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09 novembre 2007

Commentaires

arturh

"Allons enfants de la rupture...

08/11/2007 - Jacques Marseille

Le mardi 13 novembre 2007 et les jours qui suivront seront décisifs. Soit ce mardi marquera le premier jour de l'an I d'une République nouvelle plus équitable et plus solidaire. Soit il sera le jour de grisaille d'une société d'ancien régime où la « rue », comme ils disent, aura imposé sa loi, non pas seulement à un gouvernement légitime, mais aussi, et surtout, à une majorité écrasante de Français littéralement abasourdis, sinon indignés, par une telle coalition d'égoïsmes. Soit il marquera la promesse d'une France délivrée de ses « bastilles », prête à faire valoir ses atouts - qui ne sont pas minces - dans la compétition mondiale. Soit il entérinera le déclin d'un pays pénalisé par les lâchetés successives qui ont désespéré de l'avenir trop de Français. Que 76 % des Français estiment que la vie de leurs enfants sera « plus difficile » que la leur est à la limite une bonne nouvelle. Ce pessimisme qui nous isole des autres nations comparables est sans doute la meilleure arme du sursaut.

Que six syndicats de cheminots appellent à une grève reconductible pour « le maintien et l'amélioration » de leur régime spécial de retraite en dit long sur l'aveuglement - ou plutôt le cynisme - d'organisations qui, usant du dernier monopole qui leur est offert, sont capables en toute impudeur de faire verser par les caisses des autres régimes de retraite et par l'Etat - c'est-à-dire les salariés du privé et les contribuables qu'ils prennent par ailleurs en otages - la coquette somme de 2,6 milliards d'euros par an pour équilibrer leurs régimes de retraite qu'aucune pénibilité du travail ne justifie plus.

Qu'une poignée d'étudiants d'une des plus prestigieuses universités du monde - la Sorbonne - appellent à se joindre au mouvement pour « construire une grève nationale des universités afin de déboucher sur une grève générale interprofessionnelle » et pour s'opposer « à l'intrusion des entreprises et des valeurs capitalistes au sein de l'enseignement » - ils pensent à la « performance » - en dit long sur la crétinisation d'un infime groupe de meneurs dont la seule ambition est ensuite de renforcer les cabinets politiques de la gauche sociale-démocrate et de finir un jour au Sénat ou au gouvernement.

Que le Syndicat de la magistrature et les syndicats des fonctionnaires de justice se mettent en grève contre le projet de réforme d'une carte judiciaire qui date de Napoléon Bonaparte et qui n'a été révisée qu'en 1958, à une date où n'existaient pas encore les autoroutes et le TGV, en dit long sur le conservatisme d'une profession à laquelle s'étaient déjà heurtés les socialistes Henri Nallet et Elisabeth Guigou. C'est cette dernière, et non pas Rachida Dati, qui déclarait, le 29 octobre 1997 : « L'inadaptation de la carte judiciaire est patente. »

Que les syndicats de l'ANPE et des Assedic se joignent au mouvement pour protester contre le projet de fusion de ces organisations alors que cette fusion est le seul moyen - sans doute - de combattre ce cancer du chômage qui ronge la France plus que les autres pays depuis plus de vingt-cinq ans en dit aussi long sur l'incapacité de ces syndicats à poser un regard lucide sur l'organisation d'un marché de l'emploi dont la simplification a, partout ailleurs, permis d'éradiquer ce fléau national.

Que les syndicats de fonctionnaires appellent eux aussi à la grève, le 20 novembre, pour protester contre la suppression de 22 000 postes de fonctionnaires sur les 5,2 millions que compte le pays en dit aussi long sur la démagogie et l'obsession du court terme d'organisations qui ont oublié depuis bien longtemps que le service public voulait surtout dire être au service du public.

Que les syndicats de la Banque de France s'ajoutent au mouvement pour défendre « ses missions, ses emplois et ses statuts » et que s'y joignent aussi ceux des techniciens de l'Opéra ajoute le comique troupier à cette vaste coalition de l'ancien régime.

Il est temps pour l'autre France, celle qui a appelé de ses voeux et de ses votes des réformes dont la seule ambition est de vaincre les inerties que subissent tant de Français face aux questions centrales que sont l'emploi, les retraites, l'école, la justice, l'enseignement supérieur, de se mobiliser pour renverser ces anciennes bastilles dont les grèves annoncées ne sont que le chant du cygne d'un monde qui - heureusement - ne tardera pas à mourir.

Dans ce pays si mal adapté au « consensus » et à l'idée de réforme négociée, c'est un fait que les spasmes et les ruptures sont souvent les points de passage obligés vers les nécessaires évolutions qui forgent les croissances fortes, les plus justes répartitions et le « mieux-vivre ensemble ». La « rupture », cela veut dire aujourd'hui - et le temps est venu - bousculer la France « abritée » pour mieux servir la France « exposée ». Et si « la rue » l'emportait, mais laissant sur le bitume tous ceux qui veulent construire une France plus fraternelle, plus équitable et plus respectueuse de la jeune génération à laquelle ils ne veulent pas léguer en héritage tous leurs égoïsmes et leurs lâchetés ?"

Fanette

Enfin quelqu'un de censé dans la blogosphère !Merci Versac, je n'aurai pas fait mieux !
Que veux tu ces jeunes sont manipulés par l'extrême gauche qui leur promet un avenir qu'ils n'auront qu'à la sueur de leur front.

Les universités ont besoin de cette autonomie pour progresser il faut faire rentrer des capitaux privés pour rajeunir l'image de l'Université en France et proposer de réelles fillières d'emploi compétitives pour notre pays !

le chafouin

Et pan!

Infreequentable

Perso, j'aime bien quand "les forces vives de l'avenir" s'enfoncent dans la "réaction au changement"...

La "gauche ultime" et libertaire y devient "réac' extrêmiste", comme au bon vieux temps détesté de Ribben/trop et Staline.

C'est toujours source d'un vif et intense moment de grande rigolade émerveillée !
Non ?

Linca

Ah oui, vive l'association entre l'entreprise et l'enseignement supérieur, qui fait que lorsque l'on a le diplôme tant demandé par le bassin d'emploi régional, celui-ci est obsolète. Ben oui, les entreprises ont parfois la vue courte, et demande de former les gens au techniques d'aujourd'hui et maintenant, qui vieillissent vite, et ne sont pas très fortes pour percevoir les évolutions techniques.

Ou alors, vu que tous les établissements d'enseignement supérieur ont décidé de se positionner sur le même besoin, une surproduction de diplômés dévaluant le diplôme, juste au même moment où le marché du travail dans cette spécialité arrive à maturation.

Deux cas vus pendant mes études supérieures...

Paul

Et surtout, ami étudiant, n'oublie pas:
"Ami étudiant, Ami étudiant, lève ton veee-rre"

(désolé reflexe primaire d'étudiant)

unkle

Ah c'est fastoche... Grosso-modo, tout parait evident dans la prose du billet, jusqu'a ca:

"Mieux vaut que le diplôme et l'enseignement soit exactement le même partout, quelles que soient les spécificités locales"

Soit il s'agit de dire que les universites doivent pouvoir proposer des filieres originales, en phase avec une competence locale forte, et ca se fait deja (faut retourner a la fac, ami versac, voire y aller tout court ??). Soit il s'agit de dire que les diplomes nationaux c'est fini, et alors il me semble que ca merite plus de 2 lignes de justifications.

Pour le reste, sur l'autonomie ou pas des universites, je pense effectivement que le debat est passe. Ca se fera, et comme souvent par chez nous, sans aucun suivi de la reforme. Le prochain ministre en empilera une autre, puis une autre, puis une autre. Personne ne se demande si la double casquette universitaire (enseignement et recherche) n'est pas une des causes de la difficulte de la reforme. L'autonomisation des centres de recherche est sans doute souhaitable, meme si la question de leur financement restera tout aussi epineuse (et la l'argent prive est deja la...), celle des filieres d'enseignements tres faible, et on peut se demander quels en seront les benefices.

Richard

Oh, parfait, ça. Et le commentaire d'arturh qui suit, impec'.

arturh

Et-il utile de rappeler ici que l'acuel système des Universités et le principe de "Nnn-concurrence" sert surtout à s'assurer qu'aucune formation de viendra concurrencer le monopole des Sciences Po Paris/ENA/Polytechnique, etc, pour la formation des "élites" de notre République Liberté, Egalité, etc...

Charlie Echo

J'ai deux regrêts :

- que personne n'organise de manifestation "contre la grève". Par exemple, les gens qui sont obligés de poser une journée de congé la semaine prochaine pourraient descendre dans la rue, pour dire "oui au changement".

- que les établissements employant les grévistes n'aient pas le droit d'en publier le nom. Je serais si content d'écouter, d'eux à moi, les arguments des grévistes. Mais pour cela, il me faut leurs noms...

Anthropia

Je pense qu'une réforme est effectivement nécessaire.

Mais cette réforme-là ne porte que sur la hausse des coûts universitaires, la suppression de filières de savoir sur la seule base de fréquentation, donc économique, et la suppression de TD, alors même que les étudiants ont payé leur place.

Donner l'autonomie aux présidents d'université, sans leur donner une dotation suffisante, pour qu'ils puissent développer, n'est-ce pas là que la réforme s'arrête en chemin.

La lettre du Président de Sciences Po à ses anciens élèves, lisible sur Rue89, montre assez que la bataille est déjà gagnée par les grandes écoles et les lieux prestigieux.

La marque "Sorbonne" peut s'exporter. Que dire de la marque "Université de Caen" ?

L'Etat doit assumer sa responsabilité. On paie toujours autant d'impôts à l'Etat, alors qu'il se désengage de tout. On paie davantage d'impôts locaux aux régions, aux départements, alors qu'ils ne recoivent pas les compensation de la décentralisation II de la part de l'Etat.

Si on va vers l'Etat zéro, on doit aussi voir les mouvements de nos impôts se reporter sur le local. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Nous vivons aujourd'hui une dilapidation de l'argent public pour zéro résultats.

Et cela, Versac, n'est pas acceptable.


Bah, bah, bah

"Surtout une si petite réforme."

Ce n'est pas l'avis des dirigeants de Sciences-Po, qui sont, vous l'avouerez, bien placés pour en juger. Notamment lorsqu'ils profitent de l'effet d'annonce de la réforme pour signaler aux potentiels donateurs tous les avantages fiscaux nouveaux pour les donateurs et les contreparties qu'ils peuvent espérer en cas de dons massifs.

Autant dire que ces avantages fiscaux signifieront à terme la fin du service public d'enseignement supérieur : ce n'est pas forcément un drame, mais on peut concevoir que cela irrite ceux qui, en faisant grève, anticipent assez correctement dans leur vécu personnel les conséquences de la politique gouvernementale, à savoir, l'arrêt des études au bac pour la plupart des jeunes français faute d'offre financée publiquement. Car qui donnerait au modeste centre universitaire Tartempion les sous que l'état s'exonèrera de donner en considérant que les donations volontaires des contribuables qui iront naturellement aux plus prestigieuses et sélectives écoles comptent, assez logiquement, comme un effort public d'education ?

Alors que toutes les études démontrent que le diplôme est toujours le plus sûr bouclier contre le chômage, infiniment plus efficace que tous les plans à la con que nous sortent tous les gouvernements depuis 20 ans, mais bon, qu'importe...

Gillou

Bien d'accord avec toi Versac, pas tout à fait avec le premier commentaire. Il faut quand même pas tomber dans le culte du Sarkozysme...

Je n'ai pas voté pour lui et j'en suis bien content, je n'approuve pas toutes ses réformes (loin de là) mais sur les retraites je trouve que les syndicats agissent tout à fait comme ceux qu'ils execrent, en usant du droit de grève pour gagner de l'argent à tout prix, quitte à bloquer le reste des Français qui leur financent une partie de leur régime spéciaux.

Si ceux qui sont morts pour nous offrir le droit de grève voyaient ce que les syndicats en font actuellement, je pense qu'ils seraient désespérés.

Tout ce que gagneront les syndicats, c'est de bloquer la situation (au mieux pour eux) et se mettre à dos une nouvelle frange de la population.

Il se demanderont ensuite pourquoi donc le nombre de syndiqués en France ne fait que diminuer et iront chercher où ils trouveront un financement pour faire survivre notre belle caste syndicale (qui a dit UIMM ?)...

Tin c'est trop fort, c'est les syndicats qui vont finir par me faire basculer à droite.

Leptitbenji

Profond désaccord avec vous Versac.

C'est un réflex assez facile et courant que de dire que l'université en France est en crise, ne forme plus personne, et surtout pas à de vrais métiers.
La vérité est bien loin. Oui certaines filières ne mènent à rien... mais d'autres, comme les masters éco pour mon exemple permettent d'insérer plus de 95% des élèves après un an!

Et puis, autre réflex simple : certaines choses vont mal, alors il faut absolument réformer au niveau national... et les jeunes étudiants fan de sensations fortes et de blocages n'ont qu'à fermer leur gueule, car ils ont tort, et qu'ils veulent seulement s'amuser et faire la mini-révolution.

Il existe, je vous l'assure, des étudiants pragmatiques qui pensent et disent que cette réforme aura un effet négatif, et qu'elle exacerbera gravement les inégalités entre les universités. Et ce sont ces arguments qui conduisent à la grève, et parfois, et c'est regrettable, au blocage des facs.

Ne voyez pas toujours dans la grève des étudiants un continuel rejet post-soixante-huitards des réformes, de l'autorité, ou de je ne sais quoi encore.

Amitiés,
Zlt

Alphoenix

Je voulais juste vous signaler que Nicolas Sarkozy n'a reçu que 42% des votes des étudiants. On devrait pouvoir le considérer, lui et son gouvernement comme incapable et surtout inautorisé à prendre en compte la gestion des université, parce qu'après tout, les étudiants sont quand même un peu concernés mais surtout au courant.

Robinson

Versac et toi, ami étudiant, avez bien raison : l'argent privé salit tout ce qu'il touche. Mais tu as une alternative simple pour pouvoir conserver le magnifique édifice de notre enseignement supérieur tout en ayant les moyens de le chauffer l’hiver : tu pourrais y investir un peu de ton propre argent. Pas autant d’argent que tes camarades Etatsuniens (n’exagérons rien!) et pas l’argent que tu n’as pas maintenant, mais juste un peu de l’argent que tu vas gagner plus tard grâce à tes études. Tes camarades Australiens, Néo-Zélandais, Anglais,… le font et il semble qu’ils ne s’en portent pas plus mal. Et en plus de ne pas avoir froid l’hiver, cela leur donne une perspective un peu différente de la consommation de services d’enseignement. Penses-y, ami étudiant, quand tu auras froid cet hiver dans un amphi surpeuplé pour écouter un mauvais cours.

le chafouin

@alphoenix
Ce n'est pas parce qu'on obtient peu de voix d'une catégorie sociale qu'on ne doit pas s'en occuper, ni qu'on a pas de légitimité pour le faire... Ne disons pas n'importe quoi!

versac

Gillou : je pense que cette réforme est pour le coup mal menée, et ne verse pas dans le sarkobéatisme de Jacques Marseille. Et je ne virerai pour autant pas à droite, par réflexe antisyndical. Je pense qu'une bonne réforme des universités et de la recherche (sans découpler les deux) aurait pu être bien menée par Ségolène Royal, qui avait sur ce sujet le programme le plus clair. Mais enfin.

Leptitbenji : je ne dis pas que l'université française va mal, est nulle, et à jeter avec le bébé, l'eau du bain et tout le reste. Cette réforme évolue sur des points essentiels, dans un sens à mon avis pas assez poussé (au global, hein, parce qu'il y a quelques éléments à discuter sur l'autonomie du pdt d'univ). Elle n'est pas la solution ultime aux enjeux de l'enseignement supérieur (elle est même un peu bancale), mais il me semble assez essentiel qu'elle passe.

Et je ne vois aucun rejet post-soixante-huitard, je ne suis pas en mode "vieux réac", mais ces grèves étudiantes qui vont sciemment contre les intérêts des étudiants me gavent.

POLITOBLOG

Je suis d'accord avec toi Versac ! (... putain la vache ! ... attends ... je me retourne ... c'est moi qui ai dis ça !).
La réforme des universités est nécessaire, il faut les moderniser et leurs rendre rapprocher des réalités pratiques. Il faut une différenciation réelle des diplômes, tout le monde sait que les facultés n'ont déjà pas la même valeur entre elles.
Mais attention ! J'en ai un peu marre que l'on crache sur les universités et de cette condescendance des écoles de co sur les universités. NON DANS LES UNIVERSITES NOUS NE SOMMES PAS DES CRETINS !

Gemini

Excellent article.

Concernant l'argent sale qui vient des entreprises, regardez un peu la différence de qualité de formation entre les étudiants en formation classique et ceux en formation par apprentissage (sur des diplômes de type Master par exemple).

C'est évident que c'est l'autonomie qui sauvera les universités, plutôt que la centralisation égalitariste URSSienne, dont on connait la réussite.

C'est incroyable, écoeurant et révélateur de voir tous ces étudiants manipulés idéologiquement (j'entendais une gréviste dire qu'il y allait avoir des 'Master Coca-Cola' si on suivait cette voie), que d'exagérations, de craintes infondées, de manque d'ouverture... Ca m'énerve que les idéologies d'extrème gauche fascinent autant et emmènent un tel cortège de d'extrémistes / de naifs dans la rue ...

sk†ns

Enfin un texte un peu "engagé".

arturh

@ Gémini

Evidemment, c'est frappant cette étudiante qui dit "fac Coca cola et master pernod ricard". Il faut reconnaître le sens du slogan des infiltrés de la LCR qui savent lancer de manière concertée ce genre de slogan qui sont ensuite repris par tous.

Bastien

Putain la vache! Moi aussi je suis d'accord avec toi Versac (enfin j'ai quand même du lire le post 2 fois pour être bien sûr de ce que j'avais compris) :)

Gemini

@arturh

Tu penses bien que la LCR doit éviter à ses moutons de réfléchir, devant le risque que ça représenterait... un peu comme le slogan 'tous ensemble' c'est creux mais ça rassure et ça permet de garder la motivation...

carolus

Ton billet aurait pu se titrer "ami pseudo étudiant syndiqué idéologue"...

unkle

L'adaptation du diplome au bassin local d'emploi... Non mais on reve ? Dans un pays ou la mobilite des gens est deja faible (trop faible), je trouve ca desesperant. Au passage je ne fais pas confiance aux entreprises pour savoir de quels metiers elles auront besoin dans 5 ans (parce que c'est de ca qu'on cause, hein, pas les embauches qu'elles pensent realiser dans 6 mois). Si on me demandait quel profil je vais chercher a recruter a cette echeance, je ne pourrais pas repondre...

ahuillet

On est bien d'accord que _tous_ les étudiants sont pas contre cette réforme, loin de là ? :)
Merci...

Vicnent

Trackback Manuel (le TB auto n'a pas l'air de bien marcher...)

J. Robert

Versac, votre billet est drôle, mais malheureusement à côté de la plaque. Il ne s'agit pas ici d'étudiants ni d'université. Mais tout bonnement de militants qui n'ont pas digéré la victoire de Sarko et veulent prendre leur revanche à la faveur des grèves. Les actes de violence gratuite et infantile (blocages de trains) qu'on commence à voir ne doivent laisser aucun doute. Seuls les naïfs se laisseront prendre à une prétendue mobilisation d'étudiants pour des revendications universitaires.
En revanche, entièrement d'accord avec votre post-scriptum. À quoi bon avoir ménagé l'UNEF cet été ? On aurait dû voter une vraie autonomie, avec sélection à la clé.

Gus

Versac, je me pose une question : avez-vous pris le temps de lire soit la loi votée, soit les argumentaires l'analysant dans un sens ou dans l'autre ?

Duncan

Pour un argumentaire objectif relevant les points positifs et négatifs, voilà un document clair :

http://www.univ-rouen.fr/1189348325125/0/fiche___document/

coco

@ Bah :

"Autant dire que ces avantages fiscaux signifieront à terme la fin du service public d'enseignement supérieur : ce n'est pas forcément un drame, mais on peut concevoir que cela irrite ceux qui, en faisant grève, anticipent assez correctement dans leur vécu personnel les conséquences de la politique gouvernementale, à savoir, l'arrêt des études au bac pour la plupart des jeunes français faute d'offre financée publiquement."

LOL

Pourquoi tout ceci entraînerait-il mécaniquement l'arrêt des études au bac? Vous n'en avez pas un peu marre de ce refrain faux et malhonnête?? A votre avis, dans quel pays les CSP défavorisées sont proportionnellement plus nombreuses à sortir diplômées de l'université? La France ou les USA? Et si vous alliez vérifier ce genre de données, par exemple?

Emmeline

"A votre avis, dans quel pays les CSP défavorisées sont proportionnellement plus nombreuses à sortir diplômées de l'université? La France ou les USA?"

Oui, mais dans quel pays y a-t-il le plus de bourses au mérite ? la France ou les USA ? ben, les USA... (d'ailleurs Pécresse, tout en en appelant, à juste titre, aux étudiants non grévistes - leur disant de participer aux AG notamment pour faire entendre leur opposition à ce mouvement justement qualifié d'infantile -, a commis cette énormité : les étudiants qui travaillent - au McDo par exemple - seraient en fait avantagés par rapport aux autres, car ils sont plus dynamiques et ont "l'esprit d'entreprise" ! on croit rêver). Et je trouve personnellement cette réforme très mauvaise, parce que Pécresse a cédé sur LE point qui aurait permis à tout le reste d'être efficace : la sélection.

Ah, mais pardon... c'est vrai que si sélection il y avait eu, not'Président se serait arrêté au bac. Et ç'aurait été tellement dommage !

arturh

Evidemment, les USA. Il n'y a qu'aux USA que des étudiants boursiers comme Larry Page et Sergueï Brin pouviant faire une découverte géniale comme Google dès leur première et deuxième année de fac et être encouragée à abandonner leurs études pour essayer de lancer leur entreprise avec la promesse d'être repris en cas d'échec.

Cratyle

J'aurais du mal à être en plus grand accord sur le fond et en plus grand désaccord sur la posture d'un billet.

L'ironie a quelque chose de vivifiant -les commentaires précédents en témoigne- mais dans ce cas, elle dessert trés précisément l'objectif affiché. S'ils comprenaient ces raisons et ces arguments, si précisément ils avaient l'expérience du marché du travail, les étudiants oublieraient-ils à ce point "la réalité de la mise en oeuvre"? Croit-on serieusement qu'ils souhaitent rentrer dans cet engrenage que l'on condamne si bien? Croit-on sérieusement qu'ils soient tous manipulés par des bandes de gauchistes désespérés?

Les premières victimes du statu-quo sont précisément celles qui s'opposent le plus aux réformes. C'est ce que tu dis versac, et je crois que c'est vrai. Mais alors pourquoi tonner contre ces étudiants? Pourquoi ironiser sur leur sort? Surtout, pourquoi rentrer dans cette logique de division radicale qui est celle que poursuit partout notre président? Pourquoi enfin ce même président n'engage-t-il pas de nécessaires discussions plutôt que de voter ses lois au creux de l'été?

Versac, pardonne-moi ces quelques reproches peut-être un peu forts: je pense comme toi que cette réforme doit réussir, qu'elle est évidemment nécessaire, mais que ce fossé que l'on construit entre réformateurs valeureux et étudiants bouchés est trés précisément ce qui peut la faire échouer.

xsteph

Devant ce torrent de commentaires laudateurs, cher Versac, puis-je tout de même dégoupiller ?

Faire des étudiants les uniques coupables de l'état de l'université française ... pincez-moi !
Les étudiants n'ont, je crois, jamais dit que tout allait bien dans le meilleur des mondes, ils disent même précisément le contraire, il y a simplement divergence sur les mesures à prendre.

Divergences, débats, discussions, construction d'un rapport de force, etc. bref, toutes ces choses que vous n'avez pas pu mettre à l'oeuvre dans la Sup de Co. que vous avez fréquenté.

Remarque au passage : pour la première fois de ma mémoire de lecteur, peu assidu il est vrai, dans cet article, vous tombez à bras raccourcis sur les étudiants, avec un tutoiement digne d'un CRS demandant ces papiers à un jeune à casquette, avec arrogance et condescendance (pardon, ça c'est tout le temps ...).

Le temps passe, Nicolas,la quarantaine arrive, la carte de l'UMP vous pousse dans la main ...

En aparté, pour Gillou : on en bascule pas à droite, on l'a toujours été. Grands remerciements à l'autre Nicolas d'ailleurs de faire prendre conscience à beaucoup de leur état et de leur positionnement politique. Du coup, on est moins nombreux à gauche, mais en meilleure compagnie !

arturh

@ Cratyle

Mais le syndicat Sud Etudiant par exemple, qui est en pointe dans la contestation, ne veut aucunement le dialogue, il ne veut que l'affrontement.

courbet

Les étudiants grévistes et leurs organisations ne sont pas constructifs et ouverts aux dialogues.

Ok mais bien que je juge votre billet très bien écrit et que je n'y vois pas de point notable de désaccord sur le fond, Versac, force est de constater qu'il n'appelle pas non plus de débat constructif...

Pour preuve le témoignage de Charlie Echo :
"Je serais si content d'écouter, d'eux à moi, les arguments des grévistes. Mais pour cela, il me faut leurs noms..."

Euh Monsieur Charlie Echo, sauf votre respect, nous ne sommes plus sous le gouvernement de Vichy, mon vieux !

Quant à Jacques Marseille, très enrichissant de citer ses propos si démocratiques, artur h...
De toute façon, c'est bien connu tous les grévistes et manifestants, ne sont que des moutons endoctrinés par l'extrême gauche.

Par contre, les électeurs de droite votant Sarkozy ou Le Pen, sont tous des démocrates avertis et puisqu'ils ont donné majoritairement leur consentement à la rupture, à la réforme, il n'y a plus lieu à en débattre tout doit s'exécuter sur le champ... Gare à qui sort du rang !

Je n'aime pas ceux qui nie l'autre et sa liberté, cela vaut pour les étudiants qui en empêchent d'autres d'étudier.
Cela vaut également pour ceux qui les critiques en leur déniant tout droit de s'exprimer.

le chafouin

d'autant que comme d'habitude, la démocratie n'est absolument pas respectée.
Les blocagessont décidés au terme d'AG qui durent parfois jusqu'à quatre heures! Résultat,n ceux qui viennent pour voter non finissent par en avoir ras-le-bol des discours généraux qui n'ont rien à voir avec la réforme (oui, parce que quand on est à la CNT, on croit qu'on peut mêler la loi surles universités au problème des sans-papiers), et s'en vont. Résultat : seuls les plus convaincus, les plus acharnés restent.
Hier à Lille, 800 manifestants. Pour combien, 30 000, 40 000, 50 000 étudiants lillois? Laissez moi rire.

Bah, bah, bah

coco: Je disais "faute d'offre financée publiquement" : quatre mots qui changent tout et que, puisque vous m'y contraignez, je vais expliquer un peu plus longuement :

--> Si la création d'universités ET d'écoles d'enseignement supérieur était libre en France ET si le chèque éducation existait, le marche serait libre d'offrir ses formations d'enseignement supérieur équitablement et à tous les citoyens quelle que soit leur origine sociale.

Tel n'est ici pas le cas : sans doute ce que versac nomme le côté timide de la réforme : côté timide qui en transforme radicalement la portée !

Poussée par l'évolution en matière de normes comptables publiques, l'Etat pourra progressivement considérer comme des dépenses publiques les réductions d'impôts qu'il accordera à ceux qui donneront librement de l'argent aux écoles et universités DE LEUR CHOIX.

Et bien entendu, petit à petit, ces donations librement organisées constitueront la majeure part du financement public de l'enseignement supérieur et donc, de l'offre TOTALE d'enseignement soutenur au moins partiellement par l'état.

Sans chèque éducation et liberté d'entreprendre dans l'enseignement supérieur, cela se traduira par un afflux d'argent pour les écoles prestigieuses et une misère toujours plus grande pour les universités de masse.

On peut tout à fait se contrefoutre du sort des universités de masse : mais, sans liberté d'entreprendre dans l'enseignement supérieure, ces universités de masse constituent la TOTALITE DE L'OFFRE subventionnée au moins partiellement par des fonds publics, et donc, la TOTALITE DE L'OFFRE accessible aux plus démunis.

En conclusion :

-> les meilleures écoles auront tout le bénéfice de la réforme : fonds publics, fonds privés, autonomie de gestion. Tant mieux pour les élèves obtenant les meilleurs résultats au bac.

-> Les plus démunis n'ayant pas la chance d'obtenir les meilleurs résultats scolaires n'auront ni le "chèque éducation", ni de places dans des universités petit à petit dépourvues d'argent, ni la possibilité financière d'entrer dans des écoles totalements privées et non-soutenues par ... les fonds publics destinés à assurer l'égalité des chances !

En résumé, réforme certes timide comme dit Versac, mais qui, du fait de sa timidité précisément est une réforme totalement et absolument de droite

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