Le grand retour du smic à 1500€
Fabulous Fabius l'avait annoncé l'année dernière : grande ambition pour la France ! Le SMIC à 1500€ ! Quelques ronchons avaient râlé en disant que c'était trop démagogue, et d'autres avaient, croyait-on, vite relevé la supercherie : le SMIC à 1500€ en 2012, c'est d'une normalité toute banale.
Reprenons rapidement la démonstration :
- le SMIC est aujourd'hui à 8,03€ de l'heure (brut)
- soit, pour 35 heures, 1217,88€
- Le taux de croissance annuelle moyen (TCAM) du SMIC entre 1996 et 2005 (autant d'années de gauche que de droite) est de 3,7% (2,6% sous la gauche, 5,5% sous la droite - effet de l'harmonisation des SMIC décidée par la droite)
- à ce même rythme, le SMIC sera de 1570€ en 2012
Soit plus que les propositions du PS, qui, semble-t-il, font l'unanimité dans ce camp pour leur audace ! Soyez de gauche : le SMIC à 2000€ !
Plus sérieusement, on peut s'émouvoir de ce que le PS semble actuellement en être réduit à ce niveau de réflexion dans son programme. Le SMIC, c'est symbolique, mais la question du niveau des bas salaires ou de la répartition capital/travail est un peu plus complexe que ça. Et se concentrer sur une mesure symbolique où la droite à fait "plus à gauche" que ce qu'on propose, c'est vraiment pathétique...
PS : pour résumer et mieux illustrer : voici un graphique qui reprend la croissance annuelle du smic horaire. En bleu les années de droite, en rose celles de gauche, et en orange l'hypothèse d'une croissance vers le SMIC à 1500€.
Une mesure de croissance moyenne du SMIC, pas forcément si bête, après les années de rattrapage post-35h. Présenter cela come une "grande avancée sociale" ou une mesure de développement accéléré de la consommation et de la croissance est juste stupide. Source des données : INSEE.





La modération salariale dans le programme du PS: je trouve çà plutot courageux et lucide de la part de la Gauche!
Blague à part: intuitivement et à la suite des propositions de Fabius que tu cites, j'arrivais à la même conclusion que toi sur l'absurdité de cette proposition. Mais l'article du Monde que tu mentionnes ne semble pas arriver aux mêmes conclusions. Pourquoi? Est-ce une différence dans le calcul du TCAM?
Rédigé par: sdl | 30 mai 2006 at 17:07
Le Monde ne s'embete pas : simple citation de Rexecode, dans le mode "he says, she says". Opposer au PS la parole d'un institut noté comme proche du patronat permet de faire un sujet. Mettre de vrais chiffres et calculer un taux de croissance est trop long et compliqué pour un journaliste, semble-t-il.
Pour le TCAM : tout dépend de la période de référence que l'on prend. J'ai pris les 10 dernières années. Si on remonte à 1993, par exemple, le taux de croissance baisse à 3,3%. J ene suis pas remonté plus loin.
Mes sources : l'INSEE.
http://www.insee.fr/fr/indicateur/smic.htm
Rédigé par: versac | 30 mai 2006 at 17:16
Le taux de croissance passé intégre le rattrapage "35 heures" du SMIC, soit +11 %. Il n'a aucune chance d'etre renouvellé à l'avenir. DOnc le niveau 'automatique' sera non pas de 1507 mais de 1507 moins 10 %
Rédigé par: Bloggy | 30 mai 2006 at 17:19
J'ajoute un graphique
Rédigé par: versac | 30 mai 2006 at 17:19
Personellement je me demande comment on peut vivre avec 1200 euros par mois sachant que les loyers ont été multipliés au moins par 2 en l'espace de 10 ans et que le coût de la vie à pris au moins 50% en 5 ans (depuis le passage à l'euro en fait).
N'en déplaise à l'INSEE (*), l'inflation moyenne n'EST PAS de 2 à 2,5% par an mais bien de 10 à 15% par an moyennée sur 5 ans.
L'INSEE a beau dire que la baisse des prix de l'électronique vient compenser la hausses des prix mais quelle est la part de l'électronique dans le panier moyen ? Insignifiant !
Pour ma part c'est ridicule et pourtant je suis un technophile.
Le pain, la viande, le poisson, les légumes et les fruits ça c'est du quotidien et ces différents produits ont pris plus de 50% depuis 2001 (20% entre juillet 2001 et juillet 2003). Aviez-vous croisé une baguette à 6 francs en 2001 ?
Sincèrement, le SMIC devrait être à 1800 Euros (1200 + 1200*0,50) et cela sans être démago nullement. Simplement pour suivre l'évolution du coût de la vie.
db
Rédigé par: Dominique Blas | 30 mai 2006 at 17:28
Mais c'est peut-être que Fabius est favorable à une smicardisation encore plus rapide de la société française.
Le nombre de smicards n'a jamais été aussi élevé et je crois que la France détient même le record du nombre de salariés au salaire minimum.
Le SMIC est même en passe de rattraper le salaire médian, ce qui peut évidemment être perçu de deux façons : un appauvrissement des Français ou la victoire d'une forme assez étrange d'égalitarisme. Personnellement, je vote pour l'appauvrissement, les salaires directs français étant parmis les plus faibles du monde occidental.
Rédigé par: Hugues | 30 mai 2006 at 17:35
Et pourquoi pas le SMIC a 2500 euros? pourquoi s'arreter arbitrairement a 1500 ou 1800?
Pourquoi pas meme 10 000 euros! Ca , ca ferai de la consomation coco!
@Dominique : pour les prix de l'alimentaire on dit merciiiiiii a la PAC.
Rédigé par: Momo | 30 mai 2006 at 17:36
Le SMIC qui rend stone ? C'est le SMIC Jagger...
P'tain je suis en forme aujourd'hui !
Remarque c'est bien d'hésiter entre SMIC et Westons !!!
Mouaaa... C'te patate !
Rédigé par: Vinvin | 30 mai 2006 at 17:38
Smic ta mère !
Rédigé par: Joey Star | 30 mai 2006 at 17:41
Dominique Blas : vous vous trompez, les prix ont en fait doublé. Il gfaut donc tripler le SMIC.
Hugues : assez d'accord sur l'analyse.
Rédigé par: versac | 30 mai 2006 at 17:46
C'est-le-SMIC-qui-te-nique
quand t'as qu'ça c'est l'Titanic
C'est même pas le salaire d'un flic ! (Yo.)
pour k'y t'nik, pour k'y t'nik
dis-y non au SMIC, et fais plutôt flic
kom'ça c'est toi ki nik.
(tchika-tchika-tchika woomp-woomp-it-up)
--
Peace : I'm outta here
Rédigé par: Je Rap Tout | 30 mai 2006 at 19:35
Augmenter un peu le SMIC, rogner le salaire des pontes du CAC 40. Arrêter de monter les gens les uns contre les autres pour qu'ils n'aient pas envie de brûler des voitures. Ca ressemblerait à un ordre juste. Ce serait un peu plus humain...
Rédigé par: Eric Mainville | 30 mai 2006 at 22:36
Je trouve ça plutôt malin le coup du SMIC à 1500 €, c'est assez fédérateur à gauche, ça parle bien à tous ceux qui sont concernés, ça mobilise aussi la droite contre; et en fait c'est une mesure quasi automatique...Evidemment c'est peut être pas la mesure miracle, mais il faut aussi quelques mesures emblématiques non ?
Rédigé par: Alfreddd | 30 mai 2006 at 23:50
Je persiste? pourquoi 1500 euros? et pourquoi pas 5000? C'est tire a pile ou face?
Rédigé par: Momo | 31 mai 2006 at 01:03
@ Dominique BLAS
je suis d'accord avec vous et je me pose encore plus cette question en ce qui concerne le RMIste qui perçoit 385 € outre l'allocation logement qui ne couvre jamais tout son loyer.
Rédigé par: Marie-Christine BLIN | 31 mai 2006 at 03:03
Mon commentaire a été effacé...Nous n'avons pas le choix à mon sens:augmenter le smic à 1500 euros n'est pas un "choix de société" ou un effort considérable.C'est reconnaître qu'il y a eu un "ciseau" depuis 2001,c'est ne pas opter comme les Allemands pour la déflation mais faire le pari que,contrairement aux salariés les mieux payés,les smicards aimeraient consommer plus.Il faudrait hausser les minima sociaux car,contrairement à ce qu'affirment des économistes comme Michel Godet ou Jacques Marseille,on n'est pas "désincités" à travailler lorsqu'on est au Rmi aujourd'hui.Les prix ont augmenté largement plus vite que le smic et les minimas sociaux depuis 2001,date à laquelle le salaire minimum n'était déjà pas mirifique par rapport aux pays nordiques ou à l'Allemagne(ne l'oublions jamais,et cessons de nous comparer aux Etats-Unis ou à l'Angleterre à cet égard).Ce qu'on oublie de dire bien souvent,c'est qu'il y a des "acteurs" à l'origine de cette hausse des prix:compagnies pétrolières,distributeurs(quoi qu'en disent/fassent les M-E Leclerc),banques et assurances qui se protègent de manière croissante contre les 'risques' que représentent leurs petits déposants ou clients,traités de plus en plus de manière strictement commerciale,sans égard pour leur difficulté à se maintenir à flots(ex:les découverts bancaires,de plus en plus matraqués d'incidents de paiements,d'agios,de menaces d'interdits...).Tout ceci aussi doit changer!
Rédigé par: Gil Bernstein | 31 mai 2006 at 04:27
"Tout ceci aussi doit changer !"
Mais, concrètement, quelles sont les possibilités d'action d'un gouvernement ayant adhéré aux principes généraux de l'économie de marché pour faire "changer tout ça" ?
(Je ne dis pas que changer tout ça relève exclusivement du rôle du gouvernement : mais je ne vois pas l'intérêt de se poser la question à l'heure des élections si, quel que soit le gouvernement, il ne peut pas grand chose à tout ça).
PS: c'est quoi, un "ciseau" ?
Rédigé par: Gus | 31 mai 2006 at 07:16
Gus,
un "ciseau",c'est un décrochage entre deux courbes parties du même point.En général,cela décrit une crise observable en commerce international:les recettes d'un pays exportateur de matières premières s'affaissent à cause de l'augmentation mondiale des prix,incluant les bien manufacturés qu'il n'exporte pays:le pays s'appauvrit,s'endette...Ex:Cote d'Ivoire
Là,c'est pareil:les Smicards perçoivent un revenu qui ne leur permet plus d'acquérir des biens à forte valeur d'usage,dont les prix ont augmenté.Il y a bausse du salaire réel(et non nominal)et donc prolétarisation.
S'il y a vingt ans,un smicard pouvait devenir propriétaire et qu'il ne le peut plus,il se prolétarise(et non paupérise).
La moindre des choses qu'un gouvernement(y compris dans l'opposition) puisse faire,c'est de promettre des lendemains meilleurs qu'aujourd'hui.On ne gouverne pas en expliquant:"votre pouvoir d'achat se dégrade,nous sommes désolés,mais vous comprenez nous devons penser à la place de la France de la mondialisation et à nos grands parents".
Quand vous dîtes cela-même si cela est vrai-on ne vous réelit pas et donc vous ne restez pas au Gouvernement.Nous n'avons plus le choix que de revenir à des politiques redistrbitives et keynésiennes qui deviennent "la moindre des choses".L'actuelle majorité se refuse à le comprendre et donc elle ne sera peut être même pas au deuxième tour en 2007...
Rédigé par: Gil Bernstein | 31 mai 2006 at 07:52
Que la politique socio-économique doive être redistributive, en économie actuelle, bien sûr.
Que cela soit "keynésien", bien sûr que non (ça ne relancera pas la production mais l'importation, pire qu'en 1981 puisque l'économie s'est ouverte bien plus qu'en 1981). Ce qui serait "keynésien", c'est d'augmenter l'effort pour l'éducation et la recherche, par exemple.
Il reste deux questions :
* redistribuer quoi ? (comment relancer l'économie, puisqu'on ne peut pas compter sur l'effet keynésien d'une hausse du Smic)
* redistribuer comment ? (une augmentation des salaires bruts, à organisation inchangée, est-elle une bonne solution ? p.ex., une hausse des salaires nets, accompagnée d'un financement de la santé par la TVA 'sociale', ne serait-elle pas préférable ?).
Rédigé par: frédéricLN | 31 mai 2006 at 08:15
"les Smicards perçoivent un revenu qui ne leur permet plus d'acquérir des biens à forte valeur d'usage,dont les prix ont augmenté."
Pourquoi ne pas s'interroger sur les causes de l'inflation ressentie (l'inflation officielle restant à des niveaux plancher) plutôt que de faire porter des constats par ailleurs nullement soutenus par les officines étatiques, donc indépendantes et objectives par ceux parmi les contribuables par ailleurs créateurs d'emplois ? En résumé, de la gueule de qui se moque-t-on ici ?
Rédigé par: Gus | 31 mai 2006 at 08:17
Gus,
Vous avez du entendre parler de la querelle "dutreillienne" autour des marges arrières prises par les hypermarchés?
C'est de la petite politique économique mais enfin,tout le monde comprend de quoi il s'agît.
Les "officines"(vous pensez à l'OFCE,à l'INSEE?)évoquent un "plancher" de l'inflation mais tout le monde saît bien quie l'IPC ne prend pas en compte les services dont je parlais(les tarifications bancaires,qui sont pour le coup durement ressenties pas vous ou moi,les primes d'assurance,le taux au jour le jour:les conditions du crédit à la consommation se sont durcies venant des établissements bancaires "respectables").C'est tout cela qui est ressenti durement pas de larges pans de la société et qui ne retrouve aucun relais dans le Gouvernement(pour Breton,tout va très bien Madame la Marquise).
Il y a donc un décrochage de l'opinion au plan de la politique éconolique,lequel va être ravageur au niveau des isoloirs l'an prochain.Et c'est la gauche et le FN qui devraient en profiter conjointement.
FrédéricLN,
La meilleure politique économique est celle qui fera en sorte qu'il y ait une hausse des salaires réels d'une majorité de Français:peu m'importe qu'elle soit monétariste,de l'offre,keynésienne ou de "stop and go"...Moi je pense qu'il y a possiblité de keynésianisme si la relance est concertée en Europe (cf "Economie de l'euro"Agnès Benassy-Queré,la Découverte,2004)
Rédigé par: Gil Bernstein | 31 mai 2006 at 09:06
"possiblité de keynésianisme si la relance est concertée en Europe"
certes oui, mais ça n'a rien à voir avec une hausse franco-française du SMIC !
Rédigé par: FrédéricLN | 31 mai 2006 at 09:16
Oui,
Mais c'est implicite car relance du pouvoir d'achat en France,c'est entre autres:augmentation du salaire minimum plus importante que l'inflation(c'est une des implications d'une politique de "relance").
Une politique de relance,cela vise à relancer la consommation intérieure(et on saît aujourd'hui que ce n'est pas en diminuant l'ISF ou en favorisant les hauts revenus ou les grands patrimoines,qui certes,auraient des "effets de richesse" mais mobiliériseraient ou thésauriseraient le surplus engrangé de revenu disponible)par la relance du revenu disponible des bas salaires,de ceux qui ne sont pas imposables à l'IR...Si on ne le fais pas,on voit l'épargne de précaution croître(c'est le cas actuellement,dixit l'OFCE)et la consommation intérieure régresser ou stagner.Comme le dit l'économiste libéral Christian Saint-Etienne,cela donne 22 points de PIB pour le FN...
Je crois qu'il n'y a pas de contestations possibles de l'opportunité d'une telle relance,que ce gouvernement s'empêche pourtant de réaliser en vertu d'un brouillage idéologique(les contraintes européennes,certes,mais également l'idée qu'il faut continuer de créer les conditions d'un surplus de profitabilité pour les entreprises,qui pourtant ont eu cet environnement réalisé depuis 1984,sans interruption...).
Rédigé par: Gil Bernstein | 31 mai 2006 at 09:43
Bravo pour ton analyse, c'est limpide.
('te manque un "m" à "comme", à la fin du PS ;)
Rédigé par: Nico | 31 mai 2006 at 09:55
Tiens, je me lance :)
> ça coute combien une place chez "mauvais genre", là, à gauche ?!
héhé
Rédigé par: Nico | 31 mai 2006 at 09:56
De retour d'un long séjour en Norvège, séjour de plusieurs mois...
La Norvège, pétrole ou pas, a toujours été un pays de salaires élévés, y compris dans les petits métiers de services occupés par les étudiants (supermarchés, hôtels, etc).
Comme les deux autres pays scandinaves, le haut niveau des revenus du travail va de pair avec un niveau d'emploi extrêmement élévé (le plus haut de la planète c'est au Danemark je crois), une croissance forte et vertueuse, une ouverture raisonnée au monde, des différences sociales modérées.
Deux questions au débatteurs :
- un seul d'entre vous a t'il touché un SMIC une fois (et a vécu avec un mois) ?
- que pensez-vous de la flambée de l'immobilier dans le contexte français (très forte productivité du travail / faiblesse des rémunérations basses et moyennes) ?
Rédigé par: ponolive | 31 mai 2006 at 10:10
à Frédéric LN décidément :
je ne vois pas bien en quoi un effort sur l'éducation et la recherche serait keynésien, en tant que tel.
Cela fait plutôt partie d'une politique de l'offre, autant qu'on puisse la classer et je ne suis pas satisfait non plus de la catégorie proposée (comment qualiifier une politique d'environnement économique - main d'oeuvre qualifiée, infrastructures, réseaux, stabilité politico-sociale etc ?)
En revanche, et peut-être le sous-entendez vous, il serait Keynésien de financer l'éffort dont vous parlez par un déficit accru.
Pourquoi pas ? Une espèce de 'bon' déficit qui aurait aussi pour avantage de ne pas remettre trop en cause le mauvais déficit qui a par ailleurs un bon usage social, puisque je suppose que votre déficit nouveau serait "hors critère de convergence" (sinon les finances publiques étant déjà aux limites de ces critères, un effort accru vers la recherche ne serait pas Keynésien).
Lisbonne, toujours Lisbonne. Vous qui pleuriez le NON, ne voyez-vous pas qu'enfin un sujet peut rassembler ouistes et nonistes, vieille et nouvelle Europe, gauche et droite ?
Rédigé par: ponolive | 31 mai 2006 at 10:25
Gil Bernstein :
> La meilleure politique économique est celle qui fera en sorte qu'il y ait une hausse des salaires réels d'une majorité de Français
Fort bien, les salariés apprécieront, mais quid des travailleurs les moins productifs, premières victimes d'un coût du travail excessif : souhaite-t-on définitivement les écarter du marché du travail ? A moins d'alléger simultanément les cotisations sociales.
Les socialistes manquent d'imagination. Il est possible de supprimer le smic tout en améliorant le pouvoir d'achat : soit par le crédit d'impôt (Milton Friedman, Lionel Stoléru) soit par le revenu de base universel (cf. l'économiste belge Philippe Van Parijs). Philippe Manière en parle également dans son livre L'aveuglement français. Le principe est simple : on verserait à tous les citoyens un revenu de base cumulable avec tout autre type de revenu (sur le modèle des allocations familiales), financé par la fiscalité. Résultat : on peut abolir le SMIC, le chômage, les pensions et toutes les aides sociales "pièges à l'emploi". Les avantages du libéralisme (le marché de l'emploi n'est plus faussé, il n'est plus dissuasif de travailler ni de recruter) sans les inconvénients (augmentation du pouvoir d'achat, absence de pauvreté).
Rédigé par: Keaton | 31 mai 2006 at 11:32
"Les "officines"(vous pensez à l'OFCE,à l'INSEE?"
Je m'étonne surtout que ces officines, remplies des meilleurs économistes français, ne parviennent pas à établir le diagnostic sur lequel vous souhaitez vous appuyer pour définir une politique unique, nationale, et s'imposant à tous ayant des effets aussi radicaux qu'une augmentation d'un salaire minimum légal.
J'en tire à titre personnel la conclusion de l'absence de fondement du raisonnement que vous tenez, c'est à dire, d'une approche démagogique de la politique : n'y voyez rien de personnel : la plupart des autres pistes franco-étatico-interventionnistes évoquées dans ce fil souffrent des mêmes faiblesses.
Rédigé par: Gus | 31 mai 2006 at 11:48
Keaton,
Vous citez dans une même phrase Philippe Manière,Lionel Stoléru,le revenu de base universel proposé par Alternative libérale(et dont vous me révélez au passage le nom de l'initiateur)et Milton Friedman...Très bien,vous avez d'autres références et options à proposer,que je combats et juge dépassées(mais vous allez me dire,les miennes le sont aussi à vos yeux et à ceux des gens que je citais plus haut,à savoir Michel Godet,Jacques Marseille...).Je connias Philippe Manière,je l'ai rencontré,et donc je sais de qui et de quoi vous parlez!
Gus,
Je vous trouve un peu rapide à barrer d'un trait de plume mes "raisonnements",en omettant de souligner la diversité des personnels de ces "officines"-le terme est de vous,et je le juge connoté!-,l'OFCE étant par exemple bien plus keynésien(cf Sterdyniak,Creel,Fitoussi et alii.)que la Direction de la Prévision,à Bercy(qui n'est pas une officine mais une direction).Ne citez pas Réxécode comme Versac(liens avec le Medef) et quant à l'Insee,son rôle n'est pas de délivrer des préconisations de politique économique mais de délivrer des séries statistiques...C'est en revanche le cas du Cae,dépendant étroitement du Premier ministre.
Je trouve appréciable,dans une discussion où l'on cherche le dernier mot-et c'est bien naturel!!-d'argumenter un minimum...
Rédigé par: Gil Bernstein | 31 mai 2006 at 16:04
J'accepte bien volontiers vos remarques. Bien entendu, je ne mets pas de côté l'hypothèse selon laquelle les honorables scientifiques travaillant au sein des différentes administrations(?) citées seraient politisés : je ne fais que considérer que, depuis Lyssenko, le péril de la confusion entre idéologie et science, foi et analyse sociale est bien connu.
On peut cependant avoir une certaine foi en la capacité de la raison et de la méthode scientifique à fournir quelques réponses aux questions que tout un chacun se pose avant de voter. On peut également, à l'instar de cette réflexion sociale que valida à sa manière Jacques Chirac en faisant inscrire le principe de précaution dans la constitution, s'interroger sur les motivations profondes de toute prescription politique simpliste dans sa forme ou son argumentaire.
Rédigé par: Gus | 31 mai 2006 at 17:02
ponolive "à Frédéric LN : je ne vois pas bien en quoi un effort sur l'éducation et la recherche serait keynésien, en tant que tel.
(...) En revanche, et peut-être le sous-entendez vous, il serait Keynésien de financer l'éffort dont vous parlez par un déficit accru."
Rép. 1 : un effort passant par une dépense supplémentaire en éducation et recherche serait keynésien me semble-t-il, car c'est une dépense intérieure et c'est un investissement qui doit rapporter du PNB à l'avenir (donc être remboursé par une production accrue).
Rép. 2 : surtout pas. C'est certes ce que fait M. Brown au Royaume-Uni depuis 2001 (2002 ?) : estimer que certaines dépenses sont si importantes pour l'avenir qu'elles ne doivent pas être prises en compte dans l'équilibre budgétaire. Allez dire ça à votre banquier pour qu'il ne vous compte pas les dépenses liées à l'éducation de vos enfants !
De mon point de vue, ça reste keynésien même à dépense totale constante car c'est une dépense intérieure, tandis que d'autres types de dépenses sortent plus facilement des frontières (par exemple, une augmentation des bas salaires résulte en importations de biens de consommations). J'admets volontiers que la distinction est un peu spécieuse car l'enseignement et la recherche, ce sont aussi des salaires. Du moins (l'aspect "investissement" du raisonnement keynésien) sont-ils considérés comme la clé du PNB futur.
Rédigé par: FrédéricLN | 31 mai 2006 at 19:08
A Frederic LN
Donc, si je vous suis, l'effet multiplicateur serait supérieur quand il s'agit de dépenses éducatives ou de recherche.
Pas convaincu d'emblée mais je vais y réfléchir, peut-être avez-vous raison. Mon problème : en quoi ce serait plus multiplicateur que des dépenses de soins ? Pas évident que ce soit en soi plus multiplicateur l'éducation... (ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas une priorité).
En revanche - petite remarque avec sourire - vouloir sortir en tant que personne privée, les dépenses d'éducation du budget habituel et normal, porte un nom : le prêt étudiant. Ca n'a donc rien d'étonnant ou folklorique.
PS : je vous ai engueulé à propos d'une remarque sur le PC de Marchais, m'avez-vous lu ?
Rédigé par: ponolive | 31 mai 2006 at 19:49
J'avoue avoir moi-même contracté (et :-) remboursé) deux prêts étudiants. Les banques sont keynésiennes.
Marchais : non, pas vu cette engueulade. Peut-être tant mieux ?
Rédigé par: FrédéricLN | 31 mai 2006 at 19:54
Non, non, allez la voir. J'ai ce côté un peu rugby où tant qu'on ne s'est pas écharpé un peu sérieusement, il n'est pas de camaraderie possible.
C'est une de vos notes récentes, mais sur un chapitre ancien. Vous rappeliez que Marchais avait soutenu l'intervention en Afghanistan.
Rédigé par: ponolive | 31 mai 2006 at 20:02
@Joey Star
Je voulais rester modéré voilà tout. Mais sans doute qu'il ne le faut pas. Du reste TOUS les pays de la zone Euro en sont réduits aux mêmes constatations : quasi-doublement des prix (en ce qui concerne le quotidien) en 5 ans.
J'en déduis donc que les instituts officielles de mesure de l'inflation de chaque pays effectuent les mêmes contorsions pour dissimuler la triste vérité.
Je em trompe ?
Mais pourquoi donc la composition de l'indice des prix est-elle tenue secrète ?
J'avais cru comprendre, naïvement, que c'était pour éviter que les gouvernements n'influencent sa composition. En fait c'est bel et bien afin de permettre toutes les manipulations possibles sous couvert de la science.
db
Rédigé par: Dominique Blas | 01 juin 2006 at 13:31
"J'en déduis donc que les instituts officielles de mesure de l'inflation de chaque pays effectuent les mêmes contorsions pour dissimuler la triste vérité.
Je em trompe ?"
Si j'étais un économiste universitaire bien élevé, je vous inviterais certainement à vous intéresser à la notion de masse monétaire, crédit bancaire, par exemple :
http://www.ac-bordeaux.fr/Etablissement/SudMedoc/ses/2002/cours/financement_eco/rep_crea_mon.htm
Et essayer de comprendre le rôle et la gouvernance des IFM, et l'influence de leur action sur les "prix" au sens communément admis par les non-économistes (c'est à dire, le célèbre "combien ça coûte").
Mais, fort heureusement, je ne suis pas économiste :-)
Rédigé par: Gus | 01 juin 2006 at 14:36
Dominique Blas : pour revenir sur l'estimation de l'inflation, vous trouverez plein de bonnes choses ici :
http://optimum.tooblog.fr/?2005/03/18/49-linsee-a-raison-les-gens-ont-tord
Votre analyse de manipulation par le politique ne tient pas. Thierry Breton a lui-même décidé de vous satisfaire en mettant en place un indice des prix des produits courants...
Rédigé par: versac | 01 juin 2006 at 14:48