Mon objectif était que toute la famille puisse se tenir sur le balcon : pour y jouer, pour y lire, pour y boire un verre le soir. A quoi ça sert d'avoir un balcon si y'a que moi qui vais dessus ?
Il m'arrive d'être prise de découragement face à l'ampleur de la tâche. Les pucerons envahissent les plantes dès qu'on a le dos tourné, les oiseaux jouent dans les bacs et mettent de la terre partout, les arbustes se touffent se touffent on ne peut plus passer ma parole. Et dans le coin à bordel des pots des tuteurs des soucoupes prennent la poussière y'en a partout.
Je pense ça en taillant en balayant un coin tandis que je vois tous les autres coins qui appellent encore à être taillés et balayés j'asperge de purin d'orties qui pue et tandis que je désespère de ne pas y arriver (j'aurais jamais fini. je m'y prends mal. c'est trop sale trop dense. je n'ai pas l'oeil pour organiser les choses dans l'espace. tous ces trésors mal exploités) : les bébés pommes je vois. Et les fleurs de calamondins qui bientôt feront des bébés oranges. Et le laurier qui repart et la verveine qui se touffe lentement. Et les fleurs de citron et les deux oliviers qui font des petites boules minuscules et magiques.
Allé, déblaie, balaie, taille. Ce ne sera pas parfait. Tant pis. Tant mieux. Ce n'est pas vain.
Et ce n'est qu'un balcon. On projette son angoisse sur ce que l'on peut..






































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