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un nouveau message de répondeur.
Après "vous êtes tombé au fond de mon sac" et "je ne suis pas là, profitez-en pour parler sans être interrompu", je serais bien tentée par "don't bother to leave a message, I don't listen to them anyway" mais ce n'est pas très invitant.
Alors, what else ? Vous avez des idées ?
[Ce week-end.. Buchenwald avec ma belle-famille. Partis tous ensemble, puis chacun seul dans ce tas de cailloux qui fut un jour un village du barbarisme, la tentative d'anihilation de toute humanité chez l'Autre (le Juif; le Tzigane, l'Homosexuel, le Témoin de Jehovah, le Malade, le Vieux, l'Enfant, l'Objecteur de conscience, le Communiste, et le Résistant...)
Et nous avons trouvé le vide, la pierre, les bois de hêtres magnifiés par l'automne - ces bois vus sur tant d'images d'archives, nus, tristes, meurtriers, leur beauté m'a été comme une giffle. Puis j'ai eu du mal à m'en arracher.
Le courage des Allemands d'aujourd'hui qui ont reconstitué ce lieu, qui le gardent vivant pour que nous puissions savoir.
Les survivants qui disent "Pourquoi moi ? Et que faire de ma vie à présent, quel sens lui donner qui justifie que j'en sois revenu, moi et pas les autres ?"
Je voudrais vivre comme une survivante. Savourer les miens qui sont vivants, donner à ma vie une utilité. ]
novembre 9, 2009 | Permalink | Commentaires (11)
Ma maman se rend tous les ans sur les lieux du camp de concentration dans lequel est mort son père. Je l’ai souvent accompagnée, avant d’être mariée, ce fut des moments très forts. Mes filles aussi ont fait ce pèlerinage. Les témoignages des rescapés étaient précieux, poignants. Aujourd’hui, ils sont bien rares les témoins vivants. Tu as raison, il faut saluer le courage du peuple allemand. L’héritage était bien lourd à porter. Dans le camp où est mort mon grand-père, ils ont d’abord fait presque tout disparaître pour construire de coquettes petites maisons à la place. La nouvelle génération s’est impliquée pour bâtir un lieu de mémoire. Il était plus facile pour eux d’assumer ce passé.
[pas d'idées pour ton répondeur, j'aimais bien les 2 premiers...]
Rédigé par: swahili | 9 nov 2009 10:19:49
Bon lundi, bonne semaine, bonne journée !zou !Que de bonnes choses à te souhaiter, toi qui m'en apporte tant ! Ta capacité à voir le vivant, le mouvement, le bon..bravo..
Rédigé par: Cenina | 9 nov 2009 10:47:05
c'est dur tu sais, si dur, de survivre.
le "pourquoi moi", et comment faire pour être à la hauteur chaque jour... c'est beau mais lourd, pesant, usant.
moi j'aimerais me réveiller un matin et parvenir à vivre "pour rien"... juste parce que la vie est là, et que l'envie - pas le devoir - me prend d'en profiter.
Rédigé par: leyla | 9 nov 2009 11:00:09
ton billet me fait penser à la chanson bien mérité de clarika (http://www.deezer.com/en/music/result/all/clarika%20#video/clarika/bien-merite-V26807)
quand je l'écoute je me sens, peut-être pas survivante, mais vivante et chanceuse ! sinon pour ton répondeur à défaut d'avoir une idée originale pour le mien j'avais essayé de prendre la voix de fanny ardant dans pédale douce quand elle dit "en principe je ne suis pas la mais laissez un message" j'adoooore sa voix
Rédigé par: alice | 9 nov 2009 12:52:56
Hi hi.. j'ai trouvé mon message
Pour le sens, eh bien.. je le cherche encore
Swahili... quelle peine ça a dû être pour ta maman.. quel vide..
Rédigé par: Christie | 9 nov 2009 14:55:25
Je voudrais vivre comme une survivante. Savourer les miens qui sont vivants, donner à ma vie une utilité.
Ta phrase sonne tellement vrai...
Rédigé par: Juliette | 9 nov 2009 15:08:33
J'admire la grâce avec laquelle tu allies légèreté et gravité/profondeur...
Rédigé par: Snödroppe/Sophie | 9 nov 2009 16:01:54
Un truc que j'aime chez moi, au milieu de pas mal d'autres choses que je déteste, c'est une faculté à trouver des idées comme ça, in extremis.
Une idée pour l'anniv de Nicolas. Une idée pour mon répondeur du moment. Pi quand ça n'ira plus.. j'ai confiance que je me renouvellerai.
Sans doute cette "idées à la rescousse" m'aurait aidé à survivre dans un camp. M'aurait gardée humaine..
Rédigé par: Christie | 9 nov 2009 16:25:27
C'est très beau ce que tu écris sur Buchenwald et sur le courage des Allemands d'aujourd'hui. J'ai toujours admiré la façon dont ils assument ce passé (ce qui n'est pas le cas dans la plupart des autres pays.. comme si les Allemands avaient été seuls pour faire ce qu'ils ont fait... sans complices...)...
[J'adore le message "vous êtes tombé au fond de mon sac"]
Rédigé par: Titoune | 9 nov 2009 23:19:43
Bonsoir Christie !
Les camps, je suis en plein dedans : J'ai acheté par hasard à la gare "Le village de l'Allemand". Ouf. Sur la culpabilité non pas des survivants, mais des enfants des bourreaux...
Ma mère est allemande. Mon grand-père maternel a fait la guerre contre mon grand-père paternel (emprisonné en Allemagne, il s'est évadé). Mes grands-mères se sont haïes. Mes grands-pères ont fraternisé en buvant du bon vin rouge français...
A un moment, j'ai tout lu sur les camps.
Maintenant, il faudrait que je fasse le voyage...
Bravo d'avoir eu ce courage !
Rédigé par: Zoulika | 9 nov 2009 23:42:32
Oui, un grand vide dont elle porte encore les traces (son histoire perso est très compliquée). Elle est d’une génération, et d’une éducation, pour qui il était mal vu de consulter un psy. Elle a comblé une petite partie du vide en s’occupant activement d’une asso d’anciens déportés, une nouvelle famille en quelque sorte…
Rédigé par: swahili | 10 nov 2009 09:00:18
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