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Ma première performance en solo, en tant que clown, le coeur qui fait boum boum... Je portais mon gilet bleu marine, un jean rouge, mon tshirt Fifi lapin et des converse je crois. Et comme je ne savais pas quoi faire, je me suis mise à esquisser un strip tease. Disons que j'ai enlevé mon gilet avec des mines clownsuggestives. Je ne me souviens plus si ça les a fait rire, toujours est-il qu'assez vite je me suis retrouvée coincée. C'est très compliqué de devoir occuper une scène avec presque rien - la topographie de la salle, la lumière, les réactions du public, nos propres états d'être. Cela demande une présence très particulière et un esprit d'à propos, que je suis en train de conquérir tout tout doucement.
Bref j'étais sur scène depuis deux minutes et déjà je me retrouvais à poil, au sens figuré car je n'avais pas l'intention de retirer Fifi lapin. Je n'avais plus du tout envie d'être là ! Alors j'ai ramassé mon gilet bleu, l'accessoire de strip tease ultime, et je l'ai mis sur ma tête.
Vous ne me voyez plus !
A ce moment-là, ils ont ri.
Sur ce blog - je suis rarement à court d'idées pour le prochain billet. Et quand je le suis, ben, ce n'est pas si grave car le public n'est pas en train de respirer à quelques centimètres de moi. Je ne vois pas vos yeux, je ne perçois pas vos regards vers la montre. Si vous voulez ne plus revenir, je ne le saurai jamais... Alors qu'un spectateur qui quitte la salle ou qui s'endort...
Et pourtant, quand j'apprends que la femme de mon ancien amoureux, ou mes clients, ou la maîtresse de ma fille, viennent lire par ici.. J'ai envie de poursuivre mon strip tease avec le gilet bleu sur la tête.
(Et partez pas hein ! si vous êtes encore là. C'est bon aussi cette adrénaline, ce choc entre les vies, c'est bon de me rendre compte que this is virtual but also a little bit real).
(A Flo: au départ j'avais pensé acheter des livres pour vous, dans les romans j'aurais pris Purge, et aussi Vies minuscules. Comme ouvrage de pédagogie il y en a un extraordinaire qui ne paie pas de mine, l'estime de soi des 6-12 ans (je ne suis pas sûre que vous le trouverez à la Fnac, l'édition est québecoise Hopital Sainte Justine ou un truc comme ça ; c'est madame Bastide qui me l'avait recommandé et je n'ai pas regretté). Et la rivalité entre frères et soeurs oh la la il n'est pas mal non plus. Jouer ensemble autrement, une mine de joie. Et l'un de mes livres préférés entre tous, c'est Petits bouquets de cuisine d'Angélique, une mine de poésie. Pi enfin mon petit dernier, Apprendre à peindre, si simple, si beau. On devient doué en dix minutes.)
A propos y'a Marie qui anime cet été des ateliers pour herboristes en herbe !
A propos, sont parus ces derniers jours deux billets qui sur des sujets différents mais d'égale importance dans ma vie, reflètent parfaitement ma pensée.
juin 29, 2011 dans Blablas, Pas un jour sans un livre, Se lancer se risquer chercher, Vous | Permalink | Commentaires (13)
ça me fait penser à la scène du film ma femme est une actrice ou yvan attal s'inscrit à un cours de théatre, pour la première fois sur scène pris au dépourvu il se roule en boule et imite une fleur qui lentement s'éveille... je suis terrifiée en t'imaginant seule sur scène à devoir improviser et à la fois je t'envie car il me semble qu'une fois le grand saut effectué ça doit être assez jouissif, et addictif !
Rédigé par : alice | 29 juin 2011 13:15:54
C'est très addictif en effet
et il me semble que ça reste terrifiant puisque c'est de l'impro : "et si ça ne prenait pas ?"
hi hi une fleur qui lentement s'éveille je l'imagine trop mimer ça Yvan Attal avec son air bougon...
Rédigé par : Christie | 29 juin 2011 15:36:05
Ah ! Le clown !! La théâtreuse que je suis (en "amateur sérieux" si on peut dire) est terrifiée et fascinée par son clown !
J'ai fait un stage de clowns et j'ai dû tout déconstruire de mes réflexes d'embrouille théâtrale. Un clown vit l'instant, le présent, le concret, le premier degré, et c'est de tout ça qu'il tire sa poésie, et son décalage comique (ou pas comique, d'ailleurs) (j'ai vu des clowns m'émouvoir aux larmes) (et si l'occasion se présente, courrez voir Semianyki de la troupe du Licedei).
Du coup, si on peut tirer un peu sur l'élastique en théâtre, et jouer des rôles loin de soi, le clown nous renvoie à nous, au public et à ses yeux pénétrants... On tire des idées des objets qui nous entourent (de nos habits, notamment, oui !), on apprend à observer pour s'inventer une activité, on ne fait semblant avec rien (pas de "ouh lala que c'est lourd !" si ce n'est pas lourd), on fait avec les moyens du bord, quitte à affronter le rien, le silence... et on s'en sort ! Waouh. Le clown fait grandir très haut.
Au théâtre, on roule des mécaniques, on "se prend pour". En clown, on est là où on est, avec ce qu'on a et ce qu'on est, et on fait avec. Dans la vie, c'est un peu des deux, finalement, non ?!
Bon après-midi à tous, et longue vie à ton/votre clown, Christie !
Florence
Rédigé par : Florence | 29 juin 2011 17:10:40
Je passe vite fait, en coup de vent sur ton blog, ma chère Christie, en soupirant d'envie de m'arrêter. Comme si j'étais dans un bolide et que je passe devant des fleurs des champs que je ne peux pas cueillir.
La vie va vite! Vivement la pause! je ne sais plus où j'habite, au sens propre!
Rédigé par : caroleperle | 29 juin 2011 19:23:10
Je n'ai jamais essayé le clown moi-même, mais j'aime les voir... les vrais...
Ici en Suisse, on a Dimitri qui est magnifique...
Et puis celui que je vous conseille à toutes et tous de voir, que j'adore, c'est Buffo, l'écrivain et psychologue Howard Butten... lui, il me fait rire et pleurer en même temps...
Rédigé par : Titoune | 29 juin 2011 20:36:16
Quelle artiste cette Christie!
Rédigé par : la belette | 29 juin 2011 21:19:57
depuis janvier c'est de la folie
guitare.. clown.. dessin... je suis super heureuse de m'être remise à tous ces arts !
Rédigé par : Christie | 29 juin 2011 21:48:17
merci merci christie pour ces fleurs que tu me lances!
Rédigé par : angélique | 29 juin 2011 23:30:05
tu m'as bien amusé avec ton lien sur pourquoi Paradis
ça m'a fait drôle de me lire
comme toi je suis suspendu, hésitant , arrêté
totalement hermétique à cette évolution vers le tout écran,
la disparition physique de l'écriture, le langage qui se réduit en bouts de phrases, en bouts de mots
apraxique du modèle homo consomatus
il y a des notes que je n'arrive pas à écrire
(pour qui ?)
celle sur les murs par exemple, plus le temps passe plus je clos le jardin, plus je parle aux plantes
la syndrome " Valmarana ai nani" gagne
Rédigé par : jp | 30 juin 2011 09:30:22
je suis hermétique aux écrans mais quel tribut je leur paie !!
Angélique je me suis endormie en lisant, relisant "les bouquets"
ça faisait longtemps que je n'ai pas si bien dormi
8 heures d'un bon sommeil sans angoisses ni réveils ni rien
pourtant rien n'a changé
merci les fleurs, les bouquets, la poésie née de petits riens qui sont des petits touts
Rédigé par : Christie | 30 juin 2011 09:44:37
Ouh lala, comme tu m'impressionnes à te lancer dans de tels défis, et comme je serais morte de trouille !
[Quand j'étais enfant, ma meilleure copine et moi avions les cheveux coupés très courts, elle blonde et moi brune, et rêvions de les avoir longs. Alors on se mettait un gilet sur la tête le laissant tomber sur nos épaules pour mimer une longue chevelure, et jouions aux demoiselles de Rochefort ^^]
Rédigé par : swahili | 1 juil 2011 11:00:27
ah oui !! moi je fais pareil avec des chaussettes de ski, pour me fabriquer de gros seins !
Rédigé par : Christie | 1 juil 2011 11:07:04
Quel défi et quelle excellente chute ! J'aime particulièrement ta conclusion...
Rédigé par : Bleue Azur | 8 juil 2011 09:40:54
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