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mercredi 14 mai 2008

pour qui ?

Ce matin j'ai soif de connaître les visages qui viennent s'arrêter sur ces lignes, sur les photos, vos visages connus et inconnus mais de toute manière une surprise puisque je ne sais pas avec certitude qui va venir ; et vos yeux grands, forcément grands, mais de quelle couleur, et quelle est leur expression ? et votre front plissé peut-être par quelques lignes de perplexité, ou bien parce qu'après 30 ans...

Ce matin je rêve de voir défiler en quelques fractions de secondes, l'ovale de votre visage et vos yeux et vos fronts et vos pommettes et le sourire sur votre bouche (ou la consternation, la tristesse, l'amertume, l'optimisme, l'inspiration, l'envie de rire...)

Je me suis levée tôt pour relire le texte d'un client (et peut-être éveillée par une de ces insomnies matinales dont j'ai le secret en période agitée). J'ai troqué mon dej à la piscine contre une rencontre avec une bonne amie pas vue depuis longtemps - est-ce sérieux de rogner ainsi sur ses principes de "une activité sportive par jour ?" Bah oui, j'ai vraiment envie de la voir. Dans 10 minutes je retourne dans la chaleur de mon lit. Le jour se lève et bave une lumière grise un peu triste. 

[Hier soir à un pince-fesse professionnel pour une fois je n'ai pas eu envie de passer la soirée planquée dans les toilettes. D'abord en ce moment je n'ai rien à vendre, je viens juste m'inspirer. Ensuite je me suis répété cette phrase-gri gri d'Audrey Hepburn, qui parait-il se trouvait plate et insignifiante, cette phrase qu'elle se disait pour se donner confiance lorsqu'elle allait à une soirée "Je suis un sex symbol et tous les hommes sont à mes pieds." Bon, et bien, ça marche ! Sauf qu'hier il y avait surtout des femmes, mais on était heureuses de se retrouver / rencontrer, et à la fin j'ai bien ri... On était contentes. Merci Audrey pour cet ego booster.]

Audrey_hepburn_3

Bonne journée mes loups-louttes.

mardi 13 mai 2008

aimante, aimant, aimée..

Aimante_aimee

Je pense à cette lettre de Saint Paul (le converti mysogine qui se référait au mariage comme à un moindre mal pour les pauvres hères qui ne pouvaient se résoudre à la chasteté !), cette lettre sublime qui nous est lue à une messe de mariage sur deux, "L'Eglise repose sur trois pilliers, l'amour, l'espèrance et la foi. Mais si vous n'avez pas l'amour, vous n'êtes rien.. l'amour ne jalouse pas, l'amour rend service, l'amour ne finira jamais." La liste était impressionnante et Nico avait presque toujours tout bon, alors que moi, moi...

Moi je suis ombrageuse ; et pas très serviable ; et égotiste ; et pourtant je revendique d'être aimante à ma façon. Porter sur l'autre un regard qui fait grandir. Avoir des attentions inattendues. Etre présente quand on a besoin de moi. Partir à temps (le plus dur). Vivre pleinement. Chercher les bonnes conditions d'épanouissement, les miennes et celles de mes aimés.

Je vais vous dire, c'est très puissant de réfléchir à ce que l'on veut être et donner ! de le remettre en jeu ; de se jauger à l'aune de ces valeurs importantes pour soi, de creuser ces valeurs, et d'en parler autour de soi pour le challenger et essayer de comprendre ce qui meut les autres. Un peu destabilisant aussi...

Je vous souhaite un top début de semaine ! Et vous fais de gros bisous.

[En parlant de mariage, je ne vous ai pas racontée ma dernière, enfin, l'une de mes dernières.. Samedi dernier, Nico et moi sommes avons bravement traversé la France pour nous rendre à Pont l'Abbé, au trou du cul de la Bretagne ; le mariage de mon amie d'enfance, la grande passion de mon enfance après Maman et Mam, était à 16 h dans une petite église croquignolette. Mais quand on est arrivés, pile à l'heure, pas de voitures, pas de cortège.. personne. Nous avons jeté un coup d'oeil au carton : ben le mariage, c'était la veille ! ]

[A propos de femme aimante ET inspirante, j'en ai rencontré une récemment, et elle vient d'ouvrir un blog ma chère Anna qui devient coach..]

[Et, ça n'a rien à voir mais si un peu quand même, ce week-end j'étais dans ma belle famille et toutes les filles avaient à la main l'un des deux derniers romans de Katherine Pancol.. sauf ma belle-mère qui les a déjà lus tous les deux. Ben c'est happant, super bien écrit, très facile à lire, les personnages sont attachants, certains dialogues poilants. Pas de la grande littérature mais très agréable à lire et à partager entre filles heu femmes d'une famille.]

free music

jeudi 08 mai 2008

aimante ?

Dans la liste des choses que je veux être, il y a un adjectif qui devrait venir avant "inspirante" : c'est "aimante". J'ai eu la révélation hier après-midi, et depuis comme avec "inspirante" je me demande comment l'être davantage, aimante.

En fait c'est assez facile d'aimer des personnes choisies et merveilleuses. Je vais quand même m'entrainer à les aimer mieux, avant de passer au reste du monde.

L'un de mes premiers actes aimants fut d'aller rendre visite à ma grand-mère sur le chemin de notre départ en Bourgogne. Nous devions rester 5 minutes... et nous y sommes toujours ! Je n'ai pas eu le courage de repartir ni hier soir, ni ce matin, et du coup nous attendons Nico qui travaille et n'est libre que demain soir.

En vacances à 5 km de chez moi : c'est assez incongru, et malgré tout dépaysant d'habiter la grande maison de ma grand-mère, avec son jardin, la piscine pas loin, et de nouvelles règles. Et ressourçant pour moi de m'occuper des enfants avec celle qui a chouchouté mon enfance (et me chouchoute encore). Ma grand-mère est ravie, les filles et moi aussi ; ceux qui nous attendaient, et Nico, je ne sais pas...

Enceinte de mon nouveau projet d'entreprise (qui aboutira peut-être à un Plume de vie 2 qui ressemble beaucoup au premier en juste un peu plus flamboyant !) je passe d'un excès à l'autre, c'est assez déroutant mais en même temps, je ne sais pas, rafraichissant.

[Je n'arrête pas de penser à cette histoire de l'aïeule de l'un de mes clients : elle venait d'accoucher de son troisième ou quatrième garçon et devait rejoindre, avec tout un déménagement, son mari juge de paix dans la nouvelle ville où il avait été affecté. En chemin elle s'est arrêtée chez sa mère.. et n'a plus voulu repartir. Son mari est venue la voir et l'a recourtisée pendant 2 ou 3 ans, à la suite de quoi elle a accepté de reprendre le cours de la vie avec lui. Ils ont fait référence à leur premier mariage et leur deuxième mariage, qui produisit encore deux ou trois garçons ! Mais elle s'était fait une raison de vivre dans une maison peuplée d'hommes et je crois que par la suite, ils ont été très heureux.]

lundi 28 avril 2008

une définition et un poême

C_est_moi

Cette semaine loin de tout (enfin, pas si loin...), j'ai cherché le sens (ma définition) d'un mot que j'emploie à toutes les sauces, devant un homme que j'aime, devant une ville dont j'ai la nostalgie, devant une nouvelle amie, devant les chemins verts de Saint Briac ; un mot qui dit aussi la femme que je veux être pour les autres, mon homme, mes enfants, mes amis, mes clients, vous.

Ce mot, c'est inspirant.

Et le sens que je lui donne, c'est "qui met en mouvement. qui donne envie d'y revenir. qui met en joie. qui provoque une nostalgie, un manque, quand il est loin de nous. même si on le porte en nous, anyway."

Et vous, c'est quoi la personne que vous voulez être ?

Gros bisous ! I'm happy to be back.

[J'ai retrouvé, dans un commentaire, ce poême offert par Marie-Pool il y a bien, bien longtemps.. Je le trouve toujours aussi beau et vous le transmet mes loups-louttes

Dans sa superbe dérive
La Vie n'exclut
Ni mouettes ni gouffres
Ni algues ni brisants

Elle produit fruits et ténèbres
Culbute les idoles
S'esquive et se proclame ailleurs

S'émerveillant du seul vivre
Elle va
Souveraine
Où il n'est pas d'enclos

Andrée Chédid, Territoires du Souffle]

mercredi 09 avril 2008

le vie réinventée

VertigoRégulièrement j'ai des sueurs froides lorsqu'on me parle de mon blog. Telle lectrice qui a les larmes aux yeux quand on se rencontre ; telle autre qui m'étreint et me parle de moi et de mes enfants comme si nous étions les personnages d'un livre. Deux amies qui me disent, "J'ai une copine qui est fan de ton blog, elle trouve que tu as une vie parfaite." (L'une de ces deux amies m'avait même invitée en week-end avec ma "fan", heureusement on ne pouvait pas, he ben j'ai eu la sensation de l'avoir échappé belle.)

Je mesure la chance que c'est d'être lue et appréciée, moi qui en ai tellement besoin.... Et dans ces moments-là, je vois les limites de l'exercice du journal extime - qui pour moi n'en est pas un, mais bien un moyen, aussi, de supporter les imperfections de ma vie. La solitude. Le besoin de partager. Les angoisses, les rêves de passer par dessus la balustrade. L'ennui. La difficulté d'assumer mes choix (amoureux, professionnels, familiaux..), et de profiter de cette saison particulière de la vie, mère de deux jeunes enfants.

Vous imaginez bien que comme j'écris depuis mon vrai nom je ne peux pas parler de mon mari comme ça, de mes parents ; ni révéler l'étendue de mes doutes, quasi permanents.

Ce blog est l'occasion pour moi d'un partage et de nouer des liens, dessus je ne dis que la vérité mais pas toute l'étendue de la vérité. Je ne cherche pas à donner une image de vie ni de fille parfaite ; si je me réinvente, alors c'est malgré moi, ou poussée par tous les freins sus-mentionnés, ou par une propension mytho.

La vie écrite est une vie rêvée - en cela jp tu as raison, écrire n'est pas une prison mais au contraire un moyen tantôt de recherche de soi, tantôt d'évasion de soi ? à moins que je sois devenue prisonnière de ce personnage, la Christie du blog ? Non, je ne crois pas !

Gros bisous mes chéries-chéris, je retourne plonger mon nez dans la compta.. moment déprimant où on a toujours dépensé trop et pas gagné assez, et où ai-je fourré tel justif, l'occasion aussi de remettre les choses à plat et de voir comment optimiser ma tambouille.... 

vendredi 28 mars 2008

la sentinelle

La_sentinelle

Hier soir, en parlant avec mes copines, j'ai réalisé à quel point j'étais fatiguée. Pas une fatigue triste, mais une fatigue lasse, celle de la fille, pardon, de la femme qui comprend qu'elle n'a pas la possibilité de baisser très longtemps la garde, dans aucun domaine. Sinon sa vie s'effrite. Et comme a dit la voisine quand elle a vu Churchill, "Vous alors, vous ne savez vraiment pas quoi vous rajouter comme fil à la patte !" (je me demande à quoi d'autre elle faisait allusion) (mais bon déjà elle semble aimer les chiens et ne se plaint pas du nôtre, on ne va pas en demander davantage).

Je veux bien être une sentinelle - mais qui vient relever mon tour de garde ?

Ce rôle de femme, à la fois présente dans son foyer et attachée à son travail, je l'ai choisi durant mon année de discernement au Chili ; où les femmes étaient vivantes, vibrantes, (fatiguées), et les hommes avaient un regard qui souvent semblait vide. J'ai voulu être une femme comme ces femmes - j'avais sous-estimé la dimension "fatigue" - sans pour autant prendre toute la place, ni éteindre l'homme qui (je l'espèrais) allait partager ma vie.

Est-ce que c'est ainsi que nous vivons ? Vivants, vibrants tous les deux ? Mais alors, pourquoi sommes-nous si fatigués ?

[Je rappelle dans mon coeur toutes ces femmes qui m'ont inspirée, m'inspirent - me portent avec leur force et dans cette envie que j'ai de leur ressembler. Elie, Jacqueline, Mariel, Elizabeth, Zie, Aude, Sabine, Marcelle, Aliette, Catherine, Marie-Noël, Alix, Françoise, Catherine, Monique, Clarissa.. Femmes presque toutes mères, fortes et fragiles, souvent fatiguées, et malgré tout un phare pour ceux qu'elles aiment ou qui, tout simplement, ont croisé leur route.

Peut-être que la fatigue est le juste prix à payer.]

[Je porte une jolie petite robe achetée hier chez American Apparel. Gris lumineux, avec des petits boutons sur le devant, elle me va bien. Je suis contente.

Ce week-end, jardinage rempotage semage balayage ; et premier jogging avec Churchill. Ca va être chouette !]

lundi 10 mars 2008

sick days

Mes copines et ma famille avaient beau dire que Nico est un ange et que j'ai bien de la chance de l'avoir étant donné mon caractère de mégère.. avec lui, je me considère comme plutôt prévenante et attentive, plutôt à l'écoute et créative dans notre vie de tous les jours (à part le bordel qui est je l'avoue problèmatique).

Malheureusement, cette femme-là perd toute sa tempérance dans une occasion bien précise (et c'est dans les crises dit-on que se révèlent les personnalités) ; je ne supporte pas que mon homme tombe malade. Quand il toussote, se recroqueville, n'est plus capable de se lever tellement la fièvre l'assome - eh bien, j'ai l'impression que c'est à moi qu'il en veut ; qu'il fait exprès d'être malade ; et je le déteste de me faire ça à moi.

Ouille ouille ouille la mégère ! La mégère qui doit défaire tous les plans, porter la maison et qui, mal en point elle même, attendait le week-end pour se reposer un peu sur son homme. La mégère se demande si on peut compter sur les hommes. La mégère tente de prendre sur elle - mais l'attitude au fond persiste, de frustration et de colère et de vivement qu'il guérisse mais alors ce sera pour aller travailler et moi alors, et moi, ET MOI ???

Je me demande ce qu'elles me disent, ces maladies ; pourquoi elles appuient si fort (un peu comme les journées d'anniversaire). Je ne sais pas lire les signaux qu'elles m'envoient, ni mettre un mot sur le désir et la peur qu'elles révèlent.

En attendant je prie mon Dieu pour qu'il me rajoute un peu de douceur et de la patience, et préserve mon élan vital dans ces maudits sick days ! Et je m'active autour de mon amour malade, jus d'orange chaud, changer les draps, essayer de ne pas lui passer trop de stress quand même..

[Et les filles dans tout ça ? eh bien, lors des sick days elles prennent pas mal d'autonomie, s'habillent toutes seules et font leur petite vie. Alma a (presque) hâte de voir passer la fée des tétines, et a justement repéré ce matin un porte-poupée qui fera très bien l'affaire contre tous ces hideux bouts de plastique..

Ce week-end, ce qui les a beaucoup occupées c'est d'entrer et de sortir de la niche du chien. Bah oui on a quand même été acheter une niche de salon, pour notre Churchill qui arrive samedi prochain !!!]

[Pardon pour les photos.. j'ai porté mon portable à la clinique des ordis et travaille aujourd'hui sur l'ordi "de secours", et j'arrive pas à charger les photos dessus. Tss maudits malades je vous dis !]

lundi 18 février 2008

les deux clients

Homme_et_son_chien

J'ai encore dans la bouche le goût du millefeuille d'un restaurant trop cher où m'a invitée l'un des 4 mousquetaires, la semaine dernière ('reusement que j'ai operé un relooking avec vestes jupes noires bien coupées et maquillage soigné, j'aurais eu l'air cruchotte avec ma robe de nounoursette à capuche)..

J'ai encore aux oreilles les promesses de l'autre, "Je ne suis pas obligé - après tout, c'est vous qui devriez m'inviter... Mais si on fait ce livre je vous amène au Meurice" - un des restos dans lequel je rêve d'aller. Comment faisait-il pour tout deviner de moi ? Celui qui n'arrêtait pas de me parler de sa générosité et qui ne m'a rien donné (à la fin je n'ai même pas accepté qu'il me paye pour le travail réalisé, orgueil fou du travailleur indépendant, et je ne pouvais pas accepter d'être infoédée à cet homme, qui pour moi a le visage du diable).

Je me souviens du frisson de dégoût et de plaisir lorsqu'il m'a demandé "Pourquoi avez-vous coupé vos cheveux ?"

J'ai failli oublier de remercier d'Artagnan. On s'habitue vite à la générosité. Je vais essayer de ne pas m'habituer, de savourer plutôt, et de donner la gomme.

[Dans trois semaines si tout va bien on l'aura notre chien. Un fox terrier à poil lisse qu'on va chercher dans un élevage au nord de la France. Je vous raconterai l'histoire un peu plus tard, quand on l'aura un peu vécue.. J'ai hâte de le connaître, ce chien, et surtout j'ai hâte de voir mon Nico et mes Chimène et Alma se transformer, un peu, à son contact. The dog experience !]

mercredi 13 février 2008

la graphologue

Supermoi

Il y a onze ans... J'habitais au Chili entre deux années d'études - je n'avais pas encore choisi de spécialisation pour la troisième année d'école, et j'étais tentée par la très sélective filière "entrepreneurs" ; très sélective, mais chaque année dans son pannel elle retenait un "humanitaire", et qu'étais-je censée faire au Chili si ce n'est une mission humanitaire dans une banlieue modeste ? Hé hé. En fait comme aujourd'hui je passais mes journées à papoter avec des copines de tous les âges, mais comme c'était en espagnol et à 14 000 km de chez moi ça avait l'air très aventureux.

Bref, je me suis fait envoyer un dossier d'inscription, plein de blabla à remplir sur les expériences qui prouvaient que j'étais taillée pour entreprendre, et il fallait aussi donner une lettre manuscrite.

Cette lettre, je m'en souviens, je l'ai rédigée un jour de grande forme - un jour où la vie était douce, les semelles de mes tongs portaient des petites ailes, c'était l'été, les membres de ma famille chilienne m'entouraient autour de la grande table du salon et chacun mettait son grain de sel... Et donc ce n'est pas moi, mais Supermoi qui ai écrit pour parler de ma motivation à entrer dans cette majeure HEC entrepreneurs. Motivée, je l'étais : Nico avait postulé et était pris ; et après un an à arpenter les rues de San Bernardo, à faire du stop, à apprendre la douceur, je n'avais pas du tout envie de retrouver un cursus livresque, j'avais besoin de concret.

Et lorsque deux mois plus tard, j'ai appris mon admission et ai reçu la transcription de mon analyse grapho (qui manifestement a beaucoup penché dans la balance), j'ai été assez surprise de lire un texte très juste... et à demi juste. La graphologue avait dégoté toutes mes qualités, enthousiasme, entregent, goût de l'aventure. Mais elle n'avait pas repéré l'angoisse, l'égotisme, la difficulté de voir grand, le désordre. Ca m'a sciée !

Mais ce que je voulais vous dire, c'est que probablement dans ce blog je reproduis un peu ma stratégie face à la graphologue, et que je vous donne à voir surtout la Christie qui a envie d'être admise et acceptée...

Bonne journée mes lou-loutes !

[Bon c'est bien gentil Supertramp (et Deezer) mais j'ai beau adorer cette chanson, j'en ai assez de me l'infliger et d'imaginer votre tête à chaque chargement de la page.. Alors exit Crime of the century !]

[Pff j'ai pris plein de photos à Dinard.. et celles que je publie comme par hasard ce sont celles de Nico ! M'énerve sui-la à faire des belles images...]

mardi 12 février 2008

Pierre

De_loin

Je pense souvent à toi. Tu n'avais que 16 ans et pour moi tu étais déjà un homme et par bien des aspects, un vieil homme, monsieur le garçon pâle mûri trop vite. Tu es mort voilà trois ans, un peu plus de trois ans, à ta messe d'enterrement on a lu des poèmes que tu avais écrits et je les ai trouvé décevants, j'aurais préféré Rimbault, ou Brel, ou même Supertramp et Crime of the century.

Je pense souvent à toi. Il y a bien longtemps que j'ai cessé de t'aimer et pourtant je t'aime encore, depuis toi j'ai connu d'autres amours qui chacun à leur manière ont été le premier, mais à côté de toi les autres hommes me semblent des garçons, beaux fragiles émouvants et loin de cette cassure que tu portais dans tes yeux.

Ta voix au téléphone m'encombrait comme une promesse non tenue, et aujourd'hui je ne sais toujours pas comment nous aurions pu nous rencontrer, tout ce que je sais est ce qu'il en reste de cet amour, ta photo devant mes yeux quand je travaille, ces musiques, le souffle de ta voix quand tu m'appelais Christie, et ton rire rauque, et tes vêtements noirs, et ta main ferme posée sur cette taille qui n'était pas la mienne.

[Depuis quelques jours je pense à cette phrase de mon ami Tlön, "Amour de jeunesse qui n'a pas su résister à la fuite du temps mais qui reste, semble-t-il, le plus grand." Ce n'est pas ce que je ressens, moi - je pense qu'un grand amour s'incarne dans tous les moments réellement partagés, ce ne peut être juste un rêve - et il faut que je lise ce livre dont il parle, Machenka.]

mardi 05 février 2008

en pause aussi

Je soutiens Nicolas, mon mari et mon amour. Je reviens vite j'espère, quand j'aurai retrouvé la sécurité d'écrire face aux yeux de (potentiellement) n'importe qui.

Gros bisous à tous les "pas n'importe qui", les précieux qui me rendez visite avec votre regard bienveillant et curieux.

De toutes façons aujourd'hui j'avais pas grand chose à dire...

vendredi 01 février 2008

savoir que je pourrais partir

Chimne_joue_la_maman_2 Le fait d'avoir quitté un client m'ouvre des mondes. Depuis combien d'années n'avais-je pas osé tourner les talons ? Une bonne mère ne quitte pas ses petits, une bonne épouse n'en parlons pas, et une bonne pro ne lâche pas ses clients.

Sur le principe, je suis d'accord.. mais le poids était très lourd pour moi, de me définir comme celle qui reste envers et contre tout. Allez-y les gars, vous pouvez tout me faire, mon amour est inconditionnel, ou mon dévouement, ou ma ténacité, (ou ma peur de partir et de tomber dans le vide et de passer pour une lâcheuse).

Le tout est de ne pas passer à l'excès inverse, "Tu rentres tard mon chéri ? Ciao" ; "Vous mettez trois plombes pour avaler la bonne soupe préparée par Maman (en disant beurk en plus) ? Maman prend ses cliques et ses claques !" ; "Vous loupez un rendez-vous ? Tant pis, il n'y en aura pas d'autre !"

Ah la la, pourquoi ai-je été si mal dotée d'un sens de la mesure ? Et de patience ? Et de la capacité de poser un cadre souple et juste dès le départ ?

Mais ça vient, ça vient...

Alors, bien sûr que je ne vais pas imaginer "le pire" (ça dit tout ça, quand pour moi le pire c'est de partir) à chaque anicroche. Mais ça devient une possibilité que je me donne. Dans le business, au moins !

[Elle était pas mignonne ma Chimène de 3 ans en train de jouer à la maman ?
Où est passé mon gros bébé affectueux aux joues rondes ?
Hier elle m'a affirmé que c'était elle à présent la maman d'Alma, parce que moi j'étais morte. Charmant d'avoir des filles ! ]

jeudi 17 janvier 2008

le châle

Je lui avais prêté mon foulard un soir de septembre, pour ne pas qu'il s'enrhume en rentrant. C'était le foulard que je portais sur moi, le châle en soie noire à franges que je tiens de ma grand-mère

Je lui avais prêté mon foulard et puis on ne s'était pas revus pendant deux mois

La relation s'est renouée, mais, à chaque fois, "Tu m'as ramené mon foulard ?" "Oh zut, je l'ai oublié !"

Hier soir j'ai été le chercher chez lui. On a pris une tisane, écouté de la musique.. En repartant mon précieux châle autour du cou, je me suis mise à regretter d'être venue le récupérer

Quelle est la nature de ce que je remportais ?

mercredi 09 janvier 2008

jonglelette

Le truc bien chiant dans la vie d'une maman qui travaille, ce sont les imprévus qui viennent faire valser son emploi du temps. Après Alma malade, sa nounou prend le relais. Les babysitters sont en partielles et je ne vais pas appeler Maman au secours tous les jours !

Alma_par_chimne

Les maladies des uns et des autres, j'ai du mal à ne pas les prendre comme une attaque personnelle - pauvre nounou, au fond du lit elle se fait engueuler ; faut que j'appelle pour m'excuser... Et j'en ai marre de chercher des solutions, d'appeler à droite à gauche, de supplier, m'excuser, remercier... Quelle humilité. Quelle souplesse. Quel nombre incroyable de ressources, de sourires, de méninges qui fonctionnent à 10.000 à l'heure. Et cette necessité de jongler revient tous les 15 jours !

Et je suis super entourée.

Je me demande comment font les femmes dont le mari ne peut jamais se libérer, et dont la maman super sympa n'habite pas à 30 kilomètres.

[Etrangement dans mon planning chamboulé j'ai décidé de maintenir le plouf à la piscine : déjà que je suis un peu mégère... faut prendre soin de soi si on veut que la maison tienne.]

[Et dans mon "malheur", la gang des babysitters m'a indiquée LA copine qui avait terminé ses partielles et peut miraculeusement se libérer vendredi, le jour où je serai partie de 7 h du mat' à minuit... Ouvrir les yeux plus grand et élargir le cercle de ses alliés, ça c'est un réflexe utile !]

ps : Bon courage à toutes les mamounettes qui lisent ces lignes.. et merci à toutes les mamans de mamans qui aident leurs grandes filles quand les temps sont durs.

lundi 07 janvier 2008

sortie de cadre

Roses_de_noel_2Le p'tit inconvénient des rituels perso... est qu'ils sont perso.

Personne n'est là pour me botter les fesses si je ne les tiens pas, ah ah. En temps normal, le temps réglé comme la course du soleil, les semaines se suivent et j'arrive à faire entrer les activités dans les cases, la méditation et le rangement du bureau et la natation et la course et et et

mais dès que surgit une interruption, nécessaires vacances, pfiout, les rythmes se détraquent (c'est bien ce qu'on leur demande pourtant, aux vacances !) et je perds le fil de mes petits moments à moi. De retour à Paris, je ne pense plus à me réveiller 5 minutes plus tôt, et l'heure passé à réfléchir au café, allé, à quoi bon ? Quant à mon bureau, je vous le donne en 1000, c'est le souk again. Tss.

... Mais cette fois je ne veux pas me laisser avoir (par qui ? ben par moi pardil. La schizophrénie est une menace tangible quand on passe autant de temps entre soi et soi). Oui les deux coupures de Noyel et du 1er de l'An m'ont fait un bien fou. Et maintenant que je suis rentrée je vais me réatteler à ces rituels qui m'aident à ne pas voleter comme une abeille paniquée.

Gros baisers mes chéris-chéries ! Je suis heureuse aujourd'hui... je ne sais pas pourquoi.

[La coach Chine Lanzmann, qui est aussi une femme très chaleureuse et successfull, publie sur son blog 12 excellents conseils pour mettre en oeuvre les changements que l'on a décidé d'opérer dans sa vie. Pas mal au moment où nous sommes nombreux à nous demander comment faire..] 

lundi 03 décembre 2007

le flacon spécial

Je me suis trouvé une nouvelle odeur ; odeur de raisin aigre, aigrelette, ravissante ; odeur d'huiles mélangées à des huiles essentielles (bois de rose, géranium, lavande), enbouteillées dans un encrier recyclé en flacon de beauté.

Mon huile jaune des matins mal réveillés ; de la peau qui tiraille ; des jours où j'aimerais embellir. Ce parfum m'accompagne toute la journée, et je l'aime mon odeur spéciale qu'aucun marchand n'a fabriquée.

Mes petites aussi la hument. Lorsqu'elles enfouissent leur nez dans mon cou je retourne dans ces nuits de mon enfance, où ma maman venait me border après s'être nettoyée le visage avec le lait à l'Iris d'une bouteille bleue ; odeur aigre, aigrelette, délicieuse, de ma maman toute à moi.

Flowers

dimanche 04 novembre 2007

drôle de birthday

Ils sont toujours bizarres, mes anniversaires. Le jour où je demande "qui m'aime ?". Le jour où mon puis sans fond éclate au grand jour - je n'en ai jamais assez, de cadeaux, de baisers, de marques d'attentions.. Pendant 364 jours je me tiens à peu près, mais celui-là, celui-là, c'est le festival des demandes qui ne peuvent être satisfaites.

Et je me déteste d'être cette terre avide, et ce front plissé... La double peine.

Pardon mes amours, je suis touchée de tout ce que vous m'avez gâtée, j'aimerais mieux vous remercier, j'aimerais aussi mieux vous aimer quand ce sera votre tour d'être fêté.. Ben je vais essayer.. Merci en tout cas de vos petits mots, et de vos cadeaux, et d'avoir été là (et j'ai enfin reçu mon chien un super kimono dont je rêvais depuis longtemps.. et un vase rouge très charmant.. et un livre que je dévore déjà, conjointement à ma nouvelle résolution de ne plus livre que des livres top..)

(Et pour Nico, qui est, nolans volans, la "pierre angulaire" de mon fragile édifice, je vous raconte pas la pression en ce grand jour ! Hou la la comment devenir meilleure ?)

Je repars à potron minet pour Dinard. Je voulais passer vous embrasser entre les deux. Merci pour vos petits mots, je vois que vous gardez la maison en mon absence.

Christie_a_trentetrois_ans_2

[Christie à 33 ans. Pas évident de s'aimer, vous dis-je.. Mais vous le savez.]

mardi 30 octobre 2007

ambivaquoi ?

Ma_fille_nattes

Je me sens m'éloigner, je vous sens vous éloigner, comme si peu à peu l'énergie s'investissait ailleurs. C'est ce que j'ai souhaité et c'est toujours difficile pour moi de quitter une relation fusionnelle. Même si après je respire mieux... Je me sens vis-à-vis de ce blog, comme la maman d'enfants qui ont grandi et vivent leur vie, et elle-même a ses projets et cela la ravit, et en même temps ses petits lui manquent...

Taper à grands coups de poêle sur la tête de la trop bonne mère psychique et aller explorer d'autres rôles de femmes - l'amoureuse, la guerrière, la prétresse...

Mon énergie débloquée retourne à la messe ; visite des bureaux (bon, un, mais j'ai d'autres pistes) ; reprend ses petits manuscrits (deux les amis, deux !) ; part en vacances demain, avec des envies de couture, de jeux de sociétés (tss j'ai acheté de supers petits jeux pour Chimène que la petite souris devait lui apporter.. et cette foutue dent refuse de tomber), d'écriture et de courses au milieu des arbres roux.

En fait je ne suis pas mécontente de la manière dont les choses évoluent.

Gros bisous mes grands chéris. Je pars demain soir et reviens vendredi 9, j'espère vous retrouver à mon retour..

Principessa

vendredi 26 octobre 2007

ma psy va mieux

Bigard_2Je pensais détester Jean-Marie Bigard - vulgaire, obsedé, pas drôle, un meeec dans toute son horreur. Une écoute plus assidue de Rires et chansons (dans la voiture quand on revient de chez les parents, c'est mieux que de commenter la blanquette) et quelques pouffements plus tard, je comprends mieux son succès populaire. Et j'adore le titre de son dernier spectacle.

Faudra que j'y envoie ma psy, la nouvelle un peu sorcière (l'autre jour nous avons joué à Alice au pays des merveilles, et Alice, c'était moi ! elle a pris le rôle du lapin blanc, que j'ai suivi très, très loin..). Avant et après chaque séance, elle m'explique qu'elle est crevée, qu'elle ne s'occupe pas assez d'elle, que son archétype de la femme est délaissé, que ci, que ça.. Je suis impressionnée par la qualité de mon écoute ! D'ailleurs mon titre est mensonger, elle ne va pas mieux et mélange toujours ses rendez-vous.

Dans ces conditions, me demanderez-vous, pourquoi je continue ? Parce que comme pas mal de monde, elle m'énerve grave et je la trouve géniale.

Et vous, ça va ? 

mercredi 24 octobre 2007

les crêpes

Drink_me Hier soir, Louise une amie de Chimène est venue dormir à la maison. C'était la fête pour Chimène - et pour Louise - et pour Alma - et pour moi, de les voir si contentes. Du coup, pendant qu'elles se donnaient beaucoup de mal pour transformer mon bureau en salon d'essayage de déguisements, le salon en salle de classe, puis la salle de bain en piscine, j'ai fait des crêpes.

C'est sympa la préparation des crêpes, on a le temps de réfléchir. Et invariablement, mes mains qui tiennent la spatule qui gratte la crêpe en formation au fond de la poêle, me ramènent à la toute, toute première fois où j'ai fait des crêpes.

C'était à Belle-île, à Pâques 86, avec ma cousine Raph. Nous étions en 6ème et nos grands-parents nous avaient emmenés en vacances avec une tripotée de petits cousins et frères et soeurs, c'est là que nous nous sommes vraiment découvertes et on s'est bien marrées. Notamment lors de la préparation de nos premières crêpes - hmm, qu'elles étaient bonnes ! Nous n'avons même pas été vexées lorsque mon grand-père les a déclarées "bof", à part nous le soir nous les avons jugées bien meilleures que celles toutes craquantes (sèches) de Grand Mam. Depuis, mes crêpes je les cuis comme ça, pas beaucoup, et elles sont super moelleuses, hmm...

[L'enfance qui nous rattrape, pendant que les filles faisaient les zouavettes, pendant que je patouillais dans la pâte à crêpe, mon amie d'enfance a téléphoné, celle chez qui j'adorais aller dormir, pour m'annoncer son mariage..]

[Et so long pour ma dévirtualisation !]

lundi 22 octobre 2007

la dose d'engagement

Fugit_amor

Salut mes loulous. Ben oui, je suis encore là. Vous allez me mépriser, je me sens comme une femme qui voudrait quitter un homme, et qui n'y arrive pas.

Voilà, la rencontre avec cette maison d'enfants dans un petit village de Lorraine, a réveillé mes vieux démons de l'engagement. Je me demande de manière de plus en plus criante ce que je fais de ma vie. Et la réponse ne me satisfait pas.

Bon bon bon bon. Reprendre à zéro la liste des choses à faire, des chéris à voir, des envies non virtuelles, et petit bout par petit bout, redevenir réelle.

Trouver une école primaire pour Chimène
Remplacer le cable de mon ordi
Faire les courses de ma grand-mère
Organiser les 15 ans de la rencontre avec mes meilleurs amis
Reprendre le théâtre ?
Me trouver ce hseufhgszouf de bureau
Attraper un manuscrit et ne pas le lâcher
Et plein de trucs avec Nico..

Bon pour tout ça il faut se coltiner les gens, leurs désirs, leurs contretemps. Le métro, les lapins, les odeurs. Recommencer en bas de l'échelle, où je ne suis plus la maîtresse de céant, mais juste moi, la petite nouvelle qu'on connait pas. J'ai pas envie si vous saviez à quel point. Et pourtant, pourtant, il faut que je le fasse sinon, ça sera très grave, je vais passer à côté de ma vie.

Du coup je suis d'une humeur de bouledogue et heureusement qu'il fait beau !

Je vous embrasse fort. 

mardi 09 octobre 2007

le temps des chataignes

Quand c'était la saison des chataignes, j'adorais les lundis d'après une ballade dans les bois. Les poches gonflées de mes trésors bruns, je marchais lentement vers l'école en machônnant l'écorce puis la bouillie pâteuse, hmm.. A la récré, je partageais mon bûtin avec une copine.

Et ce matin, partie avant le lever du jour, j'étais heureuse de sentir dans mes poches le poids des chataignes. Elles m'ont donné les premières forces avant la longue, longue journée d'entretiens avec les quatre mousquetaires (mes nouveaux clients, qui m'ont déjà mise au boulot les fortiches).

Petite_loute_2

mardi 02 octobre 2007

identités

Hier avant une réunion avec deux (nouveaux) clients, je me suis installée à la terrasse d'un café... Je m'étais faite belle avec une jupe bordée de dentelle (dit comme ça ça fait pupute, mais sans rire elle est canon), et mes hautes salomé (promis un jour vous aurez une photo). Tout d'un coup passe un homme ; son regard se pose sur le bout de mes chaussures, remonte sur mes mollets, mes genoux, mes cuisses... mes yeux Oh, bonjour ! Dans ses yeux, j'ai lu que ça lui avait pris une fraction de seconde pour passer de la fonction "homme" à la fonction "client".

Un peu plus tard, au cours de notre séance de travail, mes deux clients (dont une femme, très belle) ont reconnu en rigolant que les hommes, même au boulot, "ne pensaient qu'à ça". Moi ça ne m'a pas tellement fait rire. J'ai toujours du mal à me faire à cette idée qu'on ne se désexue pas.

--

Souvent, les gens m'appellent "Chimène". Je n'ai pas de soeur, pas de cousine absolument inséparable (même si je t'aime, ma Raphaèle), alors on ne s'était jamais emmelé les pinceaux avec mon prénom. Et moi qui suis tellement fière de sa rareté, qui croyais tellement tenir à mon identité.. ben je suis fière qu'on me prête le prénom de ma belle emmerdeuse. J'en profite encore les quelques années avant de souffrir de son air mortifié (j'imagine) et de ses dénégations, "Attendez, Chimène c'est MOI, pas la vieille peau rangée des brancards."

Christie_chimene_2

jeudi 27 septembre 2007

évacuation ? (et culpablité)

Beau_jour_gris

Il y a deux jours, coup de fil de ma psy. L'ancienne, celle que j'ai quittée en mai. Oh on s'est séparées d'un commun accord, parce que nous pensions que j'étais prête, à un moment elle avait même dit que ça nous ferait à elle et à moi un beau cadeau. Et un beau matin de mai, en me réveillant un peu plus tôt pour aller la voir, j'avais pensé "Fais chier", et c'est ce jour que j'ai compris que c'était fini.

Sauf que. Sauf que que, nous avions évoqué la possibilité que je revienne faire un stage de groupe avec elle, et un groupe. A l'époque, l'idée m'emballait, j'ai même demandé des renseignements et tout.. Pi l'été a passé, je suis passée à autre chose, ai rencontré "par hasard" une autre psy, une autre Catherine en plus.. Alors quand elle, mon ex donc, m'a appelée il y a deux jours pour me demander si je participais au stage, hou ben je me suis sentie toute triste. Une lâcheuse- abandonneuse - traitresse à cette femme qui m'a tant donné pendant deux ans (bon je la payais hein, mais quand même, qu'est-ce que je l'ai aimée ma Catherine..)

Mais voilà, c'est fini. Et c'est le but d'une thérapie de se terminer. Et je suis fière d'avoir réussi à couper les ponts... Mais alors, elle vient d'où cette culpabilité ?

mercredi 26 septembre 2007

postures

Jane_b_2Il y a avait cette série d'émissions sur France Culture, pendant une semaine 1/2 h chaque matin consacrée à esquisser un portrait de Jane Birkin, mon idole d'adolescence.
Je n'en ai pas loupé une miette, et j'ai adoré sa manière de parler de ses filles ("Etre une mère de filles, ce n'est pas toujours facile, mais au moins les filles ne vous laissent pas tomber dans les moments durs"), de sa mère - et de la loyauté de ses parents entre eux (la mère était actrice, son père, très jaloux, ne l'a pas laissée continuer son métier, et elle l'a toujours regretté - mais a suivi le désir de son mari), et à elle. Lorsqu'a paru la chanson "Je t'aime moi non plus", tous les voisins de ses parents, en Angleterre, se sont scandalisés (vous imaginez, vous, votre fifille en train de faire l'amour à la radio ?? avec un mec qui lui dit "Je suis la vague, toi l'île nue" ?). Eh ben les parents, on ne sait jamais ce qu'ils en ont pensé : à leurs voisins qui s'offusquaient, ils répondaient invariablement "La mélodie est très belle.."

[Je voulais insérer Je t'aime moi non plus, ou Prénom Jane B, mais ça marche pas, en revanche j'ai retrouvé cet hymne à l'inceste, à l'âge de 11-12 ans j'étais verte de jalousie qu'un père aie pu écrire cette chanson pour sa fille. A presque 33 ans, la mélodie me plait toujours, en revanche la sensation est plutôt le dégoût.. ]

--

Une de mes copines d'école m'a impressionnée en me racontant le couple formé par ses parents, et notamment l'attittude de sa mère : "Elle n'a jamais trainé en pantoufles. Devant papa, elle est toujours en bas et escarpins. Et le week-end, ou le soir, quand il a une course chiante à faire, elle l'accompagne et ainsi, la corvée est transformée en moment joyeux entre eux." Et moi qui aime tellement les jolis pontchos que m'a offerts ma maman...

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J'ai appris, hier, le double suicide d'André Gorz et de sa femme Dorine. "La sachant condamnée.." J'avais lu l'année dernière sa lettre à D., qui m'avait assez ennuyée, moi. Bah oui, le grand amour heureux, chez les autres, c'est chiant... J'en avais retenu sa culpabilté à lui de l'avoir mal ou pas assez aimée, et sa manière à elle de tenter de le faire venir se coucher : - Come ! - I'm coming.. - Don't be coming, come ! Ce dialogue, je sens qu'il va devenir un grand classique à la maison. (Pour le double suicide, on a le temps d'aviser).   

lundi 17 septembre 2007

finalement, le bonheur...

Chimene_photographe

Alors oui, ma journée a tenu ses promesses

Pourtant,

Alma pleurait quand je suis partie ce matin
J'ai pris froid au café
La babysitter a annulé à l'heure d'aller chercher les filles
J'ai dû faire trois pharmacies avant de trouver un médicament super gênant.. évidemment celle où ils l'avaient, c'est celle tout près de chez nous, où on va tous les 4 matins..
Mes amis préférés n'ont pas écrit, Nico n'a pas eu le temps de m'appeler
La maison est dans un bazar monstre
Tout le monde a décreté ma soupe au potimarron pas bonne du tout
Chimène s'est ouvert l'arcade sourcillère en glissant sur une rampe.. Nico est avec elle aux Urgences, et je suis restée avec Alma (toujours grognon) au lieu de sortir avec mes amis comme prévu.. je n'ose pas penser que l'oeil se trouve à 1 cm du sourcil..

Et pourtant oui, c'était quand même une superbe journée
J'ai fait avancer des trucs
J'ai rendu service à des gens
J'ai rigolé avec mon amie la maîtresse
J'ai envoyé des pensées tendres à ceux que j'aime (vous les avez bien reçues au moins ?)
Je me suis régalée avec la soupe au potimarron, mon bol ET celui des enfants
Passé du temps avec chacune de mes filles
Et Nico est rentré super tôt, du coup.. et mon ami le docteur Cha a appelé pour prendre des nouvelles de Chum (et annuler ma séance de lévitation magnétisage de mercredi car il a un bridge !)

Ce serait chouette hein, si la recette du bonheur était duplicable à l'infini...

Bon allé, demain j'essaye encore ! 

jeudi 13 septembre 2007

évacuation

L'autre soir à un dîner parisien, un homme assis en face de moi évoque une amie...
- Amie, amie ou amie-amie ? je lui demande.
- Non non, une vraie amie... A vrai dire nous avons couché ensemble il y a fort longtemps, ce qui fait que la question sexuelle est évacuée entre nous.

Moi qui n'ai pas couché avec cet homme, ni avec tant d'autres, cette remarque m'a laissée songeuse. D'autant qu'avec l'homme qui partage généralement mon lit, je n'ai pas envie non plus que cette question soit évacuée...

Corazon_fantasma

mardi 04 septembre 2007

les petits signes

Trois jours avant, je ne décolèrais pas ; je ne sais pas si c'est le bovarysme qui me reprend, ou la prescience de l'absence d'un bébé - ou juste que c'est dur de rentrer.

Le beau lorsque l'on cherche à concevoir, c'est de guetter tous ces signes, de palper en soi l'écho d'une petite vie. Le terrible, c'est la panique parfois de repartir pour un tour. Et puis, l'espoir, et puis, la déception. Et moi qui crie sur mes amours, ils n'y sont pour rien mais ils sont là, eux - dans le passage entre moi et moi, entre moi et mes désirs, moi et mon envie d'ailleurs ; la gratitude que j'ai habituellement de les sentir près de moi, se transforme en rancoeur.

Vite, vite ma joie, reviens !

[Vous savez quoi, hier - eh ben on a loupé la rentrée ! Vers 18 h, Chimène Alma et moi, persuadées que la rentrée était aujourd'hui, on a été faire notre petit repérage à l'école.. qui était grande ouverte, et pour cause, tous les enfants étaient rentrés. Elle me manque mon amie, ma vraie amie d'école de Chimène partie à Nantes, qui m'aurait téléphoné tout de suite, ou avec qui nous aurions papoté les jours d'avant, bref avec elle pas la moindre possibilité d'être hors du coup.. ou alors nous l'aurions été à deux et ça aurait été drôle.
Comme d'habitude, la plus démontée c'était moi, Chimène était ravie d'avoir sa rentrée pour elle seule, ce matin. Elle a la même maîtresse que l'année dernière, cette femme sensible et compréhensive dont le visage s'illumine quand elle joue de la musique.]

mercredi 29 août 2007

une femme d'extérieur

Contreplongee

Je reviens de l'autre bout de Paris, où j'ai été prendre un café avec une ancienne cliente, l'une de mes meilleures collaborations. Elle m'a grondée "Il faut sortir du bois Christie !", et mon humeur incertaine d'hier s'est transformée en projets.

Je me sens toujours mieux quand je sors de la maison, quand je me fais belle pour rencontrer quelqu'un, quand je travaille avec d'autres. Dès que je suis dehors, un grand sourire illumine mon visage.. ou une timidité, avouons-le, avec ma cliente je me sentais un peu crucruche.

Mais pourquoi m'obstiné-je à travailler seule et chez moi ? Comme disait mon prof de philo en reprenant Sartre, les salauds ne sont pas ceux qui agissent mal car ils sont ignorants ; les salauds sont ceux qui savent et qui errent quand même. Alors zut, zut de zut, comment devenir une femme d'extérieur ?

[En attendant, tu avais raison Marc, le boulot recommence à affluer.. et je suis bien contente !]

[En attendant, je serais bien inspirée de passer une petite annonce, "recherche bout de table avec wifi, dans un rayon de 20 minutes à vélo de chez moi, contre 100 à 200 € par mois..."]

vendredi 24 août 2007

Belle-île, dernière

Ce soir, je repars à Belle-île (pour 3 ou 4 jours, ça dépendra si au retour je m'arrête pour travailler avec une cliente qui séjourne à la Trinité) ; ma tante Chantal, la soeur aînée de Maman, organise un déjeuner pour dire au revoir à la maison qui va être vendue dans la succession de ma grand-mère. Je vais retrouver quelques couz, ma tante, mes oncles, le jardin, le grenier, le figuier dans lequel nous grimpions, mes plages sous les dunes, mes ports de Sauzon et du Palais, le vélo dans le vent...

je vais emmener l'appareil photo

essayer d'être légère et de bonne humeur, pas l'éternelle ado boudeuse ou fofolle que je suis dans ma famille

apporter mes carnets de chants, mon sac de couchage, un couche partout, si jamais l'idée nous prenait de dormir à la belle

essayer de susciter et d'engranger de bons souvenirs

... et dans le train, commencer à tenir un cahier à mes filles, où je leur raconte l'histoire de leurs prénoms, de leur gestation, plonger pour elles et pour moi dans l'arbre gynécologique de la famille...

Je suis heureuse de partir seule, sac au dos ; j'ai l'impression d'aller à l'aventure, j'ai beau connaître Belle île depuis ma naissance, je ne sais pas ce que je vais y trouver cette fois

Petitoute

[La dernière fois que j'y suis retournée, c'était en mai 2004 ; Alma existait déjà... sous forme de désir d'enfant, Chimène avait deux ans, mon gros bébé en couches..]

jeudi 23 août 2007

wahou

Nos couleurs s'effacent déjà sous la pluie

J'ai passé mes vacances à pleurer ; deux mois peuvent abriter tant de départs... Accepter de lâcher l'ambiance d'un lieu ; accepter de quitter des tendresses (la douceur de ma Violaine ; ma grand-mère et son amour inconditionnel ; Laure qui m'accueille comme une soeur ; Angèle et Yves qui nous prennent comme leurs enfants ; Anne, Simone, mes mères et grands-mères d'adoption, et Jeanne mi-ange mi diable ; Chimène la pudique, Alma le bulldozer d'amour ; et Bertrand, et Stéphane, et Hélène, et Viviane, et Olivia, et Claude, et Marie-Victoire, et Basile le chien, et François le séminariste, et Pascale la fée corse, et Benjamin, et Mariel, et Dora, et Kayssou la potière...) pour de nouvelles rencontres

Les yeux des aimés, le feu qui brûle dans ces yeux-là, et mon désir de plonger toujours plus loin. La joie de se revoir, l'excitation de se rencontrer - et toujours, mon Nico près de moi

Wahou

J'ai l'impression d'avoir passé les plus belles vacances de ma vie.

(Et je suis heureuse de retrouver mes deux jardins...)

Roc

lundi 30 juillet 2007

un peu d'essence

Merci Samuel..

vendredi 13 juillet 2007

la vase est aussi de la glaise

Savoir quand dire oui, savoir quand dire non
Savoir quand arrêter, savoir quand s'obstiner
Savoir mettre les mains dedans - avoir le courage d'y aller quand on l'a décidé, alors même que la flemme voudrait prendre le dessus..

Savoir faire appel à la bonne ressource au moment où on en a besoin : ressource intérieure, ressource extérieure
[Je suis bien contente d'avoir rencontré le livre Femmes qui courent avec les loups, pouvoir revenir au conte qui correspond à mon risque du moment, depuis quelques jours je me replonge dans le chapitre des souliers rouges... Hambre del alma.. ]

Ne jamais laisser ses pieds trop longtemps fouler la vase. Ou alors se baisser, ramasser des bouts de glaise et se remettre à modeler.

Fete_2006

Fete_2007

Pourquoi j'ai toujours envie de pleurer aux fêtes de l'école de Chimène ?

jeudi 12 juillet 2007

sauts de puce

Boutons_de_lauriers

S'il est une chose que j'aime dans ma profession libérale, c'est la possibilité d'emmener mon bureau avec moi, personnifié par cet ordinateur duquel je vous écris (+ une clé USB et quelques cahiers). Cet été, pour la première fois depuis 6 ans, je profite de l'immense avantage de pouvoir travailler de partout, et après la Bourgogne je me transporte avec mes filles à Dinard, avant de revenir bosser pour de vrai fin juillet, puis repartir tous les 4 en Corse.

Du coup les quelques jours passés à Paris sont denses, j'y cale tous mes rendez-vous et les choses à faire qui ne peuvent pas attendre, 3 jours pour voir tout le monde et pour tout faire, pas le temps de s'ennuyer ! Surtout quand je passe d'une douche froide hier à des rendez-vous enthousiasmants aujourd'hui... sans oublier la case "insomnie", crevante et bien pratique pour redéfinir (enfin) mes priorités du moment. Priorités que tout le monde connait hein, mais moi je les avais, heu, un peu oubliées ces temps-ci.

Oui je les aime ces journées denses où tout se dessine, où je me retrouve, petite Christie qui touche le fond puis se rassemble et repart dans la foulée.

Et vous, comment se profile votre été ? 

jeudi 05 juillet 2007

je flotte

Depuis quelques semaines, je suis dans un état inhabituel, un moi exarcerbé, qui a toujours des tonnes d'idées, qui lance des projets, commence à lire des livres.. et ne vais au bout de rien. Je n'achète que des pavés, et me mets à les lire, ils sont fantastiques.. mais ces savoureuses et roboratives pages sont trop consistantes pour moi, je devrais lire des nouvelles !

Ca m'énerve, je m'énerve - et n'ose plus rien promettre, tant ces revirements m'effraient.

A côté de cela, l'intuition qui s'aiguise, les flashs se multiplient (je pense à Maman et aux filles, sont-elles bien arrivées ? et au même moment le bip du message, un sms de Maman qui me rassure... ces copains que je voyais se séparer, se séparent..) Serais-je en train de me dématerialiser ?

Ce week-end, je rechausse les baskets et je reprends la course (d'autant que des gens dans le métro recommencent à me proposer leur place, hmm, je préfère voyager assise mais c'est un peu agaçant).

[Et je retrouve mes poulettes.

Et ô la joie d'avoir été dehors tous les soirs de 18 à 23, moi qui suis souvent me sens prisonnière des bains et des dîners ; ô la joie des pots en terrasse, déambulations loin du 15ème, moments même pas volés, juste savourés.]

Reprendre_la_route

[Et ce soir nous reprenons la route, vers le sud, retour dans quelques jours, je ne sais pas très bien quand, l'été sera en gruyère, je vous l'ai dit : je flotte.]

Oh le merveilleux billet chez mon ami Prumetier.. Il correspond tout à fait à la philosophie que j'aimerais donner à ma vie.

mardi 03 juillet 2007

les habits donnés

L'autre jour une amie de l'école m'a proposé de me donner des affaires qu'elle ne met plus. Je suis passée dans son appartement et elle m'a déballé des merveilles de jupes, de hauts - elle ne met pas de pantalons. Je suis repartie avec un sac plein de vêtements. Ils ne sont pas vraiment mon style et lorsque je les porte j'ai l'impression d'être une nouvelle personne. Notamment un tailleur kaki avec une veste coloniale que je mets pour aller au client, l'autre jour nous avons croisé dans la rue une vieille connaissance.. qui ne m'a pas reconnue. J'étais super fière.

Porter des habits donnés, se revêtir d'odeurs étrangères, quelle belle manière de se réinventer sans violence !

Amour_fou

[Je ne quitte pas le pull que m'a donné Anne la marraine d'Alma, mais celui-là on dirait qu'il a été taillé pour moi !]

jeudi 14 juin 2007

s'accompagner

KitchenLeurs maisons se touchent. Maisons construites à l'identique, en parpaings blanchis et en bois, comme toutes les maisons de la longue rue dont j'ai oublié le nom. Ensuite, chacun bricole.

Leurs maisons se touchent et il ne se passe pas un jour sans que l'une entre dans la cuisine de l'autre, en frappant pour la forme, Ola ! Tu as bien le temps pour un tecito ? Rosa et Lucy, les deux voisines inséparables.

Le mari de la première l'a quittée pour une plus jeune qui était enceinte de lui. Rosa elle-même avait accouché un an plus tôt de son troisième enfant, qui doit aujourd'hui être un gaillard de 15 ou 16 ans. Pour arrondir la pension versée par le mari, Rosa fait des ménages à droite à gauche et parfois, héberge des Françaises - mais ça n'arrondit pas beaucoup.

Le mari de la seconde est un militaire recyclé (après les élections de 1988 qui ont destitué Pinochet, pas mal de militaires se sont retrouvés sur le carreau, enfin, à la retraite). Pour compléter sa retraite, l'idée de Carlos, le mari, a été d'ouvrir un sweatshop dans son garage, avec comme ouvrière : sa femme ! Lucy passe donc sa journée penchée sur du tissu de coton à piquer, piquer, piquer, des t-shirts et des joggings.

Estoy tan aburida ! C'est leur grand moto, à ces deux femmes qui s'accompagnent pour le meilleur et pour le pire. L'ennemi dans leurs vies, c'est l'homme. Les pauvres, qu'ils partent ou qu'ils restent, ils ont tort..

Mais sans homme, accrochons-nous pour trouver du sens. Rosa l'a compris, Rosa et ses culottes trop larges, Rosa et ses dimanches passés étendue sur le lit, à regarder le plafond de sa chambre, son lit trop grand dans lequel elle couchait parfois son petit garçon.

[Après avoir habité chez Rosa, j'ai été habité chez Eli, deux pâtés de maison plus loin ; et le reste du temps j'étais fourrée chez Magda ou Jacqué. A elles toutes, mes mamas chilenas ont contribué à façonner mon féminisme particulier, très maternant, jamais a priori contre les hommes mais vigilante, hein...]

dimanche 20 mai 2007

nurturing

Une_femme_3Passer une semaine avec mon amie Anne. Elle incarne d'autres rôles de femme, et vivre avec elle me permet de regarder mes propres choix et croyances, mes gestes de tous les jours.

Moi, j'ai besoin de nourrir ceux que j'aime ; et de veiller sur le sommeil des êtres aimés. Plusieurs fois par nuit, je vais regarder si mes filles sont bien couvertes ; dès qu'elles pleurent, je me réveille et me lève. Et c'est pareil avec Nico, dès qu'il respire de travers j'ouvre un oeil... comme si j'étais responsable de leur sommeil.

Petite, je me levais pour réconforter mon frère dans ses cauchemars ; et lors de mes insomnies j'errais dans les chambres de mes parents et de mon frère endormis, comme un petit fantôme qui cherche sa maison.

Et pour la bouffe.. j'y pense trop, non ? Trouver des recettes apétissantes, remplir le frigo, remplir leurs ventres, manger moi-même.. Combler le manque.. Toutes ces activités prennent une place dingue.

Sans doute me suis-je engouffrée dans les brèches laissées vides par ma mère. Et j'aimerais explorer d'autres manières, réinventer mon rôle, faire bouger les limites, m'autoriser de nouveaux territoires. Je ne sais pas.

[Plus qu'une journée avant notre départ de SF. Je suis heureuse de rentrer, j'espère que nous aurons trouvé un souffle ici pour notre vie parisienne. Plein d'envies en tout cas,

* ranger chaque pièce de fond en comble
* refaire des cannelés
* retrouver mes filles, mon balcon, mes (autres) copines, toutes les autres... et mon vélo, et ma maman chérie
* me remettre au sport GRAVE, j'ai attrapé un bide énorme houloulou !
* lancer un ou deux p'tits trucs... moi et mes projets..
* tuteurer mes tomates, suspendre une orchidée, planter quelques graines achetées ici
* me fabriquer des petites crèmes et un masque pour les cheveux
* reprendre notre West wing avec Nico
* partir en week-end avec les filles, leur lire plein d'histoires, les manger de baisers, me ravir de les voir porter leurs sweets SF que nous avons trouvés, un rose et un rouge !!!

Mais avant, avant, en profiter encore une journée, tous les deux, et avec nos Anne et Nico. Et puis, prendre mon courage à deux mains - j'ai peur de me perdre - et aller courir côte à côte avec la mer..]

"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. Certains pensent qu'ils font un voyage. En fait, c'est le voyage qui les fait ou les défait." Nicolas Bouvier, L'usage du monde 

Ma Photo

mai 2008

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