C'est une connerie d'avoir un chien à Paris. Un chiot te détruit ton appartement. Après Churchou, je m'étais dit "never again"...
Malgré toutes ces évidences, me voilà depuis samedi maîtresse d'un joli Hushounet.
C'est bien le chien le plus coquin du monde (mais nous sommes intraitables).
Comme si mon chien ne m'occupait pas assez, Marie et moi répondons ces jours-ci à toutes les questions à propos du travail à la maison, sur le forum de Familil.fr !
De retour à Paris tour à tour l'absence de notre chien se fait cruellement sentir (l'accueil du matin, la présence qui nous lèche les pieds sous la table, et attrape les petits morceaux tombés à terre) ; Churchou me manque aussi dans sa manière à lui de profiter de l'instant, fouillant dans un coin sale, paressant au soleil, nous retrouvant au bout de 5 minutes d'absence comme si on ne s'était pas vus depuis trois ans...
Et parfois je savoure la disponibilité retrouvée - me voilà libérée du souci constant de me demander, "va-t-il être heureux aujourd'hui ?" et des calculs sur les trajets et les balades... Je réalise le stress que représentait pour moi cette responsabilité ; et je m'interroge, "Ai-je voulu qu'il meure ?"
Ce deuil / soulagement me fait penser aux sentiments éprouvés il y a quelques années (bon, pas mal d'années..) quand, exilée d'un amour, j'ai été au désespoir mais aussi heureuse de me récupérer. Ouf, je vais pouvoir me consacrer à autre chose, ai-je soupiré au milieu de mes larmes.
Enfin non, ce n'était pas la même chose. Mais tout de même je n'en reviens pas de l'ambivalence de l'amour.
Ce voyage je dois vous dire, c'était l'idée de Nicolas, moi j'avais envie d'aller au ski....
Et en même temps je fais tellement tout ce qui me passe par la tête, et puis cela m'est difficile non presque impossible de résister à la tentation d'un voyage (je dis "presque" car hier mon client m'a annoncé qu'il partait à Cuba j'avais très envie de lui proposer de l'accompagner comme interprète et photographe et diariste du voyage mais des engagements où je ne pouvais pas me dérober, des choses joyeuses d'ailleurs même si sur le moment, Cuba, wahou, m'ont retenue).
Quand lui s'est projeté a rêvé lu cherché posé les jalons de notre voyage, moi je le regardais l'encourageais et souriais, lui m'a laissée vivre les choses à mon rythme.
Puis la date du départ approchant je me suis fixé deux missions 1. Caser mon chien 2. Mon rôle d'infirmière.
Hou la la la première partie a été angoissante et facile, finalement il suffit de chercher "qui adore les chiens sans en avoir un ?" (et qui est adorable fiable serviable) et une fois que j'ai bien posé la question j'ai trouvé sans problème. Mon voyage a commencé dans la voiture, quand j'ai eu déposé Churchou chez la mère de mon amie L. (j'avais initialement demandé à L. elle m'a dit "Appelle ma mère"), tout d'un coup j'ai senti un vide derrière moi.
La seconde partie a été tout aussi facile, une fois qu'il a été trop tard pour faire les vaccins j'ai le jour du départ demandé à Caro sa liste d'homéopathie pour le voyage et hop imprimé emballé pesé avec des ibuprophènes des huiles essentielles (bergamote citron basilic ravintsara lavande) et mes petites capsules on a été parées pour tous les bobos du voyage (vomissements diahrées maux de gorge fièvres coup de soleil maux de tête j'aurais pu emmener du bois de rose du géranium et de la menthe poivrée).
Le voyage a commencé à Phnom Penh quand j'ai acquis un lexique franco-khmer (j'ai réussi à apprendre trois mots prononcés comme une vache indienne MAIS les Khmers ça les faisait au pire marrer au mieux très plaisir). Et puis il a eu aussi le choc du temple Bayon le pang des petits poissons (je vous raconte ça demain) la pédicure par un être adorable de sexe indéterminé (ce que nous sommes tous certes mais lui encore plus que moi) le massage par une femme aveugle et non anglophone ma soupe merveilleuse aux herbes le sourire du motard mon travail de broderie-sur-sac-à-dos.
Et il se poursuit quand je demande à Nico de m'apprendre à photographier les choses et les êtres de manière à en exprimer la beauté que moi je vois (qui bien souvent est le mouvement), comme lui le fait si bien à sa manière qui n'est pas la mienne.
Ma semaine dernière a été assombrie par les colères d'Alma.
Alors qu'elle s'amuse et est adorable l'été et le week-end, les jours d'école tous les matins et tous les soirs elle était jalouse de sa grande soeur et pinaillait pour un rien. Culpabilité de la mère, "Voilà quand je travaille ma fille se sent délaissée..." Mais j'ai décidé de travailler et de voir mes amis et de passer du temps avec mon mari et de faire parfois un peu de sport, sans compter que j'ai une fille aînée, alors même si elle est importantissime à mes yeux, toute ma vie ne tourne pas autour d'Almacha.
Hypothèse : si elle est adorable l'été, quand elle s'amuse, peut-être que le soir... elle s'ennuie ?
Cette semaine, les babysitters et moi avons essayé de faire davantage de trucs qui l'amusent et de l'occuper pendant que Chimène fait ses devoirs (ce qui prend bien 3/4 d'heure par soir).
Ben la minouchette a passé une semaine géniale à se balader à vélo, à peindre des boîtes, à jouer seule ou avec nous, et hier soir on est même allées à la piscine.
C'est génial de voir un problème s'atténuer.. et jubilatoire de voir validée une hypothèse. Je me sens grande chercheuse !
Le seul hic, c'est que cette semaine Churchill est devenu hyper anxieux, il lèche ses plaies de manière frénétique et fouille dans nos affaires quand on sort de la maison... (Je crois que lui s'ennuie de compagnie canine, je vais trouver un moment aujourd'hui pour l'emmener au Champ de Mars).
A qui le tour la semaine prochaine ?
Ca fait bizarre.. pour les nécessités de ma vie associative (HEC, l'école des filles), je prépare déjà 2011 : la première fois de ma vie ! La bonne nouvelle c'est que j'ai reçu hier l'agenda de Margaux Motin. La première chose que j'y ai notée c'est j'accompagne Chimène au stade le 13 janvier 2011.
Ce que j'aime chez mon chien c'est sa manière d'être un être d'habitudes.
Le matin, vers 6h, il entre dans notre chambre et se couche sur l'oreiller (mon oreiller) que j'ai balancé au pied du lit.
A midi, quand on va se promener, il sait que je vais aller chercher le courrier et se dirige directement vers la boîte aux lettres.
A 17 h, il tend l'oreille pour le retour des filles.
Le soir, si je vais me coucher avant de l'avoir baladé, hou la la il est tout perdu...
Elles m'agacent et me touchent, ces attitudes de petit papy. Ce goût pour la routine, je fais de mon mieux pour ne pas le contrarier... Je crois que mon chien me rassure, d'avoir plus besoin de ses repères que moi encore.
Et nous sommes partis 10 jours et chacun a emmené une fraction de son petit monde avec lui.
Alma, sa poupée. Chimène, son petit sac de Mary Poppins bourré de ses trésors les plus précieux. Quand je les ai rangés avant de quitter l'appartement de la montagne, j'ai serré, mentalement, ma petite fille contre mon coeur. Et moi.. 14 livres que j'ai délaissés au profit de ceux qu'on a offert à Nicolas, à ma belle soeur, etc. Mon paquet de tisanes. 18 colliers que j'ai portés, enfin, pas tous. 7 cahiers. Mes moon boots adorées.
C'étaient de bonnes vacances. Nous avons recréé notre cocon à 5 (ben oui, je le compte, le chien, du coup..) et reconstitué nos forces pour croquer dans 2010 !
Et vous ?
ps : merci pour vos petits mots !
Pour commencer l'année, une de mes chansons préférées..
Hier vers 23 h j'ai récupéré Churchill qui mangeait des frites sous une table de terrasse. L'une des convives m'a dit en rigolant : "Il est bien élevé votre chien, il regarde avant de traverser !"
Hum. N'appelez pas la SPA : je suis une maîtresse indigne qui laisse dès qu'elle peut son chien vagabonder. Je fais cela, non parce que j'ai envie de le perdre prématurément, mais par amour pour la grâce des chiens qui musardent
j'aime le voir se battre avec un carton de pizza j'aime quand il feinte avec moi j'aime le voir se contorsionner pour aller récupérer un bout de je ne sais pas quoi sous une voiture j'aime le voir entrer dans les boucheries et faire marrer le boucher ou au contraire se faire chasser à grands coups de savate j'aime connaître tous les commerçants du pâté de maison grâce à nos quatre balades quotidiennes - et aussi les mamies amoureuses de chiens j'aime le voir courir après la petite rivière le long du trottoir j'aime le tenir au bout d'un long bâton qu'il mordille et voudrait bien avoir pour lui tout seul j'aime voir rire les gens quand ils le voient dodeliner j'aime ne pas garder sa présence rafraichissante pour moi j'aime que Churchill soit le chien du quartier.
Habiter poétiquement le monde mérite que l'on prenne quelques risques.
Mon père me demandait l'autre jour si j'éprouvai une nostalgie de mon enfance. Moitié pour faire ma garce et moitié parce que c'est vrai, je lui ai répondu Oh tu sais papa, je suis beaucoup plus heureuse aujourd'hui !
Tout à l'heure j'ai lavé Churchill (ce gougniaffier s'est roulé dans une tâche indéfinie et qui pue), je l'ai frictionné seché bouchonné, mais mon petit loup roulé en boule tremble depuis deux heures que j'en ai mal pour lui. Et je me souviens du feu que Papa allumait pour sécher notre chien les jours de bain. Bibi se lovait au coin du feu dont la chaleur faisait passer l'humiliation du bain.
Quand je pense à ces moments, alors oui je me sens un peu nostalgique.
L'ennuyeux lorsqu'on est en charge de la vie (sous forme enfantine ou canine, pour prendre un exemple au hasard) c'est qu'on est aussi responsable de la contenir.
Tes enfants sont mal élevés, ton chien n'en parlons pas, j'entends ça tout le temps - pas des mêmes bouches, vous pensez bien, chacun a son avis sur la question. Le chien se tait pour toujours, paix à mon âme, mais les filles, elles, dans 20 ans, emprunteront je présume le même chemin que moi vers le fauteuil d'un psy, leur raconter tout le bien qu'elles pensent de mon éducation (-Arrête d'exagérer ton rôle Christie, le père prend sa part !)
Bref ces derniers mois, je me suis trouvée plus souvent qu'à mon tour dans la situation de punir. Et je trouve que cela demande beaucoup d'imagination de faire d'une punition un geste d'éducation et pas seulement de contention.
Mes dernières trouvailles : faire réparer quand c'est une bêtise matérielle ; isoler quand elles sont sottes ou en colère. Je trouve juste aussi l'idée d'un journaliste de Elle : "ne jamais se punir soi en punissant l'enfant, type se priver aussi d'une sortie au ciné, mais plutôt proposer des punitions qui facilitent la vie des parents, comme passer le balai ou dépoussiérer les meubles." Hé hé. Je vais la tester bientôt celle-là.
Quant à Monsieur Churchill qui a dû co-écrire la chanson Les Bêtises avec Sabine Paturel (depuis la rentrée, il s'attaque à nos affaires dès qu'on a le dos tourné), les manuels disent qu'il faut l'ignorer pendant une heure pour bien lui montrer que hein. Eh ben je vous dis, faire la gueule à son petit chose qui vous implore de ses grands yeux bruns, c'est pas humain. Pour le coup c'est moi qui suis triplement punie.
Coucou ! Vous vous rappelez toutes ces années où je chougnais que je voulais un chien ? Bon eh bien je l'ai eu mon chien.. Et depuis 5 minutes, j'en ai deux (ça va durer trois semaines). Nous gardons Crapule, la chienne d'un vieil ami qui part en vacances et ne peut pas l'emmener, à la suite de quoi Churchou ira chez Crapule pendant que nous serons en Angleterre.
Cela faisait des mois que je me demandais ce que nous allions faire de Church pendant ce voyage ; la perspective de supplier toute ma famille et mes amis ne me disait rien ; et j'allais passer une annonce sur ce blog quand mon pote m'a proposé l'échange. (Maintenant, va falloir apprivoiser la vie à Paris avec deux chiens dont un plutôt king size).
***
Je continue à recueillir et à interroger les traces de magie dans ma vie, les intentions qui se réalisent sans qu'apparemment j'aie besoin de rien faire. Les gants de jardinage que ma grand-mère garde pour moi alors que la veille je disais tout haut, mais chez moi à 5 km d'elle, qu'il m'en faudrait une paire. Et pourquoi je loupe tel rendez-vous qui me semblait si important ? De quel dilemne irrésolu ce raté-là me parle ?
Tour à tour victorieuse et humble, j'essaie d'apprivoiser les instants de grâce et de comprendre ce qui les fait advenir. J'aimerais progresser plus vite. En attendant, il y a deux chiens dans mon bureau qui se reniflent le cul.
[J'entends déjà ma voisine et toute la famille qui vont se moquer de mes fils à la patte. C'est sûr c'est pas pratique un chien. Alors deux, mais oui je flippe un peu ! Et ce pote que j'aime beaucoup, on ne s'était pas revus depuis un an ou deux, et je suis heureuse que nos chiens nous aient remis en contact. Ben quoi ?]
[Hum, depuis quelque temps les photos de Churchou ont remplacé celles de enfants sur ce blog. Je les aime toujours mes filles ! Et nous les prenons toujours en photo.. Et c'est vrai que le dernier arrivant imprime sa marque et nous demande de repenser notre mode de vie (c'est d'ailleurs une des choses que j'attendais de l'arrivée d'un chien) ; du coup il m'occupe et me transforme mon Churchou, et m'habite.. sans que le reste de la famille disparaisse à mes yeux.]
Les commentaires récents