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Julio - insomnies moites









Ca peut servir


























jeudi 18 juin 2009

la mère suffisamment bonne

Tenues d ete

Il y a une phrase de Winnicott qui me trotte, parfois me soulage et parfois me crucifie, c'est "Ne soyez pas une trop bonne mère, soyez une mère suffisamment bonne". Par une certaine distance / imperfection / (dureté détachement ?..) on aide les enfants à se séparer et on les pousse à aller voir le vaste monde. Sauf que moi ah ah ah, j'aspire à être une maman géniale tendre drôle attentive pas trop poule mais maternante bref, parfaite selon l'archétype. Et c'est pas ça que j'arrive à être ni ça qu'il faut, apparemment, pour mes petiotes. D'où la crucifiction.

Et le soulagement quand j'y arrive pas. Quand l'une ou l'autre ou les deux fait sa crise (mais en général c'est l'une qui fait sa crise, puis l'autre quelques jours semaines ou mois plus tard). Quand notre relation achope, soit à cause des colères de l'une, soit des chougneries et de l'insatisfaction de l'autre (on ne citera pas de noms, hum). Soit aussi à cause de mon manque de disponibilité car j'ai davantage envie à ce moment là de travailler ou de me faire belle pour aller boire des apéros en terrasse, peinarde si possible.

Dans ces moments-là, où on ne voit pas trop l'issue d'une passade relationnelle qui tourne en eau de boudin, Dolto recommande de mettre des mots. "En ce moment j'ai plus envie de travailler que de m'occuper de vous" "En ce moment, c'est dur d'être ta maman". En les lisant je les ai trouvé d'une extraordinaire violence... tout en éprouvant ce qu'explique Dolto, que c'est moins violent de mettre des mots sur ce qui se passe que de le vivre dans les cris et la frustration et laisser le petit se croire le seul responsable d'une situation dont il souffre, qu'en partit il provoque mais aussi subit.

En une période de crise, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai dit à Chimène "En ce moment c'est dur d'être ta maman !"

Elle n'a pas du tout pleuré, elle le sentait bien que c'était dur et ça nous a fait du bien à toutes les deux que ce soit dit. Ensuite, comme si ces mots avaient débloqué quelque chose pour moi, j'ai pu me mettre à chercher des solutions, les bonnes conditions, pour redevenir sa maman chérie et pas l'horrible marâtre de Blanche Neige.

Pourquoi fait-on des enfants ah oui ça...

[C'est le bac philo aujourd'hui ! Une pensée pour la si belle Lucie qui enchante les fins d'après-midi de mes filles. Elle planche peut-être sur "Est-il absurde de désirer l'impossible ?" (moi j'aurais répondu NON ! sur des copies doubles et des copies doubles.. je réponds NON depuis 34 ans et 7 mois..) L'autre sujet pour le bas ES est "Que gagne-t-on à échanger ?" Il me plait bien celui là aussi..]

mercredi 17 juin 2009

leur vie propre

Chimene ange

Chimène et Alma depuis le premier jour de leur conception sont douées de leur vie propre. Je les ai vues danser à l'échographie senti gigoter dans mon ventre ne pas aimer le thé au citron que j'adorais (depuis l'Avent de Chimène je ne peux plus en boire)

et ça s'est amplifié quand elles sont nées avec l'arrivée chez la nounou : les jours "loin" de la maison et dont j'ignorais la texture
et toutes les relations qu'elles nouent hors de moi
avec leur papa, déjà
et puis entre elles
et avec leurs marraines grands-mères cousines amies... les hommes aussi mais ils sont moins présents...

Alors pourquoi étais-je surprise ce matin de les voir bondir au réveil (en fait elles étaient déjà levées quand je suis entrée dans leur chambre - après avoir toqué à la porte - assises côte à côte sur le lit de Chimène qui lisait pour toutes les deux une histoire de caméléons), mettre leurs plus belles robes, se coiffer magnifiquement - pour se rendre à la fête du centre de loisirs où je les ai inscrites à reculons il y a un mois car j'avais trop de travail !

"Vos enfants ne sont pas vos enfants" écrivait Kahil Gibran dans la bouche du Prophète. Que c'est faux, que c'est vrai. Je suis fière, j'ai toujours été émerveillée de sentir l'indépendance de désir de ces deux êtres qui nous ont été confiés par la vie.

Et pourtant, la conscience de leur indépendance m'est aussi étrange que si ma jambe avait subitement envie de faire un jogging tandis que le reste de mon corps avait décidé de faire la sieste (ce qui arrive d'ailleurs !). Moralité, il va me falloir des années pour me rentrer dans le crâne que Chimène et Alma sont des personnes qui ne sont pas moi. 

  Alma joie

Dans un mois, Dinard..

lundi 08 juin 2009

high expectations

Futures mamans

Hier j'ai maudit Pétain d'avoir inventé la Fête des mères. Renseignements pris, il n'est pas le seul responsable et tous les pays s'y sont mis.

Comprenez-moi. J'aime mes enfants et elles me le rendent bien, et depuis un mois elles complotent des cadeaux et des surprises en prévision de ce grand jour. Hier arrive enfin, j'ouvre les paquets, je m'extasie devant les dessins, je les serre dans mes bras, je les assure de mon amour.. et c'est tout. Quoi c'est tout ?? s'indigne Chimène. Tout ça pour ça ?

Oooh décevoir son enfant. Oooh passer la journée, ma journée supposedely, à temporiser consoler expliquer câliner mettre les choses au point, pour finir par hurler et envoyer tout ce petit monde jouer gentiment dans sa chambre et si ça continue l'année prochaine j'annule la Fête des mères.

Nan ça ne vous parait pas une bonne idée ?

mardi 26 mai 2009

l'image qui m'accompagne aujourd'hui

C'est celle de mes deux filles endormies sur notre lit, plus ou moins recouvertes de leurs pareos qui peu à peu remplacent leurs couettes trop étouffantes.

Le son de leurs voix pépillantes jusqu'à 10 heures hier soir, "On n'arrive pas à dormir !" "Eh bien changez de lit alors !", les stratagèmes des parents pour sauvegarder le dîner tous les deux. S'installer dans le lit des parents, quelle fête ! (Je souris mais je suis restée cette petite fille pour qui le moindre changement de programme est susceptible de provoquer des sautillements et des cris de joie).  Elles ont ri et devisé encore un bon moment et puis en mangeant la salade, Nico et moi avons remarqué le silence.

Un peu après minuit - ça y est, l'orage a éclaté et a liberé la fraicheur - nous les avons raccompagnées, chacun la sienne, portées dans leur lit en essayant de ne pas heurter leurs pieds aux chambranles des portes. Petites sirènes abandonnées.

Mes complices

mardi 05 mai 2009

célébrer la joie de ta présence tous les jours de la vie

Almacha 

Gros blues ce matin de ma fée-princesse. Elle a compris que ce n'était plus son anniversaire et qu'il ne reviendra pas avant un an. Je connais, ça me fait ça tous les ans ! ben oui même à mon âge.

Soulagement du côté de la maman (Alma attendait son anniv avec tellement d'impatience, ça m'a collé une pression de ouf) ; et de la grande soeur ("Moi je suis contente que ce ne soit plus ton anniversaire !"). Le papa semble submergé par ces affects féminins qui n'ont pas grand chose à voir avec l'ambiance de son enfance...

Pour consoler les larmes d'Alma je lui ai promis qu'en mai nous allions continuer à nous réjouir chaque jour de sa naissance. Et en juin et tous les jours. Et de celle de Chimène aussi, pendant qu'on y est. Pour une fois, elles ne m'ont pas demandé "Et Churchill ?"

Les pensées libérées de ce grand événement, je vais pouvoir me consacrer à mon ascencion professionnelle mon nouveau challenge : porter des talons en mai. Ben oui, une fois émoussé le charme de ces deux jours géniaux j'ai fini par revenir à ma tenue de base, chaussures très plates et pantalons. Mignonnes les ballerines, et bien coupés les futs, mais bien passe partout aussi. La femme-femme qui sommeillait (avec l'écrivain, faut croire) vient de se réveiller et donc en mai ce sera talons 6 jours sur 7. Hop hop hop je galbe mes gambettes. Hier soir trop pratique de promener Churchill juchée sur mes aiguilles.

Allé on va faire comme à la danse, "Souriez mesdemoiselles. Surtout si ça tire !"

lundi 04 mai 2009

il y a quatre ans

Il y a quatre ans ma petite piscine à 7 heures du matin.
Il y a quatre ans je réveille Nicolas qui va réveiller Chimène et on réveille Maman au téléphone Tu peux venir ?
Il y a quatre ans rien n'est prêt pour accueillir le bébé il devait naître dans 10 jours !
Il y a quatre ans j'attrape en panique des tartelettes au chocolat on les mangera dans la voiture
Il y a quatre ans nous avons traversé Paris plein de soleil à la fois si connu et irréel

Nous partions faire ta connaissance mon Alma !

Visage nu

Il y a eu aussi l'anesthésiste qui m'a engueulée de pleurer comme un veau, le docteur T. que je connais depuis 1996, venu opérer avec sa femme et je me sentais en famille, les allers-retours de Nicolas entre la salle de travail et la couveuse, la première rencontre chiffonnée de Chimène avec sa soeur, l'annonce à la marraine...

Que je suis heureuse que la vie m'ait confiée cette petite fille-là !

Sauter partout 

Ce qui est beau c'est quand elles dorment parfois revoir leurs gestes de nouvelles nées. Et de retrouver dans les traits de l'enfant, les lèvres bien dessinées, le profil unique, ceux du bébé qu'elles ont été.

vendredi 10 avril 2009

se préparer au départ

Zouuu

Les petitounes partent ce soir

Une semaine à la montagne avec ma Maman
Excitation pour Alma de découvrir le ski. Pression que se colle Chimène, "La deuxième étoile c'est duuur !"

Et moi. Moi je reste avec mon homme, avec mes livres à écrire et la compta à boucler, dans le grand appart' trop plein. 

Avant cela je prépare leurs valises. "Maman tu me rends mon sac Sam-Sam ?" J'y avais rangé mes pièces comptables pour me donner du courage. "T'oublieras pas mes lunettes ?" Non non. Machines qui tournent, culottes qui sèchent un peu partout, essayer de ne pas oublier trop de trucs que Maman devrait racheter. Penser aussi aux menus objets qui leur rappeleront la maison quand elles auront un coup de blues. 

Ce matin Alma court vers ses copines sans me faire un dernier bisou "Et mais tu sais on se quitte pour une semaine !" "Salut Maman !". Je me retrouve au bord de l'école avec les larmes aux yeux. Heureusement, les copines (les miennes ! celles qui crisent quand elles passent trop de temps avec leur kids et qui comptent en frissonnant les années avant le grand départ) sont là, me frottent le dos. 

Départ pour l'école
Départ en vacances
Revivre un peu de la première séparation
Se préparer au prochain, impensable départ, quand l'une puis l'autre quitteront la maison. Que voudront-elles emporter dans leur nouveau chez elles ? 
Me préparer aussi au dernier grand départ, la folle pensée de ma mort - quand elles n'auront plus de ventre où venir se réfugier. 


mardi 10 mars 2009

la liberté

Ce matin quand je suis entrée dans leur chambre pour réveiller mes filles et commencer la journée, Alma avait décidé qu'elle n'allait pas à l'école. "La maîtresse a dit que ce n'était pas la peine que je vienne."

J'adore cet aplomb des tous petits. Si j'avais pu, je l'aurais gardée avec moi aujourd'hui - en souvenir de ces jours d'école et plus récemment, de bureau, où l'envie de vivre la journée à mon rythme était plus forte que tout et où j'aurais été capable d'inventer les excuses les plus invraisemblables pour sécher. D'ailleurs, ce matin...

Alma s'est résolue à l'inéluctable. Mais  quand j'ai déclaré "Allez ce matin, tout le monde en jean", elle m'a expliqué "La maîtresse m'a dit de mettre une robe." Vous ne pouvez pas savoir comme j'ai été heureuse de pouvoir exhaucer ce voeu-là.

Tout est possible

[En cadeau ce matin... ma joue posée contre la gorge de Chimène.. une crèpe préparée par Suzanne... la séance de yoga devant l'air gris de la fenêtre... le mail d'une amie qui devient chère..
Et vous qui n'êtes pas loin et que j'embrasse sur ne bout du nez.

La journée commence bien.]

jeudi 05 mars 2009

perlimpinpin

Grand amour

Sur le chemin de l'école - nous sommes parties à la bourre, rien d'inhabituel - je m'aperçois que nous n'avons pas emmené de doudou pour la sieste d'Alma-chat. Sans rien dire, je fouille mes poches, tâte un ticket de metro, un bâton de rouge à lèvres, un mouchoir en tissu tout dur.. crotte de biquette, rien qui soit doudouable. A vingt mètres de l'école, le cri angoissé "Maman, tu as oublié le doudou !" (En temps normal je lui aurais fait remarquer qu'elle a le droit de penser à ses affaires, mais l'heure est grave et en plus je viens d'avoir une inspiration). La bosse au creux de ma manche se rappelle à moi et j'en sors un très joli mouchoir de coton blanc, d'hier. Moi, triomphale : "Pitchounette, regarde ce que j'ai pour toi !" et je sors mon mouchoir de la manche.

Eh bien,ma petite est ravie. Elle m'admoneste encore un peu pour le principe mais elle entre dans l'école toute sereine et je sais qu'elle va passer une bonne journée, avec le mouchoir de sa maman-fée.

En reprenant le chemin de la maison, je me suis demandée combien de temps encore un petit carré de tissu suffirait à appaiser les angoisses d'Alma.

Avant de me souvenir que chez moi, les poudres de perlimpin prodiguées avec amour fonctionnaient toujours.

Moi aussi je vais passer une bonne journée.

Tres grand amour

lundi 02 mars 2009

souvenir d'un faux-plat

Beaute belle

 

Je viens de monter la côte menant à notre ancienne maison – qui était un appartement. Le premier appartement que nous avons loué à deux, Nicolas et moi. L’appartement donnant sur la cour avec un figuier. Nous nous y sommes installés un mois après notre mariage, y avons vécu notre première année juste tous les deux, presque deux ans en fait. C'est dans la chambre du fond, notre chambre, que Chimène a été conçue. C'est dans la chambre à côté que nous l’avons emmenée, neuf mois et une semaine plus tard – nos pas résonnaient sur le parquet, j’étais excitée de lui montrer notre maison, sa maison, effrayée de la nouvelle vie qui se tenait devant nous, j’en pleurais presque - et elle, elle dormait.

Cette côte qui débouche vers notre ancienne maison, ce n’est pas une vraie côte, plutôt un faux plat, mais à vélo hou la la on le sent passer.

Enceinte, je lisais Françoise Dolto – et elle raconte, dans l’un des tomes de « Lorsque l’enfant parait », qu’elle parlait à son fœtus, dans le ventre. Et notamment qu’un jour elle avait demandé à son bébé, enfin, son fœtus, de se faire moins lourd pour l’aider à gravir une côte à vélo. Et le bébé avait obtempéré…

En montant ce faux-plat, à l’instant, je me suis souvenue de mes retours à la maison lorsque j’étais enceinte de 4, 5 mois. Comme aujourd’hui, j’étais en nage… Et j’avais demandé à Chimène-qui-ne s’appelait pas encore Chimène, de s’alléger pour me permettre de monter plus facilement. Et ma toute petite, je l’avais sentie se rétracter – et poum, j’étais montée comme une fleur.

Mon ancien bébé, ma brindille de bonne volonté.. C'est elle qui à présent, fait mine de gravir les faux plats à vélo.

Mercredi, elle aura sept ans.  

Comme une deratee 2

Rien à voir avec la choucroute - il ne parle ni d'enfants ni d'enfantelets, mais je l'aime bien cet article de Serge Hefez au titre en forme de question, et en plus il donne sa réponse (optimiste) en fin d'article.

J'ai aimé aussi l'indignation de mon ami Mister Pat qui en plus, partage celle de Barthes ! sur l'oubli à la fin d'une histoire d'amour.. Ah ben ça, ni la mer ni même le rhume ne m'ont rendue moins romanesque !

Ma Photo

juillet 2009

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