Bonjour, c'est encore l'invité de la semaine, et je tente de faire plus fort que l'hôte de ces lieux en étant un esprit libre dans le parti libre.
Pour celles et ceux que tenterait l'aventure dans ce parti ou un autre voisin, je vais tenter de faire partager quelques échanges de ces dernières semaines avec mon entourage réel.
D'abord la réaction la plus fréquente : la bouche entrouverte, l'oeil vague et la main qui se retourne. "L'UDF ? mais c'est quoi ?". La partie européenne du cerveau humain français ayant été lock-outée par le 29 mai 2005, mes interlocuteurs et trices n'ont même pas à l'esprit que l'UDF fut réputée pro-européenne.
Alors je tente le contournement atlantique. J'indique qu'il y a aux Etats-Unis un Parti démocrate et que nous, eh ben, en gros c'est tout pareil. Même que nous faisons partie du Parti démocrate européen, dont François Bayrou est coprésident et, tiens, Romano Prodi président d'honneur. Et que celui-ci est associé aux partisans de Clinton dans une Alliance démocrate mondiale.
Résultat habituel : l'interlocuteur ou trice me prend pour un doux dingue. Les termes "parti démocrate" semblent réservés à l'outre-atlantique : nous, on n'a pas besoin de parti démocrate, puisqu'on est une démocratie (logique), la preuve : il y a des élections, on a le droit de virer les gens en place, d'ailleurs on le fait à chaque fois, sauf en Alsace (là, je brode).
Alors j'essaye d'expliquer en vrai. Que le 11 septembre, le manque de pétrole, le monopole de Fenêtres, ce sont des menaces pour notre démocratie. Que si la France peine dans la mondialisation, c'est parce que la vie collective y est non pas démocratique, mais féodale-absolutiste-napoléonienne : le détenteur de pouvoir essaye de l'utiliser de façon verticale et jalouse, et dans le monde actuel ça ne peut plus marcher. Que ce dont on a besoin, c'est justement de démocratie. Que même François Fillon le dit (là je brode, je viens de découvrir son discours). Que, accessoirement, l'UMP et le PS sont fabriqués-dans cette façon de penser, quelle que soit la bonne volonté de certain(e)s. Et qu'au contraire, l'UDF et les partis qui l'ont précédé ont constamment promu un autre modèle de société : le modèle démocrate.
L'interlocuteur ou trice passe alors de l'incompréhension à l'apitoiement fatigué. Bien sûr, bien sûr, répond-il ou elle, mais ça sera toujours comme ça, non ? et puis, c'est si long à expliquer, comment veux-tu que les gens comprennent ?
Suite au prochain numéro avec une autre objection !
FrédéricLN

Comment réconcilier d'une part ceux qui suivirent le bon docteur Douste-Blazy au sein des diverses aventures gouvernementales chiraquiennes (parmi lesquelles, la fondation de l'UMP) et ceux qui, aux côtés de Bayrou, semblent épuiser leur registre de termes sévèvres à commenter les diverses aventures gouvernementales chiraquiennes ?
Rédigé par : Gus | 02 mai 2006 à 21:00
A mon sens, Gus, nul besoin de les réconcilier, ceux qui ont choisi de partir à l'UMP sont grands, ils l'ont fait car ils se sentaient proches de la vision de l'UMP, ou par simple intérêt personnel.
Les autres ont été fermement résolus à demeurer au centre et à rester indépendants, ils n'ont pas besoin d'eux.
Rédigé par : Zkark | 02 mai 2006 à 21:26
Nouveau : Annuaire de la Blogosphère socialiste
http://blogetsocialisme.canalblog.com/
Personnalités, courants, élus, oppositions municipales...
Ce blog est le votre !
Rédigé par : http://blogetsocialisme.canalblog.com/ | 02 mai 2006 à 21:39
>>> "ceux qui ont choisi de partir à l'UMP sont grands, ils l'ont fait car ils se sentaient proches de la vision de l'UMP".
Il faut aussi imaginer ceux qui ne se ni se retrouvaient ni (ou plus) au PS, ni (ou plus) à l'UDF, et qui échouent donc à l'UMP par défaut... C'est aussi une possibilité.
Rédigé par : Jules | 02 mai 2006 à 22:14
Intéressant ! Moi je garde en tête que Clinton, Blair et Schroeder étaient la nouvelle gauche. Savoir que le démocrate chrétien béarnais fait (ferait ?) partie de cette famille est assez nouveau. Je suis sûr que vous allez nous expliquer -)
Rédigé par : Didier | 02 mai 2006 à 23:25
Tous les chemins mènent à l'UMP?
Il y croît,il y croît,le furet..Laissons le espérer et ne désespérons pas Billancourt!
Et non,les chemins mènent aussi à gauche,la preuve!
Lecteurs de Versac:ne succombez pas à l'agitprop de certains (qui n'engage que leurs auteurs)
Rédigé par : Etredegauche | 03 mai 2006 à 08:11
L'UDF parti libre ??
D'abord, c'est un parti politique, de ce fait orienté en priorité vers la course au pouvoir. Pour être efficace, il faut un minimum d'organisation et de discipline. L'image du parti libre, cela ressemble à de la com'. Demandez donc à Gilles de Robien ce qu'il en pense !
L'image que j'en ai (vu de l'intérieur des institutions), c'est un peu celle d'une secte, dont Bayrou est le gourou (et marielle de Sarnez sa disciple). Y sont restés tous les centristes qui vouaient une haine mortelle au RPR, tellement mortelle que cela les aurait fait crever de se retrouver dans le même parti qu'eux. Pour beaucoup d'élus UDF ancienne mode, c'est l'un des critères qui a déterminé le choix de rejoindre ou non l'UMP (il était plus fort que l'appel du ventre auquel les autres ont succombé).
Dire que l'on est resté à l'UDF pour un idéal, c'est peut-être vrai pour des militants, pas pour des élus. L'UDF ancienne mode était surtout un parti d'élus et de notables...
Rédigé par : authueil | 03 mai 2006 à 09:20
Une troisième voie? Un troisième homme? Un "extrêmo"-centrisme?
Les Français en ont-ils assez du binarisme?
Comparé aux systèmes anglais ou américain, le système français semble donner une plus grande "liberté" à ceux qui comme l'UDF proposent autre chose (et autre chose que les extrêmes brun ou rouge). Mais, à l'heure de vérité, on se condamne à un choix binaire. Je n'ai pas l'impression que c'est en 2007 que ça va changer.
Rédigé par : Eric | 03 mai 2006 à 09:36
à un choix binaire entre jacobinisme monarchique industrialiste, et jacobinisme monarchique industrialiste ? J'espère qu'il y a de l'espoir :-) telle est mon agitprop
Rédigé par : FrédéricLN | 03 mai 2006 à 10:11
Le problème de l'UDF, tout au moins vu depuis sa gauche (il faut avouer que je suis militant PS), c'est que le positionnement médiatique de Bayrou: nouvelle voie, clinton, parti libre, et tout et tout, ne correspond pas à une réalité de terrain, où les collectivités locales sont gérées par des majorités UMP+UDF ou avec des opositions UDF+UMP, et cela depuis des décennies.... on ne peut donc qu'avoir du mal à croire la position 'ni droite ni gauche' que veut incarner le président de l'UDF, alors qu'il est évident que ses majorités se formeront (comme cela a toujours été le cas) à sa droite, et en aucun cas à sa gauche en essayant (même si c'est pas gagné, il y faudrait un peu degaranties) de 'dévergonder' l'aile droite du PS (qui, elle, avait tentée 'l'ouverture' avec le gouvernement Rocard).
Rédigé par : JaK | 03 mai 2006 à 10:13
Merci pour les précisions utiles sur ma question.
Au vu des autres commentaires, une question : quel intérêt peut avoir un centriste honnête et convaincu d'adhérer à l'UDF, et donc, indirectement, de cautionner tous les politiciens qui y ont fait et y font encore actuellement carrière, plutôt que de s'associer avec des mouvances voisines et plutôt compatibles à vue de nez (gauche light moderniste pro-européenne, etc.) pour tenter de créer un nouveau parti, débarassé de l'encombrant héritage des ex-notables pro-giscardiens ou de leurs élèves, et notamment, ceux qui passèrent à l'UMP ?
Rédigé par : Gus | 03 mai 2006 à 13:23
L'épisode suivant du feuilleton évoquera les objections faites dans ces commentaires, qui sont celles qu'on entend aussi dans le monde réel. Je fais une exception pour celle de gus, que je n'avais pas encore entendue ! et qui appelle une réponse plus personnelle.
En fait, j'ai déjà participé, en 2000-2001, à la création d'un machin qui pouvait être un nouveau parti, en tout cas une association pour la démocratie participative. L'expérience m'a montré que c'est aussi difficile de monter un parti (susceptible de changer les choses) que de gagner le championnat de France de football avec une équipe de trois.
J'ai écrit en 2002 une sorte de manifeste "pour un parti démocrate" qui est sur mon site ; et puis j'ai vu que c'est aussi inutile que de faire le championnat de France de foot avec une équipe de 1.
Alors j'ai cherché le parti le plus proche de ce que j'imaginais être un parti démocrate, et en décembre 2002 j'ai trouvé que l'UDF répondait bien au portrait. Voilà !
Rédigé par : FrédéricLN | 03 mai 2006 à 14:24
vive l'internationale démocrate
le 11 septembre 2001 nous étions tous américains, le 2 novembre 2004 nous sommes tous démocrates…
http://www.u-blog.net/Fulcanelli/note/343
Rédigé par : Fulcanelli | 03 mai 2006 à 15:30
"jacobinisme monarchique industrialiste"...
Pourrais tu m'expliquer ton expression? Selon moi, le jacobinisme ne va pas avec le monarchisme. C'est incompatible.
Industrialiste, tu préfèrerais peut être qu'on redevienne tous des paysans? Le bon vieux mythe du bon sauvage, de la société corruptrice?
Quoi qu'il en soit j'aimerais comprendre tes propos qui me semble incohérent.
Rédigé par : Pangloss | 05 mai 2006 à 06:32
Ce que j'aime bien chez Versac.net,c'est qu'on ne s'insulte jamais.J'aimerais d'ailleurs comprendre pourquoi?Pourquoi y-a-t'il autant d'invectives et d'esprit de clan à deux balles sur le blog de Pierre Assouline (désolé de ne pas participer à votre discussion de fond à cette heure matinale),par contraste?Ou encore sur le blog d'Eric Dupin?
Rédigé par : Etredegauche | 05 mai 2006 à 09:32
Pangloss : ben si tu sais ultra-tout, pourquoi expliquer ?...
Nous avons bien eu un monarque jacobin : Napoléon. Malheureusement pour nous, dans l'actuelle société de la communication instantanée, et en pleine urgence écologique mondiale, l'Etat français fonctionne toujours sur ce modèle hérité du Premier Empire : un leader éclairé est censé organiser les entreprises, déterminer les règles du travail salarié, faire la morale à l'Europe, etc. Ça ne *peut* pas marcher ...
Quand au fantasme "développement économique = grandes entreprises industrielles", partagé à l'UMPS, il a été largement dénoncé par ailleurs par plus compétent que moi. Une journaliste de Libé le disait joliment sur France 5 il y a quelques mois : "on a tous des cheminées d'usine dans la tête".
Rédigé par : FrédéricLN | 05 mai 2006 à 10:07
Pour répondre à Jak
"on ne peut donc qu'avoir du mal à croire la position 'ni droite ni gauche' que veut incarner le président de l'UDF, alors qu'il est évident que ses majorités se formeront (comme cela a toujours été le cas) à sa droite,"
Rien n'est moins sûr. Du point de vue des militants (je suis aussi au Parti libre) la chose est entendue, beaucoup de nouveaux adhérents viennent du PS, déçus, notamment par l'improbable positionnement européen et la fin de l'ère Jospin toujours pas assumée.
Sur le plan des rapprochements d'appareil cela bouge aussi comme le montre les dernières déclarations de Bayrou.
Rédigé par : Soseki | 05 juin 2006 à 22:13