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09 novembre 2007

Ami étudiant

Tu te lances, comme à ton habitude, dans un grand mouvement d'empêchement d'une nouvelle réforme. C'est beau comme le CPE, tu t'amuses, et tu scandes que la loi Pécresse ne passera pas. Avant toi, plein de projets ont avorté, des tas de réformes qui auraient inexorablement conduit l'enseignement supérieur à sa perte.

D'ailleurs, grâce à ta résistance, et celle de tes frères, l'université française se porte admirablement bien. Les études qualifient tout le monde pour des emplois stables et bien rémunérés, les mondes de l'enseignement, de la recherche et de l'entreprise communiquent magnifiquement pour créer une économie prospère et dynamique, les universités sont modernes, bien entretenues, leur matériel est envié par les meilleurs étab;lissements du monde, et nous avons la chance d'avoir des établissements de renom qui attirent la crème de la crème de l'élite mondiale (la France, c'est Top Gun).

Alors, effectivement, quand on voit la situation idyllique dans laquelle se déroulent tes études, on se demande en effet pourquoi faire passer une petite réforme qui vise à accorder un peu plus d'autonomie aux universités. Après tout, mieux vaut que tout se décide à Paris, plutôt que près de la réalité. Mieux vaut que le diplôme et l'enseignement soit exactement le même partout, quelles que soient les spécificités locales. Mieux vaut pas ou peu d'argent que de l'argent privé (dont on sait qu'il s'alit tout ce qu'il touche).

Tu as raison, ami étudiant. Brûle quelques pneus. Laisse éclater ta colère devant cette petite tentative de modification d'un si illustre fonctionnement. La réforme ne doit pas passer !

Surtout une si petite réforme. Tu sais comme moi, ami étudiant, que le moindre petit truc, la plus petite lézarde dans le magnifique édifice si parfait de notre enseignement supérieur ne doit absolument pas être toléré. Rien. Il faut toujours, toujours, en rester au niveau des grands principes, et ne jamais se confronter à la réalité de leur mise en oeuvre.

Je suis content que tu t'engages ainsi, ami étudiant. Dans quelques années, quand tu chercheras, avec ta maitrise inadaptée à ton bassin d'emploi régional, un boulot qui n'aura pas été créé par la belle association entre la recherche, l'enseignement supérieur et les entreprises de ta région, faute d'une gouvernance adaptée, on en reparlera. Mais c'est loin tout ça, hein.

[Et amie Valérie - on est amis sur facebook - quitte à provoquer une ire de cette ampleur, est-ce que ça ne valait pas le coup d'oser aller un peu plus loin dans la réforme ?]

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Voici les sites qui parlent de Ami étudiant:

» Pour l'autonomie des universités de Fanette dans la valeur absolue
Félicitations à Versac pour son billet AMI ETUDIANT !Je suis pour l'Autonomie des Universités !Le texte en question décrié par la Recherche Si on laisse une fois de plus les syndicats s'emparer du mouvement étudiant, nous courrons à ceci : [Lire la suite]

» Post politique de Noticias externas
Je sais que ceci est un blog pro, hébergé par mon employeur. Je ne mettrais pas en avant ma façon de [Lire la suite]

» Le grand soir, jusqu'au prochain de Sancho P.
Je sais que quand j’aurais appuyé sur post, je serais passé officiellement du cote des réacs, des stal et des vieux cons. Moi qui suis encore si jeune. Je dois avoir perdu la flamme. On fait grève pou... [Lire la suite]

» Nos amis les étudiants de Da Bourz Blog
Si vous ne devez lire qu'un seul billet cette semaine, c'est celui de Versac : Ami étudiant qui plein de vérité résume assez bien la situation et ce que je pense ! [Lire la suite]

» AmiVersac de Buzz2point0
Triste ironie, ami Versac. Toi, le grand blogueur, ô couché qui donna à Libération son heure de gloire, en étant THE espace de liberté lors du forum éponyme. Toi, Versac, dont on ne se demande plus si tu es soluble dans le conservatisme (seul le... [Lire la suite]

Commentaires

"Allons enfants de la rupture...

08/11/2007 - Jacques Marseille

Le mardi 13 novembre 2007 et les jours qui suivront seront décisifs. Soit ce mardi marquera le premier jour de l'an I d'une République nouvelle plus équitable et plus solidaire. Soit il sera le jour de grisaille d'une société d'ancien régime où la « rue », comme ils disent, aura imposé sa loi, non pas seulement à un gouvernement légitime, mais aussi, et surtout, à une majorité écrasante de Français littéralement abasourdis, sinon indignés, par une telle coalition d'égoïsmes. Soit il marquera la promesse d'une France délivrée de ses « bastilles », prête à faire valoir ses atouts - qui ne sont pas minces - dans la compétition mondiale. Soit il entérinera le déclin d'un pays pénalisé par les lâchetés successives qui ont désespéré de l'avenir trop de Français. Que 76 % des Français estiment que la vie de leurs enfants sera « plus difficile » que la leur est à la limite une bonne nouvelle. Ce pessimisme qui nous isole des autres nations comparables est sans doute la meilleure arme du sursaut.

Que six syndicats de cheminots appellent à une grève reconductible pour « le maintien et l'amélioration » de leur régime spécial de retraite en dit long sur l'aveuglement - ou plutôt le cynisme - d'organisations qui, usant du dernier monopole qui leur est offert, sont capables en toute impudeur de faire verser par les caisses des autres régimes de retraite et par l'Etat - c'est-à-dire les salariés du privé et les contribuables qu'ils prennent par ailleurs en otages - la coquette somme de 2,6 milliards d'euros par an pour équilibrer leurs régimes de retraite qu'aucune pénibilité du travail ne justifie plus.

Qu'une poignée d'étudiants d'une des plus prestigieuses universités du monde - la Sorbonne - appellent à se joindre au mouvement pour « construire une grève nationale des universités afin de déboucher sur une grève générale interprofessionnelle » et pour s'opposer « à l'intrusion des entreprises et des valeurs capitalistes au sein de l'enseignement » - ils pensent à la « performance » - en dit long sur la crétinisation d'un infime groupe de meneurs dont la seule ambition est ensuite de renforcer les cabinets politiques de la gauche sociale-démocrate et de finir un jour au Sénat ou au gouvernement.

Que le Syndicat de la magistrature et les syndicats des fonctionnaires de justice se mettent en grève contre le projet de réforme d'une carte judiciaire qui date de Napoléon Bonaparte et qui n'a été révisée qu'en 1958, à une date où n'existaient pas encore les autoroutes et le TGV, en dit long sur le conservatisme d'une profession à laquelle s'étaient déjà heurtés les socialistes Henri Nallet et Elisabeth Guigou. C'est cette dernière, et non pas Rachida Dati, qui déclarait, le 29 octobre 1997 : « L'inadaptation de la carte judiciaire est patente. »

Que les syndicats de l'ANPE et des Assedic se joignent au mouvement pour protester contre le projet de fusion de ces organisations alors que cette fusion est le seul moyen - sans doute - de combattre ce cancer du chômage qui ronge la France plus que les autres pays depuis plus de vingt-cinq ans en dit aussi long sur l'incapacité de ces syndicats à poser un regard lucide sur l'organisation d'un marché de l'emploi dont la simplification a, partout ailleurs, permis d'éradiquer ce fléau national.

Que les syndicats de fonctionnaires appellent eux aussi à la grève, le 20 novembre, pour protester contre la suppression de 22 000 postes de fonctionnaires sur les 5,2 millions que compte le pays en dit aussi long sur la démagogie et l'obsession du court terme d'organisations qui ont oublié depuis bien longtemps que le service public voulait surtout dire être au service du public.

Que les syndicats de la Banque de France s'ajoutent au mouvement pour défendre « ses missions, ses emplois et ses statuts » et que s'y joignent aussi ceux des techniciens de l'Opéra ajoute le comique troupier à cette vaste coalition de l'ancien régime.

Il est temps pour l'autre France, celle qui a appelé de ses voeux et de ses votes des réformes dont la seule ambition est de vaincre les inerties que subissent tant de Français face aux questions centrales que sont l'emploi, les retraites, l'école, la justice, l'enseignement supérieur, de se mobiliser pour renverser ces anciennes bastilles dont les grèves annoncées ne sont que le chant du cygne d'un monde qui - heureusement - ne tardera pas à mourir.

Dans ce pays si mal adapté au « consensus » et à l'idée de réforme négociée, c'est un fait que les spasmes et les ruptures sont souvent les points de passage obligés vers les nécessaires évolutions qui forgent les croissances fortes, les plus justes répartitions et le « mieux-vivre ensemble ». La « rupture », cela veut dire aujourd'hui - et le temps est venu - bousculer la France « abritée » pour mieux servir la France « exposée ». Et si « la rue » l'emportait, mais laissant sur le bitume tous ceux qui veulent construire une France plus fraternelle, plus équitable et plus respectueuse de la jeune génération à laquelle ils ne veulent pas léguer en héritage tous leurs égoïsmes et leurs lâchetés ?"

Enfin quelqu'un de censé dans la blogosphère !Merci Versac, je n'aurai pas fait mieux !
Que veux tu ces jeunes sont manipulés par l'extrême gauche qui leur promet un avenir qu'ils n'auront qu'à la sueur de leur front.

Les universités ont besoin de cette autonomie pour progresser il faut faire rentrer des capitaux privés pour rajeunir l'image de l'Université en France et proposer de réelles fillières d'emploi compétitives pour notre pays !

Et pan!

Perso, j'aime bien quand "les forces vives de l'avenir" s'enfoncent dans la "réaction au changement"...

La "gauche ultime" et libertaire y devient "réac' extrêmiste", comme au bon vieux temps détesté de Ribben/trop et Staline.

C'est toujours source d'un vif et intense moment de grande rigolade émerveillée !
Non ?

Ah oui, vive l'association entre l'entreprise et l'enseignement supérieur, qui fait que lorsque l'on a le diplôme tant demandé par le bassin d'emploi régional, celui-ci est obsolète. Ben oui, les entreprises ont parfois la vue courte, et demande de former les gens au techniques d'aujourd'hui et maintenant, qui vieillissent vite, et ne sont pas très fortes pour percevoir les évolutions techniques.

Ou alors, vu que tous les établissements d'enseignement supérieur ont décidé de se positionner sur le même besoin, une surproduction de diplômés dévaluant le diplôme, juste au même moment où le marché du travail dans cette spécialité arrive à maturation.

Deux cas vus pendant mes études supérieures...

Et surtout, ami étudiant, n'oublie pas:
"Ami étudiant, Ami étudiant, lève ton veee-rre"

(désolé reflexe primaire d'étudiant)

Ah c'est fastoche... Grosso-modo, tout parait evident dans la prose du billet, jusqu'a ca:

"Mieux vaut que le diplôme et l'enseignement soit exactement le même partout, quelles que soient les spécificités locales"

Soit il s'agit de dire que les universites doivent pouvoir proposer des filieres originales, en phase avec une competence locale forte, et ca se fait deja (faut retourner a la fac, ami versac, voire y aller tout court ??). Soit il s'agit de dire que les diplomes nationaux c'est fini, et alors il me semble que ca merite plus de 2 lignes de justifications.

Pour le reste, sur l'autonomie ou pas des universites, je pense effectivement que le debat est passe. Ca se fera, et comme souvent par chez nous, sans aucun suivi de la reforme. Le prochain ministre en empilera une autre, puis une autre, puis une autre. Personne ne se demande si la double casquette universitaire (enseignement et recherche) n'est pas une des causes de la difficulte de la reforme. L'autonomisation des centres de recherche est sans doute souhaitable, meme si la question de leur financement restera tout aussi epineuse (et la l'argent prive est deja la...), celle des filieres d'enseignements tres faible, et on peut se demander quels en seront les benefices.

Oh, parfait, ça. Et le commentaire d'arturh qui suit, impec'.

Et-il utile de rappeler ici que l'acuel système des Universités et le principe de "Nnn-concurrence" sert surtout à s'assurer qu'aucune formation de viendra concurrencer le monopole des Sciences Po Paris/ENA/Polytechnique, etc, pour la formation des "élites" de notre République Liberté, Egalité, etc...

J'ai deux regrêts :

- que personne n'organise de manifestation "contre la grève". Par exemple, les gens qui sont obligés de poser une journée de congé la semaine prochaine pourraient descendre dans la rue, pour dire "oui au changement".

- que les établissements employant les grévistes n'aient pas le droit d'en publier le nom. Je serais si content d'écouter, d'eux à moi, les arguments des grévistes. Mais pour cela, il me faut leurs noms...

Je pense qu'une réforme est effectivement nécessaire.

Mais cette réforme-là ne porte que sur la hausse des coûts universitaires, la suppression de filières de savoir sur la seule base de fréquentation, donc économique, et la suppression de TD, alors même que les étudiants ont payé leur place.

Donner l'autonomie aux présidents d'université, sans leur donner une dotation suffisante, pour qu'ils puissent développer, n'est-ce pas là que la réforme s'arrête en chemin.

La lettre du Président de Sciences Po à ses anciens élèves, lisible sur Rue89, montre assez que la bataille est déjà gagnée par les grandes écoles et les lieux prestigieux.

La marque "Sorbonne" peut s'exporter. Que dire de la marque "Université de Caen" ?

L'Etat doit assumer sa responsabilité. On paie toujours autant d'impôts à l'Etat, alors qu'il se désengage de tout. On paie davantage d'impôts locaux aux régions, aux départements, alors qu'ils ne recoivent pas les compensation de la décentralisation II de la part de l'Etat.

Si on va vers l'Etat zéro, on doit aussi voir les mouvements de nos impôts se reporter sur le local. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Nous vivons aujourd'hui une dilapidation de l'argent public pour zéro résultats.

Et cela, Versac, n'est pas acceptable.


"Surtout une si petite réforme."

Ce n'est pas l'avis des dirigeants de Sciences-Po, qui sont, vous l'avouerez, bien placés pour en juger. Notamment lorsqu'ils profitent de l'effet d'annonce de la réforme pour signaler aux potentiels donateurs tous les avantages fiscaux nouveaux pour les donateurs et les contreparties qu'ils peuvent espérer en cas de dons massifs.

Autant dire que ces avantages fiscaux signifieront à terme la fin du service public d'enseignement supérieur : ce n'est pas forcément un drame, mais on peut concevoir que cela irrite ceux qui, en faisant grève, anticipent assez correctement dans leur vécu personnel les conséquences de la politique gouvernementale, à savoir, l'arrêt des études au bac pour la plupart des jeunes français faute d'offre financée publiquement. Car qui donnerait au modeste centre universitaire Tartempion les sous que l'état s'exonèrera de donner en considérant que les donations volontaires des contribuables qui iront naturellement aux plus prestigieuses et sélectives écoles comptent, assez logiquement, comme un effort public d'education ?

Alors que toutes les études démontrent que le diplôme est toujours le plus sûr bouclier contre le chômage, infiniment plus efficace que tous les plans à la con que nous sortent tous les gouvernements depuis 20 ans, mais bon, qu'importe...

Bien d'accord avec toi Versac, pas tout à fait avec le premier commentaire. Il faut quand même pas tomber dans le culte du Sarkozysme...

Je n'ai pas voté pour lui et j'en suis bien content, je n'approuve pas toutes ses réformes (loin de là) mais sur les retraites je trouve que les syndicats agissent tout à fait comme ceux qu'ils execrent, en usant du droit de grève pour gagner de l'argent à tout prix, quitte à bloquer le reste des Français qui leur financent une partie de leur régime spéciaux.

Si ceux qui sont morts pour nous offrir le droit de grève voyaient ce que les syndicats en font actuellement, je pense qu'ils seraient désespérés.

Tout ce que gagneront les syndicats, c'est de bloquer la situation (au mieux pour eux) et se mettre à dos une nouvelle frange de la population.

Il se demanderont ensuite pourquoi donc le nombre de syndiqués en France ne fait que diminuer et iront chercher où ils trouveront un financement pour faire survivre notre belle caste syndicale (qui a dit UIMM ?)...

Tin c'est trop fort, c'est les syndicats qui vont finir par me faire basculer à droite.

Profond désaccord avec vous Versac.

C'est un réflex assez facile et courant que de dire que l'université en France est en crise, ne forme plus personne, et surtout pas à de vrais métiers.
La vérité est bien loin. Oui certaines filières ne mènent à rien... mais d'autres, comme les masters éco pour mon exemple permettent d'insérer plus de 95% des élèves après un an!

Et puis, autre réflex simple : certaines choses vont mal, alors il faut absolument réformer au niveau national... et les jeunes étudiants fan de sensations fortes et de blocages n'ont qu'à fermer leur gueule, car ils ont tort, et qu'ils veulent seulement s'amuser et faire la mini-révolution.

Il existe, je vous l'assure, des étudiants pragmatiques qui pensent et disent que cette réforme aura un effet négatif, et qu'elle exacerbera gravement les inégalités entre les universités. Et ce sont ces arguments qui conduisent à la grève, et parfois, et c'est regrettable, au blocage des facs.

Ne voyez pas toujours dans la grève des étudiants un continuel rejet post-soixante-huitards des réformes, de l'autorité, ou de je ne sais quoi encore.

Amitiés,
Zlt

Je voulais juste vous signaler que Nicolas Sarkozy n'a reçu que 42% des votes des étudiants. On devrait pouvoir le considérer, lui et son gouvernement comme incapable et surtout inautorisé à prendre en compte la gestion des université, parce qu'après tout, les étudiants sont quand même un peu concernés mais surtout au courant.

Versac et toi, ami étudiant, avez bien raison : l'argent privé salit tout ce qu'il touche. Mais tu as une alternative simple pour pouvoir conserver le magnifique édifice de notre enseignement supérieur tout en ayant les moyens de le chauffer l’hiver : tu pourrais y investir un peu de ton propre argent. Pas autant d’argent que tes camarades Etatsuniens (n’exagérons rien!) et pas l’argent que tu n’as pas maintenant, mais juste un peu de l’argent que tu vas gagner plus tard grâce à tes études. Tes camarades Australiens, Néo-Zélandais, Anglais,… le font et il semble qu’ils ne s’en portent pas plus mal. Et en plus de ne pas avoir froid l’hiver, cela leur donne une perspective un peu différente de la consommation de services d’enseignement. Penses-y, ami étudiant, quand tu auras froid cet hiver dans un amphi surpeuplé pour écouter un mauvais cours.

@alphoenix
Ce n'est pas parce qu'on obtient peu de voix d'une catégorie sociale qu'on ne doit pas s'en occuper, ni qu'on a pas de légitimité pour le faire... Ne disons pas n'importe quoi!

Gillou : je pense que cette réforme est pour le coup mal menée, et ne verse pas dans le sarkobéatisme de Jacques Marseille. Et je ne virerai pour autant pas à droite, par réflexe antisyndical. Je pense qu'une bonne réforme des universités et de la recherche (sans découpler les deux) aurait pu être bien menée par Ségolène Royal, qui avait sur ce sujet le programme le plus clair. Mais enfin.

Leptitbenji : je ne dis pas que l'université française va mal, est nulle, et à jeter avec le bébé, l'eau du bain et tout le reste. Cette réforme évolue sur des points essentiels, dans un sens à mon avis pas assez poussé (au global, hein, parce qu'il y a quelques éléments à discuter sur l'autonomie du pdt d'univ). Elle n'est pas la solution ultime aux enjeux de l'enseignement supérieur (elle est même un peu bancale), mais il me semble assez essentiel qu'elle passe.

Et je ne vois aucun rejet post-soixante-huitard, je ne suis pas en mode "vieux réac", mais ces grèves étudiantes qui vont sciemment contre les intérêts des étudiants me gavent.

Je suis d'accord avec toi Versac ! (... putain la vache ! ... attends ... je me retourne ... c'est moi qui ai dis ça !).
La réforme des universités est nécessaire, il faut les moderniser et leurs rendre rapprocher des réalités pratiques. Il faut une différenciation réelle des diplômes, tout le monde sait que les facultés n'ont déjà pas la même valeur entre elles.
Mais attention ! J'en ai un peu marre que l'on crache sur les universités et de cette condescendance des écoles de co sur les universités. NON DANS LES UNIVERSITES NOUS NE SOMMES PAS DES CRETINS !

Excellent article.

Concernant l'argent sale qui vient des entreprises, regardez un peu la différence de qualité de formation entre les étudiants en formation classique et ceux en formation par apprentissage (sur des diplômes de type Master par exemple).

C'est évident que c'est l'autonomie qui sauvera les universités, plutôt que la centralisation égalitariste URSSienne, dont on connait la réussite.

C'est incroyable, écoeurant et révélateur de voir tous ces étudiants manipulés idéologiquement (j'entendais une gréviste dire qu'il y allait avoir des 'Master Coca-Cola' si on suivait cette voie), que d'exagérations, de craintes infondées, de manque d'ouverture... Ca m'énerve que les idéologies d'extrème gauche fascinent autant et emmènent un tel cortège de d'extrémistes / de naifs dans la rue ...

Enfin un texte un peu "engagé".

@ Gémini

Evidemment, c'est frappant cette étudiante qui dit "fac Coca cola et master pernod ricard". Il faut reconnaître le sens du slogan des infiltrés de la LCR qui savent lancer de manière concertée ce genre de slogan qui sont ensuite repris par tous.

Putain la vache! Moi aussi je suis d'accord avec toi Versac (enfin j'ai quand même du lire le post 2 fois pour être bien sûr de ce que j'avais compris) :)

@arturh

Tu penses bien que la LCR doit éviter à ses moutons de réfléchir, devant le risque que ça représenterait... un peu comme le slogan 'tous ensemble' c'est creux mais ça rassure et ça permet de garder la motivation...

Ton billet aurait pu se titrer "ami pseudo étudiant syndiqué idéologue"...

L'adaptation du diplome au bassin local d'emploi... Non mais on reve ? Dans un pays ou la mobilite des gens est deja faible (trop faible), je trouve ca desesperant. Au passage je ne fais pas confiance aux entreprises pour savoir de quels metiers elles auront besoin dans 5 ans (parce que c'est de ca qu'on cause, hein, pas les embauches qu'elles pensent realiser dans 6 mois). Si on me demandait quel profil je vais chercher a recruter a cette echeance, je ne pourrais pas repondre...

On est bien d'accord que _tous_ les étudiants sont pas contre cette réforme, loin de là ? :)
Merci...

Trackback Manuel (le TB auto n'a pas l'air de bien marcher...)

Versac, votre billet est drôle, mais malheureusement à côté de la plaque. Il ne s'agit pas ici d'étudiants ni d'université. Mais tout bonnement de militants qui n'ont pas digéré la victoire de Sarko et veulent prendre leur revanche à la faveur des grèves. Les actes de violence gratuite et infantile (blocages de trains) qu'on commence à voir ne doivent laisser aucun doute. Seuls les naïfs se laisseront prendre à une prétendue mobilisation d'étudiants pour des revendications universitaires.
En revanche, entièrement d'accord avec votre post-scriptum. À quoi bon avoir ménagé l'UNEF cet été ? On aurait dû voter une vraie autonomie, avec sélection à la clé.

Versac, je me pose une question : avez-vous pris le temps de lire soit la loi votée, soit les argumentaires l'analysant dans un sens ou dans l'autre ?

Pour un argumentaire objectif relevant les points positifs et négatifs, voilà un document clair :

http://www.univ-rouen.fr/1189348325125/0/fiche___document/

@ Bah :

"Autant dire que ces avantages fiscaux signifieront à terme la fin du service public d'enseignement supérieur : ce n'est pas forcément un drame, mais on peut concevoir que cela irrite ceux qui, en faisant grève, anticipent assez correctement dans leur vécu personnel les conséquences de la politique gouvernementale, à savoir, l'arrêt des études au bac pour la plupart des jeunes français faute d'offre financée publiquement."

LOL

Pourquoi tout ceci entraînerait-il mécaniquement l'arrêt des études au bac? Vous n'en avez pas un peu marre de ce refrain faux et malhonnête?? A votre avis, dans quel pays les CSP défavorisées sont proportionnellement plus nombreuses à sortir diplômées de l'université? La France ou les USA? Et si vous alliez vérifier ce genre de données, par exemple?

"A votre avis, dans quel pays les CSP défavorisées sont proportionnellement plus nombreuses à sortir diplômées de l'université? La France ou les USA?"

Oui, mais dans quel pays y a-t-il le plus de bourses au mérite ? la France ou les USA ? ben, les USA... (d'ailleurs Pécresse, tout en en appelant, à juste titre, aux étudiants non grévistes - leur disant de participer aux AG notamment pour faire entendre leur opposition à ce mouvement justement qualifié d'infantile -, a commis cette énormité : les étudiants qui travaillent - au McDo par exemple - seraient en fait avantagés par rapport aux autres, car ils sont plus dynamiques et ont "l'esprit d'entreprise" ! on croit rêver). Et je trouve personnellement cette réforme très mauvaise, parce que Pécresse a cédé sur LE point qui aurait permis à tout le reste d'être efficace : la sélection.

Ah, mais pardon... c'est vrai que si sélection il y avait eu, not'Président se serait arrêté au bac. Et ç'aurait été tellement dommage !

Evidemment, les USA. Il n'y a qu'aux USA que des étudiants boursiers comme Larry Page et Sergueï Brin pouviant faire une découverte géniale comme Google dès leur première et deuxième année de fac et être encouragée à abandonner leurs études pour essayer de lancer leur entreprise avec la promesse d'être repris en cas d'échec.

J'aurais du mal à être en plus grand accord sur le fond et en plus grand désaccord sur la posture d'un billet.

L'ironie a quelque chose de vivifiant -les commentaires précédents en témoigne- mais dans ce cas, elle dessert trés précisément l'objectif affiché. S'ils comprenaient ces raisons et ces arguments, si précisément ils avaient l'expérience du marché du travail, les étudiants oublieraient-ils à ce point "la réalité de la mise en oeuvre"? Croit-on serieusement qu'ils souhaitent rentrer dans cet engrenage que l'on condamne si bien? Croit-on sérieusement qu'ils soient tous manipulés par des bandes de gauchistes désespérés?

Les premières victimes du statu-quo sont précisément celles qui s'opposent le plus aux réformes. C'est ce que tu dis versac, et je crois que c'est vrai. Mais alors pourquoi tonner contre ces étudiants? Pourquoi ironiser sur leur sort? Surtout, pourquoi rentrer dans cette logique de division radicale qui est celle que poursuit partout notre président? Pourquoi enfin ce même président n'engage-t-il pas de nécessaires discussions plutôt que de voter ses lois au creux de l'été?

Versac, pardonne-moi ces quelques reproches peut-être un peu forts: je pense comme toi que cette réforme doit réussir, qu'elle est évidemment nécessaire, mais que ce fossé que l'on construit entre réformateurs valeureux et étudiants bouchés est trés précisément ce qui peut la faire échouer.

Devant ce torrent de commentaires laudateurs, cher Versac, puis-je tout de même dégoupiller ?

Faire des étudiants les uniques coupables de l'état de l'université française ... pincez-moi !
Les étudiants n'ont, je crois, jamais dit que tout allait bien dans le meilleur des mondes, ils disent même précisément le contraire, il y a simplement divergence sur les mesures à prendre.

Divergences, débats, discussions, construction d'un rapport de force, etc. bref, toutes ces choses que vous n'avez pas pu mettre à l'oeuvre dans la Sup de Co. que vous avez fréquenté.

Remarque au passage : pour la première fois de ma mémoire de lecteur, peu assidu il est vrai, dans cet article, vous tombez à bras raccourcis sur les étudiants, avec un tutoiement digne d'un CRS demandant ces papiers à un jeune à casquette, avec arrogance et condescendance (pardon, ça c'est tout le temps ...).

Le temps passe, Nicolas,la quarantaine arrive, la carte de l'UMP vous pousse dans la main ...

En aparté, pour Gillou : on en bascule pas à droite, on l'a toujours été. Grands remerciements à l'autre Nicolas d'ailleurs de faire prendre conscience à beaucoup de leur état et de leur positionnement politique. Du coup, on est moins nombreux à gauche, mais en meilleure compagnie !

@ Cratyle

Mais le syndicat Sud Etudiant par exemple, qui est en pointe dans la contestation, ne veut aucunement le dialogue, il ne veut que l'affrontement.

Les étudiants grévistes et leurs organisations ne sont pas constructifs et ouverts aux dialogues.

Ok mais bien que je juge votre billet très bien écrit et que je n'y vois pas de point notable de désaccord sur le fond, Versac, force est de constater qu'il n'appelle pas non plus de débat constructif...

Pour preuve le témoignage de Charlie Echo :
"Je serais si content d'écouter, d'eux à moi, les arguments des grévistes. Mais pour cela, il me faut leurs noms..."

Euh Monsieur Charlie Echo, sauf votre respect, nous ne sommes plus sous le gouvernement de Vichy, mon vieux !

Quant à Jacques Marseille, très enrichissant de citer ses propos si démocratiques, artur h...
De toute façon, c'est bien connu tous les grévistes et manifestants, ne sont que des moutons endoctrinés par l'extrême gauche.

Par contre, les électeurs de droite votant Sarkozy ou Le Pen, sont tous des démocrates avertis et puisqu'ils ont donné majoritairement leur consentement à la rupture, à la réforme, il n'y a plus lieu à en débattre tout doit s'exécuter sur le champ... Gare à qui sort du rang !

Je n'aime pas ceux qui nie l'autre et sa liberté, cela vaut pour les étudiants qui en empêchent d'autres d'étudier.
Cela vaut également pour ceux qui les critiques en leur déniant tout droit de s'exprimer.

d'autant que comme d'habitude, la démocratie n'est absolument pas respectée.
Les blocagessont décidés au terme d'AG qui durent parfois jusqu'à quatre heures! Résultat,n ceux qui viennent pour voter non finissent par en avoir ras-le-bol des discours généraux qui n'ont rien à voir avec la réforme (oui, parce que quand on est à la CNT, on croit qu'on peut mêler la loi surles universités au problème des sans-papiers), et s'en vont. Résultat : seuls les plus convaincus, les plus acharnés restent.
Hier à Lille, 800 manifestants. Pour combien, 30 000, 40 000, 50 000 étudiants lillois? Laissez moi rire.

coco: Je disais "faute d'offre financée publiquement" : quatre mots qui changent tout et que, puisque vous m'y contraignez, je vais expliquer un peu plus longuement :

--> Si la création d'universités ET d'écoles d'enseignement supérieur était libre en France ET si le chèque éducation existait, le marche serait libre d'offrir ses formations d'enseignement supérieur équitablement et à tous les citoyens quelle que soit leur origine sociale.

Tel n'est ici pas le cas : sans doute ce que versac nomme le côté timide de la réforme : côté timide qui en transforme radicalement la portée !

Poussée par l'évolution en matière de normes comptables publiques, l'Etat pourra progressivement considérer comme des dépenses publiques les réductions d'impôts qu'il accordera à ceux qui donneront librement de l'argent aux écoles et universités DE LEUR CHOIX.

Et bien entendu, petit à petit, ces donations librement organisées constitueront la majeure part du financement public de l'enseignement supérieur et donc, de l'offre TOTALE d'enseignement soutenur au moins partiellement par l'état.

Sans chèque éducation et liberté d'entreprendre dans l'enseignement supérieur, cela se traduira par un afflux d'argent pour les écoles prestigieuses et une misère toujours plus grande pour les universités de masse.

On peut tout à fait se contrefoutre du sort des universités de masse : mais, sans liberté d'entreprendre dans l'enseignement supérieure, ces universités de masse constituent la TOTALITE DE L'OFFRE subventionnée au moins partiellement par des fonds publics, et donc, la TOTALITE DE L'OFFRE accessible aux plus démunis.

En conclusion :

-> les meilleures écoles auront tout le bénéfice de la réforme : fonds publics, fonds privés, autonomie de gestion. Tant mieux pour les élèves obtenant les meilleurs résultats au bac.

-> Les plus démunis n'ayant pas la chance d'obtenir les meilleurs résultats scolaires n'auront ni le "chèque éducation", ni de places dans des universités petit à petit dépourvues d'argent, ni la possibilité financière d'entrer dans des écoles totalements privées et non-soutenues par ... les fonds publics destinés à assurer l'égalité des chances !

En résumé, réforme certes timide comme dit Versac, mais qui, du fait de sa timidité précisément est une réforme totalement et absolument de droite

> Arturh: Larry Page n'a pas fonde Google apres un ou deux ans d'universite, mais lors de son PhD a Stanford, dans un environnement autrement plus sain que ce que l'on voit en France culturellement et financierement parlant. En plus, google n'est pas une decouverte geniale (ca ne veut rien dire, comme phrase: essaye avec un autre nom d'entreprise, c'est ridicule; Microsoft, c'est une decouverte geniale).

La recherche academique est tellement devalorise en France que seuls ceux tres desinteresses par l'argent s'y engouffrent; il n'est pas etonnant du coup d'y voir un biais "anti industrie", biais d'autant plus fort qu'en France, les industriels n'ont aucune idee de ce que peut etre la recherche...

Tout ca pour dire que cette reforme passe a cote de l'essentiel, a savoir la place preponderante des formations d'elites (GE, ENA, Sciences Po, Etc...) qui monopolise la tres grosse majorite des hauts posts dans les grandes entreprises... Fait que vous pouvez lier au point precedent, car la plupart des gens sortant de GE n'ont aucune idee de ce qu'est la recherche. De fait, la France est le seul pays au monde que je connaisse qui forme l'ultra majorite de ses elites hors systeme universitaire ou assimile.

Personnellement, je trouve :
- qu' en l'occurence, la réforme actuelle est mal foutue, mal ficelée, peut potentiellement renforcer le localisme (voir mon exemple favori, l'université italienne où l'autonomie a fait dégénérer les universités en baronnies locales http://tomroud.com/2007/04/26/autonomie-des-universites-qui-connait-litalie/), comporte plein d'incertitudes face à l'avenir, est contradictoire sur certains points - par exemple on donne l'autonomie d'un côté, mais les cordons de la bourse sont saisis par l'Etat via l'ANR en matière de recherche. Doit-on rappeler que tout a été bouclé en quelques semaines par nos gouvernants surhumains?
- qu'on nous ressorte systématiquement l'exemple des systèmes étrangers alors que manifestement personne n'est allé vraiment analyser comment cela marche. Les universités américaines n'ont pas des grandes écoles à côté pour leur "piquer" les meilleurs élèves, le phD a une valeur sur le marché de l'emploi (indépendamment du "bassin local"; vu qu'on ne sait pas vraiment quelles seront les compétences utiles demain on embauche même des docteurs en sciences humaines en entreprise), la recherche aux US a des moyens (à la fois publics et privés, mais en France, évidemment, comme les boîtes n'embauchent pas de docteurs et ne voient pas trop l'intérêt de la recherche...). Toute réforme de l'université qui ne s'attaque pas à tous ces problèmes à la fois est à mon avis vouée à l'échec; d'ailleurs même Nature, cette revue gauchiste, disait bien dans son édition pré présidentielle que Sarkozy risquait de jeter le bébé avec l'eau du bain (ce qu'il est en train de faire à mon avis). Je suis assez fasciné d'entendre les bruyants applaudissements à un gouvernement qui est en train de détruire notre système d'enseignement supérieur/recherche alors qu'il est mainfestement mal informé ou pire incompétent pour construire un nouveau système plus efficace.

Sinon, à propos des adaptations au marché de l'emploi, lire Bernard Salanié et son exemple favori du dessin industriel (http://bsalanie.blogs.com/economie_sans_tabou/2006/07/homme_et_machin.html)- qu'il généralise même aux dirigeants d'entreprise :

"J'avais déjà mentionné dans mon livre le cas des dessinateurs industriels : peu d'années après que ce brave M. Libert ("doctus cum Libro", disait-il vaillamment au début de chaque année) m'a fait souffrir sur les perspectives d'intersections cylindre-cône, les programmes de CAO et autres ont aboli son créneau. Aujourd'hui, ce sont les dirigeants d'entreprise qui sont sur la sellette, si l'on en croit le New York Times. Il semble que pour la très grande majorité des décisions qu'ils ont à prendre, un logiciel expert bien conçu fasse plutôt mieux qu'eux. L'avantage de l'ordinateur est sa capacité à traiter une quantité monstrueuse d'informations de manière formelle, sans se laisser aller aux nombreux biais de perception du dirigeant humain. Parmi ceux-ci, il y a la prétention à savoir juger "en un coup d'oeil" des hommes et des situations ; et notamment la confiance très exagérée (et finalement assez insultante) que la réussite sociale garantit la capacité de former un jugement fiable sur une personne en une petite demi-heure---que celui qui n'a jamais péché leur jette la première pierre !"

"Par contre, les électeurs de droite votant Sarkozy ou Le Pen, sont tous des démocrates avertis"
Ah non il y a des cons partout, pas de souci avec ça, et les nationalistes sont généralement de gros spécimens...

Mais décidément il y a des choses qu'il faut changer dans notre pays, et les universités et leur fonctionnement stalinien en font partie... alors zut à ceux qui s'opposent, contre la réforme et contre la démocratie !

Je suis effaré par les propos d'aujourd'hui de Valérie Pécresse qui donne une légitimité qu'elles n'ont pas aux AG étudiantes et appelle quasiment à la guerre civile sur les campus en demandant aux étudiants non grévistes d'y faire entendre leur voix. Bon d'accord, elle a fait HEC et L'ENA, donc elle connait pas bien le fonctionnement d'une AG, mais elle devrait quand même savoir qu'en démocracie c'est aux pouvoirs publics de faire respecter la loi et la liberté de travailler ou d'étudier, et que l'autodéfense c'est mal.

@ david

Admettons qu'il s'agisse de la première année (pour Page, et deuxième année (pour Brin) du deuxième cycle, les cycles étudiants sont organisées différemment aux US. Mais Google est bien une invention, dans le sens: nom donné à une "découverte", et elle est bien géniale. Et même si, l'Europe étant passé pour la première fois dans l'Histoire entièrement à côté d'une Révolution Industielle, la Révolution Informatique/Numérique, ces mots ne veulent plus rien dire chez nous, ils ont quand même une signification. Et donc, je maintiens: Google est une invention, et cette invention est géniale.

J'insiste, parce que sur une discussion qui concerne les Universités, l'agitation étudiante, a un lien direct avec la raison pour laquelle il aurait été impossible de découvrir/développer Google en France, alors que nous en avions le potentiel humain.

@arthurh: il faut bien comprendre ce que c'est qu'un syndicat étudiant: un groupe d'amis qui se regroupe à la sortie des cours pour parler politique, éventuellement liés à d'autres groupes de même sortes. Ce n'est ni une administration, ni une entreprise, ni une organisation hiérarchique comparable.

Un syndicat étudiant -ou autre- n'a d'impact qu'en fonction des mots d'ordres qu'il fait passer. Voila pourquoi le discours tenu sur une réforme est capital: si l'on dit "vous ne comprenez rien, vous avez tort, et nous allons vous imposer ce changement qui vous est nécessaire", quels mots d'ordres les syndicats étudiants feront-ils passer? Chercheront-ils à négocier? A comprendre?

Toute chose égale par ailleurs, imaginez un tel commentaire dans un forum comme celui-ci, quelles réactions va-t-il susciter? Les étudiants ne fonctionnent pas autrement.

En accord avec Bah, Bah, Bah, j'ajouterai :
comment changer l'université sans parler des grandes écoles ?
du cursus (à la française) qu'elles imposent (les études en continu sans possibilité d'interruption au contraire des USA et autres) ?
de la mentalité qu'elles imposent à leurs élèves (LA CARRIERE !!) et de la sclérose de leurs mentalité ?
Je le vois tous les jours, vivant avec une X-ponts (anciennement aviation-civile), fréquentant des X-ponts, parfois des ponts et chaussées (mais pas du corps, dommage). J'ai même eu le privilège d'aller au bal de l'X (à l'oeil).
Et bien qu'ayant fait moi-même un école prétendument supérieure (comme disait Nizan Paul), je prêche pour leur intégration dans les facs et là on verra de vraies changements (y compris sociaux).
jls

Je crois que l'ami étudiant auquel tu t'adresses n'est pas tant un étudiant qu'un "militant", ou "révolté" dans l'âme (révolté contre quoi il n'en sait strictement rien et d'ailleurs il s'en fout). C'est bien de vouloir répondre au fond, mais c'est la forme de la pseudo-agitation politique qui attire ces étudiants. Le blocage des facs est aimé en lui-même, peu importe pour quoi (probablement pour l'ivresse du pouvoir que ressentent les bloqueurs).
Si les étudiants dans leur majorité se sentaient vraiment concernés, il n'y aurait pas besoin de bloquer les facs pour qu'ils aillent aux manifestations : ils iraient tous seuls. La "colère" des étudiants est complètement artificielle et ultra-minoritaire.
(parole d'étudiante)

Une analyse de la loi par des "grévistes", pour contrebalancer le propos assez méprisant de ce post :

http://www.cnt-f.org/fte/IMG/pdf/brochure.pdf

Il est assez amusant que personne ne commente l'article premier de la loi :

« Art. L. 123-3. - Les missions du service public de l'enseignement supérieur sont :
[...]
« 3° L'orientation et l'insertion professionnelle ;

C'est un changement de cap que de demander à l'enseignement supérieur dans son ensemble, donc à l'Université, une mission d'insertion professionnelle. L'Université n'est donc plus le lieu de création et de transmission de la connaissance ? L'UNiversité doit fournir des bataillons de travailleurs formés à bac+3 (50% d'une classe d'âge) ?

Avant de taper sur les étudiants gauchistes, lire le texte de loi et évaluer ses conséquences pourrait être appréciable. On sait les étudiants "grévistes" plutôt gauchistes et plutôt manipulés, mais cela discrédite t'il le fond du mouvement, qui réagit essentiellement aux modifications de la compositions des CA ?

Euh pourquoi mon premier commentaire est attribué a Bah, bah, bah (11h35) et le commentaire d'un autre m'est attribué (à 11h39).

Si ça pouvait être corrigé, sachant qu'ils sont diamétralement opposés....

Oula non désolé, la présentation des commentaires m'a trompée, mon commentaire de 16h05 peut être supprimé.

Sinon je dit bravo à ce grand moment de philosophie de xsteph :

"En aparté, pour Gillou : on en bascule pas à droite, on l'a toujours été. Grands remerciements à l'autre Nicolas d'ailleurs de faire prendre conscience à beaucoup de leur état et de leur positionnement politique. Du coup, on est moins nombreux à gauche, mais en meilleure compagnie !"

Sinon tu peux argumenter un peu plus ?

@arturh: le Phd, c'est un 3e cycle, mais passons, c'est de l'ordre du detail. Je suis d'accord avec vous sur le fait que quelque chose comme google n'a pratiquement aucune chose d'arriver en France (cela dit, ca n'a que peu de chances d'arriver dans un autre pays que les US, mais passons la aussi). Maintenant, dire que c'est a cause de l'agitation etudiante, c'est totalement ideologique, et vraiment a cote de la plaque. La revolution numerique, encore une fois, ca ne veut pas dire grand chose tellement c'est vague. En informatique, la France a de tres bons chercheurs et centres de recherche (INRIA, par exemple, qui selon n'importe quel critere academique est un centre mondialement reconnu). Mais ou sont les entreprises pour utiliser ces competences ? (elles existent, elles sont pas francaises).

Je vais vous donner un exemple qui vaut pas grand chose, c'est une anecdote, mais c'est a mon avis parlant: au Japon, les universites les plus prestigieuses, celles qui forment les cadres des grandes entreprises (Kyodai, Todai, etc... c'est un peu comme chez nous les GE au niveau de la proportion demographique), sont tous passes dans un labo de recherche pendant 2 ans, le meme labo que celui ou moi meme, thesard, j'effectue ma these. Ces masters, en general, iront dans des centres de R&D, et meme s'ils ne sont pas chercheurs, auront une vague idee de ce qu'est la recherche. Culturellement, c'est je pense fondamental.

Lorsque je discute avec des gens du milieu industriel americains ou japonais, le courant "passe": ils ont leur competence, j'ai la mienne, et on peut monter facilement des stages, collaborations; parce que ces entreprises ont des labos avec des chercheurs. En France, vous allez vous retrouver avec qqn qui vient de GE qui vous prendra de haut (et encore, je suis avantage car moi meme issu d'une des GE les mieux cotees).

Et ben ... 100% d'accord.
Je pense pareil mais je me disais :" Peut-etre es tu deja un vieux con... apres tout tu as bientot 40 ans ..."
Merci Nicolas, je me sens moins seul et bien accompagné !

Oups, petite réponse collective à quelques questions. Je n'ai pas pu suivre le développement des discussions.

1. Oui, j'ai lu le texte de loi, et me suis déjà exprimé dessus ici et là. Je trouve que cette loi est incomplète, partiellement bancale. Cependant, je trouve qu'elle va dans le bon sens, en permettant enfin d'accorder une autonomie salvatrice aux universités (avec un tout petit peu trop d'autonomie pour le président, et un CA encore trop pléthorique à mon goût, ainsi que diverses questions, mais enfin).

Je ne partage pas la méthode qui a été utilisée pour mettre en oeuvre cette réforme : le vote pendant l'été d'une loi rapidos sans beaucoup de consultation est stupide, sur un sujet que l'on sait explosif. La méthode est mauvaise, une fois encore.

Enfin, ce billet ne s'adresse pas vraiment à mon ami étudiant (peu d'étudiants me lisent), mais est une manière de parler dans le vide. Un étudiant gréviste, ça n'écoute pas.

Un merci à Tom Roud pour son commentaire, je connais assez mal le cas italien. Je dois avouer que je suis un peu plus optimiste, tout en étant teinté de réalisme, sur les effets attendus de cette réforme.

En général, je lis sans commenter...Je suis globalement d'accord avec votre article, je suis pourtant travailleu(se) social(e) de gauche (:-D). Je sature des situations de blocage, du tout "non" contestataire sans aucune contre-proposition : être contre c'est facile, proposer une alternative en est une autre...
Toutefois, cette réforme des universités a été décidée sans en avoir échangé avec les premiers concernés : les étudiants.
Alors avant de faire passer une loi et ensuite d'envoyer les CRS dans les facs (ce matin à Rennes par exemple!!!), pourquoi ne pas lancer des consultations, non pas avec les "syndicats étudiants"(minoritaires)mais avec les étudiants eux même... La réforme doit-elle couper tout dialogue et se faire à marche forcée?? S'il est nécessaire de réformer en profondeur l'université et rapidement, pourquoi le faire dans la précipitation???

Alors nous pouvons certainement convenir de ceci :

-> une réforme juste mais tronquée n'est pas une réforme juste.

-> une réforme juste mal menée est une provocation délibérée. Je dis bien délibérée car l'excuse de l'incompétence n'est pas recevable pour quiconque accepte des fonctions gouvernementales et s'y maintient.

Que Mme Pécresse assume le bien-fondé de sa réforme et sa mauvaise gestion de cette juste réforme en démissionnant.

@ david

Ce que je veux dire, et je procède par grandes généralisation, c'est que ce mouvement témoigne d'une véritable haine de tout ce qui n'est pas entièrement sous le contrôle de l'Etat et de sa Fonction Publique.

Oui, la révolution Informatique/Numérique, qui a, comme toutes les révolutions industrielles duré environ 25 ans, en gros de 1975 a 2000 et a complètement changé la face du monde, a bien existé.

Et l'Europe en est totalement absente. Pas une application universelle de type Word ou ... Google originaire d'Europe, et des réactions européennes ridicules type Quaero, ou je ne sais quel nom... Sans parler de la réaction française ridicule à Google print qui a contre attaqué avec je ne sais quelle projet obligatoiremlent piloté par un énarque où ils en sont encore propablement à fixer l'ordre du jour préparatoire de la sous-commission consultative chargée de rédiger le rapport destiné à finaliser, etc, etc, etc, tout ça dans une ambiance morose de gaspillage généralisé et irresponsable d'argent public. Et je me souviens encore, lorsque je suis revenu des USA au début des années 80 de mon travail, (bref il est vrai, je me suis enfuit) avec la Mission Informatique typique des plus belles années Mitterrand et du Socialisme dans Un Seul Pays....

Et il y a un lien entre ces mouvements étudiants et le fait qu'alors que les français à eux seuls avaient le potentiel humain et industriel pour faire Internet, ils ont préférés faire le Minitel, un dernier Monument élevé à l'économie féodale jacobino/marxiste d'Etat.

On ne s'en relèvera peut-être jamais.

Une comparaison amusante: la greve des internes/les pecheurs:

Pour des raisons assez incomprehensibles:
1. Personne n'a soupconne la LCR ou le PS d'etre derriere (alors que les blocages, c'est bien connu, ca vient de cette arriere-garde reac gauchiste)
2. Ils ont obtenus satisfaction
3. C'est surement parce que le systeme medical liberal / la peche va TELLEMENT bien...
4. On attend Jacques Marcelle / Versac sur le sujet.

Je suis mesquin, mais je me soigne :-) (d'ailleurs le week-end approche, et ca se sent dans mon commentaire...)

l'apostrophe s aurait pu être de toute beauté (malheureusement il manque un l).
Sinon, je repense à tous ces labos universitaires qui me sollicitent pour le versement de la taxe d'apprentissage et je souris....

unkle: N'oubliez pas les avocats, avoués, juges et très probablement très prochainement les agriculteurs victimes de la hausse des cours du pétrole.

Franchement, je ne vois pas beaucoup moins d'ideologie dans votre propos que dans le discours du premier etudiant tout juste sorti de sa premiere AG trotskyste.

Pour info, internet est ne du DARPA, et plus generalement, l'essor de l'informatique a beaucoup ete aide aux US par le complexe militaro-industriel, c'est a dire... l'etat. Curieusement peut etre pour vous, historiquement parlant, les US ont rattrape, puis largement depasse l'europe en terme de R&D dans l'entre deux guerres, grace a ce meme complexe militaro industriel (ajoutez l'exode massif de juifs et plus generalement des elites intellectuels vers les US a partir de la montee du fascisme et du nazisme en Europe). Et niveau bureaucratie, pilotage etatique, la defense n'a rien a envier au CNRS. Une simple recherche google sur Vannevar Bush, par exemple, vous permettra de comprendre un peu d'ou sort Internet, et la similarite finalement avec le minitel devrait paraitre assez evidente.

Ca me sidere en fait de comparer des sytemes comme ca de but en blanc, generalement de la part de gens qui visiblement n'ont aucune idee de ce dont ils parlent. Que l'universite ait besoin de reformes, c'est une evidence, mais ca n'avance a rien: une mauvaise reforme est pire qu'aucune reforme. Comme le resume tres bien Tom Roud, on va jeter le bebe avec l'eau du bain. Une reforme des universites sans reformer en meme temps les GE, c'est a mon sens totalement inepte. Je ne me fais cependant aucune illusion: puisque les gens au pouvoir sortent de ces memes GE, rien ne changera politiquement dans les prochaines annees.

@ arthurh :
"Ce que je veux dire, et je procède par grandes généralisation, c'est que ce mouvement témoigne d'une véritable haine de tout ce qui n'est pas entièrement sous le contrôle de l'Etat et de sa Fonction Publique."

Le contrôle de la recherche et de ses thématiques par l'Etat via l'ANR est l'un des piliers de la réforme de l'université/recherche actuelle. Le miroir de cette haine dont vous parlez, c'est le désir de contrôle du gouvernment.

Et puis, faut arrêter avec l'auto flagellation sur le mode "notre état socialiste est nul": ils sont où les google allemands ou anglais ? Est-ce vraiment un problème de structure ou un bête problème de masse critique ?

Dis donc pour un blog décrit par le site du Monde d'aujourd'hui comme étant de "centre gauche", je trouve ces articles et ces commentaires tellement réac'!!!!C'est ça le centre gauche en France??? Eh ben je suis encore plus à gauche que ce que je pensais... A quoi sert cet article dans lequel il n'y aucune analyse?? Montrer la belle prose enseignée à HEC??? (oui parce que le gentil monsieur qui se permet de décrire la beauté du système universitaire français n'y pas mis les pieds. Eh qu'est-ce que vous croyez?? Il ne va pas se salir les mains avec cette populace universitaire... Tout est tellement plus beau à HEC...) Enfin bref, pour revenir à nos moutons, Monsieur Versac, pourquoi ne pas essayer de poser les bonnes questions, tenter de montrer ce qui se fait à l'étranger, ce qui marche, ce qui ne marche pas concernant les questions d'enseignement supérieur?? Plutôt que d'écrire un article polémique qui n'apporte rien à la réflexion générale!! Pourquoi ne pas tenter de lire entre les lignes de cette réforme passée en force??
Pourquoi ne pas faire des propositions innovantes?? Pourquoi l'enseignement supérieur n'a-t-il pas droit à un grenelle lui aussi?? Pourquoi empile-t-on des réformes sans réel débat avec toutes les parties concernées??
Mais oui je sais, écrire un simili poème sans fond est tellement plus simple et tellement plus "in" que de "mettre les mains dans le cambouis" d'une véritable réflexion... Tellement plus simple aussi de cracher sur l'immobilisme en se targuant d'être à la pointe du changement...

Beaucoup de mots, quelques photos : http://www.flickr.com/photos/pierrepierrepierre/sets/72157603032601926/

Et l'on parle de "Versac" au Monde :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-902801@51-976568,0.html

Quand à arthurh qui ne voit rien d'equivalent à google issu de l'europe... le WWW, ça a quand même été inventé au CERN, en Europe...

Oui Linca, .... et ce sont les américains qui gèrent les noms de domaine... cherchez l'erreur...

Je reproduis ici le commentaire que j'ai laissé chez Koz :

"Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas soumis le projet de loi Pécresse au référendum ? La loi aurait été massivement adoptée, et toute opposition aurait constitué un déni officiel de démocratie.

À ne pas voir que le peuple est très largement derrière lui, le gouvernement risque de le perdre, s’il ne réalise pas les réformes attendues. Surtout que cette loi si décriée n’est même pas suffisante: l’indispensable sélection est complètement escamotée."

@ david

Similarité avec le Minitel?

Vous voulez dire que vous n'aviez pas compris que la finalité du Minitel était le monopole de la Fonction Publique sur la transmission payantes de données numérisées?

Allons, soyez un peu politique...

Oui arturh, les noms de domaines n'ont rien à voir avec le www (et ont 20 ans de plus). Quel est donc le rapport ?

On pourrait parler aussi de Linux, d'ailleurs

Versac, il y a des terrains que tu connais bien, et là, en général, je t'admire.

Mais l'université, visiblement, c'est pas ton truc. Alors, avant de ridiculiser les étudiants, apprends que cette réforme est une merde noire, qui va achever ce que 15 ans de dégradation du paysage de la recherche ont entamé. Si tu veux des infos, demande-moi, moi, je suis dans la recherche. Et je trouve courageux de la part de ces jeunes de faire ce que nous, les profs, on n'a pas osé faire. Tout le monde s'est couché, même si tout le monde sait que ce qui commence aujourd'hui, c'est la fin de la science.

Personne n'a dit que c'était indispensable. Copernic était chanoine et Lavoisier fermier général. On peut très bien revenir à un exercice de la science en amateur, comme au XVIIIe siècle, si la société le décide. Je me pose juste une question: est-ce vraiment ce qu'elle souhaite?

Faut pas tout mélanger non plus. Certes, l'université est irréformable. Mais je ne pense pas qu'on puisse parler de réforme, vu ce qui est proposé c'est de trouver du fric, d'abord, et de le faire accepter aux nouveaux financeurs.

Il faut bien se souvenir que face à l'investissement public, l'investissement privé dans les infrastructures et autres "services structurants", comme la formation, est toujours :

1. plus lent
2. moins efficace et mois cohérent
3. plus cher

Imaginez un peu la construction du parc électronucléaire français ou des autoroutes avec de mirifiques "partenariats publics privé". Ca aurait pris plus de temps, aurait coûté plus cher à la construction comme à l'usager et aurait été un vieux bordel sans nom. Qu'on n'oublie pas cette évidence.

Et que l'état lamentable des Cités U, d'ailleurs pas assez nombreuses, ne sera jamais réglé par une hypothétique et mirifique "partenariat avec le super monde merveilleux de l'entreprise".

Si j'ai bien compris, à part deux trois bidules sans grande envergure, la fameuse réforme Pécresse de l'université est avant tout une gestion miséreuse de l'insuffisance des financements universitaires. Comme d'ailleurs quasiment toutes les super réformes de Sarkozy.

Bref, en fait de réforme et comme c'est finalement assez normal pour un Etat en quasi-faillite, on est dans la gestion de la pénurie.

Mais que les choses soient claires : il est absolument défendu de le dire...

Le Nonce

Je me demande si ça vaut la peine de laisser un commentaire, vu la vitesse à laquelle ce sujet tourne au dialogue de sourds...

L'autonomie des universités peut être la meilleure ou la pire des choses (et oui, my dear Tom, je garde en tête l'exemple italien). Ceci étant, la situation actuelle est tellement bloquée que je ne peux que voir des avantages à la réforme en cours. J'ajoute, pour les gens qui se crispent sur les grandes écoles, que les avantages de cette réforme sont tous consentis aux universités, et aucun aux grandes écoles. Ce point est revendiqué par la ministre ("les universités ont tous les boulets, elles seules auront les avantages").

Parmi les points importants : la réforme va augmenter la différence entre grosses facs et petites. Orsay sera mieux armée pour gérer son budget (et avoir des sous de ses anciens élèves) que Nîmes. De la même manière que Northeastern University a un peu du mal à exister à coté de ses illustres voisines. L'enseignement et la recherche de qualité vont se concentrer dans les grandes universités, une dizaine au niveau national. Je ne dis pas que c'est un mal, d'ailleurs, j'observe que c'est une conséquence.

C'est presque déja le cas : dans chaque discipline, 10 universités françaises représentent 2/3 des nouveaux recrutés en MCF. Autrement dit (en admettant que le concours de MCF ne soit pas trop biaisé...) 10 universités représentent 200 des 300 meilleurs docteurs de l'année. Quand on conseille à un étudiant de s'inscrire en thèse, on l'envoie à Lyon I ou à Caen, selon vous ?

Ce point va à rebours de la politique de dispersement des universités de ces dernières années. Il mériterait d'être discuté plus franchement.

Quand à l'ANR, je n'ai pas à m'en plaindre personnellement. Je n'y vois pas le contrôle de l'état, mais plus la possibilité de monter rapidement de vrais projets, avec un budget conséquent, sans avoir de comptes à rendre à toute une hiérarchie. Quelque chose de quasiment impossible auparavant.

Bon texte , dommage qu’avec le choix de l’ironie on passe à côté des nuances, mais ça a le grand mérite de faire réagir !

Un point clé par exemple que de nombreux intervenants ont soulevé aurait mérité de figurer d’une manière ou d’une autre dans ce texte « comment changer l’université sans parler des grandes écoles ? »( jls 09/11/2007 à 14:56).

Arthur H(09/11/2007 à11 :31) le dit très bien :
« Et-il utile de rappeler ici que l'actuel système des Universités et le principe de "Non-concurrence" sert surtout à s'assurer qu'aucune formation de viendra concurrencer le monopole des Sciences Po Paris/ENA/Polytechnique, etc, pour la formation des "élites" de notre République Liberté, Egalité, etc... »

Le corporatisme, le pantouflage, la mauvaise « gouvernance d’entreprise », les « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », maux inguérissables dont souffre notre pays ont encore de beaux jours devant eux et ça on ne peut pas mais alors pas du tout le reprocher à « nos amis étudiants »

Venant d'Allemagne, je passais l'année scolaire 1986/87 à la fac de Grenoble où je devenais témoin d'une longue grève contre je-ne-sais-plus-quelle reforme qui à la fin fût abandonné. Voyant les choses de l'exterieur, il était parfaitement clair pour moi que l'état déplorable des universités françaises s'expliquait en bonne partie par ce reflexe contre n'importe quel reforme.

Voilà donc vingt ans plus tard que je tombe par hasard sur ce blog, et rien n'a changé: autre grève - au nom d'une fictive égalité de toutes les universités, à en croire les commentaires ci-dessus - qui aura pour effet d'élargir encore l'inégalité entre ceux qui étudient à la fac et ceux qui réussissent ailleurs.

Pardon pour mes faute de français - Hans-Martin.

@ N. Holzschuch :
certainement qu'une réforme est nécessaire; cette réforme en revanche me paraît peu réfléchie. Et puis je ne vois pas très bien ce que la loi actuelle va "débloquer" (à part des flots de bile de part et d'autre); pour l'instant et connaissant le système français friand de localisme et de mandarinat, je pense qu'on est mal barré. Et puis, je suis peut être un peu stupide et borné mais j'attends toujours comment on va empêcher une dérive à l'italienne (mais bon, je sais bien que le wishful thinking est à la mode aujourd'hui en France, y compris au plus haut niveau de l'Etat).

Pour l'ANR c'est un autre debat, c'était juste pour souligner que, de fait, l'Etat a renforcé son contrôle sur le financement de la recherche (et réagir au discours "les étudiants attendent tout de l'Etat" comme si nos gouvernants eux-mêmes ne voulaient pas justement tout contrôler). Vous êtes dans un domaine à la mode, vos thématiques plaisent à l'Etat, tant mieux pour vous, mais quid des Sciences humaines que notre super Président estimait inutile ? Quid des sciences à application plus hasardeuse ? Votre liberté de recherche devient de fait, très encadrée. A mon avis, l'Etat doit orienter, déléguer et faire un peu confiance aux chercheurs, mais le pire est de vouloir tout contrôler, or Sarkozy a plusieurs fois proclamé haut et fort sa logique utilitariste en matière de recherche, il me semble que le financement sur projets est un excellent moyen de pratiquer ce contrôle.

Ceux qui justifie le comportements de certains des etudiants en relevant les insuffisances et inconvenients de la loi sont à coté de la plaque.

Cela n'a aucune importance.Il ne s'agit que d'un pretexte pour s'agiter un peu.Ces mouvements sont periodiques et apparaissent pour n'importe quel motif.Il est completement inutile de s'attarder sur les revendications de ces "mouvements".

Mon université à la chance d'être assez eloignée geographiquement des facultés d'histoire, psychologie et autres, tout est parfaitement calme si ce n'est que l'administration(honis par tout les etudiants pour son inefficacité chronique)a renssentie le besoin de boucler toute les accès au batiment sauf une petite porte garder par un vigile.Vraiment très pratique quand 2000 etudiants sont sur le campus.....

Ces histoires, c'est comme la pluie, il est inutile de chercher une explication rationnel.Les facs d'histoire et psycho sont des foyers d'agitation qu'il faut apprendre à ignorer.Seul quelqu'un qui ne connait pas l'université ou n'y est plus etudiant depuis bien longtemps peut prendre ce genre d'histoire au serieux.

@Tom: il faudrait qu'on se fasse une "république des blogs - NY" un de ces jours (sauf que j'ai pas encore de blog sur la recherche, mais ça va venir). Les 5 heures de route me font un peu peur, surtout avec le temps qui se prépare.

Dans les points positifs de la réforme : la possibilité pour le président d'Université d'embaucher des personnels en local. Des facilités de gestion locales (vous avez déja essayé de gérer un budget en France ? les règles de compta publique sont une horreur). La possibilité d'avoir des sources de revenu directes aussi. Pour ce qui est du localisme, dans ce que j'ai observé, ce sont les présidents qui sont à la pointe de la lutte contre le localisme, et les commissions de spécialistes qui aimeraient bien recruter le petit copain qu'elles connaissent bien. Je connais trois exemples d'universités (de grande taille) où le président a imposé la fin de tout localisme (contre les huées des commissions de spécialistes...) Je suis donc plus optimiste que vous sur les effets du basculement des commissions de spécialistes (que je ne regretterai pas) vers les comités de recrutement.

Pour l'ANR, je vois bien la dérive possible, mais je ne l'observe pas dans les faits (même dans des disciplines qui ne sont pas la mienne, et pas aussi en vogue). Au contraire, j'y vois un rééquilibrage bienvenu contre le mandarinat. Un jeune MCF/chercheur peut avoir un budget conséquent à gérer, et faire des recherches intéressantes, même sur un sujet qui n'est pas dans les intérêts de son directeur de labo, même en SHS. Entre un contrôle lointain de l'état et un contrôle proche d'un mandarin, je crois que je sais lequel je préfère.

Ce qui me surprend toujours, c'est la logique de ces divers mouvements de grève, blocages, dégradations matérielles, etc...
Depuis quand le fait d'arrêter la production peut-il améliorer l'état d'une entreprise et laisser espérer des améliorations à la fois rapides et inscrites dans la durée ???
De même à la fac, les étudiants qui se comportent comme des porcs espèrent peut-être que magiquement cela aidera à repeindre les murs ???
Je me souviens avoir été à la fac de sciences dans les années 90, un bâtiment tout neuf, du matériel tout neuf, des amphis tout neufs. Et patatra, une bande de malades syndiqués débarquent, détruisent les chaises, et commencent à bricoler des réunions pour dire que l'université n'a pas assez de moyens, que le matériel est vétuste, etc... et qu'il fallait tout bloquer, et patati et patata. Des fous.
Alors ces étudiants qui s'agitent aujourd'hui ne sont pas plus légitimes ni crédibles. On se demande même, à en voir certains, à quoi sert donc qu'ils fassent des études ?? Rien que leur dégaine les rend totalement impropres à essayer de trouver du travail par la suite ( mais les pauvres petits, on ne va pas les discriminer pour si peu hein ? la réalité s'en chargera toute seule de toute façon )
Au lieu de se demander si la réforme est bonne ou mauvaise, ne pourrait-on pas commencer par trouver d'autres moyens d'action un peu plus dignes ???
Lors de mon dernier déplacement à Lille, j'ai assisté par hasard à une manifestation de salariés, accompagnés de leurs animateurs type GO de la CGT. Ils m'ont vraiment fait pitié. On aurait dit la fête de la saucisse, avec les ballons, les merguez, les groupes de rock... Le sourire jusqu'aux oreilles en plus, car c'était un grand jour ( de vacances ). Pour des gens qui sont supposés avoir de gros problèmes de pouvoir d'achat, de sécurité de l'emploi, etc..., ils avaient l'air plutôt relax, et empreints d'une jovialité qui, malheureusement et sans qu'ils semblent en avoir conscience le moins du monde, leur enlevait le peu de dignité qu'ils aimeraient sans doute qu'on leur trouve encore... Et quand je vois ce Julliard se pavaner à la télé, même la pitié n'est plus de mise...
Bref, qu'ils retournent donc faire leurs devoirs...

un bien article ironique. de la belle ouvrage. je suis assez à gauche mais je partage ta vision sur l'évolution nécessaire de notre enseignements que j'ai connu sclérosé en école d'ingénieur et qui par manque de réforme va bientôt ressembler à cloaque sordide (surtout dans les universités).

je n'ai pas lu les autres commentaires, j'arrive comme une mouche dans le lait. Mon cher versac, tu as raison, tu as entièrement raison, la loi pécresse c'est pas du boudin, les étudiants ne pensent qu'à sécher les cours et comme d'habitude ces petits cons sont limités par un atavisme gauchiste qui condamne depuis des décénies la grande famille universitaire à se situer en dehors du monde, surtout du monde du travail puisque visiblement c'est ce monde là qui pense mieux que les autres. Le vrai monde quoi. Mais tu oublies, et c'est triste, que quand on a vingt ans, on s'en branle du monde du travail. On a encore des idéaux, des modèles, des petites utopies qui ne survivent que dans l'esprit d'un jeune dreadlockeux de vingt ans, étudiant en psychio, socio, philo au je ne sais quelle rime en o. Et c'est très bien comme ça : s'il faut que les prémices de l'opposition à sarkozy commencent par cette action archaïque, infantile et grégaire qu'est le blocage des facs, très bien ! C'est toujours ça de pris. Toi qui a vécu les grèves contre le CPI (époque balladur), tu sais combien c'est formateur, une manif. Alors laisse les faire, ne rentre pas dans ce jeu de vieux con qui consiste à marteler "réalité" quand on te dit "rien à carrer". Etudiants, lachez vous, soyez archaïques, soyeux j'men foutistes, soyez cons, lachez vous et faites brûler quelques pneus et si possible quelques 4x4 ! Quelle qu'en soit la raison et si injustifiable qu'elle soit, votre colère nous fait du bien, elle nous dédouanne, c'est notre catharsis. Au nom des exaspérés du sarkosysme, merci.

Bravo Versac ! Bien vu !

@ N. Holzschuch

Personellement, je ne vois pas de points foncierement mauvais dans cette reforme, mais dans de nombreux cas, beaucoup de choses vont dependre du bon vouloir des decideurs, et la dessus, dans le climat actuel, je suis assez pessimiste. Par exemple, en soi, le recrutement de personnel en CDI/CDD, ce n'est pas mauvais (il me semble que c'etait un des freins a l'emploi de chercheurs etrangers pour une periode determinee ?). Mais ne s'agit-il pas d'un premier pas vers une defonctionarisation, dans le cadre politique actuel (l'obligation de transformer CDD en CDI au bout d'une certaine periode) ? Dans les formations menant aux enseignements du secondaire, il me semble, mais cela reste base sur de l'anectodique, que ca se passe de plus en plus comme ca.

Si moins de postes de MdC sont proposes, j'avoue que je ne vois vraiment plus tres bien ce qui pourrait me motiver a vouloir faire de la recherche en France: un des derniers avantages disparaitrait.

Et pour beaucoup de points de la reforme, finalement, c'est la maniere dont elle va etre utilisee qui me fait un peu peur. Peut-etre suis-je trop pessimiste (ou que je manque de wishful thinking).

"Oui arturh, les noms de domaines n'ont rien à voir avec le www (et ont 20 ans de plus). Quel est donc le rapport ?

On pourrait parler aussi de Linux, d'ailleurs

Rédigé par: Linca | le 09 novembre 2007 à 19:33 "

Mais non, Linca, rien n'a à voir avec rien. C'est par hasard que les européens ont inventé www et que les américains ont le monopole sur les noms de domaines et si les américains ont inventé Mac OS et Windows et Word et Excel et les européens ont inventé Linux, c'est aussi par hasard.

L'important, c'est de ne jamais parler de la raison pour laquelle ce sont les américains qui ont fait le web, pris le monopole sur les noms de domaines, développés les premiers le principe des OS, et des grandes applications, et créé le média sur lequel nous dialoguons à une époque où "l'Université française" (pour rester dans le sujet) et le merveilleux produit de ses "Grandes Ecoles Quelemondeentiernousenvie" avait concentré ses efforts sur le Minitel. L'important, c'est de ne se souvenir de rien.

Responsable, mais pas coupable, ça s'appelle.

@ david

désolé, je n'avais pas compris que le véritable objet du débat, c'était la question de savoir si tout ça n'était pas "un premier pas vers une defonctionarisation"... dans ce cas, évidemment, la discussion est sans objet, puisqu'évidemment, tout le monde l'a bien compris, c'st la fonctionarisation généralisée, en particulier de la recherche, qui est selon moi la principale raison de notre déclin.

PS (si j'ose dire): j'entends par fonctionarisation, évidemment, le Statut de la Fonction Publique créé, en même temps que l'ENA, par Maurice Thorez, Secrétaire Général du Parti Communiste Français et Ministre de la Fonction Publique en 1946, à son retour de Moscou où il avait passé la guerre sous la protection de Joseph Staline.

Le Monde, comme le reste de la PQR ne peut concevoir l'échiquier politique que comme exclusivement composé de gens acceptant de recevoir ses journalistes.

Alors qu'en bien des lieux, les journalistes professionnels sont au mieux haïs, au pire chassés.

Exact Gus, par exemple en Birmanie, à Cuba, etc

J'aurais plutôt pensé à Montargis, Bondy, ou même chez moi.

Non, contrairement à ce qu'une certaine propagande veut nous faire croire, la grande majorité des gens, y compris dans les banlieues, y compris à Montargis ou Bondy, sont des gens comme vous et moi. Et à Montargis ou Bondy, comme en Birmanie ou à Cuba, une petite minorité veut faire taire les journalistes qui informent.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Cher versac, même si ce commentaire tombera dans l'oubli parmi la multitude de réaction à ce coup de gueule, j'aimerai juste te soumettre un questionnement.
L'étudiant dont tu parles est une caricature qui se retrouve fréquemment dans les discours et la rhétorique politique.
Elle est donc partiale mais surtout partielle. Au delà même des arguments que tu développes et qui présentent un intérêt certain, je regrette qu'un esprit fertile se laisse aller dans cette voix.
Les étudiants ne sont pas tous acteurs de cette mobilisation et certains donc je fait parti refuse le moyen d'action (blocage), bien qu'il ait des craintes (le plus souvent justifiées) sur l'évolution de l'université.
De plus comparer le mouvement sur le CPE à celui-ci reviens à amalgamer deux catégories distinctes de mouvements sociaux qui ont une sociologie largement différente.
Je comprend qu'on condamne ce mouvement politicien, je regrette qu'un bloggeur averti stigmatise (involontairement?) une catégorie de personnes qui a manifesté contre le CPE mais qui a compris l'agacement face aux blocages. Cette catégorie étant loin d'être marginale...
Quand à la discussion sur les blocages récurrents de réformes de l'université ou du marché du travail français, je pense que la cause est profonde et que l'absence de perspective claire ou assumée des gouvernements contribue à un sentiment d'inquiétude sur lequel s'appuie les éléments lles plus agitateurs des facs françaises.

Ah, ceux qui parlent sans connaître !

1- L'autonomie des facs existe depuis... 1969.

2- Les mobilisations étudiantes ont notamment permis que les bourses ne soient pas supprimées, que des bâtiments soient construits, etc...

3- Donc oui, la fac actuelle n'est pas parfaite loin de là : est-ce une raison pour accepter une aggravation ? Au contraire les étudiants demandent des améliorations, et ils ont bien raison.

Oui, au vue de certaines réactions ici, la loi Sur l'autonomie des université est non seulement plus qu'urgente, elle ne va pas assez loin.

Encore une fois, le mec parle de ce qu'il connaît. En ressort quelque chose de très juste. S'ajoute à ça le souhait d'être drôle : ça devient juste ridicule.

Pour ceux qui veulent savoir ce qu'il en est - des fois que certains étaient venus ici pour ça :

http://cfoellmi.free.fr/2007/11/touche-pas-mon-universit.html#links

1. Depuis que je suis titulaire de l'enseignement supérieur (1990), j'ai vécu trois réformes majeures (Jospin, Bayrou, Lang). L'université française est probablement une des rares institutions à faire l'objet de réformes récurrentes (hélas non évaluées...), et qui mobilisent avec dévouement et énergie un grand nombre de ses acteurs (enseignants et personnels administratifs et techniques). J'en ai marre que soit véhiculée l'image d'une université française immobile et en déclin. Toutes ces réformes se sont faites à moyens quasi-constants dans un contexte de massification de l'enseignement supérieur, ce qui a modifié profondément les missions pédagogiques des enseignants-chercheurs ;
2. Je prends le pari qu'au moins 80% des enseignants-chercheurs pensent que le couple (gratuité des études, absence de sélection) est un non sens. R. Gary-Bobo et A. Trannoy (économistes) l'ont théoriquement montré, mais l'expérience de terrain le confirme. Pour sortir de cet équilibre sous-optimal, il conviendrait soit d'instaurer la sélection, soit d'augmenter les droits d'inscription, soit les deux (avec un système de bourses et de prêts). J'ajoute que même sans la Loi Pécresse, les universités avaient les moyens de faire une sélection minimale : qui dénoncera un jour le dévoiement des missions des IUT (qui dépendent des universités), qui plutôt que de se concentrer sur leur mission (former des techniciens) sélectionnent les meilleurs bacheliers généralistes potentiellement aptes à des études longues, laissant aux filières "classiques" des bacheliers qui précisément n'ont pas été formés pour les études longues (bac technologiques, voire professionnels) ;
3. En ne s'attaquant ni au couple (gratuité, absence de sélection), ni à l'articulation Grandes Ecoles-Universités, la loi Pécresse n'est qu'une réforme marginale (au même titre que les lois Jospin, Bayrou et Lang). Si elle est appliquée à moyens constants et sans évaluation, je prends le pari qu'en 2012 nous verrons une réforme supplémentaire. Et des étudiants descendre dans la rue pour exprimer leur mécontentement. A raison d'une réforme tous les 4 ans, avec 42 annuités de service civil, peut-être aurais-je la chance de vivre plus de 10 réformes universitaires...

j'admets ne pas avoir eu la force de lire tous les commentaires, donc je vais peut-être répéter quelque chose.

la réforme ne serait-elle pas :

1. de fusionner filière ingénieur et filière universitaire?

2. Arrêter avec l'hypocrisie du "80% d'une classe d'âge au BAC" et revaloriser l'image des filières techniques (tout le monde ne sera pas docteur en sciences et en plus il faut voir les débouchés --> précaire à 30-35 ans pour 10 ans d'étude)


4. les gens poursuivent la Fac parcequ'ils ont peur du marché du travail, donc dire qu'attendre 25-26 ans pour avoir un master par compensation en psycho, ça ne sert à rien

5. l'inégalité sociale est criante (où sont les fils et filles d'ouvriers et employés dans les troisième cycle. Introduire une proportionnalité des droits d'inscription

De toute manière les étudiants les mieux préparés par leur milieu (fils de profs ou de cadres Sup,à part quelques naïfs) vont sur les filières à sélection précoces (de type prépa) plutôt que cette machine à bouffer les étudiants qu'est la Fac (souvenons nous des étudiants qui disparaissaient au cours des cursus).

les décideurs et employeurs viennent souvent des écoles d'ingénieurs et recrutent des gens venant de leur filière.

Oui les universités doivent évoluer mais d'abord arrêtons la dichotomie française ingénieur/universitaire

En France un docteur est moins bien perçu qu'un ingénieur ou moins rémunéré. Petite anecdote : une conseillère de l'ANPE m'a conseillé de cacher mon doctorat (sur la production d'OGM végétaux, cursus commencé en 1995 --> je suis bien embêté actuellement d'ailleurs)

@Gizmo

Cela fait plaisir de voir des universitaires avec une certaine hauteur de vue.

Vous dénoncez le dévoiement de la mission des IUT. Je veux bien le faire avec vous (faut-il créer un collectif?). Vous avez raison, on marche à l'envers. Notre système est illisible pour nos voisins européens. Quel est selon vous le meilleur système? Le dispositif des Fachhochschulen (litt. "hautes écoles spécialisées") dans les pays germaniques?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fachhochschule


Ami Versac,

Entre la référence à Top Gun et celle au "bassin d'emploi", ta prose est nulle et non avenue. Le style, méprisant et méprisable...

Quand le blogueur se veut éditorialiste, ses billets ont autant d'intérêt que l'eau tiède déversée par la presse oligarchique...

Décidément, je ne vous aime pas !

On peut toujours se pencher sur les failles et les avantages de la réforme. on peut toujours se pincer le nez sur la méthode employée (en catimini pendant l'été, faiblesse de la concertation, manque de préparation...). Mais les étudiants s'opposant à cette réforme n'en sont pas là. La contestation est à la fois plus large et plus floue : pas de Sarkozy, pas touche à ma fac de psycho-socio, insurrection... Nous nous trouvons dons dans la situation où critiquer la réforme, c'est donner raison à des revendications floues, inadaptées au système, rêvant vaguement d'un autre monde quitte à sacrifier l'amélioration de celui seul qui existe. Et c'est aussi donner droit aux agissements les plus minoritaires tant qu'ils sont les plus activistes. On est donc un peu au-delà d'une réforme technique, et déjà de plein-pied dans des choix politiques assez lourds de symboles, que cela nous enchante ou non. Ce n'est donc pas paradoxalement sur le contenu de la réforme que chacun doit se positionner, mais sur la possibilité de simplement toucher à l'enseignement.
(et maintenant, j'espère atteindre le chiffre symbolique du centième commentaire).

Yes!

C'est l'histoire d'un nouveau dentifrice installé dans les rayons du supermarché à côté de chez moi...
Il a tout pour plaire : le tube est flamboyant comme un jeune diplômé, pâte blanche avec une rayure noire au goût de réglisse comme une coupe de cheveux soigneusement gomminée, un bouchon sympa façon flaconnage (fabriqué en Inde parce que moins cher que dans la Creuse) comme un costume de premier de la classe, et il a des vertus nouvelles, apparemment, que n'auraient pas ses homologues installés eux aussi dans le même rayonnage. Son prix : dans la moyenne...
Seul problème, s'il en est un : elles sont 250 pâtes dentifrices accrochées dans ce rayon, toutes avec des couleurs plus chaudes les unes que les autres, toutes avec un goût si particulier qu'à les goûter on se croirait chez SEPHORA....
Alors !? laquelle choisir !?
C'est ce que certains appellent la concurrence.
Et bien , ma nouvelle pâte dentifrice aura sa place parce qu'elle sort du lot commun : emballage, rayure noire, bouchon....
La sélection aura démarré, non pas à la mise en rayon, mais à son élaboration , à sa fabrication, à sa mise en boîte , et pour finir à la façon dont elle sera mise en forme dans le rayonnage...

messieurs et mesdames les étudiants : à vos marques

Il vida son bain en perçant un trou dans le fond de la baignoire.
Boris Vian - La matinée d'un jeune homme riche - L'écume des jours.

La réforme Pécresse me paraît relever du plus parfait bon sens - même si, comme cela a été dit, il aurait fallu aller beaucoup plus loin (je regrette amèrement, par exemple, que la sélection à l'entrée en mastère ait été supprimée, d'autant que c'était une concession faite par la ministre aux négociateurs de l'UNEF, et que cela n'a pas empêché ce syndicat, au bout du compte, de participer au mouvement de grève). Pour le reste, qu'en est-il ? La possibilité pour les Universités de gérer leur propre bâti, la nécessité d'une présidence forte, la levée de fonds privés via la création de fondations, le rapprochement avec le monde de l'entreprise afin d'ajuster l'offre de formation à l'offre d'emploi, tout cela me paraît relever de l'évidence ; pour rejeter l'ensemble avec violence, comme on le fait aujourd'hui, il faut vraiment être "100 % à gauche" (et comme on le sait, il est très difficile de garder les pieds sur terre quand on penche entièrement d'un seul côté).

Du temps que j'étais allocataire-moniteur, puis ATER, j'ai eu le douteux privilège d'assister à quelques réunions des enseignants du département d'histoire de deux très grandes facs de province. Laissez-moi vous dire que le souvenir de ces assemblées reste pour moi un motif de tristesse et de honte. De quoi parlent, en effet, les profs de fac quand ils se rencontrent là ou autour de la machine Ã