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mardi 10 juillet 2012

accueillir

Avance

Je reconnais la vraie amitié, ou plutôt l'amitié qui dure, au fait que même quand on ne se voit pas pendant plusieurs mois, le contact vivant (et non pas "le catch up", et toi tu deviens quoi ? tu revois qui ?) se renoue. 

Hier j'ai déjeuné dans un super bistrot au 22 rue Henri Monier avec mon amie Anna, et j'ai mesuré la richesse de nos conversations et combien je les aime. J'ai mesuré aussi tout ce que l'on peut dire à une personne particulière et à nulle autre. J'ai mesuré le bonheur de parler avec une personne qui chemine, questionne, avance avec les synchronicités. 

Tout ça pour dire que j'ai raconté à Anna mon histoire, ma blessure au sujet de l'accueil. Elle m'a dit "Tu devrais en faire un billet". 

Il parait que les deux principales blessures, et donc les principales peurs, sont le rejet et l'abandon. Le rejet commence à la manière dont on est accueilli... Moi qui ai à fond ces deux peurs et qui me suis sentie très souvent mal accueillie, je m'attache quand je peux à accueillir gentiment. Je dis quand je peux, car il y a des domaines où j'ai le plus grand mal à être d'emblée accueillante, des domaines importants pourtant comme la famille, où j'ai besoin de temps pour me faire à un nouvel arrivant. Avec mon frère j'essaie toujours ! 

En société en revanche, ou dans les événements "réseaux", je m'attache à donner à chacun une attention. Bon en fait c'est trop compliqué d'écrire ce texte, encore. Les blessures ont besoin de cheminer dans le noir et de cicatriser à leur rythme, avant qu'on puisse les transformer. 

Je retourne peindre la cuisine. Imparfaite...

Ce qui a été merveilleux, le lendemain de ma blessure d'accueil, c'est que j'ai été reçue comme jamais, comme une reine, par une reine dans son restaurant, et  par un petit garçon de 5 ans qui nous attendait, avec son sourire heureux et timide, sur le pas de la porte. 

La posture de cette reine et de ce petit garçon n'effacent pas les blessures, mais les atténuent, et me confortent dans la certitude que l'accueil est une fonction noble et nécessaire. 

Commentaires

Je me demande souvent si je sais "bien" accueillir. Pas tellement dans mon métier (où c'est si important et où je crois que je me débrouille bien - c'est ce qu'on me dit en tout cas), mais dans ma vie perso, moi qui suis si pudique, qui ai tellement horreur de trop montrer mes émotions... Ah là là, ça me parle! Sans avoir de réponse pour l'instant...

Rédigé par : Marie | 10 juil 2012 16:50:37

Caminante no hay camino
Todo pasa y todo queda,
pero lo nuestro es pasar,
pasar haciendo caminos,
caminos sobre el mar... .
Bon, cette poésie d'Antonio Machado à laquelle m'a fait penser la citation de Saint Augustin. Maintenant je retourne relire ton billet sur l'accueil Christie, il me parle à moi aussi .

Rédigé par : lou | 10 juil 2012 17:27:42

Un billet trop difficile à écrire, mais un très beau début de billet tout de même ...
Savoir accueillir parce qu'on ne sait pas senti accueilli ... voilà un beau mode de résilience ... (Je m'en vais méditer là-dessus).

Rédigé par : LaVieCurieuse | 10 juil 2012 17:29:19

en fait je suis en train de repeindre ma cuisine, imparfaitement... mais c'est plus propre et plus beau QUAND MEME (le seul pb c'est que j'ai envie de repeindre toute la maison à présent). Et donc je me dis que j'ai le droit de publier un billet imparfait, incomplet, qu'il a ses vertus autant que ma cuisine repeinte à ma façon.

Merci pour le poême Lou, je vais l'apprendre...

Rédigé par : Christie | 10 juil 2012 17:41:50

Un écho à votre post
l'accueil, savoir accueillir au festival d'Avignon : "soyez les bienvenus"

http://www.festival-avignon.com/fr/Spectacle/3374

Rédigé par : Françoise | 10 juil 2012 20:32:54

Il faut oser publier un billet qu'on estime imparfait. Je trouve que c'est une leçon, et une inspiration, en soi.

Je réponds (tardivement, désolée, mais dur, dur, ces temps-ci, avec les 2 enfants) à propos de la bio de Julia Cameron. Il s'agit de "Floor Sample", qui a été publié en 2007. Comme je l'ai déjà écrit, je ne l'ai pas trouvé très inspirant, ni très passionnant. Mais ça retrace sa vie d'artiste, avec ses hauts et ses bas.

PS : Le FB de Julia a l'air automatisé : elle ne répond pas quand on lui pose une question...

Rédigé par : Anne-Liesse @ Bulle & Blog | 12 juil 2012 00:36:31

"le rejet commence à la manière dont on est accueilli"...voilà une phrase qui résonne fort en moi et qui me parle des synchronicités, pas plus tard que lundi, j'ai ressenti cette blessure...elle m'interpelle...je la questionne...et ici vient un début de réponse...Merci Christie...j'aime de plus en plus quand de ce que l'on considère comme imparfait jaillit la lumière, la chaleur, l'accueil vers un possible nouveau...bises

Rédigé par : sybille | 12 juil 2012 14:14:59

Eh bien oui l'imparfait c'est souvent joyeux et vivant ! dit la fille les mains pleines de peinture...

Rédigé par : Christie | 12 juil 2012 16:32:47

Je risque une réponse imparfaite aussi...pour signaler qu'il y a ce livre rigolo qui parle de ça "les 5 blessures qui empechent d'être soi" de Lise Bourbeau. Pour supporter chaque blessure on développerait un masque...pour l'abandon, le masque du "dépendant", pour le rejet, le masque "du fuyant"...etc...y a même la description physique qui va avec...aussi saugrenu qu'intéressant, moi j'ai bien aimé...

Rédigé par : Pascale | 13 juil 2012 00:02:36

hé hé merci Pascale, je viens de le mettre dans ma "to read list" !
je t'embrasse

Rédigé par : Christie | 13 juil 2012 10:08:52

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