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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























mercredi 01 juillet 2009

et les draps s'en souviennent

Dans ma tête

Drôle de nuit passée (seule, Nico est à New York) à imaginer mon livre.  Ma difficulté à trouver une forme pour cet objet-là, mon chef-d'oeuvre-à-venir. (Je n'arrive pas à écrire un livre tout modeste qui porterait mon nom et donnerait à éprouver un bout de ma vision du monde, comme je fais un peu ici tous les matins sans me mettre la rate au court bouillon... alors je vise le chef d'oeuvre).  

Moi qui me suis toujours vue comme écrivain, qui passe mon temps à écrire, qui écrit pour mes clients sans (trop) de difficultés.... Pouquoi ça passe aussi difficilement quand il s'agit d'un projet à moi ?

[Dans le même ordre d'idées
je me sens impuissante pour tout un tas de trucs.]

Hop hop hop assez ratiocipleurniché. Je m'élance. On verra bien. 

mardi 30 juin 2009

le plein nécessaire à vivre, le vide nécessaire à écrire

Narcisse et goldmund

Dans la solitude moite de mon bureau plongé dans la pénombre des volets à demi-tirés, je cherche à creuser le vide pour parvenir à écrire ici et ailleurs (ma newsletter...) ; et en cette fin de juin l'urgence à vivre et à produire, à préparer (les vacances, septembre : que vais-je faire en septembre ?) l'emportent sur tout le reste.

Peut-être dans la langueur de l'après-midi vais-je retrouver cet état de manque qui me pousse à écrire.

A plus tard, donc...

[Titres des prochains billets :
le chien du quartier
le complexe de l'écrivaine non écrivaine
le coeur blessé
réalité des présences virtuelles]

Je vous embrasse tendrement mes chéries-chéris.

jeudi 30 avril 2009

les trois carnets (écouter la plainte)

Un air de printemps

Empilés l'un sur l'autre, mes trois carnets consacrés à l'écriture

Le carnet rouge et noir de mon recueil de nouvelles, que j'avais égaré dans un coin et que j'ai ressorti hier.Remettre le métier sur l'ouvrage et terminer en beauté ! Poursuivre déjà. Le hisser à la hauteur de mes espérances.

Le carnet blanc, épais, à spirales, intitulé "carnet de tous les jours", dans lequel je prends des notes pour le livre d'après, mon-roman-d'avant-mes-quarante-ans, dans lequel j'essaierai d'entremêler plusieurs trames au moins deux davantage j'espère. Hier j'ai recopié ce texte d'André Breton offert par Egide, un texte que je n'ai pas tout compris mais qui m'a plu tel quel

(à sa fille il écrit)

"Chère Écusette de Noireuil,

Je suis loin d'être fixé sur votre avenir - laissez-moi croire que ces mots "L'amour fou" seront un jour seuls en rapport avec votre vertige. Ils ne tiendront pas leur promesse puisqu'ils ne feront que vous éclairer le mystère de votre naissance.

Je vous souhaite d'être follement aimée."

Et enfin un petit carnet modeste à la couverture bleue, spirale on top et gondolé par l'eau de mer ou de larmes ou de pluie, mon carnet d'idées de textes pour ce blog et pour mes futures chroniques à la radio si un jour vraiment je finis par les dire. Besoin de dire, besoin d'animer chaque jour un lieu et peur parfois du vide - écrire sur le vide ?

Les trois carnets de mes envies d'exister. Pendant des semaines et des semaines, j'ai presque oublié que je suis faite pour cela, écrire. Une grande pause dans mes projets à moi d'écriture. Alors quand revient le goût de remettre ma patte dans ces carnets c'est une vraie fête ces retrouvailles.

Je vous embrasse mes chéries-chéris et vous souhaite un joli premier mai.

dimanche 08 février 2009

le dernier recours

Hier matin dans les neuf heures, en sortant de ma rame de métro j'ai vu un jeune homme somnoler contre son violoncelle. Il le tenait enlacé et s'abandonnait contre le plastique bleu brillant bombé de l'étui, comme si l'instrument avait été sa fiancée.

Tandis que le métro s'enfuyait avec mon bel endormi, je songeais à Roland Barthes qui s'était abandonné à l'écriture lorsque sa maman l'avait quitté - son dernier rempart contre le rien. Je songeais aussi à mes cahiers, mes stylos-plume et à ce blog, qui tant de fois m'ont été une planche de salut - je suis toute entière dans ce que j'écris, dans la forme que j'essaie de donner à l'émotion. Je m'abandonne aux mots qui me portent et j'oublie tout le reste. Vraiment "maviesansmoi" est une belle image de mon rapport à l'acte d'écriture.

Oui l'écoute de ce texte de Barthes m'a permis de comprendre les deux chances immenses dans ma vie, celle de partager mon existence avec un homme aimé de manière inconditionnelle, et l'écriture, cette forme particulière dans laquelle je me suis engouffrée toute petite et qui depuis ne m'a jamais lâchée.

Introspection

[Spéciale dédicace à ceux que j'aime et qui passent par là...

A mes cousines qui viennent de temps en temps, celle dont je suis la minute d'introspection quotidienne, celle qui pense que j'ai une vie rêvée et la petitoune que j'aimerais bien voir plus souvent...
A Emmanuelle la maman de Zélie avec qui j'aimerais bien boire un café...
A Yuriko et Laure..
A V et L et A mes grandes amies
A JB que nous revoyons à Lyon la semaine prochaine et je suis heureuse.. A Swahili et Anne-So et et Alissou et Incha et Caro et Titoune et Gran Paradi et Angèle et Lola et Yves et Prumetier et les Catherines et Small Head et Lutin et Houbi et Anna..
Et toi aussi mon Nico pour qui j'ai commencé à écrire ce blog et je continue

Ceux que j'ai oublié: qu'ils se signalent !].

jeudi 08 janvier 2009

je ne veux pas devenir un imprimé

 Imprime

"Personne n'a payé aussi cher que moi son entrée en littérature", déclara Karen Blixen longtemps après que lui soit venue la reconnaissance et l'indépendance matérielle grâce à son magnifique Out of Africa. Parmi les nombreux drames intimes vécus par cette femme (divorce d'avec son mari Bror, maladies incapacitantes, déséquilibre de sa relation avec Denys, naufrage lent de son exploitation de café et perte de sa ferme), celle qui aujourd'hui fait le plus écho en moi est la peur de devenir un imprimé.

Et de fait en revenant d'Afrique en 1931, elle avait 46 ans, ses espoirs de devenir fermière et d'apporter assistance à ses black brothers étaient définitivement éteints ; la grande affaire de sa vie était derrière elle, elle n'avait plus d'homme à chérir. Que pouvait-elle faire à part se laisser mourir (ce qu'elle a envisagé)... ou opter pour la littérature ? 

Ecrire est une chose merveilleuse mais pour elle, comme pour moi, cela vient en compensation d'autre chose que nous ne parvenons pas à être. Karen Blixen aurait voulu par dessus tout pouvoir rester a farmer. Pour moi vous le savez, écrire est comme respirer. Et cela ne me suffit pas... Je vais faire de mon mieux pour écrire des textes valables, et pour devenir autre chose, autre chose qu'un imprimé.  

Je vous embrasse fort mes chéries-chéris. J'aimerais bien qu'il reneige.

Lullu

[Antilope photographiée par Nicolas dans la réserve du Massaï Mara. Peut-être ressemble-t-elle à Lullu, l'antilope apprivoisée par Karen, qui longtemps vint musarder à la ferme ].

vendredi 12 décembre 2008

l'alignement

J'ai eu une drôle de matinée hier
Trois évènements désagréables en une seule petite heure.

Un peu d'accablement, et après cela, la joie. La joie de savoir que j'étais libre de ma réaction devant les évènements : libre de crier ou de faire un scandale, libre de me taire, libre de m'en aller ou de serrer dans mes bras, libre de jouer, de chercher les mots justes, de ne pas les chercher. Libre aussi d'interroger ces moments pénibles et de regarder ce qu'ils avaient à m'apprendre.

Be yourself, dit ma cliente : mais ce qui est beau c'est qu'on a le choix du "myself" que l'on incarne.

Pour fêter cette conscience de liberté et mon nouveau recul sur la vie, j'ai acheté un gros carnet, carnet de notes pour mon nouveau roman (la force que ça me donne, d'avoir terminé ce recueil !). Les premiers mots ont dansé dedans comme une guirlande bleue.

mercredi 03 décembre 2008

mon éditrice

Une_reine La personne à laquelle je me réfère comme à "mon éditrice"... ne va probablement pas proposer mon recueil à sa maison d'édition. 

Elle me l'a dit très tôt et c'est en connaissance de cause que j'ai continué dans cette direction (car ce qui s'est présenté à moi ce sont des nouvelles, petits moments d'épiphanie prêts à être décrochés de l'arbre ; vraiment je ne décide pas de grand chose en matière d'écriture !).

Et pourtant mon éditrice, c'est elle. C'est elle qui entre toutes est venue me chercher pour me demander un texte (je crois en votre écriture m'a-t-elle dit en substance) ; elle avec qui nous nous sommes fixé des dates qui m'ont aidée à avancer ; elle pour qui j'ai préparé mon texte puis moi-même, parés de fête comme pour une rencontre amoureuse, lorsque je le lui ai remis vendredi dans un salon de thé sur la Butte aux Cailles ; elle qui va prendre sur son temps libre pour m'aider à améliorer le bousin que j'irai... présenter à d'autres éditeurs avant, j'imagine, l'auto-éditer.

Mais le travail d'édition elle en aura déjà fait une grande partie !

Tirer le désir par une tendresse et une présence inspirante
Donner confiance
Fournir un cadre, même un léger qui ne pèse pas - mais qui aide à avancer, ô combien !
Faire des retours sincères et enthousiastes

Wahou. Exactement ce que j'ai envie d'offrir à mes clients ; et à mes enfants, d'ailleurs !

Cette rencontre, au delà de ce qu'elle m'aide à faire pour construire le moi-princesse, donne un nouveau souffle à mon métier de fée.

Je vous souhaite, mes chéries-chéris, une bonne journée empreinte de l'écho des rencontres fécondes de votre vie... 

[La photo a été prise par Nicolas au mariage d'A et F. quand Alma avait trois mois.
Cette jeune femme n'est pas mon éditrice. Mais elle m'inspire par sa grâce ; en plus, elle est passionnée de littérature.] 

vendredi 28 novembre 2008

les limites

Petite_fougreJe voudrais écrire quelque part la difficulté que cela a représenté pour moi, non pas le jaillissement des textes - les histoires, une fois que j'ai été engagée dans le projet, sont pour la plupart arrivées très vite, comme des pêches mûres qu'il suffisait de cueillir sur l'arbre.

Ce qui a été dur c'est de relire ce que j'avais écrit. Etre confrontée à mes limites réelles et non plus à mon fantasme de devenir une Anaïs Nin ou une Alice Munro ou un Henri Bauchau. Bah oui un jour ! Mais aujourd'hui : le mieux que je suis capable de produire comme histoire, c'est ça.

Oubliée, la virtuosité. Oubliées, les certitudes. Ecrire et relire et présenter ces nouvelles, pour moi cela a été comme repartir à zéro.

Gros baisers mes chéris-chéries... Souhaitez-moi bonne chance !

[ça n'a rien à voir mais l'une de mes amies a écrit cet article édifiant..]

[Message personnel pour Alice : je te baise les pieds !]

mercredi 12 novembre 2008

les doutes

100_fois_sur_le_mtierC'est bizarre

au moment de travailler ce recueil si simple à commencer (dans la conjonction des évènements qui m'y ont amenée) et si compliqué à terminer, j'ai choisi de me plonger dans le dernier recueil de l'une des nouvellistes les plus douées de notre époque : Alice Munro.

J'avais beaucoup aimé le premier recueil que j'avais lu... Celui-là, je l'adore. Alice Munro a le génie de dépeindre des femmes de notre époque à des épiphanies de leur vie. Elle décrit comme personne les mouvements du coeur, les revirements, les moments où ses héroïnes se sentent comme des rien du tout. Bref, l'identification marche à fond.. entre les héroïnes et moi. Parce que pour ce qui est de m'identifier à l'auteur c'est raté,. Je vois mon texte si peu précis à côté du sien ; et je me demande, "à quoi bon ?"

Et ce qui est rassurant c'est de savoir que les auteurs les plus géniaux, ont commis des oeuvres de jeunesses ; et ont nourri des complexes à l'égard de leurs prédécesseurs (Virginia Woolf se désespérait en lisant la Recherche, "jamais je n'arriverai à sa cheville" ; quant à Proust lui-même, sa lancinante question "vais-je y arriver" est l'un des fils rouges de sa recherche...). Complexes qui les ont torturé mais pas empêché ; ou pas complètement.

Ce qui me rassure aussi, c'est que mon texte n'est pas terminé. J'ai la possibilité d'y ajouter un peu du génie qui lui manque - même si je n'arrive encore à la cheville de personne.   

Alice Munro ne s'est pas remise sur mon chemin pour rien. Du haut de son génie et de son expérience, du haut de sa compéhension des femmes qui essaient, je choisis de penser qu'elle m'encourage.

Je n'ai pas dit mon dernier mot.

mardi 07 octobre 2008

modèles de femmes (l'appétit)

GeorgesandOù puiser l'inspiration, à quel modèle de femme pourrais-je m'identifier ? Cette femme qui entre la vie et l'écriture, n'est pas sommée de choisir ?

Une première réponse se trouve dans les lettres de George Sand (l'auteur de mon recueil en a réuni 600 choisies parmi 8 volumes : ça ne rigolait pas. Dans la préface l'auteur raconte que pour elle, l'écriture des romans coulait de source ; c'étaient les lettres qui lui donnaient du fil à retordre, par le recueillement qu'elles exigeaient. Quelle exigence épistolière, amie, mère, fille, maîtresse, grand-mère, qui donne la priorité à la relation plutôt q'à l'oeuvre !)

Les lettres que j'ai commencé à lire sont tendres, drôles, profondes, on sent la vie, on découvre l'époque... Quelle liberté de ton, quelles émotions ! En parallèle je vais me plonger dans Karen Blixen, qui elle aussi a nourri une correspondance fameuse parait-il, avec qui eh bien je vous le dirai quand j'aurai commencé... De ces deux femmes je retiens l'amour de la nature, le penchant à la mélancolie et le désir sans faille de vivre une vie qui en vaille la peine.

Cette George Sand m'émerveille d'avoir su ne pas choisir entre toutes les déesses qui l'habitaient. Pour moi elle représente la véritable héroïne de sa propre vie. Et puis ses yeux de braise....

Et vous les filles, qui c'est vos modèles de femmes ? (je demande aux filles, mais bon, si les hommes ont une autre réponse que Manman... be my guest !)

[Portrait de Georges Sand par Auguste Charpentier en 1835. A 31 ans, elle en avait fait des choses...]

Ma Photo

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