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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























mercredi 20 mai 2009

l'attente

En fait ça ne me dérange pas tant que ça d'attendre. Il y a bien sûr des jours où c'est désespérant. Mais le délai entre l'éclosion du désir et sa réalisation me permettent de vérifier que c'est bien ça que je veux. Parce que parfois, on se trompe de désir.

Puis de le savourer quand ça arrive (car les voeux finissent souvent par se réaliser, non ?).

Entre les deux, j'en profite pour créer toutes ces petites choses qui sur le moment me paraissent anodines, des compensations en quelque sorte, que je mets en route presque sans y penser, juste pour ne pas désespérer ou m'aigrir... Car l'aigreur quand même guette et c'est un piège terrifiant.

Il y a aussi tous ces chemins que l'on emprunte pour essayer de dompter ou plutôt, apprivoiser la chose convoitée. Il s'agit très souvent d'accorder deux désirs, d'entrer dans les raisons de l'autre ou dans les nôtres propres. De regarder de très très près nos élans et notre ombre et ça c'est douloureux mais aussi, c'est ce qui nous fait grandir non ?

Avec le recul, quand "ça" arrive enfin, je regarde avec amour le parcours accompli pour réaliser ce désir, et je comprends que c'était lui, le chemin, qui contribue à rendre si précieux l'enfant ou la maison ou le job ou l'homme - je comprends que toute ma vie est un chemin vers ce désir.  

Ma robe de grossesse

Avril 2005 - dix jours avant la naissance d'Alma. Sa maîtresse hier m'a dit que je l'habillais avec des affaires trop petites, du coup ses amis se moquent d'elle. Il serait temps que je la laisse grandir.

mardi 19 mai 2009

kerkade

- Alors ce bébé ?...
- Non, pas tellement.

Chaque mois le sang rouge me vide de ce nid que mon ventre avait tapissé pour lui.

Pour me consoler et reconstituer ma provision de rouge, je concocte et sirote des tisanes de kerkade, sauge et orties. Cérémonie solitaire qui célèbre la femme, porte le deuil de la mère-à-venir (pendant ce temps-là, Churchill me lèche les pieds - on a les adorateurs qu'on peut).  

[Longue si longue gestation de mes grands projets
Les livres (les miens, ceux des autres)
Les bébés (le mien - ceux des autres je les admire, parfois les respire)
Les avancées de boulot (la radioooooo... ça va marcher ou pas ?)

Du coup nécessité de me lancer dans des actions qui donnent un résultat très rapide : écrire une lettre. Préparer un gâteau. Rempoter une fleur. Lire une histoire. Ecrire un chapitre. Envoyer les feuilles maladies. Customiser un shampoing.

Quand j'ai mené ces petites choses à leur terme, ensuite de nouveau, je me sens capable. Ouf. ]

J'ai trouvé cette phrase dans le livre que je viens de terminer "Lire, écrire, c'est coudre un livre après l'autre les morceaux d'une tunique fabuleuse pour s'en aller, joyeux, vers sa propre mort".
Lorette Nobécourt dans L'usure des jours

mercredi 28 janvier 2009

l'enfant d'après

D'où vient-il, le désir de l'enfant d'après ?

Je me souviens quand Chimène a eu 18 mois ; elle marchait depuis un bail, faisait de plus en plus de phrases et a toujours été plus indépendante qu'un chat (même si, comme un chat, elle a besoin de sa dose de caresses furtives). Quand elle a eu 18 mois, elle se mettait en colère lorsqu'on se réfèrait à elle comme à un bébé ; et de fait, c'est à ce moment-là que j'ai senti grandir en moi le désir d'un nouveau bébé (un vrai, tout petit qui ait vraiment besoin de moi - illusion, double illusion : Chimène a toujours besoin de moi, et le bébé à venir, eh bien il aurait déjà son existence autonome dès le premier jour, petit poisson dans sa piscine !).

En fait, l'autre chose qui a commencé à grandir en moi cela a été la conscience que Chimène avait besoin, pour grandir mieux, d'un autre enfant dans notre famille : un fère ou une soeur qui détournerait d'elle l'attention trop concentrée de ses parents, grands-parents et toute la smala) ; un fère ou une soeur avec qui jouer ; un fère ou une soeur sur qui elle pourrait s'appuyer de manière inconditionnelle s'il nous arrivait quelque chose, à Nico ou à moi ou à notre couple.

Oui, l'enfant d'après on le désire un peu pour l'enfant d'avant.

Aujourd'hui, notre Alma est venue jouer tous ces rôles et bien d'autres encore - vivre sa vie de petite lumière bondissante, tour à tour enchanteresse et tyrannique. A trois ans et demi, elle comble encore une grande part de mon désir de fusion - et c'est la raison pour laquelle, aussi, j'appelle de mes voeux un nouvel enfant - nous aider à nous séparer.  

Mon Dieu - si je compte toujours sur l'enfant d'après pour aider l'enfant d'avant à grandir, mon troisième petit qui va venir (je ne le sais pas, je le sens) et qui normalement sera le dernier, comment l'aiderons-nous à s'individuer ?

Nous trouverons bien.

Madre Aliette, ma directrice de conscience salésienne lorsque j'habitais au Chili, m'a dit ceci que je n'oublierai jamais "La maternité n'est pas l'unique forme de fécondité".

Chum bouille   

Chimène à deux ans. C'était encore un gros bébé, quand même...

jeudi 15 janvier 2009

devenir deux

En deux jours, deux de mes amies m'ont annoncé qu'elles attendaient un bébé. L'une de dix ans ma cadette, l'autre de dix ans mon aînée. Et à chaque fois, mon ventre qui se noue d'émotion devant leur présence changée - à la fois fragiles et fortes de ce petit être invisibles qui grandit en elles. Conscientes de la responsabilité qu'elles portent, et sereines - et à la fois, inquiètes de tout l'équilibre que l'enfant à venir va bouleverser.

Et mon envie à moi de les envelopper, les nounouter, leur recommander 1000 Prends soin de toi. Me voilà prête pour être grand-mère !

Il y aurait aussi beaucoup à dire sur ces hommes de mes amis que j'ai revus alors qu'ils sont devenus pères pour la première fois ; leurs traits tirés, leur étonnement qui confine à l'effroi, peut-être, devant cet extra-terrestre à qui ils ont donné leur nom et qui pleure tous les soirs à heure fixe. Cette détresse du nouveau-né et ce désarroi de ceux qu'il a rendu parents, qui semblent infinis et qui pourtant prend fin et qu'un jour on regrette, peut-être.

Octobre 2004

[Octobre 2004. Chimène avait deux ans et demi et Alma, dans mon ventre, avait deux mois.]

mardi 31 juillet 2007

attendre

Follettes

D'où nous vient ce tabou, que les couples ne livrent pas leur projet de concevoir un enfant, avant que le dit foetus existe et ait l'âge de 3 mois ?

Pour moi, l'enfant existe à partir du moment où ses parents se mettent en disponibilité pour l'accueillir. Et cette attente, et donc cette gestation, peut durer des mois et des mois. Moi qui ne suis pas patiente, j'aime faire durer ce plaisir de l'Avent ; et hier, prise d'une subite envie de samoussa (ce qui ne m'était jamais arrivé), je me suis précipitée au restau chinois en bas de chez nous. Hmm, j'ai loupé un truc toutes ces années, c'est drôlement bon les samoussas !

Les filles se blotissent contre moi et regardent avec attention les nouveaux-nés que nous croisons. Je crois qu'elles aussi se préparent.

Et le père, le père de mon enfant à venir... eh bien, je ne vais pas parler pour lui.

lundi 30 avril 2007

donner forme (2)

Autour de moi une épidémie de gros ventres. L'autre jour avec Nico au square Saint Lambert : - T'as vu T.. (son p'tit surnom), tous ces gros ventres... (j'ai pas ajouté : "ça fait enviiiiiie, hein ?", je crois que c'était sous-entendu dans la bave qui me dégoulinait du menton). - Bah oui forcément tu m'emmènes au square, c'est un NID à gros ventres.

Bon bon bon. La contagion face à l'épidémie du gros ventre masqué et du nouveau-né sous la mère ne nous a pas pris au même degré. On verra bien ce qu'il dira quand notre copine Marilu reviendra de la maternité avec son p'tit gars sous le bras.

Marilu, je place tous mes espoirs en toi.

Sacr_bidon_hein

[C'était pas mignon ça ??]

[N'empêche, pour être tout à fait honnête, je n'en ai qu'une cette semaine - de fille - et la vie est bien cool..]

[Entre les copines et moi, reccord du nombre de posts aujourd'hui. Chai pas ce qui m'arrive, je suis un peu fébrile.. Mon histoire de roman qui me titille.. Alma pas là.. Oui tu as raison Cléa, ça bouge en ce moment.]

lundi 05 mars 2007

un puits sans fond

Les_trois_girls

Quand ma mère est tombée enceinte, j'en ai éprouvé une grande jalousie. Quoi, mon frère et moi ne lui suffisions pas ?

Le bébé est parti, et nous avons tous été très tristes.

Je comprends aujourd'hui cet amour de Maman. Je sais aujourd'hui que, quelque soit le nombre d'enfants que je porte, j'aurai toujours ce grand désir pour l'enfant à venir. Ma voisine mère de 6 qui suppliait son mari de lui en faire un 7ème. Ma cliente mère de 10 qui aurait pu en porter d'autres, et regrette toujours le temps où ils étaient petits.

Je suis de ces femmes-là (et à part ça, une mère qui aime ses enfants, mais ne s'arrêterait pas de travailler, aime l'indépendance, rêve d'aventures... et comprends les femmes qui ne veulent pas d'enfants).

Jusqu'à quel nombre d'enfants faut-il écouter son désir ? Comment combler le puits sans fond ?

Heureusement que la réalité, et l'homme, aident à mettre un peu d'ordre dans la folie maternelle. Ingrate, effrayante, nécessaire tâche ?

[J'admire ces femmes de mon entourage qui, après avoir eu trois, quatre ou cinq enfants, déclarent Ca me suffit, et apparemment sans mal, "passent à autre chose" - c'est-à-dire, leurs enfants, elles les ont toujours, mais l'attente, le nouveau né, les petits nez fourrés dans les grandes jupes, elles y ont renoncé. Elles se remettent à bosser, dans le métier qu'elles aiment. Que je les admire. Quelle chance j'ai d'être entourée de ces femmes exceptionnelles.]

[Chimène et Alma sont revenues samedi soir. Ouf. Hier, Alma a passé la journée à dire J'ai 5 ans moi ! et elle a beaucoup joué dans la grande maison en carton que nous avons offert à sa soeur (un abri pour elles dans l'entrée). Quant à Chimène, elle n'a pas quitté son attirail de fée, diadème, baguette magique, ailes et tout et tout. Je lui ai dit qu'elle n'avait pas besoin de tout ce tralala pour être une vraie fée, elle m'a regardée comme si je disais une grosse idiotie, ma petite incrédule...

Pour le moment, le réadoptage se passe plutôt bien- et merci ma psy..]   

jeudi 15 juin 2006

le texte de Gala

Balloon [J'avais prévu d'écrire un texte sur le désir-non désir-d'enfant
la mère avortée
il n'est pas encore venu, et Gala, à qui j'avais passé commande, m'a précédée, voilà son texte à elle.. merci !]

Le jour venu, lorsque l’on décide, à deux, de « faire » un bébé, quand on arrête de prendre la fameuse pilule, un grand doute nous envahit.
Un doute mêlé d’une sorte d’euphorie. Rien n’est fait, et pourtant on se voit déjà avec un gros ventre. On réfléchit aux futurs prénoms…

Les mois du calendrier sont de plus en plus rayés, on attend, on espère…
Rien n’arrive, rien ne se crée. Alors on passe toutes sortes d’examens. L’angoisse s’installe, la peur de ne pas pourvoir est présente au quotidien.
« Je » ne pense plus qu’à ça.

Le verdict tant redouté tombe, me transperce le corps, comme une lance plantée en plein cœur.
« Vous n’aurez pas d’enfant naturellement »

Je pleure, je pleure, je pleure…Je me déteste, je me trouve inutile…
Et pourtant la vie doit reprendre, continuer comme si rien ne s’était passé ?

- Non, certainement pas.

Subitement je vois des femmes enceintes partout autour de moi, comme si la procréation était une chose toute nouvelle et que tout le monde s’y mettait

Et puis le malheur s’estompe, et se transforme en bonheur à l’annonce  d’une « belle » nouvelle.
Je vais être Tata d’un petit bout de vie.
Petit bout de vie qui est né le même jour que moi…
Magnifique cadeau d’anniversaire qu’est la vie.

Alors je tourne la page, et vois la vie, une fois encore sous un autre angle.

mardi 28 mars 2006

confier

Petits_pasMaman, lorsqu'elle parlait de l'éducation que leur avaient donné ses parents (à elle et à ses 7 frères et soeurs)... n'en disait pas grand chose, mais rendait grâce à la liberté qu'ils leur avaient laissé : "Une fois qu'ils savaient que nous étions en bonne compagnie, ils nous fichaient la paix."

Et c'est ainsi qu'elle a été élevée par des grands-parents merveilleux, qu'elle a squatté toute sa jeunesse chez deux ou trois familles qui, bien plus que la sienne, incarnaient son idéal de famille aimante.

Elle s'est beaucoup occupée de nous ; et nous a souvent confiés à droite à gauche. Je n'étais jamais très chaude pour la quitter, mais aujourd'hui je suis heureuse des liens tissés avec ma grand-mère nés des vacances passées ensemble ; j'ai l'impression d'être libre, d'avoir toujours été libre de choisir parmi de nombreuses figures d'attachement, sans que Maman en souffre ou me le reproche. J'aimerais transmettre cette ouverture à mes filles.

Sans compter que confier mes enfants à des personnes choisies devient nécessaire à partir du moment où je décide de continuer à travailler, vivre des choses avec Nicolas et seule : elles ne peuvent pas compter juste sur moi.

Avec Chimène ça devrait pas être trop dur, souvent invitée à dormir chez sa copine Alice et qui me dit en rentrant Maman j'aimerais habiter chez Alice... mais t'inquiète pas, je reviendrai te voir ! 

vendredi 03 mars 2006

premier matin

Lenfant_sparJe travaillais ce matin avec un client que j'aime bien ; qui me prend la tête, comme tous les clients... mais c'est un autre sujet. Il me racontait une histoire d'hôtesse de l'air (le livre qu'on écrit est basé sur plein de petites histoires, on adore ça tous les deux) quand mon esprit s'est échappé.

Il est parti le 4 mai 2005, ce matin-là, encore couchée, j'ai senti l'eau couler de moi et c'était petite Alma qui arrivait avec 10 jours d'avance. Ce matin-là je devais travailler pour mon client, le même de tout à l'heure, et je l'ai appelé à 7h pour lui dire Heu Pierre, on va remettre le doc à plus tard.. je suis en train d'accoucher !

Et ça a été parti, rien n'était prêt, il a fallu faire le sac, appeler ma Maman pour qu'elle vienne prendre soin de Chimène, réveiller ma pitchoune et lui expliquer, prendre quand même une douche, me laver les cheveux parce qu'à la clinique on ne me laisserait plus, attraper un paquet de gâteaux pour que mes amours ne restent pas à jeun, et l'eau qui continuait à couler dans la voiture, traversée de Paris rose et gris...

Et tu es arrivée mon Alma.

Pierre a eu 6 enfants. Et moi, avec mon projet de 4 (qui n'a pas été validé avec l'autre partie prenante, comprenez-moi), je suis presque triste de me dire "plus que 2, plus que 2 fois, plus que 2 petites têtes qui sortiront de moi... si Nicolas veut, et si Dieu veut, et si, et si.."

Comment saurai-je m'arrêter de fabriquer des enfants ?

J'ai continué à écrire l'histoire de l'hôtesse de l'air.

[Et ce soir c'est ma petite dont j'ai cessé de compter les jours, c'est Alma de 10 mois que nous confierons à Maman pour la première fois, deux nuit sans elle, j'en suis malade à l'avance, je lui ai dit hier qu'elle partait et elle a refusé de prendre son biberon du soir, et ce matin son biberon de p'tit dej, est-ce que cela a un lien ? J'ai beau me dire que les enfants comprennent tout, je suis toujours soufflée par leurs réactions. Ma mouflette..]

Ma Photo

juillet 2009

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