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"On grandit lorsque on pardonne à ses parents d'être ce qu'ils sont."
La semaine dernière j'ai parlé avec un ami au téléphone, qui a déblatéré tout du long sur son père. Quelques jours plus tard, j'ai passé un moment avec cet ami et son père.. mon ami tout crispé, comme rentré en lui-même.
Quelques semaines avant c'était cette femme de cinquante ans passés, qui souffre encore par sa mère de manière aïgue et torturante (pour sa mère, mais surtout pour elle). Parfois elle me fait l'effet, malgré toutes ses réalisations, avoir construit une famille fait des tonnes de choses pour le monde... d'avoir été surtour la fille de sa mère.
Les parents sont des monstres. Nous sommes tous des monstres (comment puis-je me regarder dans la glace après avoir laissé mon chien mourir de soif ? laissé pleurer ma petite fille un jour où elle avait du chagrin ?). Les parents sont des humains avec leurs idées leur dévouement leur intelligence leur égoïsme.
Ce qui me met en porte à faux par rapport à ces deux personnes aimées, c'est que j'adore le père de lui, la mère d'elle. Je vois leur égoïsme leur démesure, mais j'apprécie leur intelligence leur finesse leur vitalité. Moi qui ne suis ni leur fille ni leur fils, je fonds devant leur humanité même si elle m'agace parfois hein.
Et surtout j'ai pris conscience il y a quelques années que mes propres difficultés à pardonner à mes parents allaient me gâcher la vie. Ce sont mes géniales psys Catherine Henry Plessier et Catherine Aimelet Perissol qui m'ont conduite sur ce chemin de pardon et d'acceptation : mon père, ma mère sont qui ils sont. A moi il incombe aujourd'hui de me donner ce dont j'ai besoin, et aussi d'arrêter de désirer qu'ils aient été autrement avec moi, et qu'ils prennent d'autres décisions aujourd'hui. Tu n'es pas respobsable des choix de tes parents, me serine Nicolas. Ben ça a fini par rentrer (et aussi l'idée difficile à croire qu'ils sont au moins aussi intelligents rationnels adultes que moi !)
Pfiou que je me sens mieux. Leur pardonner de ce qu'ils n'ont pas fait ou de ce qu'ils ont fait m'aide à voir tout ce qu'ils ont fait de bien. Me libère la tête le coeur pour avancer dans me vie, mes choix. Me donne avec eux des relations fluides harmonieuses sans plus d'enjeu qu'être ensemble rire partager l'amour de la nature boire du thé manger des tomates parler d'éducation se faire des petites surprises et être là les uns pour les autres quand ça chauffe.
Et surtout, aujourd'hui qu'à mon tour je porte la responsabilité d'autres êtres, ces relations appaisées m'aident à me pardonner d'être si défaillante.. si humaine.
septembre 1, 2011 dans Cousinage, Se lancer se risquer chercher | Permalink | Commentaires (44)
Un texte qui me parle et me touche. Je lis ton blog depuis longtemps mais je ne commente jamais car en général, je me retrouve dans les commentaires précédents.
Ton texte est simple et juste.
Il est plus facile de voir les qualités des parents des autres que celles de nos parents !
Rédigé par : Jenny | 1 sep 2011 10:53:52
Emotion immense en te lisant Christie..
je viens de retrouver mes parents , après sept ans de silence . J'ai décidé de pardonner justement.
Je viens de retrouver mon unité, je me sens depuis quelques mois entière, complète, vivante et enfin, existante.
je t'embrasse bien fort, encore plus aujourd'hui.
Rédigé par : cenina | 1 sep 2011 10:57:13
merci ma Cénina
j'ai pensé à toi aussi en écrivant ce texte...
tu vas voir le cadeau pour toi et pour ton fils
et pour ton N qui n'aura plus à porter le chagrin et le poids de votre relation triste à tes parents et toi
coucou Jenny !
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 11:00:59
Merci pour cette si belle phrase sur le pardon à donner à ses parents... Lent processus qui, souvent, avance particulièrement pendant les vacances d'été !
Rédigé par : Pauline | 1 sep 2011 11:11:23
Et les erreurs de nos parents peuvent nous servir à ne pas recommencer avec nos enfants. Bon, d'accord, on en fait d'autres, des erreurs, mais quand même, on avance, je crois, ne serait-ce que parce qu'on se pose plus de questions.
Quant à pardonner, tout dépend quoi. Ce n'est pas parce que c'est "La Famille" qu'on a le droit de faire n'importe quoi et le devoir d'avaler toutes les couleuvres ad vitam aeternam.
Rédigé par : alice | 1 sep 2011 11:28:23
le pardon, c'est d'abord à soi qu'il fait du bien... toute cette énergie libérée qui n'est plus occupée par le ressentiment...
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 11:40:09
les miens sont partis avant que je ne leur pardonne la mort de mon frère et le chemin qu'il me reste est si long.
Rédigé par : pat | 1 sep 2011 11:40:47
bon courage madame Pat... tu vas trouver un moyen !
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 11:45:56
c'est si simple de conseiller les autres!!.....laissez les faire leur chemin
Rédigé par : sylvie | 1 sep 2011 12:27:11
Quel magnifique billet. Je l'aime beaucoup. La souffrance de la perte de ton (je me permets de te tutoyer !) petit chien doit sans doute te torturer à ma plus grande peine, mais elle semble aussi elle semble donner à ta plume un qqchose en plus qui me fait frémir... Ton humanité sans doute comme tu le dis si bien.
Ton billet fait échos au mien "peut on pardonner à ses parents". Vaste débât... http://moushette.blogspot.com/2009/11/pardonne-t-on-un-jour-nos-parents.html
Moushette
Rédigé par : Moushette | 1 sep 2011 12:55:30
si je décide de m'exprimer sur ce sujet, peut-être que j'ai une raison ? que j'ai fait un chemin qui m'a aidée ? après vous attrapez l'idée, ou pas..
Moushette, je me faisais la même réflexion, que depuis mon retour je trouvais le courage d'écrire certaines qu'auparavant je n'avais pas.
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 12:56:19
ce sont les petits cailloux que je trouve ici qui me donnent des pistes, et effectivement chacun peut bricoler ce qu'il veut avec ces pierres.
Rédigé par : pat | 1 sep 2011 13:31:12
Ce que tu écris est si juste. Pensons aussi à l'image que nous laissons à nos enfants des relations que nous avons avec nos parents. Pardonner... transmettre le pardon... pas facile mais tendre vers.
Rédigé par : kriss | 1 sep 2011 13:43:13
"Là où est l'offense, que j'accorde le pardon". Je sors de la messe d'enterrement du père d'un ami, il y a eu cette si belle prière de Saint-François d'Assise et, de retour au bureau, je lis ton billet. Un écho à ce que je viens d'entendre, qui me permet de t'écrire un tout petit mot, ce que je n'ai pas réussi à faire depuis que je suis rentrée de vacances parce que je ne trouvais pas les mots. Merci pour ce que tu es, Christie, si humaine.
Rédigé par : Natalie | 1 sep 2011 13:47:53
ça nous remet si bien les idées en place, les pertes que l'on subit (et les enterrements)... si cruellement mais si efficacement..
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 13:51:12
proner le pardon d'entrée de jeu c'est renforcer la culpabilité et ça n'aide pas à faire "le travail sur soi" justement.........
Rédigé par : sylvie | 1 sep 2011 14:25:48
d'entrée de jeu je prône, et le pardon, et le libre arbitre des adultes qui viennent lire ce blog
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 14:37:47
Je reviens et je lis ta réponse... Comme tu as raison...sur le papier, enfin sur l'écran. Et comme il doit être doux de pouvoir faire comme ça, clac, je décide de, et je libère mon énergie, et je passe à autre chose, mon psy avait raison. Se concentrer sur le positif, bien sûr que c'est mieux et plus constructif. Mais quand je lis ta réponse à Natalie, je trouve tes mots totalement fous! Le côté "tendre l'autre joue" me gêne aussi beaucoup ici mais là aussi, chacun sa croix, hin hin. Pour ma part, au vu de mon grand âge, j'en reste à Respecter et Se Faire Respecter, en famille comme dans la vie en général, ne rien dire ne rien répondre me persuader que tout cela n'était rien pendant les 2/3 de ma vie m'avait transformée en punching ball, maintenant c'est terminé et j'y ai gagné une grande tranquillité (et une certaine sérénité). Ceci dit, ce n'est pas un hasard si ton billet d'aujourd'hui m'incite à commenter, moi qui le fais rarement, peut-être es-tu rendue plus loin que moi sur le chemin tout simplement? Bonne journée!
Rédigé par : alice | 1 sep 2011 14:56:05
il ne s'agit pas de tendre l'autre joue
pardonner ce n'est pas se laisser piétiner
c'est, oui, décider de passer à autre chose - à d'autres relations notamment
et à choisir la joie plutôt que la colère
ce billet écrit en 20', je le rumine depuis beaucoup plus longtemps et mon chemin de pardon, m'a pris 4 ou 5 ans
moi je me sens mieux maintenant ! alors je le partage avec ceux que ça intéresse.
Par ailleurs Alice, si vous voulez continuer à commenter je vous demande de choisir une autre mode d'identification qu'Alice.. car il y a déjà une Alice sur ce blog et je ne veux pas qu'on vous confonde.
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 15:06:17
on est d'accord mais ça "sent" qd même le "je cherche à vous convaincre"..mes patientes qui ont été violées seraient enchantées de savoir qu'elles vont pardonner"commeça"..vous qui parlez de Thich Nth han, n'oubliez pas son livre sur "la colère" justement; elle aise à reprendre pied avec soi-même..et APRES peut venir ou pas d'ailleurs le pardon Et si la contradiction est gênante, n'hésitez pas à me censurer
Rédigé par : sylviee | 1 sep 2011 15:53:04
je ne vois pas pourquoi je vous censurerais
mais n'essayez pas de me censurer non plus ! ni de déformer mes propos merci.
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 16:00:39
"Et surtout j'ai pris conscience il y a quelques années que mes propres difficultés à pardonner à mes parents allaient me gâcher la vie."
Comme elle est juste ta phrase, Christie...
J'étais un peu sur cette route il y a quelques années et puis j'ai croisé la route de Femme désirée et Femme désirante et cet essai a été un véritable détonateur pour moi. D'ailleurs faudrait que je m'y replonge...quand je reprends les chemins torteux de l'accrimonie et de l'amertume...
Rédigé par : Tiphaine | 1 sep 2011 16:35:46
Je pense en te lisant à Femmes qui courent avec les loups.. un chapitre sur la colère et le pardon justement
C'est ça qui est beau je trouve, nous ne sommes pas des blocs qui avançons de manière linéaires mais de pauvres ères qui avançons, reculons, régressons, remontons sur notre bête.. et nous accompagnons les uns les autres
Rédigé par : Christie | 1 sep 2011 16:55:39
Avec ma minuscule, alice je suis, alice je reste mais sans plus intervenir, tu es chez toi ici, tu aimes qu'on te remercie et qu'on te donne raison sans beaucoup de nuances, j'intervenais avec respect mais sans encenser, je me retire, bonne route!
Rédigé par : alice | 1 sep 2011 17:42:23
Alors ce billet me parle aussi beaucoup
et je peux dire (étant plus agée que vous) que je le vérifie encore plus avançant en age
dans ma tendre enfance je n ai pas de mauvais souvenirs mais pas de très bons non plus je crois que j ai poussé comme une plante qu on arrose
à l adolescence je voyais toujours l herbe plus verte ailleurs Quelle ingratitude de ma part
à l age adulte j ai attendu plus que je n ai reçu Mais bon ...
et maintenant que mes parents sont vieillissants (dans les 8x chacun) je ressens beaucoup de bienveillance à leur égard
c'est le pardon dont tu parles
là maintenant je me dis ils ont fait comme ils ont pu avec ce qu ils avaient reçu de leurs ainés
Rédigé par : marijo | 1 sep 2011 18:21:35