Quizz
"Si ce pays ne règle pas, par un choix raisonné, la croissance de son Université, il subira l'explosion scolaire comme un cataclysme national"
Qui a dit ça ? Quand ?
Réponse : Paul Ricoeur, en 1964, dans Esprit.
Quizz auquel succèdera une série de notes sur ces sujets des générations et de l'enseignement supérieur. Je ne pourrai assister aujourd'hui, pour raisons professionnelles, à la convention sur le sujet de l'UMP, comme je l'avais prévu.




C'est une question ou une devinette ?
Rédigé par: Denis CASTEL | 04 octobre 2006 at 10:03
Denis : c'est une devinette, qui donnera lieu à un billet par la suite...
Rédigé par: versac | 04 octobre 2006 at 10:10
En tout cas, cela rejoint une thèse développée par une tribune dans les Echos du 19 mai dernier :
"Vers l'éclatement d'une bulle éducationnelle ?
Au-delà des erreurs de méthode et de communication imputables au Premier Ministre, au-delà des convictions de chacun quant à la nécessité d’une flexibilité accrue du droit du travail ou quant aux méfaits supposés de l’économie de marché, et au-delà enfin des truismes sur les difficultés des générations qui arrivent sur le marché du travail depuis quinze ans à s’y faire une place (qui plus est une place décente), il subsiste quand même une question d’importance, laissée dans l’ombre tout au long de ces semaines de contestation étudiante, lycéenne et syndicale. Cette question est celle de l’équilibre (ou du déséquilibre) entre la quantité et la qualité de diplômés d’une part, et les besoins de compétences des entreprises et des administrations d’autre part. La course aux diplômes observée depuis une quinzaine d’années (et largement alimentée par la multiplication des offres de formations en tout genre des établissements d’enseignement supérieur) n’est pas sans rappeler le phénomène des bulles spéculatives ou des crises de surinvestissement Une "bulle" est une hausse exagérée et irraisonnée des prix sur un marché (marché financier, immobilier ou de matières premières). La hausse des prix s’auto-entretient pendant un temps en dehors de toute rationalité, par la croyance de chacun que le prix élevé d’aujourd’hui le sera encore plus demain. La bulle finit tôt ou tard par se résorber au travers d’une baisse brutale des prix, lorsque la rationalité économique reprend ses droits. L’histoire économique et financière est ainsi jalonnée de ces périodes de frénésie collective, depuis la tulipomania aux Pays-Bas au dix-septième siècle, qui avait vu le prix d’un bulbe de tulipe dépasser celui d’une maison, jusqu’à la récente bulle Internet, où n’importe quelle action de société se négociait à des prix délirants et sans commune mesure avec la taille de la société et ses perspectives de résultats, dès lors qu’il y avait un rapport plus ou moins lointain avec les nouvelles technologies. Une bulle peut aussi s’accompagner d’une crise de surinvestissement, comme ce fut le cas avec les chemins de fer à la fin du dix-neuvième siècle. Et aujourd’hui encore, il est loisible de s’interroger quant à l’existence d’une bulle obligataire entretenue par les monceaux de liquidités produits par plusieurs années de politiques monétaires accommodantes et qui cherchent à s’investir, mais là n’est pas le sujet.
La comparaison du développement récent de l’enseignement supérieur avec une bulle financière paraîtra sans doute impropre et même hasardeuse à certains. Elle n’est néanmoins pas totalement dénuée de fondements. Chacun a pu constater que l’enseignement supérieur est devenu en une quinzaine d’années une véritable industrie, un marché au sens économique du terme, avec une demande toujours plus forte de la part des étudiants et de leurs parents, hantés par la crainte du chômage, et une offre de plus en plus pléthorique, relayée par d’efficaces techniques de marketing et de communication. D’aucuns objecteront qu’une telle évolution ne constitue pas une bulle ou un risque de surinvestissement. Certes. En revanche, la ruée de prétendants aux diplômes, la sacralisation de n’importe quel diplôme dès lors qu’il est labellisé "Bac + 5", l’illusion que ce label Bac + 5 est une assurance sans faille contre le risque de chômage, une sorte de sésame supposé ouvrir les portes des entreprises font furieusement penser à un phénomène de surinvestissement. Les candidats au diplôme font preuve d’une sorte de foi aveugle dans les études supérieures, sans se soucier de savoir si le diplôme qui sera obtenu a une réelle valeur "marchande", i.e. s’il répond à un besoin sur le marché du travail. Cette sacralisation du diplôme se double en outre d’un engouement massif pour des métiers jugés à tort ou à raison plus "glamour", comme ceux du journalisme, de la communication ou de la culture. Les établissements d’enseignement supérieur ont surfé sur cette vague, multipliant les filières et les diplômes, et on a ainsi vu fleurir les DESS (devenus des "masters" sous l’effet de l’harmonisation européenne) spécialisés en "Médiations culturelles et communication", "Communication et échanges culturels" ou encore "Identités, communication et développements interculturels". Même en sciences de gestion, le risque d’une surpopulation de diplômés devient patent. Comment ne pas songer à la crise de surinvestissement qu’a connu le secteur des chemins de fer à la fin du dix-neuvième siècle, pendant laquelle ont été posés des tronçons de voie ferrée qui ne menaient nulle part ? A la différence de la sphère financière où les ajustements sont rapides et brutaux, en matière d’éducation et donc d’hommes, ils sont forcément plus lents. Il n’en reste pas moins que ce surinvestissement éducationnel produit déjà son lot de frustrations et de désillusions, d’abord pour ceux qui ont cru que cinq années d’études après le bac leur permettraient d’accéder sans difficultés à l’emploi de leurs rêves, mais aussi pour les familles aux moyens modestes, qui ont souvent consenti des sacrifices importants pour financer ces études.
Il ne fait aucun doute que la qualification, qui provient pour partie des études et donc du diplôme, constitue la meilleure protection contre le chômage et les difficultés d’insertion. Mais encore faut-il que cette qualification réponde à un besoin. N’en déplaise à certains et peut-être même à beaucoup, une économie moderne a aussi besoin de former des plombiers ou des boulangers (sauf à accepter de les faire venir de Pologne ou d’ailleurs), professions qui n’ont rien de déshonorant et, surtout, qui ne sont pas moins rémunératrices qu’un poste de cadre en entreprise quand elles sont exercées pour son propre compte. Au risque de passer pour un rabat-joie, il convient d’ajouter que l’importance croissante prise par la communication au sein de nos économies modernes ne doit pas laisser croire que tout le monde pourra devenir animateur d’émission de télévision, journaliste dans un magazine de déco ou critique de cinéma. Et quitte à être politiquement incorrect, essayons d’enfoncer le clou jusqu’au bout et rappelons que les entreprises sont mues avant tout par une rationalité économique et ne recrutent que les compétences dont elles ont besoin. A entendre les slogans des étudiants et des lycéens lors des manifestations contre le CPE, il est à craindre que la prise de conscience de ces quelques réalités économiques incontournables soit loin d’avoir eu lieu. Le réveil risque d’être douloureux…"
Rédigé par: Denis CASTEL | 04 octobre 2006 at 10:13
Mais denis, t'es rien qu'un troll. Pa ssympa de copier coller des trucs comme cela.
Rédigé par: Joceline | 04 octobre 2006 at 10:16
Houla c'est vieux en tout cas ...ça date pasdes années 60. C'est pas un philosophe qui a dit ça avant ou pendant mai 68 ?
J'ai bon ?
Rédigé par: Farid taha | 04 octobre 2006 at 10:18
Joceline, si cela ne t'intéresse pas ou si tu trouves cela trop long, tu n'es pas obligée de lire.
Rédigé par: Denis CASTEL | 04 octobre 2006 at 10:20
On pourrait penser à Claude Allègre, Christian Blanc ou le président de Paris-IV qui a une vision réaliste de l'université, mais Farid a raison, si Versac pose la question, cela ne doit pas être d'hier et 1968 serait un bon contexte pour ce genre de déclaration.
Rédigé par: Denis CASTEL | 04 octobre 2006 at 10:23
Denis : ça coupe un peu la conversation et les réponses, quand même. Mieux vaut en général mettre un lien (bon, ok, pas possible sur les echos).
Farid : pas mal. Années soixante oui. Mais pas autour de mai 68.
Rédigé par: versac | 04 octobre 2006 at 10:24
Robert Fossaert dans le Contrat socialiste en 1969...
Rédigé par: mry | 04 octobre 2006 at 10:27
Versac, je suis d'accord, d'habitude je mets un lien, mais là, comme tu le soulignes, ce n'est pas possible puisque l'article est payant sur les Echos.
Rédigé par: Denis CASTEL | 04 octobre 2006 at 10:29
mry : non. Peut-être moins "socialiste" que Fossaert. C'est avant 68.
Rédigé par: versac | 04 octobre 2006 at 10:34
Malraux ?
Rédigé par: Denis CASTEL | 04 octobre 2006 at 10:34
Ah non quand même pas Malraux.
Rédigé par: versac | 04 octobre 2006 at 10:40
Je mise tout sur un grand philosophe mort il y peu, et que nous avons encore eu la joie d’entendre samedi matin sur France Culture.
Rédigé par: xavier | 04 octobre 2006 at 10:45
Paul Riceur en 1964 dans la revue "esprit"
Voir l'huma :
http://www.humanite.presse.fr/journal/1998-03-21/1998-03-21-412269
Rédigé par: Didier | 04 octobre 2006 at 10:46
Pour la date, c’est 1964, dans la revue "Esprit" (merci google….)
Rédigé par: xavier | 04 octobre 2006 at 10:48
xavier : juste. Didier aussi.
Ricoeur dans Esprit en 64.
Va falloir que je m'attelle au billet correspondant, maintenant.
Rédigé par: versac | 04 octobre 2006 at 10:53
Ricoeur... j'ai hésité entre Fossaert et lui. Bravo Didier.
Rédigé par: mry | 04 octobre 2006 at 11:03
Jacques Chirac. Il y a longtemps.
Rédigé par: Eric | 04 octobre 2006 at 11:06
Méfie-toi, Ricoeur s'est pris une poubelle sur la tête en 68...
Rédigé par: Pikachu | 04 octobre 2006 at 12:39
Tiens Paul Ricoeur... en fait j'étais pas loin... !
Merci Wikipédia: Paul Ricoeur faisait partie du Comité d'orientation de l'association AG2E ou à gauche, en Europe qui une espèce de think thank socio-démocrate créé à l'initiative de DSK et Rocard. Dommage que les socialiste ne se soient pas inspirés d'eux... AG2E s'est prononcé en faveur de la candidature de DSK pour 2007. Je serais curieux de voir si leur aspirations Socio-Démocrates pourront prendre le dessus si DSK n'est pas désigné po les faire désigner le plus proche de leur idéal Social démocrate.
Mais je serais curieux de savoir ce qu'en pense notre ami Versac... Peut être est ce déjà l'objet de son billet ?
Rédigé par: Farid Taha | 04 octobre 2006 at 12:57