Les yeux ouverts
Je suis donc allé voir le film événement de ma blogosphère cinéphile tant aimée, qui fait sortir de superbes notes à Sandrine, JS, Sébastien, PZ... J'avais peur, très peur, de passer à coté, et n'ai surtout pas lu les textes de ces chers blogueurs avant d'y aller.
N'ayant pas la prétention de me hisser au niveau de leurs passionants commentaires, je m'associe juste à certaines remarques :
- le thème du regard est fascinant, permanent, incroyablement riche, maille toutes les scènes et les dialogues. Sandrine en parle très bien. Métaphore superbe, c'est extraordinaire de conter comme ça. Les yeux de l'alien, aussi, qui se fanent pour dire la fin. Les regarde-moi, ne me regarde pas, les yeux bandés, le miroir, les regards à travers la vitre de la fille qui s'éveille au monde...
- Boites à tiroirs et renvois multiples. On est dans un film d'action, mais tout dialogue est signifiant, et les renvois sont lisibles sans être lourds, soulignent le progrès des personnages dans leur rapport à l'horreur. L'écharde qui partira toute seule comme les autres, là. Les oiseaux vus par la fille, avant le père sur la fin. Des soutiens à la narration bien placés, avec beaucoup de finesse.
- Jamais je n'ai eu l'impression d'être dans un film d'action, malgré les passages obligés de destructions. Toujours dans quelque chose de très intimiste, très centré sur la famille. Peut-être ce thème des cercles et ces renvois permanents y est-il pour quelque chose. On est très vite dans un univers familier.
- On n'a pas peur de ces terroristes, on est très vite résigné à une mort certaine (aucune issue ne semble possible). On se résigne donc à vraiment regarder le film, ne pas prêter attention à l'histoire, mais à voir ce qui se passe, vraiment.
- En revanche, je ne comprends pas pourquoi la femme de Cruise est enceinte. Une intention ?
En sortant de la séance, terrifié malgré tout, un peu subjugué, les yeux grand ouverts à regarder Paris, je récupère la voiture au sixième sous-sol d'un parking en travaux, désert, ambiance fin du monde. De grands coups font trembler le sol. Je ne suis toujours pas sorti du film. Bouh !
A revoir très vite.




"les yeux de l'alien qui se fanent" : très bien vu (et belle expression)
Rédigé par: jean-sebastien | 21 juillet 2005 at 03:04
Bienvenue au club.
Rédigé par: Tlön | 21 juillet 2005 at 09:28
Je rejoins JS sur ta belle trouvaille stylistique et te remercie au passage pour le renvoi sur la note et surtout, pour avoir aimé le film, prouvant que toi aussi, tu as les yeux grand ouverts.
La grossesse de l'héroïne ? Peut-être pour entériner l'idée qu'elle a définitivement refait sa vie avec un autre homme et en rajouter sur l'impuissance du héros (on trouvait ça déjà dans Duel). Maternité aussi dans Minority Report (reconstruction de la famille). Cinéaste attachée à la fratrie que ce Spielberg.
PS : évite les souterrains !
Rédigé par: sandrine | 21 juillet 2005 at 12:08
Je peux te piquer ta photo ? Ca a fait tilt d'un coup dans ma tête pour un prochain regard croisé.
Rédigé par: sandrine | 21 juillet 2005 at 12:10
S. : pique, ce n'est pas 'ma' photo, je l'ai reprise sur http://www.spielbergfilms.com/warworldsmedia.html fan site de spielberg.
Sans doute ça, oui, pour la maternité. J'ai trouvé un peu trop appuyé le coté intrusif de l'ex-femme dans la maison de son mari, mais le personnage fonctionne bien, pour le peu qu'il a dans le film. Moralisateur, un peu, mais malgré tout respectueux de son ex.
Rédigé par: versac | 21 juillet 2005 at 14:11
Oui, bon, bof.
Je ne partage pas votre enthousiasme à propos de ce film. En fait je ne trouve le film excellent que dans sa première partie. Comme toujours chez Speilberg il y a une remarquable maîtrise de la montée de l'angoisse. Mais cette réussite s'achève pour moi au moment de l'incident grave qui leur fait abandonner en catastrophe leur voiture. Je trouve qu'à partir de cette séquence Spielberg rate ce qui pouvait être un des axes clés du scénario, à savoir, la solitude du personnage face au désespoir et à la folie d'une société mise en pièce par l'horreur de l'aggresion subie. Ce que les bons films de genre américains osaient traiter dans les années cinquante, Spielberg s' y refuse aujourd"hui, curieux ! Alors que la construction narrative amenait le héros à affronter cette réalité là, Speilberg la réduit et s'en débarasse dans l' affrontement en huis clos avec Tim Robbins dont le personnage devient très vite totalement caricatural. Bref, on se rassure comme on peut de l'autre côté de l'atlantique... Dès lors tout s'effondre,dans une fantaisie très vite vue (pensez aux fins magnifiques des dents de la mer ou du soldat Ryan) absolument pas à la hauteur de l'enjeu. Donc déçu et maussade à la sortie de salle. J'espère renouer avec l'espoir à la sortie les Fantastic Four c'est vous dire comme je suis déçu !
Rédigé par: Philippe Courtin | 22 juillet 2005 at 02:20