Le PS propose un nouveau DADVSI
Quelle clarté ! Je suis tout à fait en accord avec Guillaume Champeau, qui écrit :
Le PS pouvait-il être plus imprécis ? La promesse des socialistes est simplement d'élaborer "un nouveau texte" sans en préciser la teneur, et il s'appuie sur les mêmes promesses d'adaptation et de consultation que celles répétées à longueur de mois par le ministre Renaud Donnedieu de Vabres à la vielle des débats sur le projet de loi DADVSI.
Le dernier communiqué d'Anne Hidalgo est une copie pure et simple du discours habituel de Renaud Donnedieu de Vabres, avec juste une micro-touche anti-mondialisation en plus ("lutte contre l’uniformisation de produits culturels formatés pour leur consommation mondiale"). Comparez vous-même :
"pour garantir à tous un accès étendu et renouvelé à la culture, au savoir, à la connaissance, pour favoriser aussi la soif d’échanges, de dialogue, d’interactivité dont la société est porteuse, mais aussi pour défendre et promouvoir les droits de tous les partenaires de la création, et ce dans le plein respect de la conception française du droit d’auteur, sans laquelle il n’y a plus de création vivante et indépendante, ni d’exception culturelle dans notre pays." Anne Hidalgo.
"Dans un monde qui devient numérique, le consommateur doit pouvoir accéder librement à une offre riche et diversifiée [...] la deuxième valeur fondamentale, c’est la diversité culturelle [...] le droit d’auteur est un droit fondé sur une valeur qui demeure plus que jamais actuelle dans une société qui doit affronter les défis de l’avenir : celle de la création. La création qui s’enrichit et se nourrit sans cesse de nouvelles oeuvres, qui rencontre de nouveaux publics, grâce à la démocratisation de la culture qui est sans doute l’un des plus grands acquis du dernier demi-siècle." RDDV.
En fait, il n'y a pas qu'au quai d'Orsay qu'il y a une grande permanence des politiques, de gauche ou de droite. Coté culture, ce sont toujours les mêmes poncifs qui semblent devoir régner. Diversité culturelle, garanties au système de répartition de la valeur actuellement en place, démocratisation de l'accès, etc... Et gnagnagna. Un grand blabla uniforme qui voit quand même gauche et droite s'affronter en disant chacune que l'autre est mauvaise, sans se rendre compte que c'est s'insulter soi-même que de critiquer celui d'en face, dans ce genre de cas.
Le PS dit qu'il reviendra sur le texte, avec une grande concertation. En quoi sera-t-elle différente de celle menée par le ministre actuel ? On ne le saura pas. Quels principes différents vont mener le PS dans une autre direction ? On ne peut en deviner aucun. Ségolène Royal, si elle est candidate, osera-t-elle continuer dans la voie de la licence globale, de nombreux cadres du PS et de nombreux artistes en vue proches du parti y étant opposés ? On a du mal à y croire.
L'art du non-dit. Le PS va le cultiver ainsi jusqu'à la fin de l'année. Je "reviendrai sur". "Ce gouvernement est mauvais", mais je n'ai rien de mieux à proposer. Ca commence à suffire.




Peut-être que le PS et l'UMP utilisent les services de "spin doctors" issus des même facultés ?
Rédigé par: Monsieur Prudhomme | 06 août 2006 at 22:04
Ou de conseillers techniques ayant suivi des parcours proches ?
Rédigé par: versac | 07 août 2006 at 11:15
La position des cadres PS proches des milieux culturels comme Anne Hidalgo ou Jack lang est sans doute proche de celle du gouvernement, mais elle demeure extrêmement minoritaire au sein du parti. Le groupe PS à l'assemblée avait d'ailleurs pris ouvertement position pour la licence légale, contre l'amendement "vivendi universal" et contre la limitation du nombre de copies privées.
Tu disais il y a peu que les discours n'étaient pas des actes... Les votes du groupe socialiste et les termes de la saisine du conseil constitutionnel sont eux, on ne peut plus clair.
Maintenant, si concertation il doit y avoir avec le monde de la culture, c'est davantage pour lui donner des garanties financières sur cette licence...
Peut-être bien que le PS qui est mauvais... mais quand on voit le pouvoir se recroqueviller pour passer en force sur des lois "symboliques" qu'il sait ne pas pouvoir appliquer, et demander lui-même qu'on ne les applique pas, je ne vois pas bien comment on pourrait considérer que le gouvernement ne l'est pas.
Rédigé par: Fred de "Et Maintenant ?" | 07 août 2006 at 11:52
Bien vu, Versac.
Mais tu sembles encore avoir de vraies illusions quant au potentiel du Parti socialiste...
Le plus gros problème du PS aujourd'hui est la précarité intellectuelle. C'est aussi ce qui caractérise l'ensemble de la gauche en France aujourd'hui. Donc, il ne faut pas attendre grand chose d'un vieillard cacochyme...
Rédigé par: Jules | 07 août 2006 at 12:49
C'est vrai qu'en face, Sarkozy, Bayrou et de Villiers sont des génies de leur temps...
Rédigé par: Fred de "Et Maintenant ?" | 07 août 2006 at 17:16
Jules : je suis exigeant à l'agrd du PS parce que je ne peux me résoudre à sa médiocrité, et que je suis un électeur potentiel. Et je ne suis pas d'accord avec ton analyse qui devient de lus en plus critique. Le PS n'est pas encore grabataire. Il pourrait sans doute à peu de frais évoluer.
Sur la précarité intellectuelle, non. CE n'est pas tellement de manque d'analyses de qualité qu'il dispose. C'est de courage pour les reprendre à son compte et en faire un socle pour ses discours. Il y a autour du PS d'excellents intellectuels, de très grande qualité, mais leurs diagnostics et leurs propositions sont peu repris.
Fred : assez d'accord. Il est d'autant plus dommage de voir le PS se fendre d'un communiqué officiel de sa SN sur un sujet dans lequel le PS a été relativement fortement mobilisé. Cette cacophonie devient lassante, et a des effets contreproductifs.
Rédigé par: versac | 07 août 2006 at 19:21
Le PS, même avec la meilleur volonté du monde, ne pourra guère changer les choses, je le crains. Les enjeux éconmiques sont trops gros, et même Segolène et ses Emules a besoin de monnaies sonnantes et trébuchantes, pour faire vivre son gouvernenment.
Que represente les consommateurs face au puissance financières des divers groupes de média ?
Le seul moyen de faire bouger les choses est de toucher au coeur du système : le fric. Il faudrait que chaque consommateur limite ses achats, que malgré la fameuse loi, l'argent continu a baisser dans les caisse, alors peut-être....
je crains malheureusement d'être utopique.
Rédigé par: michel catelin | 08 août 2006 at 12:57
Michel, vous êtes carrément utopique !
Rédigé par: Jules | 08 août 2006 at 13:04