Maman est venue chercher les filles mardi soir et me les a ramenées mercredi vers 19h. Elles étaient (toutes les 3, + Mam qu'elles sont passées voir au retour) ravies enchantées, excitées comme si elles revenaient de vacances - et c'est vrai qu'à l'écoute de la liste de tout ce qu'elles avaient fait, on aurait dit qu'il s'était écoulé non pas une mais sept journées !
Quel soulagement pour Nico et moi (un peu malades, un peu submergés de boulot en ce moment) de ne pas porter seuls nos enfants ; quel soulagement de pouvoir les oublier complètement pendant 24 h, parce que nous savons qu'elles sont heureuses - et du coup nous nous concentrons sur ce que nous avons à faire, le travail, se soigner, aller au ciné tous les deux...
J'ai l'impression que les mamans modernes se reposent moins sur leurs parents qu'auparavant. Avant, quand y'avait pas la pillule et que les enfants venaient quand ils venaient - ben les mamans assumaient tout à fait l'idée de s'en "débarrasser" quelques jours ou plus longtemps auprès de qui elles pouvaient. Elles n'avaient pas le choix et ne se posaient pas trop la question.
Mais aujourd'hui que la contraception nous permet de choisir - et ben nos enfants "désirés", c'est comme si nous nous imposions le diktat de les désirer et de nous en occuper 365 jours sur 365. Nous culpabilisons d'avoir besoin de souffler et de penser à autre chose, le temps d'une parenthèse. "Je les ai voulus, je les ai.. mais je morfle !"
Le truc c'est que c'est pas sain pour nous ; et les enfants patissent aussi de cette influence limitée, de ces parents ronchons, crevés, déprimés parfois de devoir s'occuper non stop de leurs petits, sans temps pour faire ce qui les intéresse avec leur rythme propre. C'est ainsi que Nico et moi, super crevés le WE dernier, avons passé nos deux jours à enjoindre les filles à faire moins de bruit, à être sages parce que Papa et Maman étaient malades. C'est gai pour des enfants.. et pas tellement plus pour nous.
Maman travaillait et apparemment n'avait pas ce complexe. J'ai beaucoup été élevée par ma grand-mère paternelle, et par des nounous de tous poils (en plus de Maman qui s'est énormément occupée de moi) ; elle-même avait été élevée en grande partie et avec bonheur par sa grand-mère adorée. Et le flambeau se poursuit avec mes enfants. Je suis reconnaissante que Chimène et Alma bénéficient d'autres airs, d'autres rythmes, et puissent s'identifer à d'autres figures de femmes. Sans parler de la cohésion familiale apportée par ce genre d'éducation à plusieurs générations (Maman ne manque jamais de les emmener chez ma grand-mère, parfois elles s'installent carrément chez Mam pour la nuit, toutes les trois !)
[Note inspirée par le dossier de La Croix.]
[Maman et Alma en juin 2005... J'ai redécouvert cette photo l'autre soir, souvent à la fin de ma journée de travail Alma grimpe sur mes genoux et me demande de lui montrer des photos de quand elle était "un tout petit bébé".. J'aime bien..]
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