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08 septembre 2006

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Voici les sites qui parlent de Youtube vs INA ou INA+youtube ? :

» Peut-on disserter sur l'inaction administrative? de le silence des lois
Les candidats au concours externe de l'ENA viennent de passer les épreuves écrites en cette première semaine de septembre 2006. L'epreuve de droit public est une dissertation de 5 heures.Le sujet sur lequel ont planché les "wanna be" énarques : "... [Lire la suite]

Commentaires

koz

J'avoue que je ne souscris pas vraiment à son analyse. Les initiatives INA et Géoportail sont effectivement perfectibles, mais à quoi rime cette idée de mettre un You Tube sur le site de l'INA ? Pourquoi pas un ToiTube sur un site ToiTube ? Pourquoi vouloir coller ça sur l'INA ? En première analyse, je trouve la critique bien artificielle : l'équivalent américain (si YouTube est bien américain) de l'INA met-elle en ligne les vidéos de mariage des citoyens américains ? Son édito me semble participer d'une critique à la mode - dotée d'un sérieux brin de "qu'est-ce qu'on est cons, nous, en France" - mais parfaitement décalée ? Une telle initiative relève du privé, point. L'attendre de l'administration, c'est un peu là, il me semble, qu'il y a un raisonnement profondément daté ! Comme si l'Administration devait se mêler de tout, et de cela en particulier. Si je veux voir des images d'archive, je vais sur le site de l'INA, et le jour où les français se seront suffisamment bougés les fesses pour créer un YouTube français, j'aurais le plaisir de m'y rendre si je veux voir autre chose.

Désolé, mais là, franchement, quand je lis " La solution: un YouTube français sur le site de l'INA", je trouve ça juste ... très con.

A la rigueur, que l'on discute de la mise à disposition des archives de l'INA sur un YouTube français, soit, mais là...

Je crois d'ailleurs reconnaître, dans l'Etat facilitateur, une certaine inspiration (pour peu en plus que l'on me parle de "clusters", et là, j'appuie sur le champignon et je donne la réponse). Mais je n'ai pas le sentiment que cette proposition d'Attali se situe en ce sens. Au contraire, elle fleure presque son jacobinisme.

Jules

Et j'ajouterai que ce qui ressort de sites comme l'INA ou Geoportail c'est l'aspect purement bureaucratique de leur mise en place.

Ces sites ne sont pas fait pour répondre à des besoins précis, pour améliorer la vie des citoyens, etc., mais ces sites sont faits pour répondre à une demande bureaucratique.

L'utilisateur n'est pas la finalité. La finalité c'est la réponse administratve à une demande administrative.
Du pur étatisme old school. De la grande inefficacité.

versac

koz: pas vraiment d'accord. ce que j'entends, ce n'est pas que l'Etat fournisse un service de partage de vidéos de mariage, mais qu'il s'ouvre à la créativité des individus, leur intelligence, leur fasse confiance, et valorise celui-ci ayu même titre que sa production propre.

Jules : assez juste, mais c'est justement ce que dénonce un peu Attali (moi aussi) en insistant sur l'usage fait, sur l'ouverture, non ? geoportail en tenant compte de l'usager, du client, ça serait peut-être bien, justement, non ?

Pierre

Sur le couplet "Youtube, accessible à tous", il me semble important de rappeler que Youtube c'est du Flash, et que Flash, format totalement propriétaire et non ouvert, n'est accessible qu'aux personnes utilisant un des rares systèmes d'exploitation supportés par Flash. A savoir : principalement Windows et MacOS, accessoirement Linux pour des versions anciennes de Flash. Et c'est tout. 95 % des internautes peut-être, mais certainement pas "tous". De fait, tous les contenus en Flash sont pieds et poings liés au bon vouloir d'Adobe, Flash est un monopole au même titre que Windows.

S'il y a un exemple à suivre, donc, ce ne serait pas Youtube mais plutôt Google Video, qui propose des liens directs de téléchargement pour les personnes non munies de Flash.

edgar

Y cause bien Koz. Bien d'accord sur le point que si l'INA s'ouvre à la créativité des individus et à leur intelligence, elle va se retrouver avec des Go de vidéogags.

Qu'en revanche, éventuellement, l'INA aille pêcher quelques incunables sur un toitube local, why not ?

Sans un travail de sélection minimal ça veut dire que tout se vaut, que l'indexation savante des documents n'a aucun intérêt. On retrouve le débat sur les folksonomies vs les indexations savantes, pour lequel personne n'a suggéré que les folksonomies pouvaient remplacer les index dewey etc... Les deux systèmes sont complémentaires.

Sinon on pourrait aussi créer des musées où les visiteurs amèneraient directement leur peinture ? (oui je sais, dans quelques cas ça ne changerait pas beaucoup - j'ai en tête le joli pot de fleur doré devant Beaubourg par exemple, mais je suis réac)

koz

Versac, efefctivement, j'ai noté que ce n'"était pas le passage auquel tu te référais, je visais ce paragraphe de Jacques Attali :

"La nature des images ainsi partagées n'est pas la même: alors que les médias institutionnels n'enregistrent que les mauvaises nouvelles et ne diffusent que des spectacles de masse, les personnes privées ne filment que les événements heureux et ne mettent en ligne que des chefs-d'œuvre rares; alors que les journaux télévisés ne montrent que des morts et des enterrements, les films privés ne montrent que des naissances et des mariages."

Sebastien Brant

D'abord, Jacques Attali oublie un peu vite de signaler que la plupart des contenus de l'INA sont payants.

Donc comme contribuable, vous avez financé l'INA par vos impots et vous revenez lui acheter le fruit de son travail.

Comme koz et d'autres, la comparaison entre les videos familiales et les archives de 'ORTF me laissent franchement perplexes.

La confiance accordée aux peuples etc, c'est de la rhétorique pure et simple qui ne mène à pas grand chose : le problème majeur est celui du DROIT D'AUTEUR. Si les créations audiovisuelles n'étaient pas protégées pour l'éternité ou quasiment, bon nombre d'internautes se seraient déjà occupé de mettre en ligne leurs séries historiques préférées et le site de l'INA serait totalement GRATUIT, comme YouTube !

Sebastien Brant

J'ajoute que Jacques Attali semble réserver l'exclusivité de ses papiers pour l'Express à son propre blog, 5 jours avant :o)

http://www.attaliblog.com/index.php/2006/09/02/43-google-youtube-ou-ina

Et en plus, on peut avoir la chance d'en discuter avec lui...

koz

Je veux bien que l'on veuille du gratuit, mais il faut aussi évoquer les alternatives au financement. Les droits d'auteur ne sont pas fait que pour emm... les internautes, mais participent d'un modèle économique qu'on ne peut pas mettre à terre sans solution de repli. D'autant que certains sont tout autant réfractaires à la publicité qu'aux droits d'auteur.

petit jardin

On se rapproche ici d'un discours politique qui fait véritablement appel à un rapport intelligent entre le collectif et l'individuel. Une construction souple, consciente et heureuse de sa plasticité, déterminée à être créative et ouverte. Une lumière bienvenue dans la rationnalité macro économique bien pensante.

V

Je trouve l'article - comme souvent chez J Attali - très intéressant de par les parallèles qu'ils cite entre deux modèles. Le combat geoportail googlearth, et les déclarations fracassantes qu'on au moment de son lancement sur le theme "le david francais fait mieux que le goliath americain" illustre également notre capacité à ne pas voir la réalité telle qu'elle est - avec nos forces, mais aussi nos faiblesses.

J'ai pas mal détaillé sur ce theme, et sur celui de l'intelligence collective dans "L'Homme et le marché" (lien amazon http://juliette.nfrance.com/~ju16656/Creer/index.html)

versac

Sébastien BRant : réaction juste à une chose.
"Donc comme contribuable, vous avez financé l'INA par vos impots et vous revenez lui acheter le fruit de son travail." Ce n'est pas esclusif. Public ne veut pas dire gratuit. On paye pour entrer dans la piscine, emprunter un livre à la bibliothèque municipale, etc...

Je ne souscris pas tellement à la séparation faite par attali entre les productions médiatiques et individuelles. Je pense qu'il a forcé le trait pour montrer qu'il y a complémentarité, différence, et qu'un rassemblement ferait sens.

Sébastien Brant

@ versac : " Public ne veut pas dire gratuit. On paye pour entrer dans la piscine, emprunter un livre à la bibliothèque municipale, etc..."

Vous avez raison de souligner que public ne veut pas dire gratuit puisque les impots ça se paie !

Cela dit, la comparaison avec les biens et services matériels a ses limites. Le contribuable paie la construction de la piscine par ses impots mais ensuite, il faut faire fonctionner l'équipement. Et là, ceux qui s'en servent paiue un peu plus que les ceux qui ne s'en servent pas. Presque normal.

Idem pour la bibliothèque : après l'investissement de départ, il faut financer son fonctionnement, les nouvelles acquisitions, etc. Encore que... je connais qq bibliothèques municipales où le contribuable ne paie pas une deuxième fois quand il s'inscrit !

Pour l'INA, c'est très différent. La numérisation est faite et a été réalisée grâce à des ressources publiques. Quel est le cout marginal d'un téléchargement supplémentaire ? Il est proche de zéro. Alors en faisant payer ces téléchargements, l'INA prend un peu le contribuable pour une vache à lait. Mais on voit bien que le problème de fond reste le droit d'auteur...

versac

Sébastien Brant : ben non. Ce sont les usagers qui vont financer a posteriori cette numérisation. Un peu comme une autoroute à péage, où les pégaes servent à financer une partie de l'investissement + l'entretien.

Enfin, c'est la théorie, au moins. Après, reste à voir si effectivement le budget de l'INA prévoit ça comme ça...

Sébastien Brant

OK, l analogie avec les autoroutes privatisées me semble plus juste que votre comparaison avec les bibliothèques et les piscines municipales.

You forgot Poland

Les missions de conservation du patrimoine de l'INA ou de l'IGN se justifiaient par le fait que la conservation des patrimoines concernés ne pouvaient être envisagés par le seul fonctionnement libre des mécanismes de marché (dois-je rappeller que la devise de la république commence par "Liberté").

Dès lors que le cours naturel du progrès technique remet en question les possibilités exactes du marché, l'état doit s'adapter et couvrir les besoins que le marché couvrait et ne couvre plus du fait de son évolution, mais aussi, abandonner les missions qu'il exerçait et que les mécanismes du marché peuvent désormais assurer.

Tant qu'on ne daignera pas se doter d'une théorie décrivant le rôle, la mission des services publics dans une économie libérale telle que celle dans laquelle nous vivons, ces débats seront sans fin.

Adrienhb

Mais est-ce q'un ina youtubé ne serait pas un site qui permette d'intégrer facilement les vidéos qu'il propose sur d'autres sites?

Tout comme un géoportail googleearthisé permettrait d'utiliser ses cartes pour d'autres applications que simplement voir sa maison de vacances du ciel...

A.

Sim

Hum...et Dailymotion ?? Video du fondateur en lien.

serdan

j'ai lu un autre commentaire pour la comparaison entre Geoportail et GoogleEarth :

Les Etats Unis comme la France fait des photos aeriennes de son territoire. Parait il, Les Etats Unis rendent accessible ses données à ses citoyens car ils ont déjà payés 'une fois par leurs impots' pour la constitution de ces données. La France, elle, ferait payer ses données à ses citoyens comme un service supplémentaire (et pour financer ses services, voir IGN avec ses cartes ou MétéoFrance).

Je pense que la comparaison doit plutôt être faite à ce niveau là !

Non ?

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