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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























jeudi 09 juillet 2009

délestée

Mi ombre

Je viens de confier Chimène, Alma ET Churchill à Maman pour quelques jours, avant de les rejoindre lundi soir. Nicolas lui s'en va vendredi à une conf' dans le sud-ouest. Je vais donc rester seule à Paris, avec comme seule présence : moi.

Peur et joie. Peur de m'ennuyer et de me sentir inexistante - plus personne pour "justifier" mon existence ; et grande envie de me sentir suffisante et de m'ouvrir à l'inconnu. Comment faire de mon désir d'aller vers plus de vie, une constante dans ma vie avec ou sans enfants, avec ou sans mon homme ?

Cet été je m'élance vers l'inconnu joyeux.

[A propos d'inconnu joyeux et de sortir de sa zone de confort, si voulez lire le compte-rendu d'Anna sur notre petit-déjeuner atelier Ecrire pour : c'est par là.
Moi je n'ai qu'une envie, recommencer !]

mardi 07 juillet 2009

le creuset

Twilight

J'adore cette période juste avant les vacances. Celle où on conclut les projets et où on en lance d'autres. Celle où les machines à laver tournent à plein régime, pleines de coton rose et blanc. Celle où on se fait la bise avec mes clients préférés qui eux aussi sont en plein creuset et qui me demandent si je les aime toujours (ils ne mettent pas les pieds ici Dieu merci !). Celle où on a très envie soudain de voir sa cousine ou son p'tit loulou pour lui dire au revoir de l'été - elle n'aura qu'un temps notre séparation me dis-je. Celle où on rêve au sable clair et à l'eau transparente mais pas tant que ça car la vie là de maintenant est fébrile et belle. Celle où les enfants râlent car on a moins le temps pour eux et en même temps profitent de leur liberté pendant les soirées d'été. Celle où on se réveille à 5 h du mat pour faire tout ce qu'il y a à faire. Celle où on pleure de joie un jour sur deux - et l'autre jour c'est de tristesse, de quitter les copines et les maîtresses et les lâcheurs qui déménagent. Celle on a l'impression qu'un trait va se tirer le jour du départ en vacances et qu'après ce trait tiré point de salut. Tout se joue là maintenant. Celle où tout peut réussir et tout peut foirer : j'y retourne histoire de faire pencher la balance du bon côté ! Je vous embrasse fort mes trésors !

jeudi 02 juillet 2009

portrait de la féministe en femme d'action

Olympia_Bass_def

avoir des enfants et une vie artistique
être dans l'ajout et et et plutôt que dans le choix ou ou ou
ne pas revendiquer : agir
se ménager une chambre à soi (je ne sais pas quoi faire de mon bureau actuel...)
être fière et heureuse de ce qu'on réalise
vivre de son travail
choisir sa voie, ses voies
placer sa confiance dans le désir et dans la vie pour nous inspirer les solutions au moment venu
Caminando se ven las cosas

Et penser que plus on vit, plus on aide les autres à vivre : la vraie beauté, c'est la vitalité !

Ces jours derniers, en robe légère sur mon vélo, avec ou sans Churchill en figure de proue, une petite brise deci delà, je me sentais tellement libre que je pensais : "Si je meurs maintenant.. on pourra dire que je serai morte heureuse !"

La pensée de la mort m'occupe beaucoup depuis un mois ou deux - je n'aimerais pas mourir à l'hôpital - que le corps médical aussi compétent et dévoué soit-il s'approprie mon corps, et par là même ma personne tout entière : non merci. J'espère que je m'en souviendrai le moment venu.

[A part ça, une mauvaise nouvelle par ici... pour moi qui conserve le marc de café depuis des années pour le donner à mes chéries. ]

[L'image est une reproduction d'une oeuvre de l'artiste Agnès Thurnauer. J'ai eu la chance de la rencontrer lundi soir, et c'est elle qui a inspiré ce texte.]

mercredi 24 juin 2009

while I was away, Claro

La montagne dans la mer Rio

Il s'est passé autre chose

Une tristesse m'est tombée dessus quand j'ai rencontré l'écrivain Christophe Claro.

Je n'ai jamais lu de livre de lui mais nous étions devenu amis sur Facebook, il s'exprimait beaucoup et j'avais envie de savoir ce qu'il avait à dire. Je n'ai pas été déçue, cet homme écrivait une ligne par minute, des phrases très mystérieuses et belles et poétiques, j'ai été perfusée pendant tout un mois aux mots d'un inconnu qui n'écrivait même pas pour moi, cela arrive. Et puis un jour plus rien, il avait arrêté d'écrire.

Un samedi mes pas m'avaient menée dans une librairie du 11ème, un endroit où je ne mets jamais les pieds et je suis passée par là et au nom de la librairie Pensées classées je suis entrée et j'ai sympathisé avec le libraire qui m'a dit "dans une semaine je reçois Christophe Claro" "Oooh c'est mon ami sur Facebook !" Alors venez !

Entre temps Claro avait arrêté d'écrire là où j'étais et j'ai éprouvé la morsure du manque de ses mots même pas pour moi et j'étais de nouveau dans le coin ce jeudi où avait lieu la rencontre, dans le coin alors il fallait que j'y aille pour comprendre ce qui s'était passé.

Rien m'a-t-il répondu. C'est l'été et j'ai besoin d'une pause. Je reviens en septembre.

Ah. Rien. Ce rien m'est tombé dessus comme une masse. Me dire ça à moi qui me mets la rate au court bouillon pour être ici tous les jours et pour ne pas défaillir, moi qui me l'exige et me l'extirpe et donne joyeusement ce que j'ai en abondance et m'attache à ce rendez-vous quotidien.

Alors il y a un homme capable de donner, non pas tous les jours mais toutes les minutes, et de se reprendre plouf, sans prévenir, sans d'autre explication que "c'est l'été" ?

Mes jambes, coupées. Et pourtant, il ne m'est rien. Dans une certaine mesure vous ne m'êtes rien non non plus, et je ne vous suis rien et je me suis sentie comme le petit prince avec sa rose quand il a appris qu'il y en avait des millions alors qu'il pensait la sienne unique.

.... Ce n'est pas vrai : nous nous sommes quelque chose, quoi, je ne sais pas le définir, nous nous accompagnons tous les jours depuis 5 ans. Tant de bébés sont nés depuis que j'ai créé ce blog qui sont à présent des petits enfants, Adèle Alma Diane Aurore Hugues Madeleine Nathan Martin Capucine Louise Blaise Blanche Apoline Jeanne Petronille Maxence Ulysse Ismaël Théodore Héloïse Anatole Maxime Marc Aimée la plupart marchent parlent crapahutent vont à l'école ! Comme tu l'écris Marijo, certains habitués sont partis, d'autres sont restés et ses taisent ou continuent à participer de loin en loin, de près en près, au gré des évènements de leur vie. Mais moi, moi, probablement ai-je eu besoin de me reprendre quelques jours pour apprivoiser un peu de cette tristesse qui m'est tombée dessus un jeudi soir de juin.

[Tristesse levée, vous allez vous moquer de moi, lorsque j'ai appris hier que Frédéric Mitterand, qui lui non plus ne m'est rien, a été nommé ministre de la Culture. Il ne m'est rien et depuis son livre la mauvaise vie.. je l'aime et l'estime dans mon coeur de lectrice. Savoir que lui, dans sa singularité et sa difficulté à être, est devenu ministre, après avoir animé une émission si belle sur France Culture puis la Villa Médicis.. Je me dis que tout est possible !
Je n'aurais jamais pensé que Nicolas Sarkozy réveille l'espoir dans mon coeur !]

Le H1n1 arrive dans les écoles du 15ème arrondissement à Paris. Ne pas céder à l'inquiètude, ne pas gronder les gens quand ils toussent dans le métro.. Et je suis contente que ce soit bientôt les vacances.

Finalement, juin n'a pas dissipé les doutes. Mais de plus en plus, ma vie vécue comme la quête d'un conte. Je poursuis les fils d'un nombre croissant de pelotes qui vont me mener à l'intérieur de je ne sais quels labyrinthes...

lundi 15 juin 2009

vivre ses rêves, le soutien des aimés

La caresse   

En quelques mois j'ai connu plusieurs fois la grande joie intime d'éprouver la confiance que mes amis placent en moi pour réaliser mes rêves. Souvent une confiance plus forte que celle que j'ai moi, et qui s'incarne dans de petits gestes à bas bruit mais qui moi m'illuminent pendant des jours et des jours

L'amie mère d'un tout petit enfant, qui lorsque je m'extasie devant son coussin fauteuil me sourit "je te le prêterai" du genre "évidemment que tu vas tomber enceinte !"

L'amie qui m'appelle L. du nom d'une grande dame de la radio, du genre "évidemment toi aussi tu vas être une grande dame !"

Nicolas qui longtemps m'a surnommée "Virginia". C'est vrai que moi aussi j'aimerais écrire des choses qui restent, et mourir dans l'eau plutôt qu'à l'hôpital... (mais pas aussi jeune !)

Ma tante toujours la même, l'aînée qui me connait bien et appelle Maman "Il y a plein de maisons à vendre à Belle île, j'ai pensé à Christie !" alors que je n'ai pas le premier sou...

Toute cette confiance vous imaginez comme elle m'irradie et vient relayer la mienne lorsqu'elle défaille. Une caresse.  

Mes chéries-chéris, je vous souhaite une journée pleine de signes de tendresse et de confiance que vous allez réaliser vos rêves !

[L'un de mes rêves, d'ailleurs, est en train de se réaliser : Anna et moi animons notre premier petit déjeuner commun sous la banière "Ecrire pour".
Dans ces petits-déjeuners ateliers, nous projettons de transmettre et d'échanger au sujet de notre savoir-faire en matière d'écriture. Le permier a lieu le 7 juillet et le suivant, le 22 septembre.
Pourquoi un rêve ? eh bien cela fait un an que j'ai très envie de travailler avec Anna et je suis heureuse de monter ce projet avec elle !]

vendredi 12 juin 2009

comment vivre la morsure du rêve après le rêve ?

Ville de reve

Je me souviens de ce matin au Chili, où je me réveillai après avoir rêvé toute la nuit que je dégringolais une immense dune de sable main dans la main avec Nicolas. Un rêve merveilleux et le matin en comprenant que rien de tout cela n'avait existé, que nous étions à 14 000 km l'un de l'autre et fâchés en plus, le désespoir me venait aux yeux. 

En fait ce rêve a été prémonitoire, puisque 18 mois plus tard nous nous baladions sur une dune au Brésil... 

Il y a dix jours j'ai fait un rêve, un très beau rêve où je trouvais écrit dans Télérama, sous la plume de celui dont j'aimerais qu'il soit mon futur patron, l'annonce de celui dont j'aimerais qu'il soit l'un des mes futurs boulots. "A partir de septembre une fée illuminera.... " et c'était de moi qu'il parlait ! (quoi on était dans un rêve, pas obligé d'être modeste dans les rêves !) 

Mais ce qu'il y a de plus curieux avec ce rêve, c'est que toute la journée qui a suivi au lieu d'être triste à l'idée qu'il n'était pas réel... J'ai eu la sensation d'avoir vraiment lu cet article dans Télérama. Et ma journée a été illuminée, et ma confiance en moi boostée par ce vrai-faux article. 

Ca va marcher. 

[La phrase-titre est tirée d'un texte d'Immemory, si bel endroit qui m'inspire énormément en ce moment où j'en ai tellement besoin.]

jeudi 11 juin 2009

sans savoir pourquoi

Fleurs de cerisier

Sans savoir pourquoi,
J'aime ce monde
Où nous venons pour mourir.
Natsume Sôseki

Journée de rencontres (quatre femmes !)
Et de retrouvailles (trois lieux, la piscine des Halles, le Café Marly et le jardin du Palais Royal).
De découverte (le RER A va super vite !)
Me restent trois petites heures pour bosser au son de Ghost days.
J'aime bien aussi les journées destructurées.

jeudi 04 juin 2009

se découvrir belle

Nous aussi

Hello bombasse ! c'est ainsi que m'interpelle un de mes amis quand il m'écrit des mails et j'avoue - j'adore. (Un autre m'appelle Principessa, j'adore aussi.)

Chaque automne ma maman rangeait nos belles robes d'été et les tshirts légers légers et les jupes virevoltantes dans de grandes cantines bleues qu'elle fermait bien et portait à la cave. A chaque printemps, joie de redécouvrir sa jupe à pois son tailleur en lin beige et la grande robe liberty et le tshirt à la bicyclette dont j'aimais me faire une robe en Corse sur la plage aux bateaux...

Hier soir moi aussi j'ai ressorti les robes du sac en haut de l'armoire où je les avais bêtement rangées, robes de l'année dernière et de l'année d'avant comme ça jusqu'à il y a 9 ans, une après l'autre je les ai ressayées dans un petit défilé pour Nico et pour moi, elles me vont toujours, toutes, je les aime encore, toutes, plaisir anticipé des journées au soleil dans le vent près de l'eau que je vais passer dans ces robes qui me rendent jolie.

On aime les robes 

C'était nul l'expo ! a déclaré Alma à son papa. Sauf  la glace.
Shame on me, j'ai soudoyé mes filles avec une promesse de glace pour les emmener voir l'expo génialissime à Beaubourg, elles[at]centrepompidou : une retrospective de 200 femmes artistes, sans doute un peu féministe l'expo.
Chimène et Alma sont peut-être un peu jeunes pour comprendre la signification d'une carte du monde en forme de hot dog, mais Chimène a bien aimé la représentation du corps de Louise Bourgeois et le morceau de plafond tombé.

 

[Au fait... Si vous avez envie subitement de tomber dans les joies de la patouille grand-art (j'ai nommé la fabrication de crèmes et lotions pour les cheveux "maison"), je ne vois que deux solutions :

1. Parcticiper aux ateliers de la Souris verte
2. Vous lancer à corps perdu dans la lecture et la pratique de ce merveilleux petit livre - l'auteur peut même vous le dédicacer si vous lui écrivez à maviesansmoi[at]gmail.com
3. Et bien sûr vous pouvez combiner les deux !]

mardi 02 juin 2009

les sursauts de l'être

The book

Une jeune fille passe comme une flamme en poussant sur les pédales de son vélo ; le vent s'engouffre dans ses cheveux, dans sa robe, et je pense - c'était moi, ça !

Un air de country québecoise, violon irrésistible, et le chanteur qui invite sa partenaire à danser pour montrer qu'on n'est pas morts. Je frissonne - c'est ça que j'aimerais prouver, me prouver, tous les jours. Et... j'essaie... mais.. le poids des os...

Ma fille, la plus grande, inaugure son cahier de rêves : ce qu'elle désire pour elle-même, début aujourd'hui et fin à ... quand elle sera vieille. "Et toi est-ce que tu as encore des rêves Maman ?" 

La plus petite a trouvé un chapeau qui lui va à ravir, rouge à points blancs.

Mon homme recommence à chevaucher son scooter.

Churchill, après une journée d'apathie où il ne pouvait même plus marcher, se remet à musarder deci delà.

Et moi.. moi.. comme j'aimerais grandir moi aussi ! L'impression, aujourd'hui, que ma vie n'a toujours pas commencé.

Ma vie a pris sur moi démarche inouïe.
Ma vie, dès la nuit de ciel plié,
De ciel au loin courbé sur fatigues et pluies,
Ma vie sous son dos sauvage, mal connu,
Sous son dos de ciel bossu, cossu,
Me couve.

Armand Robin, Le torrent du silence.

mercredi 13 mai 2009

cinq joies et une contrariété

Sur ma robe préférée,
un trou. Un trou minuscule, mais un trou.

Et la joie de travailler hier avec une amie sur un projet pro à nous deux. Dieu que j'aime coopérer, faire quelque chose pour quelqu'un et pour moi, et pas seulement aider les autres à réaliser leurs buts ou réaliser mes buts toute seule ou payer pour être écoutée. Juste, la simplicité de travailler "entre consoeurs".

Et la joie de retrouver mon amie S. qui habite si loin, de la retrouver comme si nous étions voisines, d'avoir envie de passer la nuit à tchatcher avec elle mais nous n'avons qu'une heure alors on concentre toute la tendresse et les nouvelles et les regards et c'est déjà si bon...

Et la joie de voir avec Nico ce film de Clint Eastwood, Gran Torino, admirer le talent d'acteur du vieil homme, et le génie du scénariste qui nous a fait rire et pleurer.

Et la joie de repartir à l'attaque, rencontre avec un nouveau futur client (j'espère !) qui a un projet très ambitieux et j'ai envie de me battre avec lui contre l'adversité d'un délai court et de son sujet pointu et qu'il s'agit d'embrasser de la bonne manière...

Et la joie de me tenir là vivante cheveux lâchés assise sur le velours violet d'un café du boulevard Saint Germain, Seigneur certains cafés ont le WIFI à présent et moi comme j'aime travailler au café !

Une contrariété, cinq joies, pas mal comme ratio !

[+ 1 joie : déposer sur vos joues fraiches un gros baiser mes chéries-chéris.]

Happy 

Il y a un an,
moi,
happy.

Ma Photo

juillet 2009

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