Deux candidats, deux partis
Hier soir, conjonction (savamment créée par l'UMP pour que son parti rival ne fasse pas seul l'actualité) de deux événements :
- d'un coté, la désignation de la candidate du PS,
- de l'autre, l'officialisation du programme législatif de l'UMP.
Effet miroir de ces deux partis dominants.
D'un coté, le PS, après avoir validé un projet de parti il ya quelques mois, sort d'une logique de concurrence interne pour tenter désormais de se rassembler, après avoir enfin nommé une tête. Tête qui, paradoxalement, est sans doute celle qui a pris le plus de libertés par rapport au projet de son parti.
De l'autre, l'UMP est actuellement en plein sous le feu de la dissidence (notamment des clans chiraquiens, même si leurs efforts sont sans doute voués à l'échec à l'intérieur du parti), tout en disposant depuis des mois d'un leader icontesté. Le "projet" vient de sortir, et répond précisément à cet objectif d'apaisement des divisions, de prise en compte de la diversité.
Dynamiques inverses, donc, sur fond de deux relations difficiles : alors que chacun de ces deux partis n'a qu'un mot à la bouche : "rassemblement", les deux candidats veulent justement incarner une "rupture", une évolution au moins, par rapport à la lourdeur et le conservatisme de leurs partis. Deux candidats qui sont clairement plus plébiscités pour leur personnalité, pour leur incarnation du changement que pour leur fond idéologique, réellement (quel français aime le scandinavo-blairisme ou l'atlantisme-interventionno-libéral ?). Deux candidats caméléons, aux méthodes proches (mise en marge, habileté politique, séduction, pragmatisme).
De deux choses l'une : soit ces personnes arriveront à être plus fortes que leurs appareils, en s'appuyant largement sur le lien avec le peuple français, en jouant toujours plus la séduction, la procimité, la connivence contre les systèmes, au risque de se détacher trop de leur parti. Soit les appareils (et la réalité, en quelque sorte) les rattraperont, les terniront, les reprendront en leur sein, au risque d'en faire des tenants de la continuité. Cohérence et rupture : il va falloir être fin, pour éviter que le peuple ne se tourne vers des candidats pour le coup plus cohérents et rupturistes depuis longtemps.
Le paradoxe demeurera, il faudra jouer avec : que fera le candidat élu, entre 2007 et 2012 ? Ce que dit la ligne du programme de son pari, qui exprime dans les deux cas une réelle continuité de pratique ? Ou bien son programme personnel, qui n'est pas encore dévoilé, mais qui, dans ce qu'on en pressent, pourrait être radicalement différent ?
La relation candidat-parti va être au coeur de ces présidentielles. C'est en tout cas en exigeant clairement de la précision, de la position, de l'engagement sur les sujets majeurs qu'on pourra, peut-être, éviter d'arriver à un malentendu comme celui de 1995 : l'élection du style, la préférence pour le fond et le charme, le pragmatisme. Là où l'on attend surtout des réponses.
Finalement, sauf le climat de rupture plus fort que d'habitude, cette présidentielle a des airs très français, dans la bonne tradition qu'a créée De Gaulle : c'est un homme face à un peuple. Espérons que ça ne nous crée pas les mêmes malentendus qu'auparavant.




Je ne m'attendais pas à tel score de Royal.
Je ne comprends pas que les Français choisissent leur candidat sur de simples apparences...
Aussi pour une fois je pousse un coup de gueule (http://loeildemoscou.typepad.com/)non pas contre les politiques mais contre les Français eux-mêmes pour leur demander de faire preuve de bons sens.
Je crois de moins en moins à une surprise et de plus en plus à un 21 avril....
Rédigé par: Marc_B | 17 novembre 2006 at 10:39
Marc_B : ce sera un 22 avril alors. Je propose comme réforme pour 2012 de ne pas faire l'élection un 23 avril.
Rédigé par: versac | 17 novembre 2006 at 10:40
@ Versac : 2012 !!! tu apporocheras la quarantaine...auras-tu encore la niaque ou seras tu résigné...:o) ???
Rédigé par: Marc_B | 17 novembre 2006 at 10:49
Je m'attendais tout à fait au score de Ségolène. Et je m'en réjouis. Il y a beaucoup de femmes inscrites à 20 E, il y a longtemps que je lis leurs blogs, et j'étais sure qu'elles auraient voté pour elle. Vous etes aveugles, sur "lieu commun".
Rédigé par: Lorycalque | 17 novembre 2006 at 12:26
Pour le programme du PS il est suffisamment vague pour que le candidat fasse ce qu'il veut, c'était le deal entre les dirigeants du PS avant l'élaboration du programme si j'ai bien compris.
Rédigé par: Laurent GUERBY | 17 novembre 2006 at 12:37
Sarko ne pas s'appuyer sur son parti? mais il l'a dans la main son parti, il n'est même pas obligé de broncher quand MAM nous fait le coup de la sainte nitouche qui ne veut pas de l'amalgamme jeune=délinquant, les militants se chargent de lui rappeler qui est le boss...
Rédigé par: frednetick | 17 novembre 2006 at 13:57
Moi j'attends de voir Chirac qui serait capable de créer un nouveau parti pour se lancer et contrer sarko
Rédigé par: Marc_B | 17 novembre 2006 at 14:40
"Moi j'attends de voir Chirac qui serait capable de créer un nouveau parti pour se lancer et contrer sarko"
Se...lancer à plus de 75 ans? Faudra le faire Maréchal.
Rédigé par: Lorycalque | 17 novembre 2006 at 15:41
A l'occasion du décès de JJSS, les journaux ont rappelé qu'il était opposé (en cela, il rejoignait la position de Mendès Francs) au principe de l'élection du Président de la République au suffrage universel. Trop de risques de dérive populiste ou autoritaire.
Une critique pas nouvelle nouvelle (cf par exemple http://www.rajf.org/article.php3?id_article=619 mais qui a le défaut de dater d'avant la réforme du quinquennat).
Est ce que les vrais enjeux de société se jouent réellement à cette occasion ?
Merci à Versac pour la dynamique de son blog.
Rédigé par: Dersou | 18 novembre 2006 at 12:32
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commentaire purement publicitaire déjà copié-collé ailleurs. Supprimé
Rédigé par: Ghyamphy | 20 novembre 2006 at 21:55
DSK a échoué dans sa tentative d’ancrage du Parti Socialiste dans une social-démocratie à la Française. Les électeurs socialistes lui ont préféré les “désirs d’avenir “, l’ordre juste” les énergies positives et autres Ovnis de communication. L’échec de DSK , c’est un gâchis de plus dans la vie politique française, C’est dommage pour lui et sans doute dommage pour la France qui aurait mérité d’approfondir cette voie à l’occasion de l’offre politique des prochaines présidentielles. DSK a annoncé, ce qui est logique, qu’il soutiendrait Ségolène et peut être contribuera t’il à donner de l’épaisseur au programme de la candidate PS . Mais ses électeurs et surtout les sympathisants PS qui avaient , notamment à Paris, manifesté leur espoir dans cette nouvelle voie socialiste que n’avait jamais pu imposer auparavant Michel Rocard ?
Nous leur tendons la main…Pour le débat ou des actions communes
blogdudemocrate
Rédigé par: Juste milieu | 21 novembre 2006 at 21:42