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mardi 21 mars 2017

les chaussures cirées

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L'une des grandes phrases de ma grand-mère, Mam, c'était Ahh ! Si tu étais ma fille ! 
Tu irais à l'école Notre Dame de France (celle-là justement où Alma a été élève, 30 ans plus tard....)
Je te ferais retirer ton affreux grain de beauté
(quoi ! ma marque de fabrique !)
Tu serais toujours bien coiffée (sympa). 

Lorsqu'elle se lançait dans cet argumentaire, je frissonnais de soulagement car justement, je n'étais pas sa fille mais celle de ma maman chérie, Anne. J'étais très attachée à ma grand-mère, mais ça m'allait parfaitement d'être mal coiffée, d'aller à l'école publique juste en face de la maison et j'étais bien contente que ma mère adore, comme moi, ma fameuse marque de fabrique, cette tâche brune, parfaitement ronde au poignet droit qui me permet à peu près de me latéraliser. 

Mam avait une obsession : celle de la netteté. Ah, si tu étais ma fille, tes chaussures seraient toujours bien cirées. Cela ne m'aurait pas dérangée pour le coup, car mes parents eux, n'en avaient rien à... cirer, que j'aie des chaussures qui brillent. Ils m'avaient montré le sac dans le placard de la cuisine, où moisissaient de vieilles boites de cirage et d'anciens t-shirts, et je n'avais aucune envie de plonger mes mains là dedans ni de me les noircir avec du cirage. 

Chez Mam, au premier étage de sa maison de Malakoff, en face de sa chambre à coucher, il y avait une pièce tout exprès pour ses robes, et ses serviettes, et cirer les chaussures. Ce n'était même pas la lingerie car elle avait aussi une lingerie, où elle faisait le repassage et la couture et où j'aimais dormir quand je restais quelques jours chez elle. Non, la pièce dont je parle était juste dédiée à ranger les robes, les serviettes, les torchons, et le matériel de cirage. Les murs étaient tapissés d'un très joli papier peint avec des chapeaux et des sacs, je le trouvais très élégant et fort adapté à l'usage de la pièce. 

Dès que nous arrivions, mon frère et moi, chez Mam, elle nous faisait monter dans la pièce au premier et nous cirait les chaussures. J'adorais l'odeur du cirage et ce rituel, qui me paraissait comporter un nombre élevé d'étapes, dans une combinaison précise et mystérieuse. Le chiffon pour étaler le cirage. La brosse dure pour le faire pénétrer. La brosse douce. Puis un chiffon doux pour lustrer. 

Mes chaussures ressortaient de là toutes brillantes, renouvelées. Tu fais attention à ne pas trainer tes pieds sur les tapis ! ni sur les fauteuils, hein ! m'admonestait Mam. Allé, on va s'occuper de tes cheveux à présent. 

Commentaires

C'est hyper émouvant ce que tu écris là. Quelle chance d'avoir eu cette relation particulière avec ta grand-mère ! :)

Rédigé par : Anne-So | 21 mar 2017 17:14:57

Avec les grands-parents je trouve, les relations sont toujours intéressantes... de l'autre côté on s'aimait moins, mais c'était passionnant aussi. Un tel mystère, ce gouffre de deux générations !

Rédigé par : Christie | 21 mar 2017 19:24:20

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