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  • Les livres que vous trouvez dans cette colonne (ainsi que tous les services ou produits dont je parle ici), je les apprécie particulièrement et vous les recommande comme je le ferais à un ami. Vous songez à les acquérir ? Amazon.fr offre des prix intéressants ainsi qu'un service efficace. Si vous utilisez un des liens sur mon site avant d'ajouter l'article à votre panier, il ne vous en coûtera pas un sou de plus, et les sites me remettront entre 5 et 8% de la transaction en remerciement de ma référence... ce qui me permet de m'acheter de nouveaux livres, disques, le bonheur quoi !

mercredi 07 mai 2008

l'ennui

D'où il vient, l'ennui ?

Et d'où elle vient l'intensité avec laquelle je me plonge dans la discussion, dans la relation avec mes 4 mousquetaires de clients, l'un après l'autre ou tous ensemble ? Ou dans nos papotis du soir avec Nico... Et pourquoi avec les filles par exemple, je sens la fatigue et l'envie de m'enfuir-m'enfouir alors qu'elles m'ont tellement manqué la semaine dernière ; ou avec d'autres personnes, la plupart, une certaine absence, je suis là sans être complètement présente ; et par ricochet eux aussi ont envie de se tirer.

L'absence pour moi, est absence de projet commun ; absence de compréhension mutuelle, ou jugement porté sur le moi du moment, encore plus flou que d'habitude ; je ne pesais déjà pas beaucoup, et voilà que je mets à peser encore moins ! "Tu t'y prends mal, tu as tort." Que répondre à cela ? je ne vais pas argumenter sur ma méthode : marcher à l'intuition et au tatônnement ça ne se justifie pas. Et c'est ce qui fonctionne pour moi. Et je suis preneuse d'autres suggestions, pourvu qu'elles ne soient pas des couperets.

J'aspire à retrouver dans chacune de mes vies une présence et une bonne intensité de relation ; et sans doute cela passera d'abord par la case "me retrouver professionnellement", avancer dans la redéfinition du moi professionnel - et du moi tout court.

Allé ; au boulot.. (je n'ai jamais autant bossé qu'à ces deux étapes charnières où je cherchais ma nouvelle voie, en 2001 et aujourd'hui, donc. ça vous fait ça à vous aussi ?)

Boulets

[Et une photo quand même, pour égayer l'ennui ; jolies bouées-boulets qui ariment à la terre..]

jeudi 01 mai 2008

légère, légère

Je ne m'étais pas rendue compte qu'ils pesaient si lourd sur moi, tous ces livres des autres. Et maintenant que peu à peu je m'en dégage, pfiou, je me sens légère, légère ; un gaz. Et du coup les livres qui me restent, 5 ou 6 à des stades différents d'avancement, maintenant que ce sont les derniers (avant un moment), je les écris beaucoup plus facilement : dans la joie.

Et je me souviens de mon boulot d'avant, celui où je me trompais tous les jours et cela désolait mes 2 ou 3 patrons ; le jour où j'ai démissionné, comme par miracle je n'ai plus commis AUCUNE erreur. Les mecs étaient fous (mes patrons) !

Et moi, comme aujourd'hui, je me sentais légère, légère...

[En attendant, je bosse, je bosse ! et suis bloquée sur le mode "je répète tous les mots deux fois, deux fois"..]

Chum_and_church

[Bon c'est pas tout ça mais ils commencent à me manquer grave grave mes 3 petits amours.. 'reusement qu'y a encore le grand !]

mercredi 30 avril 2008

vers Plume de vie 2

Caminando_se_ven_las_cosas

En ce moment y'a des gens qui s'inquiètent. Pour moi. "ça va ?" "ben oui.." et 5 minutes plus tard, "tu es sûre que ça va ?"

"quand vous m'avez annoncé votre décision [d'arrêter d'écrire un livre pour lui, ndla], j'ai eu peur qu'il vous soit arrivé quelque chose de très grave ; ça n'est tellement pas votre genre.."

"ma chérie, tu ne peux pas tout envoyer balader comme ça.." "ben si" (Ben non en fait...)

Je suis peinée de dérouter ceux que j'aime, et heureuse de les surprendre.

Car voilà ; je suis en train d'essayer de changer de métier. Je ne sais pas ce que je vais faire, mais je ne développe plus l'activité "écriture de livres pour les autres". Je tatonne. Je regarde tout ce que j'ai aimé faire pendant 7 ans, tout ce que que j'ai envié à mes clients, mes amis ; et tout ce que je ne veux plus faire (ou être). Je tâte le terrain de mes envies, des compétences à acquérir, des produits et services pour lesquels mes clients (=les indépendants et patrons de PME, ça je l'ai bien en tête) seraient prêts à me payer.

Vertigineuse expérience que de laisser tomber une peau ; comme un serpent après la mue, je me sens toute jaune, toute nue, pas jolie-jolie : c'était tellement confortable de pouvoir dire "Christie, accoucheuse de livres pour les autres".

Sauf que je devenais un peu grise, et moi j'ai envie de flamboyer ; d'apporter d'avantage ; de continuer à travailler avec mes clients chéris une fois qu'on a réussi un premier projet ; de mener des projets plus courts, moins coûteux pour moi (ça ne veut pas dire moins engageants hein !) ; et de m'aider moi-même à accoucher de mes propres livres. Et aussi, travailler en équipe avec des personnes INS-PI-RANTES. Tout en gagnant ma vie, ça va sans dire ! (et là la petite voix borisvianesque me chuchotte "mais ma vie je n'ai pas besoin de la gagner, je l'ai.." tss tss tais toi Boristie.)

Je ne sais plus qui je suis ; mais je vais trouver.

Bon c'était pour vous dire. Du coup entre réfléchir, transmettre un "bébé" et terminer les autres, prospecter, rencontrer, et m'inspirer (et rempoter les plants de tomates et les fraisiers achetés au marché de Dinard), je n'arrête pas ! Et j'oscille entre grande joie et grande peur. 

Et vous la sentez, vous la sentez l'énergie et la vie qui se dégagent de ce wind of change ?

[Ma grand-mère, cette sainte femme qui ne perd pas le nord, m'a demandé hier "et alors, tu vas gagner plus d'argent ma chérie ?" "heu, oui, j'espère.." "bon, mais au moins tu as l'air de t'amuser, c'est déjà quelque chose !"]

jeudi 10 avril 2008

la semaine de la compta

Chaque année fin mars ou début avril, j'ai ma semaine de la compta. C'est une semaine blanche, une semaine où je prends peu d'engagements de faire puisque tout passe après ces fichiers à rendre (je n'ose pas penser à tout ce qui m'attend la semaine prochaine, tout ce que j'ai promis - je ne ms suis même pas aventurée à écrire la liste !). Une semaine reposante (comme dit jp, mon mentor, pas besoin de penser) et fatigante (émotionnellement - j'ai pas gagné assez, sensation de perte de temps, lassitude de faire toujours la même chose..)

Il y a des petits coups de flip (où ai-je mis ce papelard ?), des coups d'énervement (putain cette banque qui me prend des agios pour 100 € de découvert pendant deux semaines, alors que j'ai plusieurs comptes chez eux qui sont créditeurs), et toutes une série de bonnes résolutions que je tiendrai plus ou moins.

Termine ta newsletter, sors du bois pour trouver plus de clients (dans le volet "gagner plus"). Achète moins de livres (dans le volet "dépenser moins"). Prends des rendez-vous réguliers avec ton comptable (dans le volet "mieux s'organiser"). Mon nouvel an à moi, c'est début avril.

A côté de moi, Chimène patraque au lever va beaucoup mieux depuis une heure que je lui ai dit qu'elle pouvait rester à la maison aujourd'hui (ooh je l'élève mal ma fille !) ; et Churchillou un peu déçu de ne pas avoir le droit de bouffer mes factures ni mes classeurs ni son pansement. Depuis qu'il est revenu de la clinique avec un beau pansement violet, les gens m'arrêtent tous les 10 mètres pour me demander ce qu'il a. Avec un chien star et qui boitille, faut prévoir une sacrée marge dans le temps de trajet.

Allé j'y retourne.

Petit_pere_dodu

C'est fou ce qu'il a grandi notre Church depuis le 1er jour où on l'a eu.. il y a presque un mois.

Je vous signale le retour du "beau" Prumetier, très en forme d'avoir jeûné de blog.. et cet article qui m'a touchée, au réveil.. Gros bisous !

... J'ai reperé un requête Google menant à mon blog : "pourquoi les hommes se taisent". Belle, bonne question (et ils ne se taisent pas tous, hein jp !), à laquelle bien sûr je n'ai aucune réponse, que des théories (un peu fumeuses sans doute).   

mardi 01 avril 2008

du bord de mer au grand marais

La_grande_maison_2 L'autre jour, pour mon nouveau produit de "biographies minutes", j'ai interviewé un client qui, dans ses rencontres business (pour les autres j'ai pas eu l'info), portait une attention minutieuse au nom. "Gulukian il était arménien vous comprenez, j'avais confiance... Je me suis associé avec ce Monsieur Bouillon et j'aurais pas dû, car quelques mois plus tard il a bu le bouillon.."

Ces bouts de conversations m'ont rappelé les fous rires qu'on pique à la table de mes beaux-parents en évoquant leur plombier qui s'appelle Lacrotte ou leur dentiste qui s'appelle Dumolard ; Nico a perpetué la tradition familiale en choisissant un ophtalmo qui s'appelle Beauregard ; sans doute ces noms associés à la profession inspirent confiance, tandis que Bouillon, hein..

En parlant avec ce client je me suis prise au jeu, et ai pensé à mon propre nom, Vanbremeersch. A chaque fois que je l'énonce les gens me demandent Vous êtes Belge ? et jusqu'à présent je m'excusais presque, Heu vous savez c'est le nom de mon mari... En oubliant que ce nom, personne ne m'a forcé à l'adopter voilà 8 ans (on fête aujourd'hui nos 8 ans de mariage civil). C'est le mien aussi, aujourd'hui ! Cela m'a pris 6 mois de m'habituer à dire "Christie Vanbremeersch", et donc 8 ans pour revendiquer comme mien ce nom. A côté de l'autre. L'autre qui parle de mer dans sa partie domestiquée, rassurante : le Bord de mer. Mes copines m'appelaient d'ailleurs souvent comme ça, Christie Bord de la mer. Et moi je pense à la côte d'émeraude, à la digue de Dinard bordée de falaises de pierres et de hautes maisons de granit.

Vanbremeersch aussi cela parle d'eau : la traduction littérale est "du grand marais". Mais une eau sourde, verte, féconde en plantes, insectes, grenouilles. Une eau qui nourrit, qui ne se laisse pas deviner, qui intrigue et inquiète... Le grand marais irrigué par de petites rivières, parfois souterraines. En nous baladant dans le Nord l'autre jour (la famille est originaire de Saint Omer et son fameux marais Audomarois) on en a vu partout des marais de ce genre ! 

Je suis heureuse de tanguer d'une eau à l'autre.

Et vous, que vous dit votre nom ?

jeudi 20 mars 2008

l'accordéon

C'est marrant le boulot. Avant de partir en Thaïlande j'étais à donf, entre ma newsletter et tout le boulot que j'ai dû abattre pour partir tranquille. Tout me passionnait, j'ai presque dû me forcer à partir (non quand même pas). Mais depuis le retour... J'ai du mal à rentrer. Je me force à rappeler mes clients, mes prospects (aller chercher du travail ! faut être fou quand même..).

A quoi est-elle dûe, cette motivation en accordéon ? J'ai des nouveaux produits à développer, mais je ne le fais pas, pas vraiment.. Et ma newsletter n°2, toujours dans les cartons, aurait dû partir aujourd'hui. J'attends quoi, que ça me tombe tout cuit dans le bec ? (et en plus oui, hier un copain m'a appelée pour rédiger une courte biographie de dirigeant, j'ai rencontré le patron ce matin, et hop ! un nouveau produit pour Plume de vie).

Je m'énerve quand je suis comme ça, l'indolence, le trop grand lâcher prise, alors que j'ai dans les mains une petite boîte qui pourrait me faire vivre très honnêtement ! Et j'ai beau me botter le cul, ça vient lentement, lentement. Je m'énerve quand je ne comprends pas ce qui se cache dans le décallage entre mon intention, mon potentiel et ce que j'en fais.

Allé, au boulot d'ailleurs.

Beaux_yeux

[Et notre Chimène, ben elle pète la forme en ce moment !]

[L'accordéon, c'est aussi l'instrument qui me tente lorsque je reviendrai à la musique, un jour..]

mardi 19 février 2008

ah la la...

Ca fait deux ou trois semaines que je devais appeler le Chevalier, c'est le nom de code d'un de mes clients délicieux, pour l'informer que je ne lui rendrai pas l'intégralité du texte comme prévu à la fin du mois de février. Tellement peur de le décevoir, mon "sois parfaite" liait mes mains et ma bouche, ligotait mon intelligence, total je n'ai rien écrit pour mon chevalier depuis 3 semaines.

Je viens de l'appeler en lui proposant un nouvel échéancier, et cet homme vraiment chevaleresque a été adorable et m'a remercié de vouloir faire du bon boulot (c'est vrai !), rien n'indique que je l'ai déçu, je vais pouvoir m'y remettre.. On a juste perdu trois semaines à cause de ma foutue inhibition.

[Hier un autre appel téléphonique, "Allo c'est Odile B., c'était pour vous informer que mon père René B. est décédé le 17 février, il sera enterré dans la cathédrale de Chartres le 21 février." Mon premier client, le premier qui n'a pas hésité à me faire confiance et qui m'appelait chaque année pour ma fête, à la Sainte Christine.. Un de seuls à savoir que je la fête ce jour-là.. Farewell René.]

lundi 18 février 2008

les deux clients

Homme_et_son_chien

J'ai encore dans la bouche le goût du millefeuille d'un restaurant trop cher où m'a invitée l'un des 4 mousquetaires, la semaine dernière ('reusement que j'ai operé un relooking avec vestes jupes noires bien coupées et maquillage soigné, j'aurais eu l'air cruchotte avec ma robe de nounoursette à capuche)..

J'ai encore aux oreilles les promesses de l'autre, "Je ne suis pas obligé - après tout, c'est vous qui devriez m'inviter... Mais si on fait ce livre je vous amène au Meurice" - un des restos dans lequel je rêve d'aller. Comment faisait-il pour tout deviner de moi ? Celui qui n'arrêtait pas de me parler de sa générosité et qui ne m'a rien donné (à la fin je n'ai même pas accepté qu'il me paye pour le travail réalisé, orgueil fou du travailleur indépendant, et je ne pouvais pas accepter d'être infoédée à cet homme, qui pour moi a le visage du diable).

Je me souviens du frisson de dégoût et de plaisir lorsqu'il m'a demandé "Pourquoi avez-vous coupé vos cheveux ?"

J'ai failli oublier de remercier d'Artagnan. On s'habitue vite à la générosité. Je vais essayer de ne pas m'habituer, de savourer plutôt, et de donner la gomme.

[Dans trois semaines si tout va bien on l'aura notre chien. Un fox terrier à poil lisse qu'on va chercher dans un élevage au nord de la France. Je vous raconterai l'histoire un peu plus tard, quand on l'aura un peu vécue.. J'ai hâte de le connaître, ce chien, et surtout j'ai hâte de voir mon Nico et mes Chimène et Alma se transformer, un peu, à son contact. The dog experience !]

vendredi 08 février 2008

s'arracher

Parfois le soir quand sonne l'heure d'aller chercher les filles je suis soulagée d'abandonner mon rôle professionnel, laisser tomber un texte qui résiste (aaaah ces premières semaines avant qu'un livre ne "prenne" - acquière une densité, une articulation, et un ton qui plait à mon client tout en n'étant pas trop "écrit"...). Plonger plutôt mon nez dans leurs petits cous mollets, écouter le récits de leurs journées, mettre mes mains dans les coquillettes.

Mais la plupart du temps je trouve qu'il est trop tôt pour quitter mon travail. J'étais si bien lancée et je dois partir, y'a pas moyen de dépasser 18 h, personne n'ira les chercher à ma place... Et si moi j'ai envie de réfléchir encore, d'explorer mes idées, mes élans ? Mais il faut s'arracher du douillet confort d'une pensée qui avance pour affronter l'air vif et les exigences de mes monstrettes, les dessins du jour qui envahissent la maison, leur mauvaise humeur parfois, les manteaux jetés par terre, Maman MA GRENADINE !, et le recadrage en permanence, Comment on demande, Alma ton manteau, JE T'AI DEMANDE DE RAMASSER TON MANTEAU !

Cracotte

Brr. Richesse de cette schyzophrénie des femmes. Et fatigue. Je vais essayer de tirer le meilleur parti de ma journée de travail pour être prête, à 18 h ce soir, à endosser mes autres rôles de Christie.

mercredi 30 janvier 2008

choses qui aident à se mettre au travail

Y'a pas à dire, je suis (assez) bosseuse... J'aime mon travail, j'aime mes clients, j'ai l'impression de pouvoir les aider à accoucher de leur livre et de quelque chose d'important qui se trouve à l'intérieur d'eux...

Mais alors pourquoi, pourquoi certains après-midis, certaines journées, certaines semaines, ai-je ce mal de chien à m'y mettre ? Et à quoi me raccrocher pour avancer quand même, dans ces moments où je ne suis sûre de rien, et où les textes avancent avec une lenteur désepérante ?

* faire confiance aux petits matins d'angoisse où je me lève très tôt pour bosser car j'ai pris trop de retard sur tout

* me fixer un objectif boulot par jour

* me rappeler les 25 livres que j'ai écrit, oui je sais faire accoucher d'un livre !

* relire les petits mots des clients, qui a posteriori avaient l'air satisfaits...

* me surprendre en train de faire du bon travail, comme ce matin avec (l'un d'eux, j'ai du mal à prononcer son nom ici et il n'a pas de surnom, lui), quand au cours de notre réunion il a retrouvé le fil de son chapitre et l'envie d'en écrire trois d'affilée

* demander un moratoire, quand c'est trop dur

* mettre le minuteur, afin de prendre conscience du temps qui file, ne pas le laisser filer tout seul justement

* me souvenir que 50 % du travail appartient au client... je ne suis pas responsable de tout l'accouchement du livre !

* et pour la route, un air de Yaël Naïm, et un bon thé au jasmin, et un ptit carreau de chocolat, et...

Zouip, je vais dépoter !  Et vous et vous, vous faites comment ?

Envie_de_nature

[En attendant, j'ai envie de nature...]

[Note de service à mon directeur artistique : tu remarques que je recycle 2005, 2006.. je n'ai plus aucune photo récente, hmm]   

mardi 29 janvier 2008

pêcher, être pêché

Ce blog me fait parfois l'effet d'une courroie de transmission - et moi, d'une éponge qui aspire certaines aspérités du monde, les digère et blurp blurp blurp les regurgite par ici. Je suis pêchée par des idées, des gens, des énergies, et ploup ploup ploup celles qui me plaisent je les partage. Et vous les attrapez au vol, ou pas...

Trencito

Le plus étonnant est que des gens m'écoutent... bah oui ça m'émerveille. Du coup je mets un point d'honneur à suivre les conseils que je donne, à relire les livres que j'offre - et parfois je suis déçue, l'émerveillement initial ne se reproduit pas toujours, pas souvent. L'idée n'était valable, en ce qui me concerne, que par le choc qu'elle provoquait dans mon système de pensée - et c'est déjà beaucoup ! Mais il ne faut pas s'attendre à un deuxième choc amoureux avec un livre (sauf Roland Barthes ; sauf Clarissa Pinkola Estes ; sauf Sei Shonagun : ceux-là, en vrais amis, me surprennent toujours).

Bon je voulais vous parler de mon client.. l'un des 4 mousquetaires, d'Artagnan. A chaque fois qu'on travaille ensemble (après le choc de revoir ses chaussettes blanches et sa raie bien au milieu) je suis émerveillée par sa joie de vivre, sa simplicité, sa rigueur morale pour lui-même d'abord (vous avez remarqué, ils sont rares les gens qui allient joie et rigueur ; qui ont une vie exemplaire et ne font pas la morale). Et le courage qu'il demande à ses clients, il l'a pour lui-même ; ainsi l'autre jour il m'a raconté comment il tapait du poing sur la table quand les missions s'enlisaient, "Ecoutez, ce n'est pas prendre votre argent qui m'intéresse, c'est faire du bon boulot." Le mec, d'Artagnan, est responsable de 25 % du chiffre d'affaires de sa boîte, et de faire vivre 30 personnes, mais il met son coeur sur la table... et ça marche.

Je peux vous dire que j'en prends de la graine. J'essaye. Mais ces 4 clients là, un peu matchos, bien mecs en tout cas, dans mon contexte pro un peu dur du moment, où je reconfigure le périmètre de certaines collaborations et "ça passe ou ça casse", je bénis leur générosité, leur engagement, leur posture contagieuse pour leurs clients et pour moi. Grâce à eux, en partie grâce à eux, je redresse mes épaules et je retrouve une fierté de mon travail.

mardi 15 janvier 2008

ça ne fait pas mal

Into_the_wildSean Penn, dans la tournée pour la sortie de son dernier film, explique que la plupart de ses amis ne partent pas bourlinguer comme lui le fait régulièrement depuis ses 17 ans, car ils ont peur de se faire casser la gueule. "Mais la première fois qu'on se prend un coup est aussi celle où l'on réalise que ça ne fait pas mal. Ca ne fait jamais mal. Le jour où j'ai compris ça, j'ai franchi un cap décisif."

Hier, moi, j'ai franchi le cap décisif de quitter un client. Jusqu'à présent, nous avions été jusqu'au bout (dans les 90% des cas), ou bien eux m'avaient dit "On arrête". Mais jamais je n'avais osé prendre, moi, cette initiative de partir - même quand ça a été très dur. Hier mon client est allé trop loin, et quand il a pincé la bouche en me tendant un chèque, j'ai pensé que je n'étais pas obligée de supporter cela, son mépris, je me suis levée et je suis partie. 

La leçon coûte cher mais ne fait pas mal. Elle est même jubilatoire. C'est bon de s'autoriser à dire STOP. J'aurais simplement dû le faire plus tôt, fermement, tenir bon sur mon cadre, pour qu'on n'aie pas besoin d'en arriver là.

lundi 14 janvier 2008

comm

EncreSi vous vous demandez ce que je fabrique - j'écris mes voeux.

Moment obligé qui devient un moment joyeux, de passer un peu de temps par la pensée avec toutes les personnes qui ont croisé mon chemin professionnel en 2007. J'essaye de leur souhaiter des choses intelligentes, d'imaginer ce à quoi ils pourraient aspirer, et toujours être habitée par ce qui nous relie...

Mon vrai souhait, à vrai dire, est de continuer à travailler avec ces "bonnes fées", avec elles ou leurs amis ; s'échanger des idées, des tuyaux, enrichir la palette de nos liens.

[Le truc qui m'a fait méga plaisir cette année, est que j'ai reçu plein de cartes avant d'envoyer la première ! L'autre truc agréable, c'est que je suis passée par un imprimeur pour mes cartes et qu'il y a le nom de Plume de vie et le mien dessus, ben je suis toute fière, l'année prochaine je recommence !]

Quand j'aurai fini posté toutes mes enveloppes (tout à l'heure, si tout va bien), je pourrai commencer à rédiger le premier numéro de ma newsletter pour Plume. Hé hé. J'ai hâte aussi de raconter ce que je sais. (Si vous voulez vous inscrire, dites le moi !)

Bon début de semaine mes chéris-chéries ! Et vous, vous faites quoi ?

jeudi 10 janvier 2008

le troisième petit cochon

LoupUn truc qui m'a fait du bien, ce matin, au petit matin (j'étais réveillée), ça a été de me lever pour écrire dans le cahier rouge, celui des limites, le cadre de Plume de vie.

Tracer le cadre de ma maison professionnelle, poser les règles non négociables, à l'intérieur desquelles tout est souple, comme dans une maison - mais avec des murs en dur. Ce cadre parle d'argent - comment, quand je suis payée ; parle de temps - comment on fixe les rendez-vous, le temps que j'ai pour relire les textes, etc.

Des modalités simples mais qui me permettent de travailler sereinement, de créer de la valeur sans m'inquiéter. Et donc, d'envoyer sans culpabilité les factures à mes clients. Parce que bon faut pas déconner, les soldes ont commencé hier !

Du coup après il m'est resté du temps pour méditer.. presser des oranges.. faire des câlins à mes amours.. et bon on est quand même arrivées en retard à l'école !

[Hum, je les connais par coeur ces murs élaborés depuis 7 ans. Le seul problème c'est que je peine à les porter - et que régulièrement je laisse tout le monde les enfoncer. Tenir, tenir. Et me rappeler mon cadre optimal aussi souvent que nécessaire.

Accepter, aussi, que mettre des limites soit mon talon d'Achille (mon autre) : accepter de devoir y revenir souvent, et de me replanter, accepter sans baisser les bras, m'accepter avec mes limites...]

[La prochaine étape : maintenant que je l'ai écrit pour moi.. incarner ce cadre et tenir bon auprès des autres. Et aussi, préciser ce qui dans mes collaborations, appartient à moi, appartient à l'autre. Ne pas porter tout le poids de ces livres que j'accouche. C'est trop lourd... et pas juste.]

mercredi 19 décembre 2007

Aramis

Lesquatremousquetairesgravure_2Cahin-caha la collaboration avec mes nouveaux clients se poursuit. Après la remise du calamiteux premier chapitre, nous cherchons de nouvelles méthodes pour travailler ; étonnamment j'ai le sentiment que cette première épreuve renforce notre engagement mutuel.

Ils sont 4, "chauds bouillants", une super équipe dont je suis un peu jalouse tellement il semblent se compléter et s'amuser ensemble - travailler, je veux dire... Les quatre mousquetaires, je les appelle. Athos, Portos, Aramis, d'Artagnan, tout concorde.

Je les vois souvent ensemble, parfois seul à seule, pour qu'on approfondisse un point précis ou qu'ils me racontent un cas.

Mais il y en a un... un que je rencontre le mardi soir, aux alentours de 6 h. Chimène et moi revenons de l'école, allons chercher Alma chez sa nounou, et sur le chemin nous passons devant le dojo éclairé. Je colle mon nez à la vitre, Aramis va-t-il m'apercevoir ? Lui attend son fils de 5 ou 6 ans comme Chum, son petit judoka ; il lève la tête, me sourit, je fais un geste de la main et repars.

Lorsque je repasse devant le dojo, les filles font les fofolles, Aramis sort tout juste avec son fiston, lui rajuste le blouson ; moi je me fais sauter dessus par Chimène qui s'est cachée, et Alma teste sur moi son cri de sorcière. On fait 3 pas ensemble, Aramis, mes monstrettes, le petit judoka et moi ; sans se dire grand chose, à la fois heureux et gênés de sortir de nos rôles de pros.

Sans doute, il n'en parlera pas aux autres.

[Je ne sais pas s'il est beau, Edouard Launet.. mais tant qu'il continuera à sévir dans Libé, c'est sûr moi je continuerai à lire Libé ! Son article d'hier était un bijou, sur l'influence des personnages imaginaires dans la vie des enfants... Et vous, vous avez eu des amis imaginaires ? ]

[Avis aux européanophiles, aux Nicophiles, aux Eolassophiles, aux Comvatophiles, aux.. Publius is back !][Et, certes, se situe toujours un tantinet au delà de la portée de mon entendement..]

jeudi 06 décembre 2007

les conséquences

Chaise_oreilles_2

(Une note pour Anne et tous ceux qui se demandent ce que je fabrique quand je n'écris pas sur mon blog..)

Si j'ai autant de mal à accoucher des premiers chapitres pour mes clients, y'a une bonne raison : c'est que leur réaction, à la lecture dudit chapitre, est toujours violente.

Lundi j'avais les deux réunions de feed-back (pourquoi dans mon agenda y'a-t-il de grandes pages blanches, et quelques pages trop pleines ?).
Celle de 8 h du mat' : "On n'est pas contents, votre chapitre ne donne pas envie de lire la suite, faut changer de méthode".
Ouf merci de ne pas dire "Faut changer de plume"...
A la fois je suis d'accord, et à la fois c'est dur, parce que j'ai grillé ma première chance et la méthode qu'on se met à chercher, faut qu'elle soit la bonne. Ma voix tremble un peu, et je tiens bon. On va essayer comme ça. Je tremble mais c'est ce que je voulais, chercher avec eux une méthode où on approfondit le contenu. Chacun avait sa p'tite idée, avant, mais tant qu'on n'avait pas testé, tant qu'on ne s'est pas planté une fois, le confort des méthodes de travail habituel primait. Et là, pour ce 2ème round, nous inventons une manière de faire qui tient compte de nos préférences combinées, et des exigences du projet.

Pendant que je parlais à mes 4 mousquetaires, l'autre cliente, celle du soir, a appelé pour décaler le rendez-vous. A la lecture du maigre résultat que je lui ai envoyé, elle préfère retravailler toute seule, faire ses recherches, réfléchir. A la fois je pense qu'elle est dans le bon (un livre, même si c'est moi qui tiens la plume, demande à l'auteur de creuser ses intuitions)... et à la fois je suis frustrée de ne pas pouvoir défendre mes choix, et chercher avec elle le nouveau point de rencontre qui nous permettra d'avancer.

Allé, patience.

Tous mes livres, mes 25 livres de Plume de vie, se sont batis sur cette première déception. Et l'autre jour, un client qui m'avait tej après le premier chapitre ("Ce n'est pas comme ça que je vois les choses !") m'a renvoyé son manuscrit presque terminé.. avec un premier chapitre qui ressemblait beaucoup au draft que je lui avais écrit.

Mes clients finissent toujours par me trouver bonne ; mais je m'épargnerais de sales quarts d'heures qui durent des jours, si je gagnais leur confiance plus tôt. La question, c'est néanmoins : puis-je faire l'économie de ces moments d'angoisse ? Qui, au moins, sont la vie....

[Aujourd'hui, c'est plus cool : je relis le deuxième jet d'un manuscrit, avant présentation à l'éditeur ! Peauffiner, améliorer, voir les idées qui manquent sur un texte déjà bien foutu et riche, puis disputer le bout de gras avec mon client, ça j'adore !]

[La photo n'a rien à voir ; et j'adore ces chaises à oreilles de Nico. Quelque chose plutôt que rien..]

[A propos de blog, ayé, j'écris chaque jour des textes dans celui de Plume de vie.. il est encore un peu fouilli mais ça va s'organiser, se décorer, se..]   

mardi 04 décembre 2007

les petits matins

Windows

Je détestais les petits matins d'hiver - la solitude de mon corps glacé qui s'en va vers sa journée entourée de "pas gentils". Sortir de la maison dans la nuit. Attendre le bus de 7h41 (parfois, je "négociais" le 7h54). Supporter les 15.000 arrêts, les embouteillages. Marcher le long de la rue interminable. Arriver au lycée, en retard. Hop, 4 heures de colle. Les ricanements de certains lorsque j'entre, piteuse, dans la classe.

Plus tard il y a eu le regard indifférent des collègues, et l'envie de mourir, souvent, en arrivant au bureau.. que vais-je faire de moi aujourd'hui, assise sur cette chaise en moquette grise ?

Aujourd'hui ma vie ne ressemble plus à cela ; ne contient plus cette dureté. Le matin je serre contre moi mes amours, parfois je presse un jus d'orange, et ensuite je ne passe plus ma journée avec des ados qui me regardent méchamment ou des bourges décadents, ou des collègues qui se demandent ce que je fais parmi eux. Et les cocons que j'ai échaufaudés me protègent, l'appart', l'écriture, les écrans, et ne sont pas complètement la vie...

[Les petits matins en Lorraine. Voir les enfants partir, cartable au dos, en troupe vers les écoles où ils seront, peut-être, eux aussi ostracisés... J'en ai encore le coeur serré.]

vendredi 30 novembre 2007

quelque chose plutôt que rien

La_pierre

Je rendais hier, et je rends aujourd'hui, ma première version du premier jet du premier chapitre pour mes deux nouveaux clients. Cette étape est critique, et me confine à une inhibition de l'action (j'ai mis 5 ou 6 jours à rédiger 8 pages). Vous m'imaginez, moi, Christie la bougeotte, restant bloquée - ben oui, ça fait maaal.

C'est la première fois que mes clients peuvent évaluer mon travail d'écrivain (ce pour quoi nous prétendons qu'ils me paient - le reste, le cadre du projet, la relation, la recherche d'infos, c'est transparent, non facturable). Nous n'avons pas appris à travailler ensemble, ils ne savent pas ce dont je suis capable - et moi je l'ai oublié à vrai dire. Malgré les 25 livres auxquels j'ai déjà collaboré, et qui ont abouti, une première page blanche reste une première page blanche. Leur sujet est neuf pour moi et je me lance sans beaucoup d'informations, je dois assumer un texte plein de trous et dire fièrement, "Voilà ma meilleure proposition, à présent nous devons retravailler tous ces points-là..." sans me culpabiliser ni me flageller "tu ne sais pas faire".

Le pire qui puisse arriver est qu'ils me disent "Votre texte est trop faible, on ne travaille plus ensemble." Mais les choses je pense vont s'arranger de manière juste ; et sur les moignons que je leur livre aujourd'hui, nous allons bâtir deux livres valables.

[Après le calage du premier chapitre, les suivants coulent plus facilement. Ouf hein !]

[Et cet après-midi.. cet après-midi, du temps consacré à Plume de vie : écrire pour le blog de Plume de vie, ranger le bureau de Plume de vie, rattraper tous les petits bouts de noms éparpillés pour les rassembler dans une seule grande feuille... ça va être bien !]

[Pour ceux que ça intéresse, ma nouvelle psy, Catherine sorcière géniale et aimante, fait une réunion d'information le 6 décembre - en plus de séances individuelles, elle anime aussi des stages de méditation et d'expanssion de conscience et.. enfin elle fait plein de trucs assez magiques et féconds. Je peux forwarder son mail, suffit de me le demander par mail.]

vendredi 09 novembre 2007

les leçons de l'expérience

Doudou_s_repair

Je m'apprête à aller poster un courrier pour mon client de l'autre jour (je l'appelle mon client mystère car il m'a forcée à signer une méga clause de confidentialité, vous me connaissez je suis une tombe ! en la signant j'ai tremblé comme jamais.. et en fait, ça va, le seul truc c'est que je ne dois pas oublier de marquer sur toutes les enveloppes "confidentiel et personnel"). Ca c'est la consigne explicite.. L'autre règle, non signée celle-là, est le petit mot joint au texte que je lui envoie... et que j'avais eu la paresse d'écrire la dernière fois. Cette omission m'avait coûté un lapin et une grosse mauvaise humeur.

Bon eh bien là j'ai repris la tradition et me suis fendue du plus beau petit mot depuis des plombes. Et je suis super contente de moi, comment vous dire, j'ai l'impression d'un travail bien fait et jusqu'au bout.

[Bah quoi, y'a tellement de fois où on se dit "quelle conne mais quelle conne", quand ça va bien il faut se le reconnaître non ? A ce propos, le truc qui m'a fait le plus plaisir pour mon anniv' c'est vos petits mots ben non enfin si ils m'ont fait trèèès plaisir mais le mieux du mieux (vu que mon chien ce sera pour l'année prochaine) ça a été de recevoir le mail de mon beau client (enfin, pas vraiment beau, mais comment dire.. il a quelque chose... qui me plait. Ben quoi, je peux le dire, c'est plus mon client !) qui m'assure qu'il a apprécié mon professionnalisme et ma sensibilité. J'ai toujours du mal à y croire quand les gens me trouvent sérieuse, apprécient mon travail.

Bon j'arrête de bavasser, et de crâner en plus, faut vous dire que j'ai passé la journée à travailler toute seule sans parler et que  parler j'aime ça ah vous aviez remarqué ? et je vais poster ma lettre et faire les courses du soir et... ]

lundi 29 octobre 2007

le plein, le vide

Après la joie de la conquête (d'un client, ne vous emballez pas)... la paresse de rentrer dans le dossier. Mon talent, ce que je vends entre les lignes, ou explicitement d'ailleurs, c'est de désirer le projet et de le rendre désirable aux yeux du monde (= les éditeurs + vous, amis lecteurs). Mais comme les nouveaux projets arrivent souvent par grappe, ploups ploups ploups, en plus de ma petite vie qui va et vient mais qui me prend beaucoup, et de mes projets à moi qui miraculeusement aboutissent un jour.. ah ben c'est pile poil là maintenant... Mon désir est tenté de se mettre en grève. J'ai envie de baisser les bras, de dire "Nan nan finalement ce projet est trop dur (lire : trop foireux) pour moi, je préfère me retirer." En fait je ne le ferai pas. Je vais chercher, et trouver, les bonnes conditions pour bosser avec eux tous. Mais je lutte, je lutte.. je lutte...

Je ne sais pas où je vais les caser, tous ces livres ('reusement que je ne suis pas enceinte...)

Et puis il y a cette difficulté supplémentaire, les différences de perception. Hier soir j'ai appris que ce client a décidé de se retirer du projet, après une séance de travail que j'avais trouvée étrange mais fructueuse. Je ne sais pas ce qui s'est passé.. va falloir que je lui demande, mais j'ai peur de l'envahir, enfin tant pis, il est parti je dois comprendre.

Inspiration

lundi 15 octobre 2007

la femme d'extérieur en action

Maman_poule

Hou la. Hou la la. Moi qui voulais sortir de chez moi, aller bosser à droite à gauche, Maman est en voyage d'affaire... Ben je pars mercredi, pour trois jours (heu bon, ce ne sera pas à New York City, mais dans un home d'enfants en Lorraine). Et à l'approche de ce voyage à la perspective duquel je me pourlèchais les babines, je panique un peu

de laisser les enfants
que l'organisation ne tourne pas sans moi
que Maman ne s'en sorte pas
que ça fasse trop pour la babysitter
que Nico n'arrive pas à temps le soir
de tout le boulot que je dois abattre avant de partir mercredi
de ne pas savoir m'y prendre, là bas
de.. de.. de..

C'est dur de quitter son cocon ! Et dire qu'il y a des femmes qui font ça deux fois par mois...

[Et puis je me sens cruchotte à propos d'un autre truc, Alma voudrait aller plus souvent à sa crèche, et j'ose pas en parler à la nounou. Je pense à son manque à gagner, au fait qu'elle va se sentir lâchée, alors que la seule chose qui devrait me préoccuper c'est le bien être de ma fille ! J'en ai marre d'être grave, je vous dis.]

Oh, cette phrase... Je la dédie à tous ceux que j'aime et noie trop souvent sous les mots..

jeudi 04 octobre 2007

yesse !

Chine

Le truc chouette d'être à son compte, c'est quand ça marche. Eh bien mes loulous et louloutes, vos petites pensées d'hier ont porté leurs fruits car mes clients m'ont rappelée et c'est OUI à l'unanimité. Ils m'ont conquise, je les ai conquis, tout va pour le mieux (sauf que maintenant, il faut l'écrire leur livre).

Allé, avant de plonger dans l'angoisse de la création, je vais me faire une petite virée shopping avec ma maman pour fêter ces DEUX nouveaux clients, hou la la, après l'annus horribilis 2006-2007, je sens que 2007-2008 va être une super année.

[L'autre moment top de mon boulot, c'est quand le client commence à voir que je suis bonne. Bonne dans mon boulot, je veux dire, l'autre "bonne" il l'avait vu tout de suite.. Bon, dans mes collaborations y'a toujours un moment où ça bascule, où le mec me trouve compétente - certes cela devrait apparaitre tout de suite, mais parfois ça prend plus de temps. Et là, y'a une heure, je viens d'avoir la satisfaction qu'un client qui me prend pour une gourdasse depuis qu'on bosse ensemble, 8 mois c'est long, m'a enfin regardée avec gratitude et admiration. Ben il était temps que tu t'en rendes compte mon grand !]

Bon du coup je vais devoir me sortir les doigts.. A moi les babysitters et la rationnalisation de l'emploi du temps !

[Crédit photos mon ami jp, qui me l'a offerte à MOI.. en son honneur, cette note est sans musique - il a bon dos jp..]

mardi 02 octobre 2007

identités

Hier avant une réunion avec deux (nouveaux) clients, je me suis installée à la terrasse d'un café... Je m'étais faite belle avec une jupe bordée de dentelle (dit comme ça ça fait pupute, mais sans rire elle est canon), et mes hautes salomé (promis un jour vous aurez une photo). Tout d'un coup passe un homme ; son regard se pose sur le bout de mes chaussures, remonte sur mes mollets, mes genoux, mes cuisses... mes yeux Oh, bonjour ! Dans ses yeux, j'ai lu que ça lui avait pris une fraction de seconde pour passer de la fonction "homme" à la fonction "client".

Un peu plus tard, au cours de notre séance de travail, mes deux clients (dont une femme, très belle) ont reconnu en rigolant que les hommes, même au boulot, "ne pensaient qu'à ça". Moi ça ne m'a pas tellement fait rire. J'ai toujours du mal à me faire à cette idée qu'on ne se désexue pas.

--

Souvent, les gens m'appellent "Chimène". Je n'ai pas de soeur, pas de cousine absolument inséparable (même si je t'aime, ma Raphaèle), alors on ne s'était jamais emmelé les pinceaux avec mon prénom. Et moi qui suis tellement fière de sa rareté, qui croyais tellement tenir à mon identité.. ben je suis fière qu'on me prête le prénom de ma belle emmerdeuse. J'en profite encore les quelques années avant de souffrir de son air mortifié (j'imagine) et de ses dénégations, "Attendez, Chimène c'est MOI, pas la vieille peau rangée des brancards."

Christie_chimene_2

mercredi 05 septembre 2007

les affaires reprennent

et c'est bien agréable (et rassurant)

Le seul truc, c'est qu'on est mercredi, que les filles sont avec moi, et j'ai du mal à coordonner toutes mes identités.

Résultat : ça chougne, ça crie et y'a des chaussures partout (car je me suis mise en tête de trier les 25000 paires de ces petites dames, histoire qu'on soit en mesure de retrouver une paire qui aille en moins d'1/2 heure).

Les_pieds_ont_grandi_sur_les_rocher

mercredi 29 août 2007

une femme d'extérieur

Contreplongee

Je reviens de l'autre bout de Paris, où j'ai été prendre un café avec une ancienne cliente, l'une de mes meilleures collaborations. Elle m'a grondée "Il faut sortir du bois Christie !", et mon humeur incertaine d'hier s'est transformée en projets.

Je me sens toujours mieux quand je sors de la maison, quand je me fais belle pour rencontrer quelqu'un, quand je travaille avec d'autres. Dès que je suis dehors, un grand sourire illumine mon visage.. ou une timidité, avouons-le, avec ma cliente je me sentais un peu crucruche.

Mais pourquoi m'obstiné-je à travailler seule et chez moi ? Comme disait mon prof de philo en reprenant Sartre, les salauds ne sont pas ceux qui agissent mal car ils sont ignorants ; les salauds sont ceux qui savent et qui errent quand même. Alors zut, zut de zut, comment devenir une femme d'extérieur ?

[En attendant, tu avais raison Marc, le boulot recommence à affluer.. et je suis bien contente !]

[En attendant, je serais bien inspirée de passer une petite annonce, "recherche bout de table avec wifi, dans un rayon de 20 minutes à vélo de chez moi, contre 100 à 200 € par mois..."]

mercredi 01 août 2007

5 minutes

J'ai repris mon petit rituel de passer au lever, 5 minutes assise devant ma fenêtre. Je suis supposée ne penser à rien, juste accueillir le jour qui vient... et bien sûr je vois la rouille sur les rosiers, la terre sèche ou humide dans les pots, je me projette dans les tâches de la journée et remâche les impressions de la nuit...

Et ces cinq minutes pour moi sont une manière de me rappeler que ma vie m'appartient. Au milieu des obligations, des demandes des autres, des services que j'ai promis de rendre, ma vie est à moi.

Suivant l'exemple de ma cliente "la princesse", je me fixe aussi un objectif chaque jour ; au milieu du flot, réaliser un truc, grand ou petit, qui me tient vraiment à coeur A MOI. Aujourd'hui, mon objectif est de ne pas me coucher sans avoir embouteillé une série de rhums arrangés...

Bonne journée !

dimanche 29 juillet 2007

file au vent

Au_vent

Dans la mesure du possible, je vais à mes rendez-vous à vélo. C'est le truc que j'ai trouvé (sans le chercher) pour toujours arriver heureuse - et notamment vers mes clients.

Traverser la Seine sur l'un de mes ponts préférés... admirer les nuages roses du petit matin, me réjouir de la lumière de 6 h du soir, m'emplir de la vie du Champ de Mars...

J'y vais, j'en reviens à vélo : le rendez-vous ne peut être qu'une fête. Et après, même si la relation avec mon client est arrivée à un moment dur ou tendu, la gaîté que m'a donné le voyage à vélo se transmet à notre moment passé ensemble... qui en est adouci. Et quoi qu'il arrive, moi j'aurai toujours eu ma balade en liberté.

[Je préfère mon vélo, et en voiture j'écoute classieusement Rire et chansons ou je chante avec Chante France, et dans le métro je lis mon La Croix ou mon super livre du moment.. Bref toujours le trajet, je le peauffine ; c'est trop important, l'état d'esprit..]

vendredi 13 juillet 2007

la vase est aussi de la glaise

Savoir quand dire oui, savoir quand dire non
Savoir quand arrêter, savoir quand s'obstiner
Savoir mettre les mains dedans - avoir le courage d'y aller quand on l'a décidé, alors même que la flemme voudrait prendre le dessus..

Savoir faire appel à la bonne ressource au moment où on en a besoin : ressource intérieure, ressource extérieure
[Je suis bien contente d'avoir rencontré le livre Femmes qui courent avec les loups, pouvoir revenir au conte qui correspond à mon risque du moment, depuis quelques jours je me replonge dans le chapitre des souliers rouges... Hambre del alma.. ]

Ne jamais laisser ses pieds trop longtemps fouler la vase. Ou alors se baisser, ramasser des bouts de glaise et se remettre à modeler.

Fete_2006

Fete_2007

Pourquoi j'ai toujours envie de pleurer aux fêtes de l'école de Chimène ?

jeudi 12 juillet 2007

sauts de puce

Boutons_de_lauriers

S'il est une chose que j'aime dans ma profession libérale, c'est la possibilité d'emmener mon bureau avec moi, personnifié par cet ordinateur duquel je vous écris (+ une clé USB et quelques cahiers). Cet été, pour la première fois depuis 6 ans, je profite de l'immense avantage de pouvoir travailler de partout, et après la Bourgogne je me transporte avec mes filles à Dinard, avant de revenir bosser pour de vrai fin juillet, puis repartir tous les 4 en Corse.

Du coup les quelques jours passés à Paris sont denses, j'y cale tous mes rendez-vous et les choses à faire qui ne peuvent pas attendre, 3 jours pour voir tout le monde et pour tout faire, pas le temps de s'ennuyer ! Surtout quand je passe d'une douche froide hier à des rendez-vous enthousiasmants aujourd'hui... sans oublier la case "insomnie", crevante et bien pratique pour redéfinir (enfin) mes priorités du moment. Priorités que tout le monde connait hein, mais moi je les avais, heu, un peu oubliées ces temps-ci.

Oui je les aime ces journées denses où tout se dessine, où je me retrouve, petite Christie qui touche le fond puis se rassemble et repart dans la foulée.

Et vous, comment se profile votre été ? 

mercredi 11 juillet 2007

les conditions

Toujours aussi heureuse de partir, de revenir.
Toujours les émotions comme un printemps - et un printemps en juillet, ça n'arrange pas grand monde !
Toujours ma garde de robe de Pierre Gringoire, jupe mi-longues, vestes de velours, robe à capuche... Pierre Gringoire le poète qui pète plus haut qu'il n'a le cul, mais sa liberté, sa liberté si chère payée, comment l'abandonner au premier venu, se livrer pieds et poings liés ?

Pour travailler.
Pour manger.
Pour gagner sa vie.
Mais ma vie, je l'ai ma vie...

Parfois c'est dur de suivre la voie qu'on s'est tracée, on se demande "est-ce la bonne", on se dit "et si j'abdiquais", bref, on est tenté de se rendre quand une affaire menace d'échouer sur des principes. Et pourtant y'a des jours, les principes on n'a qu'eux pour se raccrocher. Je crois que je vais m'y tenir.

[Coucou mes chéris, je vois que vous êtes là, il y a des jours où j'ai peur de devenir folle, ou de l'être déjà, et puis, heureusement, ça repart.. je me remets en selle..]

mercredi 04 juillet 2007

chien mouillé

Alors je suis allée à mon rendez-vous.. Petite jupe, maquillée, talons haut.. Je quitte la maison sur mon vélo, faisait beau, et soudain, grosse averse. Lorsque je suis arrivée devant mon (peut-être futur) client, mes chaussures faisaient floc-floc, ma jupe était à tordre, mes cheveux ruisselaient, le rimmel creusait des sillons sur mes joues, TOTAL CREDIBILITY.

Du coup au déjeuner, j'ai commandé du foie gras.

si l'on n'y prend pas garde...

Rita ... on a vite fait de se laisser entuber !

[Pardonnez-moi de déroger à mon habituelle foi dans le genre humain ; et parfois j'oublie à quel point mes interlocuteurs n'ont pas mes intérêts en tête ; charge à moi de les leur rappeler, et avec le sourire.

Et la peur de tout perdre lorsque l'on s'affirme face à plus gros que soi...

A midi, mes breloques familiales ne seront pas de trop, pas plus que les petites bougies à l'intention de Sainte Rita.]

[Du coup je porte mes petites salomé et le tailleur bonnasse top credibility que m'a donné ma copine Yuri.. si ça marche je vous poste une photo du look - tout à fait ordinaire pour la plupart des working girls, mais, comment dire, depuis quelques années mon uniforme c'est plutôt jean + tongs ou Converse + t-shirt + gros pull ; ceci expliquant peut-être cela.

'Reusement que j'ai des copines pour prendre mon look et mon AS en charge.]

vendredi 29 juin 2007

créer les conditions du miracle

... C'est la phrase-mana que je me répète depuis 10 jours. Comment faire émerger de nouveaux projets, sexy, rémunérateurs, motivants ?

Comme chercheuse d'or, j'ai du mal avec l'approche volontariste 6 h du mat 10 h du soir. Je suis plutôt du genre à laisser mon tamis flotter dans l'eau et attendre que les pépites se jettent dedans... mais je vais à la rivière tous les jours, de 9 h à 17 h avec pas mal de pauses, et je polis mon tamis, et je soulève tous les cailloux, même ceux qui apparemment ne cachent pas de pépite. Ce sont toujours de ces cailloux-là que me sont venues les bonnes surprises. Et parfois les collègues me font cadeau d'une pépite, et parfois c'est moi qui en offre.

C'est excitant et vertigineux d'avancer à l'aveuglette : de quoi sera tissée ma vie professionnelle à la rentrée ? Je n'en sais rien, ou presque rien. Et j'ai confiance, mon tamis est en bon état et mes bras sont robustes, et ma motivation, miracle des miracles, s'est régénérée (je ne sais pas comment).

Y'a des jours où je me dis, bon ben voilà, la vita é bella !

Et vous mes trésorettes, quels miracles attendez-vous ? Et comment créez-vous les conditions ?  

jeudi 28 juin 2007

accepter les pauses

Humeur_champetre

Au début de la semaine dernière nous avons rendu un manuscrit à l'éditeur - le gros bouquin sur le divorce, sur lequel je travaille depuis février. Cette même semaine, les deux clients que je devais voir se sont décommandés. Du coup j'ai eu beaucoup moins de travail que prévu. Je me suis sentie flotter, c'était angoissant au début... Et puis j'ai vu mes copines, je suis sortie du bois, tout en travaillant mais de manière pas très efficace (je suis bien meilleure quand j'ai peu de temps pour faire plein de trucs, que dans le cas inverse).

Bilan des courses c'était sympa. Et cette semaine le travail afflue en masse, deux nouveaux clients, plein de boulot avec mes clients habituels... Ouf. L'angoisse du vide est envolée (encore plus flippante quand mon mec travaille travaille travaille) ; je suis heureuse d'avoir profité de mes amis et de mes enfants, et heureuse que la machine se relance. J'ai vu que je sais la relancer, et les mouvements initiés me portent et m'apportent leurs ondes bénéfiques. 

samedi 16 juin 2007

danser sur la corde

J'aime danser au bord du précipice, ces moments où il n'y a pas d'autre choix que réussir sinon on est cuit et pour longtemps, la conscience de soi que cela donne ces moments où chaque geste compte

L'épreuve d'éco du concours HEC, vers la fin du marathon (3 semaines d'écrits) ; j'étais épuisée, et en découvrant le sujet, un truc sur les politiques monétaires des états, "merde je ne sais rien." Et j'avoue, les politiques monétaires, hmm. Mais, mais, quel autre choix, deux ans de prépa intensive, 18 ans en fait que je me préparais à ce moment, je ne voyais pas d'autre école possible et le chemin pour HEC passait par cette épreuve d'éco à gros coefficient, sur un sujet où je ne savais rien, escarpé chemin mais je n'en voyais pas d'autre.

J'ai croqué dans la barre de pâte d'amande que m'avait donnée Maman et j'ai mis sur la feuille tout ce que je savais.. c'est-à-dire pas beaucoup de connaissances et le maximum de bon sens, vu que j'avais que ça.

Et ben ça a donné un 13, ma meilleure note en éco.

Depuis je me fais un peu plus confiance ; depuis je révère Jacques Généreux qui avait écrit le livre dans lequel j'ai révisé toute mon éco ; et convoquer la ténacité et le bon sens maternels, dûment représentés par la barre Gerblé (Gerblé c'est gerbeux, j'arrêtais pas de lui dire.. n'empêche..), n'a pas été de trop.

Hier je jouais le tout pour le tout avec un client, et j'y suis allée en force, avec la robe donnée par Maman, l'imper donné par Mam, le bracelet turquoise de Grand-Mam, la montre de Tante Annick et mes chaussures à moi. Aussi bien soutenue, j'ai cartonné je crois.   

mardi 29 mai 2007

d'où ça nous vient ?

l'énergie,
l'envie d'avancer,
les ailes aux talons (le fameux talon d'Achille !),
la capacité de puiser dans notre puis (le fameux puis sans fond !)
l'impression de pouvoir décrocher les montagnes ?

Est-ce le ressourcement avec mes amis, samedi / ma grand-mère, dimanche / mes parents, hier / mes 3 trésors, tout le week-end ?

Est-ce la rencontre expresse avec ma copine de l'école ce matin ?

Est-ce la conjonction des astres ?

Est-ce juste pour moi, maintenant, le moment de bouger ?

...

Je n'en sais rien, ce que je sais c'est que j'y vais !

Les_champs_de_mon_enfance

Bonne journée mes chéries et chéris (quelle hypocrisie quand même ce lundi de Pentecôte pas férié mais encore férié ; tant pis, j'ai adoré jouer la fille mère chez les parents).

[Et vous, d'où ça vous vient ?]

[Au fait, Petite a gagné son pyjama de satin dans plein de catégories.. mais j'étais bien remontée grâce à vous ! Merci pour votre fidélité, elle me touche...]

mercredi 09 mai 2007

le retour

File_au_vent

Je file au vent sur mon vélo tigré. Back to le 15ème. Mes deux réunions de travail se sont bien passées. J'appréhendais, j'appréhende toujours un peu. Et si j'avais mal fait, et si je ne comprenais rien, et si mes clients étaient anxieux et que je ne parvienne pas à les rassurer, et si leurs attentes avaient changé sans que je le comprenne, et si et si et si...

Je file au vent et voilà, j'ai tout compris, on a bien avancé, ils n'avaient pas l'air inquiets, nous filons un bon coton.

Je vais emmener mon ordinateur à SF, et finalement ce n'est pas si grave. Travailler deux ou trois heures par jour c'est le prix à payer pour partir souvent. Je suis d'accord pour le payer, j'aime trop partir.

Du coup j'aurai peut-être le temps d'une petite visite à ma grand-mère, toujours à l'hôpital. Le banquier lui, attendra mon retour.

[Hier j'ai eu la dernière séance avec ma psy. Sentiment de vide tout le reste de la journée. Pourtant, je trouve que c'est bien ; voilà, maintenant, j'arrive à finir. On a parlé de plein de trucs hier, de quoi tenir des semaines et des semaines, à réfléchir. Pas mal hein !

A SF j'emmène d'autres homeworks, une réfléxion sur la relation avec mes clients, une réflexion sur un projet professionnel que je pourrais faire cohabiter avec ma Plume de vie, qui me nourrirait différemment. La psy m'a dit : écrivez. Je vais écrire, elle a raison, j'ai beaucoup avancé en écrivant.

Je pense aussi lui écrire, à elle, pour lui dire merci et tout. Nos adieux étaient un peu abrupts, un peu bizarres. Deux ans et demi, quand même...]  

vendredi 27 avril 2007

les sous

Cieux_taches[Je suis très attachée à mes clients, et il y a des jours où...
pour le dire gentiment, faudrait peut-être que je rénove à leurs yeux mon image de professionnelle].

[Le gros problème avec la compta... en fait, y'en a plusieurs
c'est chiant à faire
ça prend des jours et des jours
faut retrouver plein de papiers
je me rends compte que je ne gagne pas assez et que je dépense trop, même si c'est pas assez
et quand ouf ! j'ai terminé - le moral déjà un peu dans les chaussettes mais quand même fière de moi

JE DOIS PAYER LES IMPOTS

et cette année, ça fait pas mal d'argent (en soit ça pourrait être une bonne nouvelle mais non).]

Heureusement, j'ai encore une ou deux p'tites factures en attente chez mes clients. Mais au vu de leur réaction quand je leur ai présenté la dernière, en décembre ou janvier, j'hésite un peu à les relancer. Ils m'avaient dit, ces cocos-là, deux d'entre eux, sans même se concerter : "C'est tout naturel que je vous paye, c'est que ça coûte cher Noël !"

J'avais failli en avaler mon ordinateur, avec le cable et tout. Au lieu de m'étouffer, j'ai trouvé à répondre qu'en fait il ou elle me payait parce que, bizarre, je bossais pour lui. Et que cet argent, ce n'était pas juste de l'argent de poche ; comme eux, j'essayais moi aussi de contribuer au budget familial.

Bref, là je dois reverser plein de TVA, et j'aimerais qu'ils ne me disent pas lorsqu'ils verront la facture : "Vous voulez vous acheter des petites robes." Hein. Parce que oui, j'aimerais bien m'acheter plus de petites robes...

vendredi 13 avril 2007

une lettre

Pruniers_en_fleurs

Mercredi j'ai reçu une lettre.

Une écriture photocopiée que je connais bien, celle de mon premier patron. Il a été mon prof à HEC puis m'a prise en stage et a souhaité me donner ma chance dans son usine au Mans. J'avais décliné, trop triste le Mans quand on n'y connait personne, trop dure la vie aux milieux d'hommes rudes ; et un homme avec qui j'avais travaillé s'était pendu dans le magasin des moules, la veille de la fin de mon stage.

Nous sommes restés en contact, avec mon patron, ce vieil homme fin et drôle, tyrannique, qui faisait chaque jour son tour d'usine, à qui les hommes s'ouvraient volontiers car il allait régler leur problème. Il prenait des billets seconde classe, déjeunait à la cantine.

Il est venu il y a un mois à l'anniversaire de Plume de vie. Ca m'a surprise - lorsque j'ai créé ma petit boîte, il a été le seul à me dire "quel gâchis". Bon, il est venu quand même ; tout seul, sans sa femme, qui se remettait d'une longue maladie.

En fait, elle ne s'en est pas remise.

Dans sa lettre, mon patron, mon ami, nous annonce qu'elle est morte samedi, d'une crise cardiaque. Nous raconte en deux mots ses efforts pour la réanimer. J'imagine sa frayeur, au milieu de la nuit, de voir sa femme s'étouffer ou perdre connaissance...

Quelques mots pour évoquer sa femme, ses origines chinoises, son parcours. L'amour, le vide sont palpables sous la pudeur. En haut, une adresse, un numéro de téléphone. "Me laissez pas tout seul" ?

Quand je mourrai, j'aimerais que Nico adresse une telle lettre à mes amis. 

mercredi 11 avril 2007

passé proche

C'est terrible, la compta. Par le biais de toutes les factures, celles que j'ai édité et surtout celles que l'on m'a remises, mon année 2006 me revient en creux.

Certaines conversations pendant un déjeuner ; les périodes de boulot intense en juillet et début août(correspondant, c'est curieux, aux moments où l'argent rentre le plus) ; quelques livres lus ; plein de fournitures achetées à Dinard, parce que je me suis mise à travailler à Dinard ; et des moments tristes...

Allé, je m'y replonge. Ca va vous ?

Bananier

[2006 pour moi, ça a surtout été le Brésil.. quel beau voyage.. !]

vendredi 16 février 2007

la voix vers l'autre

Coin

Il y a dans mon métier une dimension un peu voyeuse ; je regarde, j'entre dans la vie de mes clients - et ils le supportent en général, car j'évite de juger et surtout, moi aussi je me livre.

Au cours de nos entretiens, qui durent entre 1h30 et 2h30, nous sommes souvent interrompus par le téléphone - des clients parfois... Plus souvent, un appel de l'être aimé (ou disons, du conjoint). Comment je le sais ? A l'intonation de la voix de mon interlocuteur

Plus tendre
Plus sèche
Prévenante
Contrainte

Ce n'est plus la même voix qu'avec moi, qu'avec les autres qui appellent. D'après ce que je sais de mon client, de sa pudeur, de son expansivité, je peux tout de suite connecter avec qui il parle.

Classe, non ?

[Pourquoi je raconte ça ? Pourquoi je m'intéresse à ce point à la vie des autres ? La mienne ne me suffit-elle pas ?
Qui peut se satisfaire de sa seule existence ?]

[Y'a du nouveau sur ampm.. ]

lundi 12 février 2007

ça prend

Hyacinthe

J'aime mon travail.

Et ça reste un travail... Le lourd collier de tripalium que la plupart du temps, on lutte pour endosser.

Je déteste me regarder travailler. Je déteste quand c'est laborieux, poussif, forcé. Quand je me demande "Mais qu'est-ce que t'écris, là ??" Parfois, je m'octroye une pause, et parfois j'arrive à mettre de la joie là dedans, à l'intérieur des petites histoires que j'écris.

Mais le mieux c'est quand je n'ai plus conscience de travailler, quand les idées courent toutes seules, quand mes doigts flottent sur le clavier, je sais où je vais, je sais que c'est enlevé et pertinent.. Exactement comme dans ces dissertations que je rédigeais, au lycée, la veille pour le lendemain, vers 11 h du soir, je me demandais toujours ce que ça allait donner et je me récoltais un 15..

C'était la belle vie. 

Car aujourd'hui, bon, parfois mes clients ne me mettent pas 15, ils me disent plutôt "ça se lit bien votre histoire, mais quand même, un peu relâché le style.." Après je suis bonne pour une semaine au moins de tripalium et de me regarder travailler et de soupirs et..

[Ce qui ne les empêche pas, ces satanés clients chéris, de rempiler parfois pour un deuxième ouvrage.. hé hé, c'est qu'on s'y attache à sa Christounette.. D'ailleurs, regardez, vous-mêmes, sur ce blog..]

Allé j'y retourne, ça commençait justement à être bien ! (et la babysitter part dans 1/2 heure)

mercredi 07 février 2007

un signe

La_chapelle_orthodoxe

Hier matin, je nageais dans les affres de la perspective de commencer le travail avec un nouveau client. Comprenez-moi, c'est bien beau d'avoir écrit une vingtaine de livres avec une quinzaine de clients,  mais les débuts c'est toujours quelque chose. Excitant et flippant. On peut toujours se planter, ne pas se comprendre, merder la relation...

A midi, je vais chercher le courrier. Et je trouve la carte d'une cliente, on a mis 4 ans 1/2 à aboutir entre le premier entretien avec son mari et l'impression du livre, c'est mon record absolu de longévité, à vrai dire je n'y croyais plus quand elle m'a appelée.. Et son petit mot, "C'est une réussite, les lettres de nos enfants et de nos amis affluent, ils ont enfin l'impression de connaître un peu mieux R., qui la plupart du temps se protège derrière une réserve de bon aloi."

Alors, alors, j'ai réussi quelque chose ?

Je suis partie à mon rendez-vous avec une confiance regonflée. Je crois qu'il ne s'est pas trop mal passé.

[J'ai de la valeur, j'ai de la valeur
mon programme des prochains jours :
sortir un peu de chez moi,
travailler l'emballage
retrouver des petites ailes]

mercredi 24 janvier 2007

un soulagement ?

Tables Tout à l'heure, au café.. on travaillait "peinards" avec un client... il était crevé, me l'avait dit, moi je pinaillais sur son texte - c'est mon boulot, creuser avec lui le sens de telle image, travailler les transitions, ajouter un exemple ça et lÃ