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17 décembre 2005

Commentaires

Oli

Voilà à peu près ce que j'arrive à expliquer à l'oral comme ce soir lors d'un dîner, mais suis incapable de poser à l'écrit. Zou, je copie-colle pour ma bibliothèque perso.

Richard

Interrogé jeudi sur RMC, Julien Dray (porte-parole du PS) a rétorqué que cette dette publique n'était pas un problème en soi, et qu'à l'aune de nos partenaires, nous étions bien mieux lotis. Il a cité pour exemple... les Etats-Unis (dont chacun sait qu'ils peuvent s'endetter à loisir, compte tenu du statut spécifique du dollar), et puis est vite passé à autre chose. Quelle mauvaise foi, quelle fuite, encore, devant la réalité.

Thierry

Mais ne pensez vous pas que cette gestion absurde, dépensière, hors de toute logique de la part de l'Etat, trouve sa source dans les désirs, résistances, bêtise de l'opinion ? Si le ministère de l'agriculture voit ses effectifs grandir au rythme de la baisse du nombre d'agriculteurs, c'est tout simplement parce que ses derniers - qui sont une part de l'opinion et sans doute aussi une part des électeurs, refusent qu'on réduise les "moyens" de ce ministère. Les gens à convaincre, ce ne sont pas les fonctionnaires mais ceux qui poussent à la dépense par leurs demandes ou leur refus de réforme.
Et je me mets dans le sac. Breton a donc bien raison d'essayer de me convaincre du bien-fondé de la maîtrise de la dette.

Quoique

Je n'ais pas lu ce rapport mais j'en lis de nombreux sur le social et le médico social notamment. Ils soulignent tous des dysfonctionnements et nous en rencontrons quotidiennement : des primes d'aides augmentent sans raisons de terrain, ... alors que des actions qui marchent sont abandonnées etc ...
C'est d'abord comme vous le dite un problème de manager qui devraient être sanctionnés au plus haut niveau avant que les urnes ne le fasse avec les risques que cela comporte.

Gio

Beau post ! C'est la conclusion implicite à laquelle j'étais arrivée en lisant en diagonale le rapport : de la dette, le rapport parle plus de dépense publique et de ses usages peu efficaces (doux euphémisme). Merci de votre limpidité !

Pour joindre l'expérience au commentaire, le ministère de l'économie et des finances que le rapport pointe particulièrement connaît effectivement un profonde réforme, certes inachevée et à parachever mais saluée par les rapporteurs. La dualité de l'administration fiscale que vous pointez du doigt à la suite de la commission est d'ailleurs en cours de résorption par un rapprochement qui serpente depuis 1999.

C'est bien, côté Etat (au sens large, pour le coup) l'opposition des personnels et la couardise des hommes politiques qui bloque les évolutions, les différences de corps et leurs privilèges de rémunération (cf. les divers rapports de la Cour des comptes sur les rémunérations des fonctionnaires de l'Etat)constituant le noyau du problème.

Une réforme du grand statut des fonctionnaires de 1984(qui se décline comme le souligne le rapport Pébereau en 900 sous-rubriques, autant de corps) portée par l'ancien ministre de la fonction publique, Renaud Dutreuil est en cours mais sa mise à l'écart cèle à peine la difficulté de la réforme envisagée.

La réforme du statut impliquant une égalisation des rémunérations, les réformes engagées (informatiques notamment mais aussi la fameuse LOLF) ont un coût financier qui pèse sur le budget de l'Etat...

Mais comme l'indique Thierry et le rappelle ailleurs à l'envie Econoclaste, à raison, le clientélisme politique est également le second point de blocage (qui vient recouper le premier, les fonctionnaires ayant le droit de vote) qui me semble être beaucoup plus difficile à remettre en cause.

versac

Thierry : l'électeur sera toujours en demande de subsides d'un coté, et de moins de fiscalité de l'autre. Il est soucieux de la bonne gestion de l'Etat, mais aussi souhaite qu'on lui en donne pour son argent, à lui ou à la catégorie qu'il a choisie pour se faire valoir.
Le rôle du politique, c'est de gérer ces contradictions. Sensibiliser l'opinion publique à une meilleure gestion n'est pas le problème. Le problème, c'est le courage d'affronter des mesures impopulaires à court terme, ou qui ne portent pas de fruits directs en communication.

Gio : bien d'accord. 1948 plutôt que 1984, j'imagine une faute de frappe. Le clientélisme politique est sévèrement attaqué dans le rapport, d'ailleurs.

cultilandes

Les collectivités locales ne sont pas à oublier. Les quémandeurs de subsides savent à qui s'adresser: il est plus facile d'obtenir des subventions ou autres privilèges au niveau local, sans avoir besoin de manifester. Les élus locaux sont sensibles aux flatteries, et contents de dire, quand ils sont dans l'opposition au gouvernement, qu'ils pallient ses défaillances.
J'aimerais que les associations de contribuables (ou une seule) soient plus puissantes, mais elles paraissent dirigées, notament Contribuables Associés, par une droite peu sympathique... L'IFRAP est beaucoup plus positif, plus intelligent, un peu influent.
http://www.ifrap.org/

Jean-Baptiste Rudelle

En effet, c'est un rapport au moins autant sur la gouvernance public que sur la dette. En passant, tous les ans, le rapport de la Cour de Compte dit a peu près la meme chose. Pendant une semaine, tous les media font "houlala" et puis c'est noyé dans le flot de l'actualité. La dette est une notion trop abstraite pour la majorité des gens pour en faire un thème vraiment récurrent du débat politique.

Benoît  L.

Ah, la dépense publique!
Cette année, j'ai mené une étude sur le financement des actions de la politique de la ville sur l'agglomération bordelaise.
Résultat : une ingéniérie financière catastrophique qui épuisent les acteurs de bonne volonté. Des réflexions sont en cours pour suivre l'exemple d'autres agglos qui ont su mettre en place des systèmes plus transparents et plus efficaces.
L'action publique est en train de découvrir le pilotage et la mesure des résultats.
Il va falloir que je me décide à faire une note à ce sujet tout en conservant mon devoir de réserve.

loInquiet

2 ème Blog d'importance ce soir (celui du Pod cast de Sarkozy) et je m'inquiète des "posts".
est-ce qu'on paye certains fonctionnaire ou assimillés pour tartiner de miel certaines bonnes idées; pure déduction. Si ça peut être craint, imaginé par un pauvre, si peut être fait par des friqués. ah, y'a les fausses conférences, les fausses manifs, aussi, etc.
Merci pour le rappel sur le rapport, j'essayerais de me la procurer; il met noir sur blanc ce que l'on apprend à Sc.Po, dans certaines Facs de Droit, apparement.
Mais dites-donc, ça va bloger longtemps comme ça, tout ça?
Vive la France (et Charles Dégueule!)

Marc

Un compteur de la dette publique de la France (montant total et par habitant) est disponible à l'adresse suivante : http://cluaran.free.fr/mb/bib/dette.html

Chistera

Je lis beaucoup de choses sur la dette publique depuis quelques temps mais je ne trouve jamais l'information que je cherche:
Auprès de qui la France est elle endettée ?
Qui sont les créanciers ?
Si quelqu'un connaît la réponse sur la structure précise des créanciers de la France ou un lien vers un site/blog/article/rapport, ça m'intéresse....

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Boutons divers


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