ans pour sortir en France, doublés, ou alors en "téléchargement" légal à prix prohibitif. (Je pense à Heroes), alors qu'un service équivalent est gratuit aux USA.

Paul

Pour avoir voyagé pas mal cette année, une explication pourrait être simplement la disponibilité en France d'un débit de 25Mbps pour tout un chacun... le tout avec une capacité illimitée en UL/DL

Par exemple:

Au Royaume-Uni, le standard est ces temps ci autour de 5Mbps.. en Australie, le volume de données mensuel est limité (l'offre de base limité à 2Go DL/UL, et toutes les offres au-delà sont également limitées (jusqu'à $190 pour 250 Go...).

Celui

@Paul. L'Australie est un cas particulier dû à la "faible" bande passante entre elle est les "continents". Je sais qu'il a existé (peut-être que ça existe toujours, mais je n'ai pas le temps de vérifier) des FAI australiens qui imposaient une limite de transfert uniquement pour les données qui entraient/sortaient de l'île.

restau lyon centre

Le téléchargement légal ou illégal pousse certains artistes à innover et à produire des pochettes très belles, etc.
Ce n'est donc pas une mauvaise chose dans un sens, si l'on paie un CD, on veut savoir pourquoi on le paie...

POLITOBLOG

A mon avis, ce dont tout le monde se tape , c'est simplement sociologique et je pense que si on faisait une comparaison avec tous les pays latins les proportions de téléchargement seraient aussi élevées.
_ En Allemagne on peut trouver dans les rues des distributeurs de cigarettes, en France il seraient vandalisés.
_ Aux Etats Unis aucune voiture ne transgresse les limites de vitesse en France ce serait plutôt l'inverse.
_ En Angleterre on respecte les files d'attente ...etc.
Nous sommes des sauvages donc on télécharge ... ouba ouba

Gus

Je confirme que la France est un des pays au monde où la bande passante moyenne de l'abonné ADSL est une des plus élevée (hors Corée, Japon, TaÏwan)

C'est aussi l'un des rares pays où la bande passante n'est pas facturée.

Certains FAIs envisageaient d'ailleurs vers 2000 de "caper" ceux de leurs abonnés dont les consommations de bande passante sur certains protocoles dépasseraient 10 fois le profil-type.

bertrand

"En France, on pirate deux fois plus qu'en Allemagne, trois fois plus qu'au Royaume-Uni, cinq fois plus qu'aux Etats-Unis."

LE BSA une association de malfaiteurs regroupant les principaux éditeurs internationnaux de logiciels sort chaque année une étude ou il annonce qu'on pirate plus les logiciels en france que dans les autres pays.
Outre le fait que je n'ai jamais vu personne tuer ou violer un logiciel, il est nécessaire de présenter la méthodologie de
l'étude :
On commence par définir un ensemble logiciel type censé être présent sur tous les ordinateurs personnels. C'est assez simple à faire, chaque éditeur de l'asso prend ces logiciels les plus populaire et dit qu'ils font parti de l'ensemble.
Ensuite on regarde ce qu'on a vendu de ces logiciel dans l'année et on compare au nombre de PC vendu. Ce qui manque est forcément du piratage.
Avec ce genre de méthode, les chiffres sont impeccable pour le journal de tf1, mais vouloir en faire autre chose !

Télé chargée

de mon point de vue, argent trop cher, les gens n'ont plus envie de dépenser 20€ pour un album, un dvd ect... sauf pour faire des cadeaux. Pourquoi un film super amorti au cinéma devrait couter 25€ en dvd ! alors qu'il ne coute même pas 0.50€ à produire, trop de marge, le prix d'un album ou dvd ne devrait pas dépasser 15€

just facts

Petite étude de marché.
Prix de l'album d'Alicia Keys As I am sur les divers sites amazon:
US: en promo à € 6,80 au lieu de € 12,93
Canada: € 9,09
Japon : € 12,99
UK : € 10,66
Allemagne : € 13,95
France : € 13,96

assez clair non?

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