Red
La Figaro a donc changé de gueule. Emmanuel replace ce changement dans un grand mouvement de bleuisation des formes éditoriales. Pour ma part, j'ai évidemment acheté ce Figaro, en grand amateur de presse, de design, de typographie et d'ergonomie. Petit bilan personnel rapide.
1. La Une gagne en lisibilité et clarté. Elle organise très clairement l'information, tout en maintenant, dans un bloc relégué en deuxième niveau de lecture, l'essentiel de l'(actualité et les renvois vers le reste. Une vraie home page. Par rapport à l'ancienne Une, on gagne beaucoup en lisibilité et attractivité, sans aller dans le syndrome Libé, où la Une est véritablement une couv'.
2. Cette Une, avec son bandeau bleu en haut, nous rappelle quand même un peu trop un mélange de de métro et de 20minutes. Le passage à la couleur fait entrer le figaro sur des terres où les codes ont été installés par les gratuits en quelques années.
3. Le nouveau format est plus pratique, et celà fait longtemps que je suis amateur des cahiers séparés, comme dans la presse américaine ou brésilienne. Ca permet de vite feuilleter le cahier inintéressant pour lui donner un autre usage (allumer le feu, recueillir les épluchures de pommes de terre...).
4. Il manque une audace typographique, mais le Figaro n'est pas Libé, qui avait popularisé la matrix script d'Emigre, ni Le Monde, qui avait commandé à Porchez une fonte propre. Là, on est dans le très classique, avec une modernisation subtile.
5. A la lecture, il y a une vraie impression de liberté, d'espace, de clarté, par rapport à l'ancienne version, où trop de lignes venaient casser les circulations visuelles. La hiérarchisation verticale de l'information est lisible et claire. Un peu comme dans les Echos (tiens, étonnant, c'est le même designer).
6. C'est vraiment dommage de ne pas en profiter pour metrte à jour le site web. Rien de neuf coté internet, j'aurais attendu une refonte plus coordonnée. L'ergonomie du site du figaro est souvent contre intuitive.
7. Le Figaro n'avait pas une grande culture de l'image, et là, il y a une vraie rupture de culture : des photos immenses partout qui structurent vraiment l'information. Sauront-ils tenir la distance ? Il y a quelques belles audaces de mises en page, avec des formats panoramiques, et une recherche photographique qui dépasse la simple iconographie.
8. Cette mutation est-elle la face émergée de l'iceberg ? Le Figaro va-t-il sortir d'un positionnement très conservateur pour entrer dans une phase plus libérale, sous l'influence de Beytout (et non celle de Dassault ?). Pour ma part, j'en doute encore un peu.




Copieur !
Rédigé par: sk†ns | 04 octobre 2005 at 14:57
Sorry skot, je ne t'avais pas lu à temps. Celà ne se renouvellera pas.
Le Monde travaille par ailleurs à une nouvelle maquette également (mais pas Libé, étonnamment), qui devrait aller à l'inverse du Figaro : retour à 'l'esprit d'origine', moins de hiérarchisation en Une. Je n'ai pas d'info sur la typo (mais j'espère qu'ils garderont l'esprit de la maquette actuelle).
Rédigé par: versac | 04 octobre 2005 at 15:28
Libération doit se "rafraîchir" courrant 2006 (entendu lors de ton émission fétiche « Arrêts sur image »).
Très bonne analyse que la tienne, même si je te trouve un peu tendre.
Pour le site, c'est assez comique la façon dont ils se sont contentés de passer le logo en bleu.
Rédigé par: sk†ns | 04 octobre 2005 at 15:38
sktns : je suis assez tendre parce que bon, c'est le figaro, d'une part, je n'en attendais pas la révolucion, et puis, je dois dire que j'ai été interrompu dans ma rédaction.
Rédigé par: versac | 04 octobre 2005 at 15:59
Le site, si je me souviens bien, doit être refondu en janvier. Ils auraient peut-être dû effectivement coordonner les "mises à jour".
Rédigé par: koz | 04 octobre 2005 at 16:48
« j'ai été interrompu dans ma rédaction »…
Rédigé par: sk†ns | 04 octobre 2005 at 20:24
Yep. My boss came...
Rédigé par: versac | 04 octobre 2005 at 23:28
A défaut de savoir poser des réponses à leurs insuffisances et suffisances, les responsables de la presse quotidienne (actionnaires et propriétaires, redacteurs, éditeurs et journalistes...) se concentrent sur le relookage de leurs journaux.
On modifie la forme (le Figaro, le Monde, bientôt Libé) et même s'il n'y a rien d'infamant à e^tre plus lisible et plus pratique, c'est en vain qu'on propose un renouvellement sur le fond.
Pendant ce temps, les tirages diminuent, la "presse" gratuite croque une bonne part du gateau des annonceurs et du lectorat, les blogs proposent de l'info alternative.
Passé l'effet "que c'est plus joli" le lecteur lui attend encore d'avoir à lire quelque chose d'un peu plus souvent consistent.
Rédigé par: LaVitaNuda | 05 octobre 2005 at 18:18
Les audaces photographiques avaient déjà commencé avant la refonte avec la dernière page. Je me souviens de photos verticales qui donnaient un effet certain à l'article par exemple.
A.
Rédigé par: Adrienhb | 06 octobre 2005 at 00:26
C'est marrant de lire le 7) car c'est aussi ce qui m'a frappé... Simplement je me suis dit "les photos envahissent tout" et je l'ai vu comme un point très négatif : même si la quantité de texte reste exactement la même, le fait qu'il soit moins dense donne moins envie d'acheter le journal, on imagine confusément qu'il contient moins d'infos qu'"avant" (ah l'impression de sérieux que donne la presse ennuyeuse allemande du fait de la densité de son texte... Serait-ce un modèle moribond ?)
Tiens au passage : quelqu'un sait-il si le contenu du journal (en nombres de caractères) est toujours le même, ou s'il a varié significativement ?
Rédigé par: Jacques L. | 08 octobre 2005 at 19:12