Cherchez, trouvez


  • (avec google)
    Web ce blog

Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























lundi 07 mai 2007

tourner la page

La_rptitionCe n'est pas que j'en ai eu ma claque.. Non au contraire cette campagne vécue avec vous, avec Nico (le mien, j'précise), avec nos parents et ma grand-mère (qui ont essayé de nous convaincre.. hou hou), nos frères et soeurs, et tous nos amis appartenant aux deux camps (enfin, pour être honnête, surtout à un camp).. bref j'ai adoré.

Mais alors ce qui est marrant, enfin, bizarre, enfin, qui est : je n'ai plus envie d'en entendre parler. Mais plus une miette.

Il y a onze ans j'ai joué le rôle de Lucille dans la pièce La répétition ou l'amour puni de Jean Anhouil. Une des belles experiences de ma vie, 3 mois de répétitions acharnées avec mes amis de couloir à HEC, beaucoup d'engueulades, un vertige à répétition lorsque j'échangeais des tirades amoureuses avec des garçons qui ne m'étaient pas insensibles, tous nos amis venus assister au pestacle, c'était génial ; et le lendemain de la pièce je n'ai pas revu mes fellow actors pendant des semaines et des semaines ; quant à mon exemplaire écorné annoté plié mochard et précieux de la pièce, je me suis empressée de l'égarer.

Au lendemain de cette élection, je me sens dans le même état d'esprit. Plus envie d'analyser, de décortiquer. Plus envie de parlementer, d'écouter, de tempérer, d'essayer de comprendre. Y'en a une qu'a perdu, y'en a un qu'a gagné, et plus rien que moi je puisse faire.

Non, j'ai juste envie de bosser, bosser, bosser (curieux comme le mantra de NS agit sur moi tout de même - à moins que ce soit comme d'habitude la perspective d'un départ, tout préparer avant de partir, ne surtout pas être prise en faute ; à moins que ce ne soit le réveil après tout ce temps à palabrer ; l'envie de réussir un peu mieux ; la peur de manquer...)

Peut-être tout bêtement était-il temps pour moi de passer à autre chose ?

Aujoursd'hui, la cigale se fait fourmi (et a quand même écrit 3 posts..) Sainte Rita, aidez-moi à faire durer cet état d'esprit jusqu'à vendredi 13h30 !

samedi 05 mai 2007

les raisons d'un vote - par Philippe, de Petit Jardin

Pourquoi je vote Ségolène Royal

Que dire ?  Dire d’abord que je n’ai jamais été dans cet état alors que je vote depuis 1976. Tout, je dis bien tout, absolument tout  me pousse à voter Ségolène Royal. Je ne vais pas m’étendre sur les nuances accumulées de mon parcours à gauche qui me fit parfois voter à droite et qui m’amènent très logiquement à voter sans la moindre hésitation pour Ségolène Royal, ce serait bien trop long.  Ce que je veux d’abord dire c’est que je n’ai jamais été (pendant ces longues années de passions politiques – j’adore cela - ) jamais été autant persuadé que le bien être de mon pays pouvait dépendre d’un choix entre deux candidats, et ce même en 1981, date pourtant historique dans l’histoire de la gauche et de la 5ème république.

Pourquoi ? Pourquoi le vote de 2007 serait-il exceptionnel à l’échelle de ces 30 dernières années ?

Parce que nous sommes justement au bout de ces trente années. Trente années Chirac pour résumer, quinze années pour la gauche  unie ou plurielle,quinze années pour la droite avec au final plus de pauvreté. Dans ce pays c’est la peur qui domine trop, peur de l’insécurité en 2002, peur de l’insécurité économique en 2007. Les Français de gauche et de droite imaginaient un autre passage dans le 21ème siècle et se rejettent assez violement la responsabilité du marasme dénoncé. Marasme relatif, car le pays a des ressources et une belle inventivité. Mais la peur domine dans les classes populaires qui souffrent et dans les classes aisées, on ne sait jamais…

Aujourd’hui une nouvelle génération de ‘’politiques’’ arrive avec deux approches très différentes.

D’un côté Nicolas Sarkozy qui capte sans hésiter les fondamentaux libéraux et autoritaires et nationaliste de le droite, fut elle extrême et qui espère créer une rupture de la culture dominante d’une gauche trop libertaire nécessairement responsable de tous les maux. L’ordre, l’ordre enfin pour faire comme les autres qui réussissent.

De l’autre la première candidate de la gauche à avoir pu rassembler sur un programme qui réconcilie (enfin) l’économique et le social. Qui propose un projet démocratique audacieux puisqu’il augmente la part de responsabilité de la société à côté du pouvoir politique. Synthèse attendue, synthèse récente, peut être trop récente pour avoir été comprise par son électorat traditionnel. Qui était Ségolène Royal il y a deux ans ? Tandis que Nicolas déjà prêt, organisé, tout cà.

Pour moi le plus important c’est  : il y a un candidat et un camp qui ont joué sur la peur et une candidate et un camp qui veulentla dépasser. Jamais le jeu autour de la peur n’a autant dominé une élection depuis que je vote et c’est le calcul assez lâche de la droite. J’entends dire victoire au plus malin pour capter les électeurs, oui mais pour faire quoi ensemble, qu’est ce qu’on fait ensemble ?

Des enfants.

Ce qui caractérise aussi cette période de fin/début de cycle et qui la rend exceptionnelle c’est finalement la limpidité des discours : une droite qui ose revendiquer l’ordre, une gauche qui ose assumer ces contradictions idéologiques. Moi j’aime bien les contradictions c’est vivant, quand c’est trop rangé, trop en ordre c’est mort.

Les enfants, rangez votre chambre.

Je vote Ségolène parce que la gauche a toujours une longueur d’avance qu’on finit par adopter, alors pourquoi attendre…

Je vote Ségolène parce que je pense que la justice sociale est la meilleure garantie de paix civile.

Je vote Ségolène parce qu’elle négocie.

Je vote Ségolène parce que c’est une femme et que les machos (cachés, assumés, menteurs ) n’en veulent pas et ont des arguments indignes.

Je vote Ségolène parce la compétence économique et sociale de la gauche est prouvée (voir Piketty) malgré le discours libéral dominant.

Je vote Ségolène parce que je fuis ceux qui karchérisent  et qui liquident.

Je vote Ségolène parce c’est une aventure à laquelle je peux participer.

Je vote Ségolène parce que la liberté, l’égalité et la fraternité ne se résument  pas à ce que Nicolas Sarlozy est en capacité d’imaginer à ce propos.

Je vote Ségolène parce que je préfère la France de la révolution à la France de la réaction.

Je vote Ségolène parce que je m’efforce de ne pas trop penser à MON fric, à MA maison, à MES enfants.

Je vote Ségolène parce que la France est capable d’inventer une voie originale dans la mondialisation.

Je vote Ségolène parce que les noirs de mon quartier l’aime bien.

Je vote Ségolène parce se sera plus rigolo.

Je vote Ségolène pour me lever et me coucher tranquille.

Philippe

jeudi 03 mai 2007

pourquoi je ne m'abstiendrai pas

Ma_marque_de_fabrique

Les jours de mauvaise humeur - je les déteste tous les deux ces hypocrites avides de pouvoir, l'autre et son dialogue social à toutes les sauces, et Monsieur TOUT, tout seul ; Monsieur Controlfreak et Madame Je dis que je consulte mais j'écoute personne. Choisir entre la Gourde et le Gourdin ? Non, par pitiééééé !

Les jours d'espoir - wahou. Tout va changer. Et c'est d'abord moi qui change, qui m'intéresse, qui m'implique.

Je reprends le texte posté l'autre jour par mon amie Flo : "pour être parfaitement représenté, il faut soi-même se présenter... s'engager en politique, c'est commettre cet acte "léger et lourd" de glisser un petit papier dans une urne, mais c'est aussi exprimer ses valeurs dans ce que l'on fait tous les jours. En effet, nous serons tous déçus, que l'on soit pour Ségo ou Sarko, si l'on croit qu'un seul homme ou femme peut changer notre pays. Si les élections présidentielles suscitent toujours un grand intérêt (plus que les législatives, ou pire les européennes), c'est que l'on croit inconsciemment au mythe du sauveur incarné en un homme ou une femme. Mais je crois que dès le 7 mai, déçus ou non, il faudra chacun commencer ou continuer à porter les projets politiques qui nous touchent : modifier sa consommation d'énergie et réduire ses déchets, jouer le jeu de l'école en respectant l'autorité des profs de ses enfants, utiliser parcimonieusement la sécurité sociale ou les aides de type CAF, Assedic (ne sommes nous jamais des profiteurs du système ? concourant à sa ruine ?)...un homme ou une femme ne pourront tout faire : ils impulsent le mouvement, donnent une vision. A nous de changer !"

Oui, ces deux-là, aussi pleins de défauts soient-ils, nous passionnent, nous donnent envie de nous engager, d'aller plus loin, d'y voir plus clair.

Ne pas voter, parce que c'est si dur de choisir, si dur d'adhérer à l'un ou à l'autre et de le revendiquer, et d'en porter la corresponsabilité, ce serait dire "Je m'en lave les mains".

Eh bien moi, je refuse de m'en laver les mains. Et un Le Pen qui appelle à l'absention ses 2 ou 3 millions d'électeurs, tout ça parce qu'il est vexé que Sarko ne lui serre pas la main en public, je trouve cela criminel : criminel d'appeler 3 millions de personnes à se désengager de la vie de citoyen.

Que Ségo ou Sarko passe, finalement, ce qui compte c'est qu'il y aura du changement ; et le principal changement, c'est NOUS : notre mouvement, notre implication, notre espoir, notre désir de faire quelque chose pour notre pays.

les raisons d'un vote - par Aymeric

[Tchou tchou tchou, et ça continue.. merci les amis, vous êtes impressionnants !]

Ruegalande_20060319Ayant la prétention de me considérer comme un citoyen concerné et consciencieux, je me suis astreint à la contemplation attentive du débat entre les deux prétendants. Ce qui m'a frappé, outre l'impressionnante mise sous l'éteignoir d'Arlette Chabot, c'est qu'on avait le sentiment que chacun s'appliquait à prendre le contre-pied de l'image qui lui était attribuée. 

Perturbant lorsque ce pour quoi vous vous êtes en grande partie déterminé devient confus. Perturbant mais peut-être pas essentiel.

D'une part je pense que ce qui s'est dégagé de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy durant les longs mois de campagne est plus probant que ce que ces (quand même) 2h40 de débat nous auront montré. D'autre part, il ne faut peut-être pas perdre de vue que ce que nous prenons pour des raisons objectivement décisives peut très bien venir justifier, a posteriori, des penchants venus de loin (de notre histoire familiale souvent) ou, tout au moins, viscéralement inscrits en nous. Le partisan, c'est toujours l'autre.

Maintenant, si je ne suis pas dupe de la solidité de mes préférences je ne les renie pas pour autant et c'est sans hésitation que je renouvellerai mon vote Royal.

Les questions économiques ne m'ont pas paru déterminantes pour ce choix. Non pas que je les minore, simplement je trouve qu'il y a de bonnes et de mauvaises choses de part et d'autre et que le bilan m'apparaît trop balancé pour affirmer la supériorité de l'un sur l'autre. Qui plus est, je ne vois pas pourquoi les circonstances se retiendraient de venir gripper quelque peu ces belles mécaniques prévisionnelles.

Non, ce que je retiens de cette présidentielle, ce sont les ressorts sur lesquels ont joué les deux candidats. Et là, je dois avouer que j'éprouve la plus grande méfiance vis-à-vis de ce que Sarkozy a pu mettre en avant : cette idée des deux Frances, celle qui travaille et l'autre, cette manière de vouloir trier le bon grain de l'ivraie n'est pas fait pour me rassurer. A cela s'ajoutent des vues que je qualifierais poliment de cavalières, sur les questions d'éducation et de culture, un engagement européen un peu faible à mon goût ou encore un volontarisme tous azimuts qui sent un peu le fantasme délirant d'omnipotence.

En face, les thématiques mises en avant me parlent davantage (malgré une expression d'un mécanisme très crispant, je le concède volontiers). La volonté d'inclure l'ensemble de la société, la promesse faite aux citoyens de les faire participer aux processus décisionnels, les références régulières aux dialogues, aux instances intermédiaires (syndicats, associations,...) ça vous a peut-être un côté un peu boy-scout mais ça emporte, à défaut de ma totale adhésion, mon vote.

Aymeric

[photo Camille]

les raisons de mon non vote - par Houbi

Bon. Alors. Dans l'incertitude, on a compté les points. Elle qui attaque tout ce qu'elle peut attaquer. Lui, sous valium. Drôle de renversement des rôles. "Vous savez, Madame, un chef d'Etat doit pouvoir garder son calme". Cocasse.

Sur le fond, pas de surprise: il y a des idées, un volontarisme, un côté implacable dans les démonstrations de Sarkozy. Elle est davantage coincée dans sa posture participative, qui ne passe pas forcément bien dans ce genre de débats. Pourtant, je l'ai trouvée meilleure que d'habitude, convaincante même dans sa façon de moucher l'autre sur deux, trois points précis, là où on ne l'attendait pas forcément. Je crois complètement dans la sincérité de Sarkozy, j'ai plus de mal avec Royal qui reste trop générale sur pas mal de sujets. Et pourtant, la "transparence" de Sarkozy me mets plus mal à l'aise que le "flou" artistique de Royal.

En repartant du boulot, après le débat, j'en étais donc là, à peser, sous-peser, quand Amy Winehouse a laissé la place à Zita Swoon dans l'ipod. Et là, tout est devenu clair, évident. Je ne suis pas Français. Je ne peux pas voter. Je n'habite pas Lille ou Poitiers, mais Bruxelles. ça soulage. Certes, je suis Belge, j'ai d'autres problèmes... Mais là pour le coup, c'est (très) très agréable de ne pas avoir à choisir...   

(même si au final, aussi loin que porte mon esprit d'autocontradiction, je dois bien me rendre à l'évidence : ma tête, mon coeur - et mes c..., comme dirait l'autre - penchent définitivement à gauche. Question de background. Et puis, vu de l'extérieur, tout de même, quand on entend les discours sur l'Europe notamment, aussi maigres soient-ils, la France de Royal est un peu plus séduisante que celle, crispée, de Sarkozy).

Houbi

Nicolas Sarkozy

Dbat

J'aime
sa précision
sa courtoisie
son analyse des problèmes économiques
le fait qu'il sache où il veut aller
son énergie, sa rage de vaincre, sa capacité de travail, sa fragilité

Je n'aime pas
son équipe (à part Fillon et un homme qui m'est cher)
la suspicion qui pèse sur lui de blackout des médias / l'ambiance en France, on s'achemine vers Minority report ? la menace qui plane
quelques p'tites idées sur l'acquis, l'inné..

Mais surtout, surtout ce qui m'ulcère c'est quand il prend à parti PPDA pendant le débat ; pas Arlette Chabot hein, mais l'homme. Ou quand il parle à plusieurs reprises à Ségo de François Hollande. Comme si elle n'était pas capable d'avoir des idées toute seule, comme si elle avait besoin de la caution d'un homme pour parler. A la place de Ségolène, au bout d'un moment je lui aurai balancé Mais Monsieur Sarkozy, est-ce que je vous rabats les oreilles avec Cécilia moi ?

Hé hé mais la petite maligne n'en a pas rajouté sur sa condition de femme ; elle a essayé d'être plus précise qu'à son habitude, j'adore les gens qui travaillent sur eux, écoutent ce qu'on leur dise. Les deux l'ont fait d'ailleurs, ils sont impressionnants nos poulains. Mais ses propositions pour réduire la dette et créer de l'emploi, j'ai trouvé ça maigrichon. Vraiment, je ne suis pas de gauche. [et ne me demandez pas d'argumenter, hein...]

[L'autre truc qui m'a frappé, dès le début du débat, ça a été la détermination dans les yeux de Ségolène. Elle a un regard de killer la louloute ! Et elle l'attaque dès le début. Plus de nunuche qui tienne. Nicolas Sarkozy lui, masque mieux sa rage de vaincre. C'est un peu l'inversion tiens, ce soir... La madone est sortie de ses gonds. ]

[Montage photo Jean-Marc Morandini ]

les raisons d'un vote, par Marine

Inquietude

J'ai voté pour Bayrou au premier tour et je m'acheminais logiquement vers un vote blanc pour ce second tour, incapable de choisir entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui véhiculent tous les deux des
idées qui me parlent (favoriser l'accès à la propriété, encourager l'entrepreunariat d'une part, d'autre part réformer les institutions pour créer un état plus impartial) et d'autres qui me repoussent franchement (encadrement militaire ou dépistage précoce de la délinquance).

Et puis, hier soir, j'ai regardé le débat. Certains fustigent le coup de sang de Ségolène Royal, moi je l'ai trouvé normal, sain, rassurant.

Désabusée, je ne porte pas en très haute estime les hommes politiques. Mais pour la première fois hier soir, j'ai eu la sensation de voir quelqu'un qui avait consacré du temps, de l'énergie et de l'enthousiasme dans une réforme et qui exprimait une déception, une colère. Hier soir, je n'ai pas vu un enarque qui me donne toujours l'impression que chaque problème glisse sur lui, mais une femme impliquée dans ce qu'elle faisait. Pour cette raison, je lui donnerai mon vote en espérant qu'elle mette autant d'énergie, d'enthousiasme et
de conviction dans sa mission présidentielle.

Marine


les raisons d'un vote, par Gilda

Le coeur et la raison

Chère Christie,

Charletty_3_2 J’étais en train de commencer ce matin mon billet pour vous quand j’ai lu celui de Lola. Elle énonce mieux que je n’aurais su le faire et avec infiniment plus de diplomatie des raisons de vote qu’avec elle je partage, tant en faveur de Ségolène Royal que parce que la droite dure et populiste incarnée par Nicolas Sarkozy me fait craindre et pour la marche ultérieure du pays et pour nos libertés quotidiennes.

Que penser en effet d’un homme tellement nerveux et irritable qu’il ne passerait sans doute pas les tests draconiens de recrutement que la plupart des entreprises de nos jours infligent aux candidats à l’embauche de postes subalternes, et qu’on a déjà vu à l’oeuvre de façon très périlleuse comme ministre de l’intérieur ce qu’il se garde bien de rappeler alors qu’il le fut par deux fois en 2002/2004 puis à partir de mai 2005 (1) jusqu’au moment où un candidat à la présidentielle ne pouvait plus se permettre de ne pas démissionner ; qui, entre autre, met tellement les médias sous pression qu’à quelque jours du second tour on peut lire dans le Canard Enchaîné  (2)  au sujet d’un débat qui n’a pu être télévisé que sur une chaîne de la TNT, « France 2 et France Inter se sont fait peur tout seuls » et qui comme argument massue d’un meeting d’entre les deux tours, ne trouve rien de mieux à asséner qu’une longue liste de forfaits attribués à des événements vieux de 40 ans, auxquels tous ceux et surtout celles d’entre nous qui gagnent moins de deux ou trois fois le smic doivent beaucoup en terme de vie pratique mais qui d’un point de vue des idées auraient dû, s’ils avaient un tel pouvoir de nuisance être un peu atténués par toutes les périodes où la tendance politique dont il fait partie avait le pouvoir (3).

Charletty_1 Pourtant, et là mon cas personnel diffère de celui de Lola, je ne suis pas issue d’une gauche naturelle, pas la gauche politique en tout cas. Mon père était certes un vieux socialiste, solidement Mitterrandien, mais se comportait en dictateur à la maison ; peu de discussions possibles. Ma mère a probablement voté à gauche en 1981, dans un espoir qu’enfin ça change pour les petites gens comme eux. Mais elle tient à l’occasion des propos xénophobes et antisémites, ne porte pas « mai 68 » dans son coeur sans qu’on sache trop ce que ce vocable désigne pour elle, si ce n’est qu’alors l’absence de trains pour cause de grève l’avait obligée à supporter plus longtemps que prévu quelques membres de sa belle-famille venus à Paris précisément sur la période. Quant à ma soeur, elle est du genre à refuser son soutien à un journaliste au prétexte qu’il travaille pour un journal « gauchiste ».

Je ne sais donc pas d’où me viennent ces étranges idées de partage, d’aimer son prochain autant que possible, de ne pas me sentir menacée par qui, malheureux chez lui, souhaite habiter le même coin de sol que moi afin d’y tenter sa chance, cette certitude qu’à part en terme de force physique instantanément mobilisable une femme peut tout autant qu’un homme. A moins qu’il ne me manque un gène ( !), j’ai dû être très mal éduquée puisque je ne rêve pas de gagner plus, je voudrais juste gagner suffisamment pour que nous ne manquions de rien d’essentiel à la maison. Et que nous en ayons une, pour commencer ou que nous puissions la garder. Quant à travailler plus, nous faisons déjà notre maximum et l’âge venant notre énergie risque de décliner.

Malgré toutes les désillusions que ma vie personnelle m’a apportées, ces vieilles tendances humanistes sont et restent les miennes. Si elles sont ridicules, c’est que je le suis.

Elles ne sont pas dépourvues d’un sens écologique, au lieu d’habiter des régimes économiques qui ne tiennent que quand la croissance y est, et sont générateurs de guerres quand depuis trop longtemps elle disparait, il me semblerait de bon sens que les êtres humains logeant tous sur la même planète dont les ressources s’épuisent, devraient et sans tarder rechercher des organisations de société pour lesquelles l’équilibre et le moins de nuisances sur l’environnement serait le but à atteindre. Nous en sommes si loin. Et j’ai si peur qu’il ne soit trop tard.

Je n’ai jamais croisé aucun parti politique qui porte précisément ces nuances, à la fois sociales, soucieuses de l’avenir des générations suivantes et pragmatiques. Je sais que l’être humain n’est que ce qu’il est, et que sans la culture et la transmission de valeurs de tolérance et d’acceptation de l’autre et de ne pas profiter qu’il soit éventuellement plus faible pour taper, ça ne serait pas très beau à voir ou plutôt : encore pire. Je sais que la France n’est qu’une région d’Europe, elle-même d’un poids moyen parmi le reste du monde.

En désespoir de cause et parce que mon gagne-pain m’avait amenée à connaître des forts mouvements de capitaux internationaux, à présent souvent virtuels (4), j’avais participé au mouvement citoyen d’Attac, dont le mot d’ordre alors était la taxation de ces richesses virtuelles à hauteur de 1%. Mais rien, hélas n’en était sorti.

A cette étape des élections présidentielles, la seule candidate qui tient un discours de respect, de rassemblement, avec des mesures concrètes (5), concertées et non pas brutales, est celle du parti socialiste, laquelle a été désignée par ses militants.

Puisque par ailleurs les hommes qui au pouvoir se sont succédés jusqu’à présent n’ont jamais su vraiment le faire, malgré pour quelques uns une bonne volonté affichée, le fait qu’elle soit femme me laisse espérer qu’enfin on s’occupe de celles d’entre nous qui subissent violences et discriminations, qu’on cesse de faire comme si ça n’existait plus, qu’on laisse au moins une chance de s’en sortir à celles (et elles sont millions) d’entre nous qui élèvent seules des enfants ou qui, veuves, survivent d’une toute petite pension de réversion parce qu’en leur temps une femme « bien » ne travaillait pas de façon rémunérée.

Charletty_2 Afin de préparer au plus sérieux ce billet, je suis allée à Charlety hier. J’avoue avoir été saisie par la ferveur populaire, rassurée par les réactions vibrantes d’une foule qu’on interpelait non pas sur les bases démagogiques et réductrices si fréquentes des fins de campagne, mais sur son intelligence, sa capacité à réfléchir et s’adapter, à s’entraider et à associer plutôt qu’à exclure et rejeter. Le discours était logique, cohérent et sensible. Je pense que les hésitants qui s’y sont rendus, et ils étaient nombreux les porteurs de tee-shirts oranges en faveur de François Bayrou, en sont repartis convaincus. Muni d’une telle présidente, capable de conduire avec fermeté mais sans brutalité les affaires publiques, le pays serait plus fort et personne n’y serait délibérément laissé pour compte.

Pour la première fois un slogan politique, même s’il n’est que cela, un slogan, possède pour moi un sens : « Demain ne se fera pas sans toi ». J’en veux bien de celui-là.

Je vais donc voter sans hésiter pour Ségolène Royal au second tour des présidentielles. Je l’ai déjà fait au premier. Traînait alors dans mon choix la crainte essentielle d’un scénario affligeant pour la démocratie.

Je le fais cette fois-ci pour une femme dont je sais que du pouvoir elle fera bon usage et dont j’admire le courage à défaut de partager chacune des convictions.      

J’espère que je n’ai pas été trop longue, je manque de temps pour élaguer. J’ai été en tout cas très touchée, honorée, de faire partie des personnes que vous avez sollicitées. Merci beaucoup pour cette confiance.

Gilda

(1) source, son propre site

http://www.sarkozy.fr/unhomme/index.php?lang=fr&mode=parcours

(2) dépourvu d’annonceurs et donc à l’abri de toute mesure de rétorsion économique ricocheuse quels que soient les gouvernements en place, il est un des rares journaux en la fiabilité desquels je crois. Un des rares aussi à publier des erratums chaque fois que nécessaire ce qui arrive parfois ainsi que des droits de réponse quand les intéressés le leur réclament.

mardi 01 mai 2007

les raisons d'un vote - de mon vote (par Lola)

LolapaololibertyJe suis de gauche, résolument.  Tombée dedans quand j'étais petite.  Je suis née, j'ai grandi en pays socialiste.  C'est peut-être parce que ma famille est tellement engagée politiquement que je le suis si peu.  Je ne m'intéresse pas de près à la politique, mais je sais dans quel camp je suis.  Je sais d'où je viens.

Je le dois à mes grands-parents: des instituteurs à l'ancienne, de ceux qui croient religieusement que c'est par l'éducation - et l'excellence de l'éducation - que les problèmes de société, de violence, d'inégalité peuvent être résolus.  De ceux qui s'engagent, qui se dévouent corps et âme pour leurs élèves, puis leurs électeurs.  De ceux pour qui la fraternité n'est pas un vain mot. 

Pour moi, être de gauche, c'est croire en ces valeurs: tolérance, fraternité, responsabilité.  Oui, je sais, je suis idéaliste.  Mon vote serait-il sentimental?  Je connais des raisons de déterminer son vote bien pires.

Je ne peux pas dire que je sois totalement convaincue par Ségolène Royal.  Sa rigidité, tant commentée, ses maladresses, son flou parfois ... Mais si je voulais que mes idées, toutes mes idées, soient parfaitement représentées, je n'aurais qu'à être moi-même candidate.  Ségolène Royal est celle qui est la plus proche de mes convictions.  Elle promet (et je la crois) un travail d'équipe ("démocratie participative", nous voilà!), je sais que pour elle la famille, la place des femmes dans le monde du travail, l'intégration de tous et toutes, l'équité ne sont pas des vains mots.  Elle est attachée à notre système de sécurité sociale (un des meilleurs du monde, soit dit en pensant, vous connaissez le système de santé, le fonctionnement des retraites aux Etats-Unis?)  Elle prend position en faveur du développement durable.  Moi aussi.  Pour elle, l'éducation ne se résume pas à prévention et sanction.  Pour moi (qui suis prof) non plus.

Il ne s'agit pas de diaboliser Sarkozy.  Cet homme me semble dangereux, il n'a pas besoin de moi pour le démontrer. Le personnage m'est détestable: il ne sait pas sourire (son rictus crispé me fait frémir), il est plein de morgue, à la fois méprisant et agressif. Mais, au-delà de sa personne, ce qui me fait peur, ce sont ses idées: l'eugénisme sournois qui rampe dans ses tentatives d'identifier dès le berceau les jeunes délinquants, le populisme vulgaire qui essuie ses pieds sur la littérature (et la Princesse de Clèves qui n'en peut mais), l'idéologie sécuritaire et ses relents de chasse à l'homme (les interventions policières dans ou devant les écoles font partie de son bilan en tant que ministre de l'intérieur), le verrouillage de la société, dans le but avoué de la protéger (mais je ne veux surtout pas être protégée par Nicolas Sarkozy, moi, surtout pas!), de la contrôler, de la réduire.  Il me semble que Sarkozy dresse des pans entiers de la société les uns contre les autres, pointant du doigt les "responsables", ceux qui ne travaillent pas assez, ceux qui ne sont pas assez productifs (Ah, la survalorisation de la productivité!  Que "produit" un professeur de littérature?  Du vent, n'est-ce pas?  Supprimons-les donc tous!  Donnons-leur un "vrai boulot" pour les "ré-éduquer" à la réalité économique du pays!  Mais je m'égare, là.)

Je reconnais que je ne suis certes pas une experte en économie, mais il me semble pourtant que l'urgence n'est pas de réduire l'imposition des plus riches.  Les cadeaux de ce genre, s'ils sont peut-être efficace pour récupérer des voix, n'ont de sens ni au niveau économique, ni au niveau social (à mon humble avis).

Je suis heurtée par l'idéologie du "gagner plus".  Comme si notre vie ne se résumait qu'à cela: engranger, engranger, engranger.  Ce qui n'est qu'un moyen devient une fin en soi.  Le temps de vivre, que devient-il?  Ce qui n'a pas de prix?

Finalement, un dernier mot sur le "modèle américain", admiré ouvertement par Sarkozy.  Je ne nous souhaite jamais de devoir vivre sous un tel régime, dans lequel plus vous êtes malade, moins vous êtes en mesure d'être soigné, plus vous êtes pauvre, moins vous avez de chance de remonter la pente, plus vous êtes vieux, plus la société vous jette à la figure votre inutilité.  Le système américain est impitoyable, je le sais, je l'ai vu.  Travailler plus... Ici, dans le pays où je vis, ce n'est pas une option.  Pour beaucoup, c'est le seul moyen de survivre (et il n'y a pas de "gagner plus" à la clé).

Quand j'ai commencé à réfléchir à ce texte (merci Christie, non seulement de m'avoir fait confiance, mais aussi de m'avoir poussée à réfléchir, à me renseigner, à faire le point pour moi-même), j'étais vraiment dans l'optique anti-Sarkozy.  Au fur et à mesure que j'avance dans ma réflexion, je deviens de plus en plus pro-Royal.

Je voterai pour Ségolène Royal au deuxième tour comme au premier.  Je mets tout mon espoir dans sa victoire.

Lola

les raisons d'un vote - et chez les amis..

Joséphine dit ceci..

Prumetier dit cela..

Et moi je file à l'hosto voir ma petite Mam, je ne crois pas qu'elle pourra voter Sarko dimanche mais le coeur y sera, ma petite Mam qui maigrit à vue d'oeil..

Elles_rigolent

Retrouvé tout à l'heure des photos d'elle avec Chimène de deux ans.
C'est marrant, elle a la même bouche de canard que not' Jibé..

Ma Photo

juillet 2009

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    

(...)


...