Le premier ministre podcaste
En fait, le premier ministre ne podcaste pas vraiment, comme le font d'autres politiques (Copé ou Fabius), mais le gouvernement a quand même ouvert une rubrique de "baladodiffusion" de ses contenus audio et vidéo. Info via Pointblog (qui est accessible sur une adresse détournée malgré sa crise).
Innovation dans le canal de diffusion, mais pas grand chose de nouveau dans le contenu : c'est du bon vieux recyclage de choses déjà vues ailleurs, à l'exception de l'accès aux vidéos des conférences de presse (sans les questions). C'est un peu énervant : le premier ministre avait l'occasion d'innover, et d'offrir aux citoyens actifs l'accès direct à des contenus jusqu'ici réservés, d'ouvrir un peu les portes, de se désintermédier en donnant un peu de pouvoir d'informaiton autonome aux internautes.
Mais non. On veut faire jeune et podcaster, sans comprendre quel usage est sous-jacent à ces nouvelles technologies. Du coup, on reste dans la bonne vieille diffusion ultra-maitrisée d'éléments de langage convenus et bien maitrisés. Plouf.




Pour des professionnels du relationnel, à coup sûr, c'est un peu triste qu'ils n'aient pas saisi que le format influençait fortement les attentes sur le contenu.
C'est le même problème, au fond, pour les adresses à la Nation qui se veulent franches et qui ne sont qu'une allocution officielle dépourvue au maximum de contenu, rembourrée en langue de coton.
J'ai tendance à penser que si le président avait dit tout le mal qu'il pensait des manifestations anti-CPE, comme il a dû le faire en privé, il n'aurait pas perdu de points de popularité, bien au contraire. Et on aurait peut-être, pour une fois, un peu plus cru à ce qu'il disait (pourtant ça ne prouve rien, mais c'est une autre histoire).
Le problème du format dans lequel les politiques s'adressent aux citoyens est réel, ce n'en est qu'une illustration futile, mais une illustration de plus.
Rédigé par: DavidLeMarrec | 02 mai 2006 at 16:10