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03 août 2007

Les doigts dans le pôt de confiture

Ce qu'il y a de pathétique dans la stratégie de réponse de l'Elysée aux questions sur les ventes d'armes à la Lybie, c'est le ton employé par David Martinon.  En shorter : "je ne sais pas, demandez à EADS". Il semble qu'ils ne se rendent pas compte que lme mythe présidentiel va un jour craquer, s'ils continuent ainsi à nous faire croire à l'omnipotence sans oeufs cassés d'un homme magique.

Décalage total entre un homme qui est partout, comme le demande l'opinion, et un homme sans tâche, dont le rôle serait proche d'une intervention divine. La simple volonté suffirait. Tout ne serait que question de vouloir. Les précédents étaient des impuissants, tout simplement parce qu'ils ne voulaient pas.

Le risque de cette stratégie sarkozienne est double : la cassure et la déception. La cassure peut intervenir sur le mensonge, qui prouve que tout ceic n'est qu'une fable. On raconte que c'est Cecilia, qui, à force de persuasion, a convaincu Kadhafi de libérer les pauvres infirmières, mais non, ce sont en fait de sombres histoires de missiles, de contrats nucléaires ou de reconnaissance diplomatique. La tentation de l'Elysée est alors de se raccrocher à la fable et de nier. Ca tient un temps. Mais de multiples brisures au tableau mythique peuvent vite foutre en l'air toute l'histoire (quand on s'apercevra que l'Europe n'est pas sauvée par la grâce divine, que l'économie n'est pas sauvée par le paquet fiscal ou que les exilés ne reviennent pas grâce au bouclier fiscal...).

L'aure risque, c'est donc la déception. Déception des effets et des actes par rapport à la promesse. Quand on se vend surpuissant et homme de la volonté politique, du choc qui redresse par le vouuloir d'un homme, il ne faut pas aller dans la demi mesure qui portera effet dans cinq ans. Or, en la matière, on ne peut qu'être un peu dubitatif face aux "réformes" engagées par le président. La réforme des universités se retrouve en deça de ce qu'un DSK ou une Royal aurait mis en oeuvre, la réforme de l'Etat est pour l'instant un grand truc rempli de promesses, le service minimum semble se limiter à un joli devoir d'alerte, les non remplacements de fonctionnaires sont faits de manière un peu étale et ne s'accompagnent pas d'un grand audit des missions de l'Etat. sur tous les sujets, c'est un peu "business as usual". Comme si la volonté sarkozienne n'arrivait pas à faire bouger le grand corps de l'Etat (et ce n'est pas une grande surprise).

L'élément porteur pour le président, c'est la conjoncture. L'emploi semble bien se porter (mais les Français doutent des statistiques, et le niveau relativement bas du chômage n'affecte pas tellement leur moral), mais de nombreux signes font peur, dont une petite crise boursière qui pourrait se réveiller. Un bon petit choc économique pourrait mettre tout ce bel édifice de communication par terre...

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Voici les sites qui parlent de Les doigts dans le pôt de confiture :

Commentaires

Ah si tout le monde faisait son travail correctement. La fable a de nouveau été soutenue par André Santini ce matin sur i-télé sans aucune réaction du journaliste. C'est l'été mais quand même...

Si c'est pas nous qui les vendons, ca sera d'autres pays. Mais il est vrai que l'attitude du gouvernement est assez piteuse.

A part l'accent sur le Pô,

je souscris à tout ce que vous dites, Versac.

http://anthropia.blogg.org

Je ne peux qu'abonder. A ceci près que je ne dirais pas que M. Strass-Kahn ou Mme Royal aurait fait mieux pour les universités.

Ils auraient sans doute essayé, de là à y être parvenus...

Je ne sais pas si vous avez vu la Une de Match, mais la Pravda a fait ses choux gras du "rôle déterminant" de Mme Cécilia... Ils nous prennent tous pour des niais ou quoi ?? Bon, je pars ce soir en vacances à l'étranger, ce sera l'occasion d'oublier les mesquineries de notre cher gouvernement... Grrrrr... Je partage en tout cas les deux conséquences que tu prédis dans ta note, Versac : déception et cassure. Je rajouterai peut-être colère (attention, septembre n'est pas si loin...)

"Les précédents étaient des impuissants, tout simplement parce qu'ils ne voulaient pas". Chirac a été le forcené du volontarisme. Est-ce déjà oublié ? D'ailleurs c'est bien en cela que Sarkozy pourrait ressembler à Chirac : un volontarisme d'autant plus véhément que l'impuissance est réelle.

et pendant ce temps, les socialistes amusent la galerie...
http://www.jcdr.info/article-7001624.html


Après le fils Mitterrand, c'est Cécilia Sarkozy qui se met à vendre des armes... Peut-être bientôt Louis ?

Le seul édifice que moi je vois s'effondrer c'est le mythe de la neutralité et de l'apolitisme.
Au moins les choses sont claires.
Etre complice de l'instrumentalisation que les Lybiens pères et fils font de la négociation avec la France...
Martinon a 100 fois raison ! Les Lybiens ont accélérés une négociation en cours depuis 2004 sur la fourniture d'armements pour entretenir une confusion. Cette signature a été rendue possible par la normalisation des relations suite à l'accord sur le libération des infirmières. Mais ce contrat d'armes ne faisait pas partie de cet accord.
Vous pouvez continuer à jouer sur les mots et à instruire des procès d'intention.
Je me rappele d'attitudes trés ressemblantes pendant la campagne et qui n'ont pas beaucoup réussis à votre candidate...

@ Politic Delux : ne penses tu pas quand même que le gouvernement a tenté, par le biais du regard embué de certains média, de nous faire croire que son action de libération des infirmières n'était mû que par des intérêts humanistes... La libération de ces infirmières est une vraie réussite (et pas seulement française, mais européenne, ne l'oublions pas), mais pourquoi essayer de nous faire croire que Sarko est un grand sauveur désintéressé (et sa femme une brillante négociatrice)?? En tout cas, signer un contrat sur le réarmement de la Lybie, ce n'est pas très "humanitaire"... et le doute sur le lien entre la libération et les contrats n'est pour le moment pas levé (voir le monde et le figaro d'aujourd'hui).

Bien mieux, cher politic delux, je crois qu'on pourrait rajouter que les premiers problèmes de la candidate datent de Décembre 2006, dès le flou entretenu sans son accord par les déclarations du secrétaire général du parti sur la hausse des impôts (qu'elle n'entendait pas mener et encore moins annoncer.)

Flou persistant sur les impôts, la réforme des retraites, la réforme des universités, le degré de positionnement par rapport à la mondialisation et l'économie de marché, etc.

Semblant toujours à propos, Hollande est un bon tacticien sur une courte période, il sait maintenir la tension et les médias en haleine, mais une fois la fumée dissipée c'est généralement le chaos stratégique pour son parti.

J'attend avec impatience la ratification du traité européen par le congrès de Versailles. Si le PS plombe encore les négociations Européennes, bah on aura confirmation de l'esprit de responsabilité qui règne dans leur rang ainsi que de la volonté de se doter d'un leader "has been" pour 2007.

Un autre rendez-vous aussi pour la constitution, qui présentera sûrement la disparition de certains pouvoirs régaliens du chef de l'Etat, ainsi que le renforcement du pouvoir de contrôle de l'Assemblée.
Oseront-ils une nouvelle fois voter anti-moderne ? à rebrousse-poil de leur époque ?

il semble que pour les medias, le canard enchainé n'existe plus.

en fait, la plupart des journalistes étaient tombés dans le panneau magic-Cecilia.

c'est peut etre pour ça qu'il ont du mal à rendre compte de la réalité plus triviale aujourd'hui: ce serait admettre leur erreur voire leur mediocrité.

Ceci dit l'info est trouvable, dans le canard comme toujours:

"la veille de la libération des infirmières, les négociations ont failli capoter: kadhafi voulait l'argent de l'union européenne (soit 452 millions d'euros) tout de suite. Les procédures budgétaires de l'UE étant très lourdes, l'argent n'était toujours pas débloqué six mois après le premier accord de principe. Seuls 2.5 millions avaient été virés.
Sarko a alors téléphoné à l'émir du Qatar dans la soirée et, dans la nuit, le gouverneur de la banque centrale du Qatar s'est envolé par avion spécial pour Tripoli, avec en poche un chèque de 452 millions d'euros. L'UE s'est engagée à rembourser le Qatar dans les six mois.
Et, au matin, Kadhafi était content."


Un dictateur exerce un chantage, c’est un problème.

Y céder, c’est « résoudre le problème ». selon sarko.

Désinformation et démocratie

Bonjour,
Vous posez la question des ventes d’armes à la Lybie. Je pense que cette affaire sur les contreparties de la libération des infirmières bulgares laisse la place à de nombreuses hypothèses. La libération Gratis avec un Kadhafi, cela ne peut exister. Je n’y crois pas, mais pas du tout. Malheureusement, entre la version officielle et la version vérité, il y a un abîme qu’il sera difficile de combler, d’autant plus que cela a trait à des affaires « militaires », de ventes d’armes….., donc l y a secret ! Ce qui me gêne vraiment, dans cette affaire, c’est la vente d’armes elle même. Pour maintenir la paix, la vente d’arme n’est pas la meilleure voie, non ?
De surcroît, tous ces secrets et toute cette désinformation, pour la démocratie, ce n’est pas très bon signe, non ? Certes, désinformation et démocratie sont souvent liées, mais il me semble que la désinformation ne peut faire bon ménage avec une démocratie vertueuse. Tout cela étant dit sans aucune naïveté.
Je suis d’accord sur le fait que « le mythe présidentiel va un jour craquer, s'ils continuent ainsi à nous faire croire à l'omnipotence sans oeufs cassés d'un homme magique. Décalage total entre un homme qui est partout, comme le demande l'opinion, et un homme sans tâche. »
J’ai toujours répondu aux plus virulents détracteurs de Sarkozy qu’il faudrait le juger sur ses actes. Nous avons les premiers éléments tangibles. Il agit beaucoup, il est partout, mais pour l’instant il y a un léger décalage entre les attentes suscitées et les actes. Mais ce n’est qu’un début.
C’est vrai aussi que le paquet fiscal semble assez décevant selon la plupart des économistes. Il ne faut certes pas jeter le bébé avec l’eau du bain mais que ce soit du point de vue de l’offre ou de la demande, globalement le compte n’y est pas et pour les finances publiques, à court terme, ce n’est pas la panacée. Je reviendrai sur certaines de ces mesures sur mon blog dans les jours qui viennent.
Sur la question de l’emploi, je serais plus nuancé. En effet, malgré l’incertitude statistique sur l’ampleur de la baisse du chômage, celui baisse bel et bien depuis prés de deux ans. La baisse n’est pas discutable. Seule son ampleur sera revue à la baisse en novembre. J’ai consacré à ce sujet plusieurs billets assez documentés.

Symbolique et fétichisme des chiffres

Urgences sociales et indépendance statistique

Tintamarre autour des chiffres du chômage

Mesure du chômage : la discussion continue
Et sur ce sujet, je crois qu’un vrai débat vaut bien plus que toutes les polémiques.
A bientôt et bravo pour ce blog très riche en information ;
David Mourey
Démocratie, économie et société.
Un blog pour une discussion libre et sans aucun tabou.
http://democratieetavenir.over-blog.com/

Billet génial, Vévé...

PS : Tiens, j'ai mis en vidéo tout 2006 et tout 2007 :

2006 http://michaelski.over-blog.com/article-11657158.html

2007 http://michaelski.over-blog.com/article-11657072.html

la Libye et non la Lybie. Parfois -là c'est facile- l'alibi.
Il est étonnant que malgré la présence d'un J.D. Levitte, les circuits ne sont pas encore huilés.
La politique internationale est un metier. Avec cette Lapalissade, ce ne sont pas MM. Morin & Santini qui pourront batir un argumentaire solide. Il leurs manque les fondamentaux. Tiens, habituellement, c'est M. Lellouche qui monte au filet. Le renfort du Ministre des AE n'y suffit pas : l'alibi ? Et la boucle est bouclée.

je ne sais plus ou j'ai trouvé cette réflexion,il y a quelques temps,mais je la livre telle que.L'auteur disait que Nicolas Sarkory terminerait comme le Général Boulanger,qui, après avoir été immensément populaire,termina proscrit et se suicida sur la tombe de sa maitresse.....

@ belka,
quel rapport entre Santini, secrétaire d'Etat à la fonction publique, et la politique internationale?

Versac, bien ok avec toi sur le grand risque de la déception... A force de communiquer, communiquer, communiquer, si les réalisations ne sont pas à la hauteur de l'envergure du verbe, la déception sera IMMENSE. Et la rupture...entre le peuple et les politiques n'est pourtant déjà pas loin d'être consommée. Tant qu'à Kärcheriser, Sarko doit y aller. Dans les actes, dans le quotidien des Français. La rupture genre "je passe mes vacances aux US quand les ringards étaient à Bregançon", ça se situe encore au niveau de la comm' post victoire électorale. C'est bien court.
Essayer de pas trop prendre les Français pour des cons (Lybie par exemple) serait pas mal non plus. Car le retour de bâton, ou -en plus light- l'aigreur irrésolvable, peut venir + vite que cru.

N'oublions que quiconque à droite intente de succéder à Sarkozy se doit d'en briser le mythe au plus tôt durant le quinquénat. Demandez donc à Raffarin, dont tout le monde se foutait avant 2002 la quantité de baffes qu'il aura pris à peine nommé (alors qu'en regardant bien, les seuls éléments positifs du second quinquénat chira, comme la livéralisation des télécoms, sont à porter à son crédit).

L'agitation permanente qui semble être la seule stratégie connue des ministres et proches de Sarkozy les expose plus encore que leur Conducador. Mais il est douteux que ça tienne encore bien longtemps.

Pour l'instant, la perspective des municipales retient les coups à droite. Avec un PS endormi, ça peut durer encore deux ans.

à Carolus :

en somme, il faudrait "plus de Sarkozysme" pour que ça marche...

Sur la Libye, il faut noter tout de même que, si l'Union Européenne, représentée en la personne hyperactive de N. Sarkozy, n'avait pas réalisé une vente d'armes et une rançon contre la libération des infirmières bulgares, ce sont les russes qui auraient réalisé la transaction. Et donc auraient ainsi augmenté leur puissance politique au Proche-Orient.

Cet état de fait ne pardonne rien. Mais il met juste en lumière que la Chine et la Russie font un véritable dumping moral dans les affaires militaires et énergétiques (cf contrats africains), et que les démocraties comme la France, sous couvert de Realpolitik, mettent l'idéologie démocratique aux vestiaires lorsqu'il s'agit de limiter les sphères d'influences russes et chinoises.

L'affaire libyenne en est un bon exemple... et risque de créer un appel d'air vers d'autres états à la moralité douteuses qui risquent de faire monter les enchères via des enlèvements ou des chantages économiques.

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