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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























vendredi 28 novembre 2008

les limites

Petite_fougreJe voudrais écrire quelque part la difficulté que cela a représenté pour moi, non pas le jaillissement des textes - les histoires, une fois que j'ai été engagée dans le projet, sont pour la plupart arrivées très vite, comme des pêches mûres qu'il suffisait de cueillir sur l'arbre.

Ce qui a été dur c'est de relire ce que j'avais écrit. Etre confrontée à mes limites réelles et non plus à mon fantasme de devenir une Anaïs Nin ou une Alice Munro ou un Henri Bauchau. Bah oui un jour ! Mais aujourd'hui : le mieux que je suis capable de produire comme histoire, c'est ça.

Oubliée, la virtuosité. Oubliées, les certitudes. Ecrire et relire et présenter ces nouvelles, pour moi cela a été comme repartir à zéro.

Gros baisers mes chéris-chéries... Souhaitez-moi bonne chance !

[ça n'a rien à voir mais l'une de mes amies a écrit cet article édifiant..]

[Message personnel pour Alice : je te baise les pieds !]

mercredi 27 août 2008

ma bonne nouvelle du jour

c'est que j'ai terminé le premier jet de mon recueil.

C'est une décision qui s'est imposée d'elle-même. Un recueil de nouvelles, c'est comme un livre de recettes on peut le continuer indéfiniment tant qu'il reste une recette à raconter... Je sens qu'il est temps que je pose le stylo des histoires, que j'oublie un peu ce que j'ai écrit depuis le 3 juin et que je laisse reposer la pâte à crêpes.

Rendez-vous est pris (avec moi-même) début octobre pour imprimer et relire et commencer la partie un peu dure, de soupeser, d'ajouter un petit peu de sel, un petit peu de poivre - mais pas trop.

Je me suis gardé deux-trois histoires en réserve que j'écrirai sans doute à ce moment-là ; à moins que ça en soient d'autres qui surgissent... Un truc que j'ai appris avec ce recueil, c'est que je ne décide pas grand chose ; et ça me va.

Et vous mes chéris-chéries, qu'avez-vous à célébrer aujourd'hui ?

Cachee_derriere_une_feuille

- Mais profite, profite de ta tranquilité, des journées qui peuvent s'étendre jusqu'à pas d'heure..
- Oui oui... 

lundi 25 août 2008

Le regard de Toni

La_mouetteJ'allais ne pas l'écrire, cette histoire-là. La sauter dans mon programme : personne ne l'aurait su. Et puis, en prenant mon café l'autre matin, à la terrasse du café près de la maison, il est passé devant moi. Toni. Il a tourné la tête et m'a reconnue, m'a adressé son joli sourire triste en même temps qu'un signe de la main. Faut croire que je repère les hommes à la tristesse de leur sourire.

Toni travaille dans le salon de coiffure tout près de la maison, celui devant lequel les filles et moi passons presque tous les jours. Un salon de coiffure bien brillant, avec des fenêtres immenses, des baies qui donnent à voir le carrelage luisant et l'armée de coiffeurs, toujours affairés auprès d'une cliente qui se laisse pomponner en lisant un magazine. C'est dans ce salon de coiffure qu'une fois par an, pour mon anniversaire, je viens demander à Toni de me faire une jolie coupe - ces derniers temps, je n'ose pas m'aventurer hors du carré dégradé. Je ne sais pas s'il est bon coiffeur, Toni, mais j'apprécie sa nonchalance ; son côté bavard mais pas trop ; et son sourire affable de commerçant, voile posé sur ses pensées tristes. J'aime remettre ma tête entre ses mains.

Il y a peu, les filles ont commencé à s'attarder devant le salon de Toni ; jusqu'à ce qu'une fin d'après-midi, Célimène tortille l'une de ses mèches et me demande, sans me regarder : - Dis Maman, c'est bien là que tu viens te faire couper les cheveux ?.. - Oui mon p'tit loup ! Pourquoi ? - Parce que, j'aimerais y aller aussi ! - Moi aussi, moi aussi Maman ! renchérit Nina, le petit perroquet. - Mais normalement, c'est Papa qui nous coupe les cheveux... - Oh Maman on veut aller chez le coiffeur ! C'est bien plus agréable que de se faire couper les cheveux dans la cuisine !

Un point pour elles. Alors je promets : - Eh bien les filles, vous allez avoir droit au même régime que moi, une coupe de cheveux pour votre anniversaire !

Croyez-le bien, cette promesse n'est pas tombée dans l'oreille de deux sourdes. A chaque passage devant la vitrine du salon de coiffure, Célimène et Nina s'arrêtaient à présent un long moment (-Ne colle pas ton nez sur la vitre Nina !) et émettaient des suppositions sur leur prochain passage entre les mains de Toni.

Célimène fut la première à passer (elle précède sa soeur dans le calendrier). Son sérieux, sa timidité m'émurent et je trouvai très beau son visage dégagé par la frange dégradée que lui avait ménagée Toni.

Puis vint l'anniversaire de Nina ; les trois ans de ma brunette eurent pour moi quelque chose de douloureux, car nul bébé ne venait remplacer celui qui était en train de se muer en une grande petite fille... Nina souffre de ce tiraillement et très souvent, réclame un petit frère ; elle porte sa poupée contre sa poitrine et nous explique que comme nous ne faisons pas de bébé, c'est elle qui s'en charge. J'avais un peu oublié l'histoire du coiffeur, mais elle me rappelait régulièrement ma promesse ; un mois après la date de son anniversaire, je me décidai à prendre rendez-vous avec Toni.

Deux jours avant la grande date, on ne tenait plus ma Nina. Elle claironnait à qui voulait l'entendre qu'elle allait se faire couper les cheveux chez le coiffeur de Maman. En arrivant au salon pourtant, ma fanfarrone avait fait place à un petit bout de femme sérieux et grave, très pénétré de la sollenité de l'instant. Elle regardait Toni sans rien dire par dessous ses grands cils. Toni semblait plus nostalgique que d'habitude ; et à la fois, heureux que je lui confie mon trésor pour sa première fois. Lorsque l'apprentie eut lavé et essoré les cheveux de Nina (sans un cri, sans une protestation, je croyais rêver), Toni la fit assoir sur le grand fauteuil. Il ne badinait pas comme à son habitude ; il prit la masse fine des cheveux de Nina et les releva en un chignon de fortune ; ses yeux s'attardèrent sur la nuque de ma petite fille - à travers eux, je vis la femme qu'elle allait devenir.

Il coupa quelques mèches, transforma à peine son apparence. Mais Nina fut ravi du brushing, et de toutes les précautions qu'il prit pour la coiffer. C'est en altesse royale qu'elle sortit du salon de coiffure, non sans avoir planté dans ceux de Toni ses deux yeux noirs, reconnaissants à l'égard du premier homme qui l'avait regardée comme une femme.   

lundi 18 août 2008

Gaël on the stage

Une soirée d'hiver sur le campus. Dans le couloir que j'habite avec une poignée de copains, toutes les portes des chambres sont ouvertes ; plutôt désoeuvrés, nous circulons d'une chambre à l'autre, "Tu fais quoi ?"... Certains jouent à un jeu de société sur leur lit, d'autres travaillent peut-être sur un cas.. Installée dans chaque chambre, la lampe de bureau fait une jolie lumière sur les panneaux de bois, une lumière chaude qui ne remplit pas le vide de cette soirée mais aide à le supporter.

Ma chambre - elle n'a rien d'extraordinaire, si ce n'est un gros pouf en cuir emprunté au salon de mes parents et une provision de tisanes parfaite pour ce mardi qui s'étire. L'élément extraordinaire, ce soir, est la présence de Gaël, mon voisin, qui entre toutes les chambres a élu la mienne (et plus précisément, le gros pouf) pour y laisser s'écouler un bout de la soirée. Notre amitié est encore récente et très sujette à ses sautes d'humeur. Mais ce soir-là nous sommes en confiance ; nous parlons théâtre, il me raconte qu'avec des amis au lycée il a monté une très jolie pièce de Jean Anouilh... Dans cette histoire, une bande de riches oisifs enrolent une jeune fille au coeur simple pour jouer une pièce de Marivaux ; le comte tombe amoureux de la colombe et cela bouleverse l'équilibre de ce petit monde, qui ne se prive pas de le leur faire payer.

"Oh Gaël, m'écrié-je en l'interrompant. Les autres dans les couloirs d'en face ont l'air de s'amuser, alors que nous, on s'ennuie tellement ! Et si on la remontait cette pièce dont tu me parles et qui a l'air si belle, avec les copains du couloir ? Tu te débrouillerais très bien pour la mise en scène !"

Il hésite, mais pas longtemps. En entendant le bruit de notre effervescence (un projet qui nait, ça fait souvent pschiiit), des têtes passent par la porte, "Tu sais quoi on monte La répétition d'Anouilh ! ça t'intéresse ?"   

En trois jours, la distribution est bouclée. Gaël, en plus d'assurer la mise en scène jouera le rôle du comte, je serai l'amoureuse ; nous avons convaincu sans mal trois de nos meilleurs amis pour jouer les personnages mondains ; reste le rôle du faux cynique, qui mais qui donc pourrait faire l'affaire ? Nous avons reçu l'illumination et Gaël et moi avons été charmer au RU l'un de nos copains qui n'a jamais fait de théâtre mais dont la présence sur scène lorsqu'il chante casse la barraque. Après s'être donné quelques jours de réflexion, il a accepté de rejoindre notre petite troupe. L'administration de l'école adonné son feu vert pour que nous menions nos répétitions au théâtre une ou deux fois par semaine.

Gaël est caractèriel, soit ; mais il est aussi solaire : blond, puissant, charmeur à ses heures. Le genre d'homme fatal moulé dans son pull marin duquel j'essaie de me garder à distance raisonnable. Mais lors de nos premiers essais, seuls lui et moi sur la scène, et quand j'ai dû jouer la jeune fille réservée dont le coeur brûle... En prononçant mes lignes de textes, ce feu contenu émane de moi ; c'est la consigne, et il me se semble que je suis sur scène devant mes 5 ou 6 amis ; il me semble aussi aussi qu'ils perçoivent tout cela : que ce n'est pas tout à fait un jeu, et je me consume pour Gaël autant que Lucille pour Tigre. D'ailleurs, entre les répétitions cet abruti ne s'adresse plus à moi qu'en m'appelant Lucille.

Et puis ces lignes de la Répétition, nous les avons répétées et re-répétées ; j'avais été à l'initiative de la pièce, mais je me suis aussi avérée l'élément faible du casting (ce n'est pas si facile d'être juste en jouant les amoureuses sobres...). Je refuse d'être celle qui ferait tout rater car on ne croirait pas à son personnage ; alors nous avons travaillé d'arrache pied, dans un climat tantôt amical, tantôt tendu.

A force de reprendre les scènes et à l'intérieur des scènes, les tirades délicates, ma prestation s'est affermie. Mais avec la maîtrise, la magie du texte s'est émoussée ; et mes yeux se sont rouverts et n'ont plus vu en Gaël qu'un partenaire doué et volcanique.

Nous n'avons donné qu'une seule représentation, très poignante. J'ai sauté un paragraphe sans m'en apercevoir et Gaël, après m'avoir lancé un regard paniqué, a rattrapé la scène là où je l'avais amenée sans que le public ne s'aperçoive de rien.

Après cette apothéose, j'ai planqué le petit volume anoté au fond de ma bibliothèque et je n'ai pas revu les autres pendant un bon bout de temps.   

   

      

samedi 09 août 2008

Eric in the car

Immanquablement l'odeur de ce shampooing, ce shampooing jaune issu de la gamme grand public d'un coiffeur de renom, l'odeur de ce shampooing pour cheveux longs et fins me ramène à cet été-là, l'été de mes dix-huit ans.

Mes résultats aux concours avaient été mitigés ; pour échapper au stage de maths imposé par mon père, j'avais eu recours à ma "ruse" habituelle, à savoir supplier ma mère de m'envoyer plutôt en séjour linguisitique. Certes l'anglais était l'une de mes matières fortes... Mais on ne perd rien à renforcer ces points forts pas vrai ? Bref Maman m'avait soutenue comme les étés précédents (je ne sais pas à combien de stages de maths j'ai échappé, mais je vous tiens sans problème la jambe en anglais, allemand, espagnol.. et ai quelques petits soucis pour équilibrer mes comptes !)

Le choix de Maman s'était porté sur une université située à Denver, Colorado, aux Etats-Unis. Cela la rassurait de savoir qu'en cas de problème, je pourrais compter sur des amis à eux qui habitaient dans le coin... Je les avais déjà rencontrés à l'occasion d'un voyage en famille il y a quelques années, et les parents nous avaient reçus avec beaucoup de chaleur ; de leurs trois garçons, nous n'avions rencontrés que les deux plus jeunes, qui avaient nos âges à mon frère et moi ; leur charme ne m'avait pas laissée insensible, surtout Aaron, celui de mon âge, qui était really cute.

Mais lorsque j'arrivai à l'aéroport, un pluvieux dimanche de juillet, pas de trace du bel Aaron : c'était Eric, le frère ainé que je ne connaissais pas, qui avait fait le déplacement. J'étais un peu déçue de ne pas retrouver mon copain (surtout qu'Eric, avec sa petite boucle d'oreille, une peau très pâle et ses grosses chaussures de rando, était beaucoup moins mon genre) ; et à la fois, touchée que ce garçon pour qui j'étais une totale inconnue soit venu à l'aéroport. Je me serais sans doute débrouillée avec les bus pour rejoindre la Regis University ; mais c'était quand même plus confortable de laisser un jeune homme porter mon gros sac et me poser directement dans sa voiture. "Don't look at the mess", me prévint-il en m'ouvrant la portière - il retira en hâte une cannette froissée et un vieil emballage de chips.

Ce fut pourtant dans cette voiture un peu dégeu que le fit est né, tout de suite, entre nous. Il n'était pas très beau, Eric, mais il avait un sourire très coquin, moqueur et tendre, qui selon les cas donnait envie de lui faire une gros bisou ou de le rouer de coups. Nous avons eu notre première joute lors de ce premier trajet ; il me traita d'obnoxious avant même que je foule le sol du campus (il m'avait confié son ambition de devenir un jour président de Etats Unis et j'avais dû faire une drôle de tête avant d'éclater de rire ; mais dans son esprit, ce n'était pas une blague...)

Une fois que nous eûmes repéré ma chambre et bu un Docteur Pepper dans le foyer, il dût repartir... Mais il m'assura de revenir un soir ou au plus tard, le week-end suivant (le reste de son temps était pris par un stage dans une entreprise de conseil). "I'll call you", promit-il en notant le numéro de la phone box.

Les heures et les jours suivants furent moins selon mon coeur. Je supportais mal le jetlag, tombant de sommeil à six heures du soir, bien réveillée dès quatre heures du matin. Me tournant et me retournant dans mon lit, ma nuit se terminait sous la douche - je titubais de sommeil et de solitude? Pour ne pas tomber, je devais me tenir aux parois blanches de la cabine (que l'un de mes camarades japonais avait photographiée le jour de notre arrivée, à ma grande stupeur). Dans ce moment triste, l'odeur un peu écoeurante du shampooing m'était une planche de salut.   

La perspective de la journée qui s'avançait n'était pas très joyeuse : refectoire avec des inconnus, cours plus ou moins intéressants, réfectoire avec des inconnus, puis temps libre sur le campus que je n'étais pas sûre de savoir comment occuper. Mes coreligionnaires, venus d'Espagne, d'Allemagne, de Madagascar et du Japon (j'avais aussi un compatriote) - j'avais du mal à entrer en relation avec eux. J'en avais marre de lire, marre d'écrire, marre de me promener seule sur le campus aux écureils, marre d'échanger des propos banals ; c'est pourquoi j'accueillis avec un immense enthousiasme le coup de fil d'Eric dès mardi et sa proposition de m'emmener manger une pizza le lendemain.

Au fil du mois qui suivit, je finis par m'accoutumer à la vie sur le campus et même, à apprécier les cours et certains de mes camarades. Nous avons échaffaudé des projets, nous échangions des blagues et nos débats à la cafèteria sont devenus un peu moins poussifs. Rien cependant n'avait l'intensité des moments passés avec Eric ; week-end après week-end, ainsi qu'une ou deux soirées par semaine, il me fit faire le grand tour des plaisirs de Denver : match de baseball (où on n'a rien suivi du match, tellement nous étions occupés à nous chamailler et nous moquer de ces quiquagénaires habillées comme des jeunes filles, avec des brassières et des caleçons en lycra brillant, et qui s'exastiaient "Go Rockies !") ; amusement park (moment que nous dûmes écourter après "the highest Russian moutain of the Colorado State", quand Eric dégobilla tout son dîner) ; Jurassik Park au grand complexe de Denver Downtown...

Ce que je préfèrais dans tous ces moments passés avec lui, c'étaient les trajets dans sa voiture (toujours aussi crade). Eric mettait un point d'honneur à m'ouvrir la portière à la montée et à la descente ; dans les premiers temps, je protestais au nom de relents de féminisme que j'avais été pêcher je ne sais où... Et puis devant son air peiné et comme c'était très agréable, j'arrêtais de râler et savourai sa galanterie. Une fois garés sur le parking du campus, je descendais rarement avant un long moment ; la discussion que nous avions initiée se poursuivait à coups d'éclats de rire, de poings et d'yeux qui pétillent. J'avais rarement conversé avec un causeur aussi drôle, brillant, et avec lequel je me trouvais tant de connivence ; à chaque fois, je quittais sa voiture à regret.

Dix jours avant mon départ, il me proposa d'aller camper dans les Rocheuses. "Great ! I've always dreamt to do that !" m'écriai-je. Les préparatifs furent très gais - vérifier le matériel de camping chez ses parents, faire les courses de charbon, de viande pour le barbecue que nous préparerions devant la rivière... La montagne était jolie mais très balisée : des gardes forestiers tournaient sur les chemins pour s'assurer que nous n'allumions pas de feu, et du coup nous cuîmes notre barbecue sous le manteau. Mais pas question de s'endormir devant le feu, ni au bord de la rivière où c'était si joli. Nous ne voulions pas dormir dans un camping homologué, ni être délogés au milieu de la nuit par un patrouilleur : alors, vers 22 heures, nous atterîmes au milieu des hautes herbes ; on ne voyait pas si c'était joli, il faisait trop noir.

Cette nuit-là, j'écourtai nos discussions sous prétexte d'avoir sommeil. Nos deux sacs de couchage étaient étendus à 10 centimètres de distance, on voyait les étoiles... Je m'endormis assez vite et fus réveillée par un bras étendu sur ma poitrine. J'eus l'impression qu'Eric avait bougé en dormant ; mais, en le déplaçant doucement, je n'étais plus si sûre qu'il dormait.

Le lendemain, l'ambiance fut cordiale entre nous, sans plus. Il me ramena sur le campus assez tôt dans l'après-midi, puis prétexta une surcharge de travail pour ne pas me revoir la semaine précèdant mon départ. Je m'en fichais, j'avais mes potes.

 

Je reçus de ses nouvelles pendant les vacances de La Toussaint, sous la forme d'une longue lettre. C'était une déclaration d'amour, assez alambiquée. La réponse que je lui fis était puérile, indigne aussi bien de lui que de notre relation. Je n'entendis plus jamais parler de lui, hormis les deux lignes au sein des circulaires que sa mère envoie à la mienne à la nouvelle année ; mais régulièrement, je vérifie le nom du Président des Etats Unis.

 

lundi 28 juillet 2008

Pierre au téléphone

Une nuit du milieu de novembre - LA période de l'année sans perspective ; tristesse, ennui, obscurité.

Frédéric et Marie, le frère et la sœur, nous avaient invités à un squat chez eux : espèce de soirée où l'on se rassemble entre copains, assis par terre dans la cuisine, et où on reste des heures à bavarder, décapsuler des bières et faire brûler des sucres sur une tasse de rhum bouillant.

Je n'avais rien de mieux à faire ce soir-là et j'avais supplié Maman de me laisser y aller (c'est-à-dire, merci la banlieue, de m'accompagner et venir me chercher "Mais pas après onze heures !" "Allé Maman, je serai encore la première à rentrer..." "C'est onze heures ou tu n'y vas pas.." "OK, OK.."). Et puis, il y aurait Pierre.... Je ne croyais plus qu'une histoire fut possible entre nous, et malgré cela mon cœur tressautait toujours lorsque j'entendais prononcer son nom.

Le squat réunissait les habituels ; Jocelyn, Hugues, Catherine, et puis des copains de Frédéric et Marie que je ne connaissais pas. Et mon Pierre, que je n'avais pas revu depuis juin. Il était encore plus pâle qu'alors ; et son sourire triste lorsqu'il m'accueillit me fit chavirer. "Bonjour, Christie" Oh ce sourire dans sa voix grave. "Comme je suis content de te voir !" "Moi aussi.... Tu survis ?" "C'est dur ; c'est dur. Elle me manque..."

Pierre avait été très amoureux d'une jeune fille de notre classe de l'année précédente, ils étaient sortis ensemble en formant un couple très magnétique, la blonde sensuelle avec le brun ténébreux, et puis à la fin de l'été elle l'avait quitté. "Mais toi aussi, tu me manques ! Que deviens-tu ?" Pour échapper au redoublement, Pierre avait été obligé de changer de bahut ; sa première littéraire, il l'effectuait dans une boîte à bac, tandis que moi, la bonne élève, je poursuivais mes années lycée dans notre établissement catho où je me morfondais au milieu des bourges.

Je ne me sentais pas davantage à ma place dans ce squat chez ces gens qui n'étaient même pas des amis. Je ne fume pas, je n'aime pas la bière et quand il faut parler... souvent, je ne sais pas quoi dire. Bien sûr il y avait Pierre, mais qu'avions-nous à partager, moi amoureuse de lui, lui amoureux d'une autre ? L'heure avançait et je savais que bientôt, Maman viendrait me chercher ; j'envisageais ce moment avec soulagement. En attendant, j'avais besoin de faire pipi.

En sortant des toilettes, je passai par un couloir qui n'était pas éclairé. "Christie." C'était Pierre. "Je ne t'ai pas donné beaucoup de nouvelles... Je suis super mal ; la rupture avec Émeline m'a dévasté. Mais j'ai beaucoup pensé à toi ; à la fraicheur de ton amitié, la tendresse de ton regard. Cela m'aide de savoir que nous sommes amis." J'étais heureuse qu'il fasse noir et qu'il ne puisse pas lire sur mon visage. Il fit alors quelque chose ; il prit ma main et la serra très fort. A ce moment, Maman sonna à la porte.

"Je dois y aller" murmurai-je. "Oh noooon.. s'il te plait ne me laisse pas tout seul.." "Mais t'es pas tout seul, y'a tous les autres..." "Les autres c'est pas pareil (il savait comment parler aux femmes l'animal). Tu ne peux pas te planquer ?" Pierre était le champion toutes catégories du mur de chez lui ; mais moi j'étais sage et je tenais à la relation de confiance que j'entretenais avec mes parents. "Non, j'y vais" lui dis-je à regret en faisant glisser ma main hors de la sienne.

"Salut Maman ! J'arrive..""Bonsoir Madame" "Bonsoir, Pierre.." Maman, comme moi, subissait le charme ombrageux de Pierre - tout en se méfiant comme la peste de l'emprise qu'il avait sur sa petite fille. "On y va ma grande ?" "Christie.. Attends.." Pierre me fourra un papier dans la main. "A bientôt.." Lorsqu'il me fit la bise, ses lèvres embrassèrent la commissure des miennes.

Une fois rentrées, Maman me proposa "Tu veux une tisane ?" "Oh non, merci Maman, je suis vraiment fatiguée.. Je vais aller me coucher." Enfermée dans ma chambre, je l'entendis se préparer pour la nuit... et je dépliai le petit mot de Pierre. C'était un numéro de téléphone, avec ces mots tracés de son écriture très fine, penchée vers la droite "Appelle-moi." J'attendis encore un peu, le temps qu'on n'entendit plus que le bruit des voitures au loin sur l'autoroute, ce bruit qui petite me rassurait lorsque je n'arrivais pas à dormir... Puis je sortis de ma chambre et me faufilais dans le bureau. "Allo Marie.. C'est moi, Christie.. ça va depuis tout à l'heure ? Est-ce que tu peux me passer Pierre ?"

Et c'est ainsi que j'ai passé une partie de la nuit à grelotter dans mon pyjama, pieds nus rassemblés sur la chaise du bureau de mon père, envoutée par la voix grave et désespérée de l'homme que j'aimais et qui ne le savait pas.

lundi 21 juillet 2008

un moment jaune

J’ai toujours aimé l’éclat doré du soleil qui se couche sur le sable. Une plage entre 7 et 8 heures du soir, l’été : mon espace-temps préféré. L’heure à laquelle les gens plient leur drap de bain et remballent tout leur petit matériel ; ils remettent leurs vêtements, se contorsionnent pour enlever le maillot sans découvrir un bout de fesse, tentent de faire entrer leurs pieds dans leurs chaussures avec le minimum de grains de sable : bref, ils s’arrachent à la vie douce pour retourner vers leur litanie de « il faut ».

Moi aussi j’en ai des « il faut » - plus qu’il ne m’en faudrait... Mais les fins d’après-midis, l’été, sur la plage, je les étire.

[Je me souviens de mon chien qui ne voulait jamais quitter la plage et qui s’arrangeait régulièrement pour qu’on l’oublie, afin de gratter ½ heure de rab (le temps pour nous de remonter à la maison, de le chercher partout puis de se frapper le front « mais qu’on est bête ! » et de redescendre à la plage où il nous attendait, assis face à la mer.) 

Je me souviens d’un retour vers la côte, sur le bateau de mon père. Le vent sur mon visage, les embruns, l’or du couchant sur l’eau… La joie de la vitesse, et d’être avec mes parents, mon frère, et de revenir vers cette île, la joie d’avoir chaud mais pas trop, la joie d’être vivante... ]

Sur une autre île… Il faisait très chaud cet été-là, étonnamment. C'était l’une des premières fois où j’emmenais un amoureux passer quelques jours dans la maison familiale. C'était bizarre d’ailleurs, les chambres séparées qui se terminait en chambre commune au milieu de la nuit, les regards soupçonneux de mes mère et grand-mère, l’envie d’intimité contredisant la nécessité d’une retenue, et Julien super bien élevé qui faisait l’admiration de tous...

Cet après-midi-là, mes cousines et mon oncle avaient pédalé comme des dératés vers la plage, moi j’avais pris mon temps et mon amoureux, avec la mob, nous attendait à chaque carrefour en essayant de ne pas se perdre. Nous nous dirigions vers l’une de nos plages préférées, celle à laquelle on accède par un village enchevêtré et une immense pente-prairie sur laquelle paissent des chevaux - dans cette île, le plaisir d’aller à la plage tient au moins pour moitié dans la beauté de l’arrivée. Nous avons attaché nos vélos les uns aux autres, dévalé la prairie verte et rose et posé nos affaires aux pieds des dunes ; mes cousines se sont alors mises à courir vers la mer et ont plongé direct dans l’eau à 17 ° ; mon oncle et moi, plus circonspects, sommes entrés dans l’eau à nos rythmes de frileux ; mon amoureux, lui, refusait de se baigner à moins de 25 °.
Sortis de l’eau… mes cousines ont recommencé à courir comme des Marie-José Perrec « comme ça on n’a même pas froid ! » sur la plage et sur les dunes et sur la prairie tout autour ; mon oncle a enfilé un chandail; et moi, j’ai couru m’enrouler dans ma serviette et me pelotonner contre Julien « Hmm, t’es toute mouillée ! Allé, viens là…. » Genoux emmêlés, bustes collés, mes mains sous ses aisselles, son souffle dans mon cou, il m’a fallu une bonne demi-heure avant de retrouver un peu de chaleur ; puis je crois que nous nous sommes endormis. 

Ce soleil doux sur nos peaux. Le flux et le reflux de la mer. Le bonheur d’être tenue par le garçon aimé. Sur le sable, le bruit feutré des pas des gens qui rentrent chez eux…

« He ho, on part ! Vous venez ?» (Julien et moi étions bien réveillés à présent. Nous nous regardions dans les yeux avec une intensité que je n’avais jamais connue auparavant. Pas question d’interrompre ce moment). 

« Allé les amoureux. Bon Chris, ça fait vingt minutes qu’on t’attend. » (Merde, c'est moi qui ai les clés de l’antivol. Tant pis, je ne bouge pas).

« Bon, je fouille dans la poche de ton short… ça y est, je l’ai trouvée. On va laisser ton vélo sans antivol hein, pour 10 minutes… »

Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés à nous regarder. Un frisson nous a tirés de notre monde à deux. Le soleil était tombé dans la mer et ça allait bientôt être l’heure de dîner.

En mangeant nos pâtes à la ficelle dans la grande salle-à-manger, j’ai rendu des regards rêveurs aux œillades goguenardes de mes cousines. 

 

[Coucou les chéris-doux ! désolée pour le zéro photo, j'aime pas les tunnels sans image sur le blog mais du café internet c'est pas très pratique.. Il ne me reste plus que demain pour bosser, et après VACANCES (de clients) pour au moins une semaine. Parce que hein.

Chimène sait presque nager, Alma ne fait plus la sieste, Churchill se remet de son opération et Nico et moi, on est assez joyeux ma foi..

Je vous fais de gros gros baisers ! Et je pense à ceux qui font leurs valises, à celles qui travaillent encore, à ceux qui ne travaillent plus et que ça soucie, à celles qui se font faire des piqures, à ceux qui lisent à l'ombre d'un grand chapeau de paille, et à tous ceux qui passent par ici..]

samedi 12 juillet 2008

un jour d’été (la lettre)

Juillet de mes quatorze ans. J’étais à peine sortie de l’excitation puis des déchirements de juin – après le BEPC, vider les lieux et regarder une dernière fois tous ces visages croisés chaque jour depuis quatre ans ; les dernières boom tant espérées, et puis… rien ne se passe vraiment.. Juillet était arrivé dans sa torpeur, les longues journées sans but, en attendant le grand départ aux alentours du 20.  Heureusement, Juliette ma grande amie n’était pas partie non plus et nous nous retrouvions presque tous les après-midis pour un plouf dans la piscine ou une balade dans les champs.

Mais le premier événement du jour (après le merveilleux bol de pêches dans du fromage blanc) était l’arrivée du facteur, dont je guettais chaque matin l’apparition par la fenêtre de la cuisine. Franchement je ne vois pas qui aurait pu m’écrire une lettre époustouflante, et malgré cela j’attendais, j’espérais l’enveloppe à mon nom tracé d’une écriture inconnue… Dans les meilleurs jours, j’accueillais avec une moue déçue l’écriture Sacré Cœur de ma tante Louise ; je déchiffrais à grand peine ses mots penchés vers la droite qui remplissaient intégralement le dos de la carte (représentant le détail d’un vitrail) ; mais je souriais avec tendresse en lisant qu’elle me recommandait à la Sainte Famille ainsi que tous ceux que tu aimes.

Mais j’exagère ; cette année-là en effet, je n’eus pas à attendre très longtemps l’enveloppe lettre épaisse et mystérieuse que j’appelais de mes vœux. Le 9 juillet, quelle ne fut pas ma joie quand une enveloppe de ce type, pour moi, me sauta aux yeux dans la boîte aux lettres. Qui c'est qui c'est qui c'est qui c'est ?!? Je décachetais (déchiquetais) l’enveloppe en remontant l’escalier, me préparant à être déçue par mesure de précaution (c'était probablement une copine oubliée…)

La lettre était signée « Christophe ». Ben zut je ne connais pas de Christophe ! Je vérifie sur l’enveloppe, bon c'est bien à moi qu’elle s’adresse… Alors qu’est-ce qu’il me veut ce Christophe ?

Cela fait longtemps que je te regarde vivre… Tu ne me connais pas mais tu me connais, ma famille appartient, comme la tienne, au groupe de jumelage avec Daaden… Tu es si belle, petite femme-enfant… Je voudrais être avec toi, en toi… Ecris-moi, réponds-moi je t’en supplie !

Christophe. Je situais très bien le grand garçon maigre au visage anguleux dévoré par deux yeux noirs brûlants. C'est vrai que je l’avais croisé deux ou trois fois dans le quartier ces derniers jours, sans y prêter plus d’attention que cela ; je savais qu’il habitait à l’autre bout de la ville mais il aurait très bien pu aller faire un jeu de rôle chez un copain… Son regard cependant m’avait pesé, comme s’il formulait une demande que je n’étais pas en mesure de satisfaire.

C'est le Je voudrais être avec toi, en toi qui me décida à poser la lettre dans le vide ordures. Ce désir émanant d'un inconnu était trop lourd pour mes quatorze ans.

Juliette, à qui je rapportais immédiatement la grande nouvelle, me dit d’un ton blasé : « ça doit être un canular. Qui s’intéresserait à toi, petit chat écorché ? »

[Coucou les chéries-chéris ! temps breton à Dinard (pluie / soleil / orage / nuages / soleil / plage) et je suis contente de livrer ma nouvelle du jour ! Gros bisous. Tout va bien pour vous ? ]

mardi 01 juillet 2008

sur le pont d'Arcole

Femme_enfant

Barbara, une copine de fac, m'avait passé ses notes d'amphi pour que je rattrape un cours. Après avoir recopié la partie qui m'intéressait, j'avais feuilleté le reste de son classeur et étais tombée, à la dernière feuille, sur une liste griffonée au crayon : c'étaient nos prénoms, les six filles de la bande, avec une phrase accolée à chacune - les impressions de Barbara nous concernant

A côté de mon prénom, Barbara avait noté "Malgré ses 23 ans et le fait qu'elle parle parfois de ses amoureux, il y a une pureté en elle, une innoncence - elle me fait l'effet d'être toujours vierge."

J'aime habiter à proximité de l'eau ; et lorsque je me balade dans Paris, je ne loupe pas une occasion de traverser un pont. Je confie mes pensées à la Seine et elle les emmène le plus loin qu'elle peut.

Avec l'amoureux de mes 18 ans, une nuit, nous avions remonté le cours du fleuve en nous roulant des pelles sur une enfilade de ponts ; quatre ou cinq y étaient passé, la passerelle des Arts, le Pont Neuf, le Pont au Change, le pont Saint Michel, le Pont Notre Dame, le petit pont, le Pont d'Arcole...

Le pont d'Arcole. C'est lors d'une fin d'après-midi de juin que j'ai connu sur ce pont mon grand choc amoureux.

Je saute du bus 70 qui m'a laissée à la place de l'hôtel de ville, pour rendre visite à une amie malade et lui porter - est-ce un pot de crème et un paquet de galettes bretonnes, ou un bouquet de pois de senteurs mauves et roses ? Je vais voir Julie mais je pense à ce garçon que j'ai regardé dormir quelques jours plus tôt.

A l'occasion des week-ends à rallonge, nous étions partis à une dizaine de copains dans la maison de ma grand-mère à Belle-île. Là j'avais rencontré Mathieu, ce garçon toujours partant pour tout. Instantanément je m'étais sentie moins seule. Le dernier matin je m'étais levée plus tôt pour ne pas louper une miette ; en quittant ma chambre pour descendre dans le jardin j'avais passé une tête dans la chambre d'en face, qui était en fait un dortoir et où les copains dormaient à 4 ou 5. Mathieu dormait tout près de la porte. Enroulé dans son sac de couchage, une mèche collée à son front par la sueur, cela m'a donné un coup au coeur de voir ce presque inconnu abandonné au sommeil. J'ai eu envie de m'assoir à côté de lui sur le lit, de caresser sa joue.. Mais j'ai tourné les talons, suis descendue au jardin et ai enfourché mon vélo pour descendre à Palais prendre mon café seule sur le port et acheter la presse et les croissants.

A présent, je suis rentrée à Paris depuis une dizaine de jours et on peut dire que je me sens très seule -enfin, c'est compliqué, ma tête est farcie de pensées vers ce Mathieu qui me tiennent compagnie.... Comment ce garçon même pas mon genre a-t-il pu me faire un effet aussi boeuf ? Est-ce de l'avoir regardé dormir ou quand il a commandé la même crêpe coquilles saint jacques - fondue de poireaux que moi à la crêperie ?

Et sur ce pont d'Arcole, tandis que je me traite de Blanche Dubois à la manque, tout tout d'un coup je comprends la phrase de Gainsbourg à Jane.

Je suis la vague, toi l'île nue.

Peu m'importent les raisons ; ce Mathieu-là je le veux de toutes mes tripes.   

En posant mon pied sur ce pont, il me semble que j'étais encore vierge. Quand j'ai eu traversé la Seine, rendue à la terre ferme, eh bien, je ne l'étais plus.   

lundi 30 juin 2008

petite mer tranquille

HappyOuf

Les débats se sont calmés sur mon blog

Y'a plus personne à la maison (sauf les chiens qui font carpette sur la moquette qu'ils ont contribué à ruiner avec leurs pipis et leurs gratous gratous - bon, ça va nous coûter une fortune de la changer, et je ne serai pas mécontente de poser mes pieds nus sur du jonc de mer...)

J'ai déjeuné avec une amie appaisante et souriante, ça lui fait du bien à elle de sourire.. et à moi aussi

Mon coeur a retrouvé son rythme de croisière - boum boum, boum boum... J'aime que parfois il soit un lieu sans passion, un sanctuaire dédié au travail et focalisé vers son objectif (cette semaine, terminer une trame d'histoire pour mes 4 mousquetaires).

Je suis contente, parce que j'ai vraiment besoin de légèreté en ce moment.

Les débats se sont calmés, et de nouveau je me sens capable de remettre des visages par ici ; comme un signe de confiance renouvellée...

Prochaine étape : croiser de nouveau le fer avec l'une de mes histoires. J'ai à la fois très peur et très envie. Allé, demain je replonge. Je reprends ma liste (bah oui j'ai fait une liste..), et comme devant la boîte de chocolat je me demande Alooors, laquelle je vais choisir ? Oui c'est ça, retrouver le plaisir, l'irrésistible plaisir de recréer en les écrivant (enjolivant ? réinventant ? fantasmant ?) ces histoires que je me raconte depuis des années.

Bon lundi les doux-douces.

[Au fait, notre vieille télé - on la donne. Elle est grosse, date des années 80, et marche encore super bien. Elle est au premier qui vient la chercher avant le 10 juillet...]

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