Et c'est reparti sur la dette
J'ai l'impression que ce sera le sujet permanent en toile de fond de la campagne électorale. Quelques économistes exigeants vont sans cesse reprocher à de nombreuses personnes de sur-utiliser le thème de la dette publique, montrant qu'elle n'est pas forcément un problème, tandis que des "libéraux" ou des "modernisateurs", attachés à la réforme de l'Etat, penseront que la sensibilisaiton à la dérive de la dette est un moyen de réveiller les consciences.
Et si on pouvait réconcilier les deux ? Accepter un peu de pression sur le thème de la dette comme symptôme, refuser la focalisation de Breton sur cet indicateur, s'autoriser à penser que l'explosion de la dette des quinze dernières années correspond à une solution de facilité qui n'est pas un choix conscient et raisonné, mais une dérive de facilité inquiétante ? Accepter que, dans les deux versions, il y a des dérives d'exploitation possibles (la dette n'est pas le problème : dépensons gaiement, ou la dette est le problème : vendons nos actifs).
Vraiment, ce sujet devient parfois surréaliste.




Hello,
Je ne vois pas ce que peut avoir de surréaliste ce sujet ? je pense au contraire qu'il est bien réel et d'autant plus esquivé par les candidats qu'iln'est abordé par les économistes.
Enfin, Versac arrêtons la langue de bois. Chacun sait que l'endettement a son utilité dès lors qu'il s'agit de financer l'investissement et non plus les dépenses courantes.
Cela ne te dérange pas de savoir que l'intégralité de ton IR sert à rembourser cette dette, sans qu'il n'y est aucun projet derrière ?
Cela ne te dérange pas de financer le déficit des retraites de fonctionnaires qui auront cotisés moins d'années que toi tout en sachant qu'ils toucheront 75 % de leur dernier salaire (primes comprises) alors que toi tu plafonneras à 53 % alors que tu bosses 15 heures par jour ? et encore cette situation est vrai aujourd'hui. Penses-tu à l'avenir de tes enfants ?
Alors oui on en n'entend parler beaucoup mais n'est ce pas parceque c'est le seul moment ou l'on peut interpeller nos gouvernants ?
Sur le coup, même si je ne suis pas particulièrement fan, je trouve que Breton fait son job.
Rédigé par: Marc_B | 03 novembre 2006 at 10:34
à qui devons nous rembourser la dette ? Est ce vraiment remboursable, alors que les US s'endettent à la vitesse de l'éclair, pour leur consommation (guerre entre autre) et qu'ils ne donnent que du papier sans valeur en échange?
Rédigé par: h2b1 | 03 novembre 2006 at 10:45
Réconcilier les deux visions me semble assez simple :
Premièrement, il conviendrait de sortir un peu de la langue de bois, et de tenir des discours un tant soit peu sérieux sur le sujet. Le format "article" est clairement inadapté à un sujet potentiellement complexe, ce qui expose à une critique d'ailleurs motivée quiconque tente sincèrement de s'exprimer sur le sujet. Est-il donc si difficile de dire que la dette n'est qu'un des instruments d'un serpent de mer : une politique intérieure assumée ? D'où ma question : a-t-on l'intention de laisser ce terrain à François Fillon, José Bové et Olivier Besancenot ?
Deuxièmement, il faudrait daigner juger l'existant, c'est à dire, le passé ae matière de politiques : dire une bonne fois pour toute qu'est-ce qui a été une erreur, un essai malheureux, une réussite, poser des hypothèses, raisonner et proposer.
Troisièmement, et ce n'est pas si négligeable, un peu de renouvellement dans la classe politique ne ferait pas de mal : chacun aura son quota de nazes à renvoyer faire ce qu'ils peuvent sur des enjeux à leur hauteur, c'est à dire, dans la société civile.
Eventuellement, on peut choisir l'angle d'attaque de la réforme de l'état : j'avoue penser que ce sera surtout une énième occasion de noyer le poisson (ce qui semble être le cas à la lecture du dernier rapport du Sénat sur les dernières mesures des services du ministe Copé), mais bon : ya pas encore le feu.
Rédigé par: Gla | 03 novembre 2006 at 10:57
Le commentaire ci-dessus illustre hélas parfaitement la raison pour laquelle il faudra continuer de dénoncer l'hystérie de la dette, comme discours fondé sur de bonnes intentions mais devenu contre-productif et nuisible. Si l'éveil des consciences ne sert qu'à entretenir le misérabilisme et le pessimisme échevelés, et le sentiment que Breton a raison, ce n'est franchement pas la peine de les éveiller.
Autre argument : si effectivement c'est la pression de l'endettement qui pousse à surveiller l'efficacité de la dépense publique, alors nous ne pouvons qu'espérer que la dette publique restera à un niveau élevé le plus longtemps possible.
Rédigé par: alexandre delaigue | 03 novembre 2006 at 11:00
Comment le Canada s'est réformé en s'attaquant directement à la dette et aux dépenses publiques:
http://www.contribuables.org/2006/06/01/canada-cool-comment-reformer-un-pays/
Rédigé par: MOUTON NOIR | 03 novembre 2006 at 11:34
"Cela ne te dérange pas de financer le déficit des retraites de fonctionnaires qui auront cotisés moins d'années que toi tout en sachant qu'ils toucheront 75 % de leur dernier salaire (primes comprises) alors que toi tu plafonneras à 53 % alors que tu bosses 15 heures par jour ? et encore cette situation est vrai aujourd'hui. Penses-tu à l'avenir de tes enfants ?"
Fonctionnaires=privilégiés=dette ??? Tant de lumière dans un post c'est pour le moins effrayant...
Rédigé par: frednetick | 03 novembre 2006 at 11:35
pays/
Pardon
Rédigé par: MOUTON NOIR | 03 novembre 2006 at 11:35
alexandre delaigue: tout à fait d'accord avec vous à un détail près : le montant de la dette et l'intérêt de le conserver élevé ne suffisent pas à justifier qu'il se creuse encore. Or, la stabilisation ou même la définition d'un niveau, d'un régime d'endettement acceptable, ou de paramètres susceptibles d'aider à les définir ne semble pas être une priorité du débat. Et là seulement est l'intérêt du débat sur la dette (dans la mesure où parler, en parler et en parler ne changera rien à son montant ou au régime de son évolution : seul l'éveil des consciences le permettra).
Et puisqu'à l'évidence, personne ne semble vouloir définir de projet politique autrement que par sondages, être constructif, c'est s'accomoder d'un état de fait auquel on ne peut rien.
Rédigé par: Gla | 03 novembre 2006 at 11:42
Marc_B : ton discours montre les contresens que peut apporter le discours sur la dette, malheureusement.
"Chacun sait que l'endettement a son utilité dès lors qu'il s'agit de financer l'investissement et non plus les dépenses courantes."
Pas forcément. Et la séparation de ce qui relève de l'investissement et des dépenses courantes n'est pas aisé. L'enseignement, par exemple, profite aux générations futures. Doit-on le faire supporter, par revers de solidarité, aux générations actuelles ? Est-ce un investissement ?
"Cela ne te dérange pas de savoir que l'intégralité de ton IR sert à rembourser cette dette, sans qu'il n'y est aucun projet derrière ?"
Non, mon IR ne sert pas à rembourser la dette. Les montants sont équivalents, mais le problème n'est pas là. Ces dépenses sont faites, le problème est dans la dépense et son effiacité, pas dans le niveau du remboursement annuel (l'argent a de toute façon un coût).
"Cela ne te dérange pas de financer le déficit des retraites de fonctionnaires qui auront cotisés moins d'années que toi tout en sachant qu'ils toucheront 75 % de leur dernier salaire (primes comprises) alors que toi tu plafonneras à 53 % alors que tu bosses 15 heures par jour ? et encore cette situation est vrai aujourd'hui. Penses-tu à l'avenir de tes enfants ?"
Je ne bosse pas 15 heures par jour (enfin, ça dépend). Et oui, ça me semble normal de respecter le contrat qu'ont signé des personnes à un moment donné. Je paierai ces retraites, contrairement à ce qu'ont pu dire quelques ânes. En revanche, je ne considère pas cette situation viable à long terme, et il me semble nécessaire de faire évoluer le système des retraites, en allant vers un temps de travail allongé.
Et oui, je pense à mes enfants.
"Alors oui on en entend parler beaucoup mais n'est ce pas parceque c'est le seul moment ou l'on peut interpeller nos gouvernants ?"
Peut-être, sans doute pas le seul, mais un moyen d'interpeller, oui.
"Sur le coup, même si je ne suis pas particulièrement fan, je trouve que Breton fait son job."
En partie, oui. Le point positif, c'est le quasi-gel des dépenses publiques. Les points négatifs, ce sont les baisses d'impôts qui continuent quand même, le déficit qui stagne à un niveau élevé sans que cela ne correspond e à une quelconque politique contra-cyclique, la réduction stupide de la dette par cession d'actifs, et le discours optimiste qui dit que tout va très bien madame la marquise, on s'occupe de tout, alors que la réforme de l'Etat est encore quasiment totalement à faire.
Breton, de ce point de vue, incarne une dérive que j'ai déjà largement décirée : il se concentre tellement sur la dette qu'il en fait des betises.
Rédigé par: versac | 03 novembre 2006 at 11:44
La première hystérie à combattre, c'est celle de la logique purement comptable de la dette. On a parfois l'impression que la seule solution, ce serait de réduire les dépenses et d'augmenter les recettes. Mais c'est absurde ! Si on pousse cette logique jusqu'au bout, on ne forme plus les enfants, on arrête de se soigner et on garde au chaud le maximum de cash pour parer à toute éventualité... Ce serait une spirale dépressive où en définitive, plus rien ne rentrerait dans les caisses.
Un budget, ce n'est pas arbitrer entre des administrations qui auraient le pouvoir de faire perdre toute valeur monétaire à l'argent devenu public, ni arbitrer entre les gentils à qui on laisserait de l'argent et les méchants à qui on le prendrait. Cette conception-là, c'est la négation même de la politique budgétaire.
Celle-ci doit au contraire être dynamique : ponctionner et investir pour agir sur les choix des acteurs économiques et gagner des marges de manoeuvres budgétaires. Le problême lorsque j'ai lu lerapport Pébereau, c'est que j'ai eu clairement le sentiment que la seule fois où l'on ne niait pas l'impact de l'argent public, c'était pour dire qu'il faut augmenter les impôts sauf ceux des riches, parce que ceux-là, ils ne sont pas assez cons pour rester...
Deux exemples :
- côté recettes, le principe du "pollueur-payeur" : ce n'est pas punir les vilains pollueurs, c'est internaliser des coûts importants (de santé, d'infrastructure, de traitement de l'eau...) pour que les entreprises investissent de manière à polluer moins, et à réduire nos besoins de financement de ces externalités négatives.
- côté dépenses, prenons l'ANPE. On a un conseiller pour 150 dossiers, de telle sorte qu'ils ne servent plus qu'à fliquer les chômeurs. Ne peut-on pas penser qu'en en ayant un pour 50 ou 75 (contre un pour 15 au danemark...), ils gagneraient du temps pour organiser plus efficacement le retour à l'emploi ? Combien de prestations chômage économisées ?
Alors oui, le politique n'est pas blanc dans cette histoire. Il faut certainement rationnaliser nos services publics avec pour seul critère le service rendu. Il faut évaluer les politiques publiques pour en chiffrer la pertinence. Mais de grâce, ne nous enfermons pas dans une logique comptable qui a déjà fait de nombreux dégats...
Rédigé par: Fred de "et maintenant ?" | 03 novembre 2006 at 12:33
Fred: Une remarque : vous postulez que, dans l'absolu, si on retirait à l'état les moyens de sa mission, rien ni personne ne prendrait le relais. Ce qui est à l'évidence faux.
Rédigé par: Gla | 03 novembre 2006 at 12:35
Versac, Frednetik,
Mon discours était volontairement provocateur et destiné à susciter des réactions un peu plus appuyées que celles régulièrements distillées consitant à dire qu'il en a marre que l'on parle que la dette en ce moment.
@ Frednetik,
L'exemple que j'ai utilisé concernant la dette avait pour objectif de mettre en avant le danger qui pèse sur les générations futures quant aux pension de retraites du public à venir e tqui ne sont pas provisionnées par l'état, cad 900 milliards d'euros. Après effectivement je n'aurais pas la prétention de distiller n cours d'économie à qui que ce soit mais simplement la volonté d'énoncer des faits que je n'invente pas ni n'interprète.
J'attends donc de pouvoir débattre sur le fonds du sujet avec toi et avec d'autres bien sûr.
@ Versac,
En lisant tes commentaires, je pense que globalement nous ne sommes pas si éloignés que cela puisque je partage entièrement l'idée que la réduction de la dette doit passer par une amélioration de l'efficacité des dépenses publiques (la LOLF étant un point de démarrage). La différence étant que mes propos ont été beaucoup moins lissés et diplômates que les tiens c'est évident mais au risque de me répéter, il s'agissait de provoquer une(des) réactions un peu vives pour provoquer le débat.
Quant à Breton, je ne pense pas qu'il dispose de marge manoeuvre suffisante pour orienter le débat vers qui est le coeur du problème : la réforme de l'état. Alors forcemment il s'agite dans son coin comme il peut quitte à dire peut etre des conneries mais que veux tu, il ne peut pas se permettre de cracher dans sa propre soupe.
Rédigé par: Marc_B | 03 novembre 2006 at 12:40
je rajouterais qu'effectivement la dette n'est pas uniquement un prblème comptable qu idoit se régler par un ajustement des dépenses et des recettes mais que si l'on parle en ces termes c'est qu'avant de pouvoir faire de la pédagogie, il faut savoir interpeller l'opinion (quitte à être un peu populiste et démago)
Rédigé par: Marc_B | 03 novembre 2006 at 12:44
à Gla :
je ne postule rien. Je sais bien que de nombreuses entreprises sont prêtes à faire des bénéfices là où l'Etat perd de l'argent.
En gros, il y a 2 arguments pour dire que cela reviendrait moins cher : la concurrence et le contrôle des coûts par les actionnaires.
Il y en a en revanche 2 qui le rendrait plutôt plus cher : la recherche de profit et l'absence de mutualisation des coûts (quand l'Etat paye l'école, il fait aussi participer ceux qui n'ont pas d'enfants).
Est-ce que les privatisations de services publics rendent de l'argent au pauvre petit contribuable que nous sommes ? C'est à voir au cas par cas, et peut-être que la modernisation des services publics pour mieux évaluer leurs résultats suffirait. Demandez peut-être leur avis aux entreprises qui ont souscris à l'offre "libre" d'EDF et qui paient aujourd'hui 40% de plus que celles qui sont restées comme des idiotes dans la tarification administrée ;-)
Rédigé par: Fred de "et maintenant ?" | 03 novembre 2006 at 16:48
J'adhérerrais volontiers au point de vue d'Alexandre:
"si effectivement c'est la pression de l'endettement qui pousse à surveiller l'efficacité de la dépense publique, alors nous ne pouvons qu'espérer que la dette publique restera à un niveau élevé le plus longtemps possible"
Effectivement, je suis persuadé qu'il est possible d'améliorer l'efficacité des services de l'Etat. Pour illustrer mon propos, une petite histoire qui se situe dans mon contexte professionnel
Quand une entreprise suédoise décide de réduire de moitié les effectifs d'une de ses usines, le directeur de la dite usine va être confronté à 3 interlocuteurs:
le délégué syndical, d'autant plus incontournable que 80% des salariés sont syndiqués cjez lui
Le responsable de l'entité territoriale concernée. Comme la Suède a maintenant environ 600 communes, c'est du maire de l'une d'entre elles qu'il s'agit
le responsable du dervice public de l'emploi.
Ces 4 personnes vont se retrouver autour d'une table, négocier durement et aboutir assez rapidement à un compromis et un programme d'action
Imaginons la mêm situation en France. Combien d'interlocuteurs? 30? 40? Comment voulez vous que cela marche? N'est ce pas un immense gaspillage?
Il y a une alternative à la réduction sdes services rendus ou à l'augmentation des impôts. Pourquoi s'en priver?
Nota: ce n'est pas le remboursement de la dette qui absorbe tout l'impôt sur le revenu, c'est le paiement des intérêts
Rédigé par: verel | 03 novembre 2006 at 21:04
Si quelqu'un connait une adresse où l'on pourrait retrouver de façon synthétique les chiffres du budget de la France ainsi que quelques données économiques, ce serait bien, j'aimerais comparer le montant du déficit annuel de l'Etat avec le montant des remboursements d'emprunts de ce même Etat.
Rédigé par: xerbias | 04 novembre 2006 at 16:30
Je te rejoins, Versac, sur le fait que la dette n'est pas un sujet en tant que tel. Pour reprendre la citation de Céline qui figure en exergue de mon blog, "on ne meurt pas de dettes, on meurt de ne plus pouvoir en faire". Nous n'en sommes pas aujourd'hui au point de ne plus pouvoir en faire (ce jour là, nous n'aurons plus à débattre, ce sera la réduction instantanée des déficits puisque nous ne pourrons plus les refinancer).
Si ce n'est pas un sujet en tant que tel (à ce jour, et si nous ne laissons pas encore empirer la situation de nos finances), c'est en revanche une contrainte à prendre en compte dans le débat, car elle fixe une limite financière aux possibilités d'intervention de l'Etat.
A cet égard, le projet du PS qui table sur le retour de la croissance pour financer les propositions socialistes me semble particulièrement dangereux. Il s'appuie sur le précédent de 1997/2002 alors que la forte croissance de cette période était due à l'introduction des nouvelles technologies et pas à celle des ...35 heures. Si, comme c'est plausible, la croissance n'était pas au rendez vous, ce serait autant de dette en plus. Et là, cela fnirait par devenir un sujet en tant que tel...
Rédigé par: Denis Castel | 04 novembre 2006 at 16:38
Certains parlent d'hysterie a propos de la question de la dette. On ne doit pas suivre les memes debats! Dans le debat public je vois plutot de l'hysterie sur des sujets comme les soviets proposes par Segolene ou les provocations anti-juges de Sarko.
Mais sur la dette, non, vraiment pas!
Versac qui fait souvent de la pub pour l'excellent site Debat 2007 devrait relire le chiffrage des programmes des candidats sur ce site: la verite c'est qu'en depit de cette soit-disant hysterie les candidats ignorent totalement la question de la dette et multiplient les promesses delirantes augmentant la depenses publiques et les deficits.
Sensibiliser les francais a la auestion de la dette est indispensable. Nous avons desoin de beaucoup plus d'hysterie! C'est le seul rempart contre l'ultra demagogie.
Rédigé par: Guillaume | 04 novembre 2006 at 16:39
A Xerbias
Pour les chiffres du budget, voir sur le site du Ministère des Finances
http://www.minefi.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/ministre/plf2007/sommaire.htm
Rédigé par: Denis Castel | 04 novembre 2006 at 16:41
A Xerbias,
Et pour les chiffres sur la dette, voir le site de l'Agence France Trésor
http://www.aft.gouv.fr/
Rédigé par: Denis Castel | 04 novembre 2006 at 16:43
@ Denis,
Sans avoir ton approche économique, je ne comprends pas comment tu peux dire que c'est un non sujet dès lors que les simples intérêts de la dette représente aujourd'hui le second poste de dépenses de l'état et qu'en moins de 20 ans la dette a doublé sans pour autant que l'économie française ou encore le modèle social ai été transformé de manière pérenne.
Alors effectivement et pour reprendre les propos de ton blog, les agences de notation n'ont pas encore dégradé notre note comme l'Italie mais, ce que je souhaite dire au fonds c'est, faut'il attendre encore 20 ans pour s'attaquer au problème ?
Désolé mais je ne me vois pas dire à mes gamins dans 20 ans "bah tu sais à l'époque c'était tendu mais pas infernal, sauf que comme rien n'a été fait et bien maintenant c'est toi qui payera les pots cassés"..
Sorry ca me dépasse et dans l'absolu je préfère que l'on en parle trop quitte à ce que cela agace etc etc plutôt que le sujet soit éludé par des "non mais la dette c'est pas un problème en soit" et spéculer sur des théories qu'elles soient intéressantes ou fumeuses mais qui n'empêchent pas de toutes les manières cet énorme gaspillage
Rédigé par: Marc_B | 04 novembre 2006 at 17:45
Il ne faut pas parler de la dette mais des dettes, en effet les ménages et les entreprises ont aussi des dettes, pas seulement l'état. Plus d'information ici :
http://guerby.org/blog/index.php/2006/11/02/123-les-dettes
Rédigé par: Laurent GUERBY | 04 novembre 2006 at 22:22
A Marc_B,
Je me suis sans doute mal exprimé, Marc. La dette n'est pas du tout un non-sujet à mon sens (au risque de paraître prétentieux, je n'ai pas écrit un an avant Jaffré un roman dénonçant le risque de faillite de l'Etat pour penser maintenant que c'est un non-sujet). Je dis juste que 1/ la dette est la résultante de l'accumulation de déficits, donc résorber la dette ou à tout le moins la stabiliser (en valeur absolue, pas en % du PIB !!!) implique de réduire voire d'éliminer les déficits (mais je suis assez pessimiste sur la capacité de l'opinion à l'accepter et sur celle des candidats à le proposer), donc le débat doit porter sur la réduction des déficits et par voie de conséquence sur celle de la dette 2/ en l'état actuel, la dette est une contrainte en ce qu'elle réduit (pardon, devrait réduire...) les marges de manoeuvres des candidats à l'élection présidentielle. Mais tu as raison, il faut en parler, en parler encore, en parler toujours pour espérer contribuer à une prise de conscience collective. En fait, je crois qu'il faudrait globaliser le sujet et associer systématiquement déficits et dette, les premiers étant à l'origine de la seconde, et la seconde entretenant les premiers par les intérêts d'emprunt qu'elle génère (et qui ne sont pas du tout négligeables comme tu le soulignes fort justement).
A+
Rédigé par: Denis CASTEL | 05 novembre 2006 at 21:07
Merci Denis Castel pour les données. Si j'en crois donc les chiffres clés du budget du Minefi, nous dépenserons environ 40 milliards d'euros en remboursement de dettes en 2007, et le déficit de ce même budget 2007 sera d'environ 40 milliards d'euros. Donc, notre déficit actuel sert à rembourser la dette, ce qui veut dire que nous nous endettons actuellement sans aucune retombée pour l'investissement ou le fonctionnement actuel de l'Etat.
J'en arrive facilement à la conclusion que sans la dette le budget serait équilibré, et que si le budget avait été équilibré pars le passé, nous aurions 40 milliards de marge de manoeuvre supplémentaires disponibles pour le budget. Ce qui me fait dire que cette histoire de dette trop grosse, ce n'est pas qu'une hystèrie vaine.
C'est un raisonnement naïf et probablement faux, mais si quelqu'un pouvait m'expliquer précisement en quoi, j'aurais moins l'impression qu'il y a un sérieux problème avec cette dette et son remboursement.
Rédigé par: xerbias | 05 novembre 2006 at 23:41
A Xerbias,
Sauf erreur de ma part, 40 milliards d'euros, ce ne sont que les intérêts de la dette, pas les remboursements du capital emprunté (à ma connaissance, 13,2 milliards d'euros en 2006 grâce notamment aux recettes de privatisation). Il n'en reste pas moins arithmétiquement vrai que sans les intérêts de la dette, le budget serait à l'équilibre.
Rédigé par: Denis CASTEL | 06 novembre 2006 at 07:19
Une précision complémentaire : 40 milliards d'euros, c'est avec le niveau actuel des taux d'intérêt. Qui sont historiquement bas. A bon entendeur...
Rédigé par: Denis CASTEL | 06 novembre 2006 at 08:23
"Sauf erreur de ma part, 40 milliards d'euros, ce ne sont que les intérêts de la dette, pas les remboursements du capital emprunté (à ma connaissance, 13,2 milliards d'euros en 2006 grâce notamment aux recettes de privatisation)."
Hmm, dans ce cas, quelle est la ligne du budget qui correspond au remboursement des capitaux empruntées ? Dans le fichier suivant http://www.minefi.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/ministre/plf2007/chiffrescles2007.pdf j'ai du mal à voir un autre poste concerné par la dette, à part "engagements financiers" ou "dette publique et garanties" qui au gré des tableaux tournent tous autour des 40 milliards. Rassurez moi, même si on contracte de nouvelles dettes, on rembourse quand même le capital emprunté par les anciennes, non ?
Rédigé par: xerbias | 06 novembre 2006 at 10:54
xerbias : ben oui, on rembourse, et on réemprunte en même temps, ce qui fait que la dette est une source de financement de l'action publique. A taux d'endettement constant et linéaire, on n'aurait pas de "remboursement" à sortir. Ce n'est que dans le cas d'un remboursement supérieur aux emprunts contractés qu'on a besoin de sortir du cash. Pour les détails, aller sur le site de l'agence France trésor :
http://www.francetresor.gouv.fr/
Rédigé par: versac | 06 novembre 2006 at 11:21
A Xerbias,
Dans le budget ne figurent que les intérêts des emprunts, pas les remboursements en capital (de même que les intérêts figurent dans le compte de résultat d'une entreprise et que les remboursements n'impactent que le bilan). Pour compléter le message de Versac, on a en gros la relation suivante : Dette à fin N-1 + déficits N - remboursements N + nouvelles émissions N = Dette à fin N
Comme l'Etat emprunte depuis des années et encore aujourd'hui sans difficulté et bon marché (voir mon explication "Des capitaux abondants qui cherchent à s’investir (à tout prix ?)" à l'adresse http://www.deniscastel.fr/index.php?s=myopie&sentence=AND), chaque année, il émet plus de nouveaux emprunts qu'il n'en rembourse.
Rédigé par: Denis Castel | 06 novembre 2006 at 12:04
D'accord avec le commentaire de Guillaume "touvabien" (qui dit que ça ne va pas du tout) sauf quand il enchaîne sur "tous les candidats s'en moquent". Non, pas tous ...
Bien sûr, c'est la dette "nette" qui compte et non la dette brute : quand M. Breton, pour réduire la dette, vend les actifs publics les plus rentables (autoroutes) et vide la trésorerie, il fait oeuvre de bien mauvaise gestion et aggrave notre situation financière.
Bien sûr que c'est important et gravissime, la dette (nette), pour une raison qui me semble étrangement tue : la très forte inertie de la dépense publique. Comment une entreprise en mauvaise situation financière se redresse-t-elle ? Par un plan (anti)social. Tant que la fonction publique bénéficie de la garantie du maintien de l'emploi (ce qui me semble par ailleurs raisonnable, au moins pour la fonction publique d'Etat), l'Etat ne peut pas faire de plan 'social'. Les "non-remplacements de départ à la retraite" ne peuvent changer les choses qu'à un rythme très lent.
Au contraire, par rapport à la situation "structurelle" des comptes publics, les déficits budgétaires annuels fluctuent rapidement selon la conjoncture économique, puisque les recettes de l'Etat surréagissent à la croissance (impôt sur les bénéfices en premier lieu, d'autres aussi comme l'impôt sur le revenu).
C'est pourquoi la dette (nette), indicateur financier de long terme, est le bon indicateur et le vrai problème.
Rédigé par: FrédéricLN | 06 novembre 2006 at 12:13
Denis Castel> L'augmentation annuelle de la dette française est-elle supérieure à ces 40 milliards d'euros constitués par le déficit ?
Le site du Trésor français est loin de me simplifier la compréhension des finances publiques...
Rédigé par: xerbias | 06 novembre 2006 at 14:59
Xerbias,
La variation de la dette de l'Etat ne dépend pas que du déficit
Par exemple en 2007, Th Breton prévoit de réduire le matelas de trésorerie de l'Etat. Cela réduira la dette toutes choses égales par ailleurs.
La variation de la dette est égale à la différence entre nouvelles émissions et remboursements. Le montant des nouvelles émissions est conditionné par les besoins que sont le déficit et les remboursements.
Donc si le déficit est de 40 M€, les remboursements de 70 M€, et si la variation de la trésorerie est négative de 10 M€, les nouvelles émissions devront être de 100 M€ et la dette augmentera de 100 (émissions) - 70 (remboursements) = 30 M€
Rédigé par: Denis CASTEL | 06 novembre 2006 at 18:56