Ségolène : un point
[Comme quoi, ça marche ! Même moi me suis fait attraper au jeu de Ségolène ! Ah, décidément, elle est forte ! Voir le commentaire de Fred (2ème) : S. Royal est la seule parmi les présidentiables, avec son compagnon, à ne pas respecter la règle au PS qui veut que l'on ne cumule pas une présidence d'exécutif local avec un mandat de député. Ségolène : +1, -1, alors... Ca sert aussi à ça, les blogs. Se confronter. Merci !]
La candidature à l'élection présidentielle va se jouer sur un élément majeur, comme je le notais récemment : la crédibilité à incarner le changement. Un des sujets importants est le renouveau nécessaire de la vie démocratique. Sur ce point, Ségolène vient de marquer un vrai point.
Lors de son chat sur lemonde.fr, elle a en effet indiqué qu'elle ne se représenterait pas aux législatives, souhaitant privilégier son mandat régional (et la présidence). Au-delà du coup de communication, qui vise évidemment à montrer sa concentration sur la présidentielle, elle montre d'un seul coup sa volonté à ce que le changement soit effetcif. Elle devance ainsi la décision du congrès du Mans - bien faiblarde - que "le mandat parlementaire unique [verrait] le jour dès que nous aurons mis en oeuvre le statut de l’élu". Elle anticipe, montre qu'elle n'attend pas le statut de l'élu pour participer au renouveau, et s'appliquer les règles.
Evidemment, on pourra gloser. Dire l'insincérité d'une élue qui a réussi à être en même temps députée et conseillère municipale et générale et prône aujourd'hui, comme par hasard, l'inverse de ces actes passés. Mais le fait est là : elle montre sa fermeté en s'appliquant cette consigne de non-cumul, ce qu'aucun de ses concurrents n'a osé faire jusqu'ici. On peut aussi constater que S. Royal reste dans son rôle externe au parti, ne cherchant pas à influer directement sur la motion du Mans, ni non plus le projet en cours d'élaboration, et laissant le PS seul face à ses contradictions (contraste entre la population majoritairement élue et cumularde du PS et son dicscours de renouvellement). Elle va chercher son salut ailleurs, en transormant ses propositions en des actes personnels. C'est malin, et c'est plus facile que de passer des heures en réunion à Solférino.
Du coté de Nicolas Sarkozy, on en reste au diagnostic, et on se garde bien de formuler des propositions aussi audacieuses (qui existent dans l'immense majorité des pays européens, je le rappelle). La convention sur les institutons de l'UMP avait soigneusement tourné autour du pôt, en se contentant d'énoncer dans son document de synthèse qu'il "conviendrait donc de réfléchir, pour les mandats les plus importants, à une limitation dans le temps du nombre successif de mandats qu’un même élu pourrait exercer dans les mêmes fonctions (par exemple trois) ainsi qu’à l’institution d’une limite d’âge maximum". Quelle rupture !
Cela n'est d'ailleurs pas étonnant, Nicolas Sarkozy étant le plus grand cumulard de France, et ayant obtenu la fin de la pratique installée depuis une dizaine d'années, qui voulait que les ministres démissionnent de leurs présidences d'exécutifs locaux. Son créneau, de toute façon, n'est pas le renouvellement de la classe politique. Il souhaite faire porter tout le vent de changement sur sa personne : les seuls sujets politiques qu'il porte concernant les institutions concernent sa différence avec Chirac. Il semble n'avoir cure de ce qui ne touche pas à la présidence, et apparait, sur ce sujet, comme un garant de continuité, hors l'espace présidentiel.
La "rupture" de Sarkozy va-t-elle tenir encore longtemps ?




"Son créneau, de toute façon, n'est pas le renouvellement de la classe politique."
Est-ce pour autant le créneau de Ségolène Royal ?
"Il souhaite faire porter tout le vent de changement sur sa personne".
Cette phrase peut tout à fait s'appliquer à Ségolène...
"Il semble n'avoir cure de ce qui ne touche pas à la présidence"
Ah bon ? comme quoi par exemple ?
Rédigé par: Jules | 26 mai 2006 at 00:15
Carton rouge Nicolas...
"Mais le fait est là : elle montre sa fermeté en s'appliquant cette consigne de non-cumul, ce qu'aucun de ses concurrents n'a osé faire jusqu'ici."
Qui sont les concurrents dont tu parles ?
* Laurent Fabius est député et adjoint au maire de grand-quevilly
* DSK est député et adjoint au maire de Sarcelles
* Jack Lang n'est que député du Pas de Calais
En réalité, les seuls prétendants qui ne respectent pas la règle du PS selon laquelle un mandat parlementaire ne peut être cumulé avec la direction d'un executif local sont :
* Ségolène Royal (députée et présidente de région Poitou-Charentes)
* François Hollande (député et maire de Tulle)
Faire passer pour du "changement" un engagement qu'elle prend avec 5 ans de retard sur les autres... C'est en effet un super coup de communication qui aura même eu raison de ta vigilance (que l'on sait pourtant grande)
Rédigé par: Fred de "Et Maintenant ? " | 26 mai 2006 at 00:19
Je ne suis pas certain, même si "Versac l'avait noté précédemment" que l'élection présidentielle va se jouer sur la capacité à incarner le changement. Ce genre de propos me rappelle Alain Duhamel et sa bouille ravie...
Je veux dire que je ne sais pas, que je ne prédis rien, que je ne me sens pas 'observateur' de la vie politique, encore moins analyste de celle-ci. Je me sens citoyen, avec des responsabilités et je m'efforce, pas toujours bien, mais quand même, de séparer mon humeur de mon jugement. La question que je me pose, pour la prochaine présidentielle, très sincèrement, est "Quel est le meilleur candidat?" - et je me fiche éperdument d'avoir raison avant les autres. Je voudrais seulement que nous ayons raison ensemble, collectivement, et que cette raison rende le présent et l'avenir meilleurs pour chacun.
La citoyenneté suppose de mettre son narcissisme un peu de côté - à la scandinave, soyons modérés, résolus, modestes.
Et je me pose cette question du meilleur candidat non pas pour du changement, unchangement qui serait bien en soi, mais pour des solutions (certaines de changement, d'autres de continuité, d'autres d'inflexions) qui seraient efficaces, des décisions qui soient justes, porteuses d'avenir et autant que possible rassembleuses.
Rédigé par: ponolive | 26 mai 2006 at 09:46
Fred : c'est vraiment bien un blog, ça sert aussi à ça. Je corrige le billet dès que j'ai quelques minutes.
Rédigé par: versac | 26 mai 2006 at 10:07
La position de Ségolène Royal sur le non cumul intéresse-t-elle les Français? Je crains que non. Que Le Monde ait titré là-dessus me semble un peu étrange. C'était peut-être le message essentiel de son intervention, mais ce n'est pas sûr.
Concernant le cumulard Sarkozy, j'ai une hypothèse, que je vous soumets. Rester au gouvernement lui permet d'utiliser les moyens de l'Etat pour faire sa campagne (ce n'est pas une accusation, juste une interrogation _ on peut reprendre les derniers numéros du Canard enchaîné, notamment celui qui relate le meeting de Nîmes). Les règles de financement des campagnes sont drastiques. Donc, cumuler des mandats et disposer des avions de la République, ça peut aider. Je fais fausse route? Est-ce que ce sont des détails sans importance? Quelqu'un en sait-il plus?
Rédigé par: Eric Mainville | 26 mai 2006 at 10:49
En "démocratie émergente" (comme on dit "en république"), la politique est-elle autre chose qu'une mise en abîme d'elle-même ?
Le citoyen doit-il avoir toujours un coup d'avance pour déjouer la scène qu'on lui suggère et le politique, toujours plus fort, une mise en scène de plus en plus sophistiquée ?
Autrement dit, pour sortir de l'hystérie que d'autres appellent du surjeu, ou pour reprendre une thématique de Lévinas (dans Désacralisation et désençorcelement, une des lectures talmudiques) pour sortir de cette sorcellerie où plus rien de ce qui est dit n'a le sens de ce qui est dit, mais s'inscrit dans un jeu d'apparences, ne doit-on pas très benoitement se demander si, dans le cas présent, c'est bien ou non de ne pas cumuler les mandats.
C'est alors au prix de cette platitude, de cette naiveté revendiquée et assumée, que le surjeu privé de ses bravos, de ses encore, prendra fin.
Rédigé par: ponolive | 26 mai 2006 at 11:12
L'intérêt (le seul) au pseudo acte sacrificiel de ses mandats de S. Royal, est bien la réaction des journalistes amourachées: un acte évident de com politique, auquel pourtant, comme l'a rappelé Jules, la plupart des prétendants socialistes se sont ralliés depuis plusieurs années, est perçu comme le témoignagne de la grandeur d'âme de S. Royal.
(ce qui au passage ne changerait pas grand chose, il suffit de se rendre sur sa fiche analytique à l'Assemblée pour constater le désert de son action à l'AN depuis 2002).
Comme en 2002 et "nous avons quand même trop parlé de l'insécurité", je sens qu'on aura d'ici qq mois dans les médias une belle séance psychanalytique du style " on se fait berner, mais faut dire que c'était une maligne"...
Rédigé par: Michel | 28 mai 2006 at 22:04
Vous parlez de Ségolène et de son compagnon.J'ai appris (ou peut être ré-appris car il me semble l'avoir su dans une vie antérieure)qu'Yves Cochet et Dominique Voynet (en compétition "amicale" devant les adhérents des Verts après demain)avaient eu une idylle il y a quelques années,si ce n'est même plus,le Canard Enchaîné les décrivant cette semaine comme ayant vécu ensemble,faisant dire à Sergio Coronado (porte-parole du mouvement écologiste)que le choix de mardi avait un caractère quelque peu incestueux.
Ma question est simple:le saviez-vous?
Rédigé par: Gil Bernstein | 29 mai 2006 at 00:12