Julia Cameron met en garde ses lecteurs contre l'emprise des gourous - et elle met en garde ceux qui ont de l'influence sur les autres contre leur tentation d'y prendre un peu trop goût et de s'identifier à leur personnalité "guide". C'est tellement rassurant et gratifiant de se dire "je suis celui qui sait", plutôt que rester ad vitam aeternam celui qui cherche (mon père, cet homme sage, dit "avant d'avoir réussi son projet, on passe toujours pour un con". Combien de fois je l'ai expérimenté !). C'est aussi plus lucratif, d'être expert.. et moins marrant.
Les contes de Grimm eux, nous mettent en garde contre l'emprisonnement des formes. Je pense à Frérot et Soeurette, à ce petit frère changé en faon au grand désespoir de sa soeur. Lui s'en accomode très bien. Il y a aussi mon petit ouistiti chéri, qui se cache derrière les tresses de la princesse qui voit tout, et dans ce ouistiti l'homme plein de coeur et de finesse qui l'amadoue, quel beau conte d'amour ! Ca fait longtemps que je n'ai pas lu aux filles un conte de Grimm, on est passées à la Mythologie grecque (j'avoue que nos lectures ne varient pas beaucoup Contes Grecs / contes de Grimm / parfois Contes de la rue Broca et de temps en temps, Contes du chat perché. J'aime les histoires que l'on peut lire et relire et relire, sans se lasser. J'aime dépiauter une grenade avec elles en leur racontant des histoires de déesses ou des épisodes de ma jeunesse - ma guerre, comme dit Nico. Avez-vous remarqué que les grenades étaient des réservoirs à raconter des histoires ?)
Bref. Ces derniers temps, envie de lire 15 livres à la fois (et notamment, Comment vivre ensemble de Roland Barthes, La voie du Tarot, de Jodorovski, Techniques de feutrine, Du domaine des murmures, et aussi relire mes Cinq méditations sur la beauté, sans parler du salutaire Jalousies et rivalités entre frères et soeurs et des Petits panés d'Esterelle. Dis moi ce que tu veux lire, je te dirai ce qui te préoccupe.)
L'énergie que ça prend d'être parent, d'animer un groupe. Je compare ces énergies car le but final est le même : amener à l'autonomie. Pour garder ce but en tête et ne pas être tenté de capter, pour se défatiguer aussi, et pour nourrir et alléger, la créativité propre est nécessaire.
Prendre le temps de cultiver mon enfant foufou, alors même que je me sens assaillie par l'ampleur de la tâche.
Accepter de passer, encore et toujours, pour la simplette qui essaie encore et encore.






































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