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mercredi 30 novembre 2011

la frange

Mon voisin

Je ne sais pas si elle vous parle, cette image de deux petits engrenages qui roulaient tranquillement imbriqués l'un dans l'autre, jusqu'à ce qu'un puis deux puis plusieurs grains de sable viennent imperceptibles provoquer le décallage des roues. Oh un tout petit cran qui ne se voit presque pas mais moi je m'en rends compte et les autres le sentent, ils s'étonnent, ils se reculent, ils zappent.

Y'a un truc qui bugue.

Non, je ne suis pas la copine de mes filles, ni la mère de mon mari, ni la fille de mes clients.  

Maintenant que j'ai mis le doigt dessus, j'arrête de pleurer, j'arrête de trembler, j'arrête de me recroqueviller, je prends ma loupe et je regarde de près ces grains de sable, je prends mes gants de cuir, ma binette d'huile et je replace délicatement les roues where they belong scrogneugneu.

Bon ok ça risque de prendre un peu plus de temps.

Fatigante et ô combien précise roue de la vie qui nous oblige à passer par le même chemin d'orties again and again, jusqu'à ce que nos mollets nos genoux nos coeurs aguerris aient compris ses messages. 

(Et comme un message sérendipitique, la séance du film que nous voulions voir hier soir était complète et nous avons atteri dans la Femme du Vème, si poignante histoire d'une folie qui prend les traits d'une femme... Au début du film la situation du héros craint carrément, et ne fait qu'empirer tout au long du film et pourtant.. c'est comme ça.. poétique et somptueux - je vous avais dit que je suis nulle pour raconter les films !)

novembre 30, 2011 dans Trous d'être | Permalink | Commentaires (5)

Commentaires

Ouhhhhhhhhhla, comme cela me parle, ces minuscules grains de sable me parlent, comme ce truc qui bugue me nargue de sa vérité, comme ces mélanges des genres que l'on effleure et que l'on refuse fait écho. Waou. Non, je ne suis pas non plus la copine de mon fils, la psy de mon nouvel ex (je ne suis pas sa mère non plus, remarque), la meilleure amie de la nouvelle nana d'un ancien ex, le petit enfant de mes clients... Comme tout cela résonne, raisonne. Merci Christie. J'y pense, je ne suis pas non plus, tiens, juste une moitié de quelqu'un en attendant de la trouver cette p. de moitié introuvable, cette perle rare dont tout le monde me parle et dont je rêve. GrrrHHH. Et le travail à accomplir. Pfffh. Enquête délicate, guerre courageuse. Pas de géants. Bravo choupette !

Rédigé par : Miss Miette | 1 déc 2011 09:00:23

je crois que c'est une grosse intox, la moitié d'orange, le couvercle et son pot, la chaussure à son pied, tout ça..

Rédigé par : Christie | 1 déc 2011 09:40:06

Elle m'interpelle aussi en ce moment cette question de ma façon d'aimer, parce qu'en fait : aimer comme une mère n'est-ce pas ce que chaque femme et même chaque être humain fait quand il aime ?
après c'est sans doute une question de mesure, de bonnes limites (voir le film "la femme de Gilles" où aimer sans se définir c'est la mort) sentir où ce n'est plus juste pour soi, et le dire à l'autre c'est faire confiance en sa capacité à entendre. La difficulté c'est quelque fois que je ne suis pas centrée sur mes besoins, je m'oublie, alors là c'est le bazar qui commence, qui m'indique que j'ai à revenir à la barre, entre volonté et lâcher prise je me dis,
belle journée à vous Christie, amicalement

Rédigé par : raphaële | 1 déc 2011 09:56:53

Ah ah, c'est le mot, revenons à la barre !

Rédigé par : Christie | 1 déc 2011 10:54:55

Sentir où ce n'est plus juste pour soi... Parfois, là est toute la difficulté. Parfois non. Allez hop, revenons à la barre, Sus au bazar !

Rédigé par : Miss Miette | 1 déc 2011 11:58:01

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