la mère suffisamment bonne
Il y a une phrase de Winnicott qui me trotte, parfois me soulage et parfois me crucifie, c'est "Ne soyez pas une trop bonne mère, soyez une mère suffisamment bonne". Par une certaine distance / imperfection / (dureté détachement ?..) on aide les enfants à se séparer et on les pousse à aller voir le vaste monde. Sauf que moi ah ah ah, j'aspire à être une maman géniale tendre drôle attentive pas trop poule mais maternante bref, parfaite selon l'archétype. Et c'est pas ça que j'arrive à être ni ça qu'il faut, apparemment, pour mes petiotes. D'où la crucifiction.
Et le soulagement quand j'y arrive pas. Quand l'une ou l'autre ou les deux fait sa crise (mais en général c'est l'une qui fait sa crise, puis l'autre quelques jours semaines ou mois plus tard). Quand notre relation achope, soit à cause des colères de l'une, soit des chougneries et de l'insatisfaction de l'autre (on ne citera pas de noms, hum). Soit aussi à cause de mon manque de disponibilité car j'ai davantage envie à ce moment là de travailler ou de me faire belle pour aller boire des apéros en terrasse, peinarde si possible.
Dans ces moments-là, où on ne voit pas trop l'issue d'une passade relationnelle qui tourne en eau de boudin, Dolto recommande de mettre des mots. "En ce moment j'ai plus envie de travailler que de m'occuper de vous" "En ce moment, c'est dur d'être ta maman". En les lisant je les ai trouvé d'une extraordinaire violence... tout en éprouvant ce qu'explique Dolto, que c'est moins violent de mettre des mots sur ce qui se passe que de le vivre dans les cris et la frustration et laisser le petit se croire le seul responsable d'une situation dont il souffre, qu'en partit il provoque mais aussi subit.
En une période de crise, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai dit à Chimène "En ce moment c'est dur d'être ta maman !"
Elle n'a pas du tout pleuré, elle le sentait bien que c'était dur et ça nous a fait du bien à toutes les deux que ce soit dit. Ensuite, comme si ces mots avaient débloqué quelque chose pour moi, j'ai pu me mettre à chercher des solutions, les bonnes conditions, pour redevenir sa maman chérie et pas l'horrible marâtre de Blanche Neige.
Pourquoi fait-on des enfants ah oui ça...
[C'est le bac philo aujourd'hui ! Une pensée pour la si belle Lucie qui enchante les fins d'après-midi de mes filles. Elle planche peut-être sur "Est-il absurde de désirer l'impossible ?" (moi j'aurais répondu NON ! sur des copies doubles et des copies doubles.. je réponds NON depuis 34 ans et 7 mois..) L'autre sujet pour le bas ES est "Que gagne-t-on à échanger ?" Il me plait bien celui là aussi..]

































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