Dimanche (et samedi) j'ai passé une partie de ma journée à jardiner. J'abîme mes mains dans la terre, je détricote les racines, je couve du regard les bourgeons et ne pense à rien d'autre ; ces moments-là sont ceux qui pour moi se rapprochent le plus du bonheur (avec d'autres quand même, comme par exemple tenir la barbichette d'Alma ou sentir que je vis avec, et non pas à côté, de Nicolas).
Les arbustes, oliviers, lauriers, ont produit de nombreuses tiges joyeuses ; mais voilà, munie de mes ciseaux j'ai décidé de leur rabattre un peu le caquet, Faut faire de la place aux autres mes loulous !.. et j'ai taillé, taillé, à la fois triste et fébrile de cette mutilation.
Et aujourd'hui, sur le laurier, des cicatrices noires viennent marquer l'endroit de la coupure. Je me sens.. coupable. Coupable de mutiler, de saboter souvent ce à quoi je tiens le plus.
Aujourd'hui, je me fais la demande de respecter et de laisser s'épanouir les arbustes de ma vie.. tout en laissant la juste place aux arbustes voisins.
Les clématites, elles, je ne les ai pas saccagées. Pas cette fois..
[Je viens de découvrir ces deux lettres-là.
"C'est sur toi que ma pensée revient quand j’ai fait le cercle de mes songeries ; je m’étends dessus comme un voyageur fatigué sur l’herbe de la prairie qui borde sa route. Quand je m’éveille, je pense à toi et ton image, dans le jour, apparaît de temps à autre entre les phrases que je cherche. Ô mon pauvre amour triste, reste-moi ! Je suis si vide !" écrit Gustave à Louise.
Mon Dieu que c'est beau ! c'est si beau que je suis jalouse de ne pas l'avoir écrit. Et celle-là aussi, intéressante ; intéressant de voir comment l'être aimant réagit aux malheurs de son aimé, selon que c'est Carson Mc Cullers (toute la lettre) ou Flaubert (2,5 lignes et on passe à autre chose : son oeuvre !)]
[... et je suis contente, car le facteur vient de m'apporter le livre que j'avais commandé : Comment rendre mon enfant + heureux... Ce qui va être dur c'est de ne pas passer ma journée à le lire, car j'ai du travail ! Chimène quand elle avait 4 ans voulait être factrice car ce sont eux qui nous apportent les cadeaux ; moi aussi j'ai longtemps voulu être factrice, j'aimais tellement recevoir des lettres ! J'aime toujours..]












































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