Cherchez, trouvez


  • (avec google)
    Web ce blog

Mars, ninja Christie


















Ca peut servir



























« quand vient la nuit | Accueil | réallocation »

vendredi 13 novembre 2009

difficile contingence

Vous croyez que je suis sage

Tous les lundi Alma rechigne à aller à son cours de danse contemporaine et en revient ravie.
Quand c'est moi qui l'accompagne c'est encore pire - lundi elle pleurait à chaudes larmes, "Mais pourquoi tu m'obliges Maman ?" "Je t'oblige parce que les mamans sentent parfois qu'il y a des choses bonnes pour leurs enfants, même si certains enfants croient qu'ils préfèreraient rester tout le temps avec leur maman." (Moi aussi je rechignais avant d'aller à mon cours de danse, et je ne revenais pas ravie du tout).

"Tu sais ma chérie, quand j'ai eu 18 ans, ma maman à moi, ton Anakel, voulait que j'aille à l'école à Paris. Et moi je n'en voulais pas de cette prépa, je ne connaissais personne, il fallait que je quitte la maison et je préfèrais bien rester avec mes parents et mes copains de lycée... Mais Anakel a tenu bon, elle savait que cette prépa de Paris serait bien pour moi et elle m'y a inscrite. Une semaine avant la rentrée je ne dormais pas tellement j'avais la trouille. Mais tu vois elle a bien vu ce qui était bon pour moi, parce que dans cette école j'y ai été très heureuse et c'est là que j'ai connu ton papa.."

Toute la semaine Alma m'a demandé de lui raconter de nouveau cette histoire. En parallèle, elle a beaucoup pleuré pour un oui ou pour un non, a eu du mal à s'endormir. J'ai fini par faire le lien entre ces deux phénomènes, et hier, à la sortie de l'école :  "Tu es triste ma chérie, de penser que je ne voulais pas aller dans cette prépa, et qu'alors je n'aurais jamais rencontré ton papa, et que toi tu ne serais pas née ?" Grand sourire.

J'ai dû passer la fin de l'après-midi à lui raconter des histoires de naissances qui n'auraient pas dû avoir lieu. Ma grand-mère maternelle, paralysée au moment de la naissance de Maman. Le grand-père paternel de Nicolas, réchappé de Buchenwald par une série de miracles. A chacune, Chimène renchérissait "Tu vois Alma ? Et alors on ne serait pas nées !"

Ma petite reine

Les histoires appellent les histoires.
[Et les "je me souviens", les je me souviens.]

Bizarrement, ma propre naissance à moi ne m'est jamais apparue comme contingente.

novembre 13, 2009 dans Carnets de l'après | Permalink | Commentaires (13)

Commentaires

C'est fou comme à partir d'une histoire anodine, on peut en raconter tant d'autres, belles et tristes, longues et courtes, rares et porteuses de beaux messages.

Rédigé par: Juliette | 13 nov 2009 10:54:03

ENfin, cette histoire pour moi n'est pas si anodine.. C'est l'un des fils de ma vie, la séparation, sa difficulté, ce qu'elle amène comme éclairs de génie.

Rédigé par: Christie | 13 nov 2009 11:00:35

et moi qui ne connaissais pas le sens de ce mot...

Rédigé par: mamzelle carnetO | 13 nov 2009 11:52:53

Oh j'aurai adoré que l'on me raconte ce genre d'histoire quand j'étais petite !Ca inscrit une histoire en nous et de belles histoires.

Rédigé par: florence G. | 13 nov 2009 12:00:35

C'est drôle toutes ces naissances qui n'auraient pas dû avoir lieu... et d'être là finalement...
J'ai toujours adoré qu'on me raconte de ces histoires-là... comme celle de mon grand-père qui a survécu 7 ans avec la tuberculose -jusqu'au moment où un médicament a été trouvé!- ou mon père, le seul des enfants de ma grand-mère né à l'hopital -et qui n'aurait sans doute pas survécu s'il était né à la maison...

Rédigé par: Titoune | 13 nov 2009 13:20:35

Qu'elles sont belles ces histoires ! :o)
Moi je traîne ma petite légende personnelle qui est que le voile de mon couffin a pris feu, juste au dessus de moi bébé, après que mon père ait pris une photo. J'en ai plutôt gardé l'impression d'être "miraculée", et privilégiée, de ce fait...
J'aurais eu du mal à faire le lien comme tu l'as fait pour Alma !

Sinon, même phénomène pour mon Antoine : il rechigne à aller au judo (mais pas jusqu'aux larmes, encore heureux, c'est moi qui l'emmène toutes les semaines), mais en ressort tout content... J'ai un peu de mal à comprendre, même si j'ai certaines clés : il n'aime pas "tomber" (se faire mal ? "perdre" le combat? Difficile de savoir..).

Rédigé par: Anne-So | 13 nov 2009 14:08:30

Ah ben moi je serais sans doute morte en couches si j'étais née il y a 100 ans.. mes deux enfants sont nés par césarienne, + ma grossesse extra-utérine.. ça je ne le leur ai pas raconté !

ce genre d'histoires, quand même, est à manier avec doigté ? ça l'a bien perturbé mon Alma..

Rédigé par: Christie | 13 nov 2009 15:00:51

Un beau récit de complicité mère-fille-soeur.
Les enfants ne se lassent pas d'entendre l'histoire de la rencontre de leurs parents, aïeuls..., leur existence tient à tellement peu de choses...

Rédigé par: swahili | 13 nov 2009 15:44:32

je trouve que tes filles ont de la chance, pour les histoires mais aussi pour la finesse quand tu as trouvé ce qui a perturbé Alma, je me souviens avoir demander mille fois à ma mère de raconter "la fois ou elle s'était trompée", mais finalement découvrir que son parent est faillible même si c'est un peu dur à admettre je suis sure que ça m'a aidé à grandir !

Rédigé par: alice | 13 nov 2009 19:58:49

Moi quand j'étais petite j'adorais que ma mère me raconte des histoires de quand elle était petite. Elle me racontait toujours les 3 mêmes histoires, mais je m'en fichais, j'adorais ça.

Rédigé par: Christie | 13 nov 2009 20:14:45

"les mamans sentent parfois qu'il y a des choses bonnes pour leurs enfants, même si certains enfants croient qu'ils préfèreraient rester tout le temps avec leur maman." pffoullalalala si tu savais comme je vais te la piquer celle-la.
Je vois qu'une fois encore Ann-so toi et moi avons un petit "bobo" en commun : la separation difficile avec l'un de nos enfants...Chiara est comme ça depuis toute petite et m'a souvent fait "payer" une absence comme un abandon (tu te rap son pb de propreté durant 1 an et demi!!) et même avec l'âge ça continue, alors oui bien sur maintenant on peut en discuter toutes les 2 mais combien de fois se prive t-elle d'un truc chouette sous pretexte que "non si tu n'es pas avec moi je n'y vais pas!" , et après "tu avais raison maman, j'aurais du y aller"...alors oui des fois je l'oblige comme pour le poney et je decouvre une enfant ravie, exaltée...et qui par un heureux miracle fait jurer sa mère 10 fois avant d'y aller chaque semaine de ne surtout pas rester pdt le cours...

Rédigé par: caro(roca) | 16 nov 2009 12:17:24

Ah la la moi rebelotte elle ne veut pas aller à la danse ce soir.. C'est compliqué nos petits, surtout quand ils ont des défauts qu'on a.. ou qu'ils les piquent à leur père !

Rédigé par: Christie | 16 nov 2009 13:30:08

La mienne aussi rechigne tous les mardis à aller à son cours de danse et en revient ravie. Chaque mardi depuis septembre, c'est la tirer par le bout du nez pour la laisser en ce cours qu'elle adore. C'est dur mais en même temps, je suis ferme car je sais qu'elle en sort satisfaite et grandie. Et je crois qu'une maman doit aussi aider l'enfant à faire ce qu'il aime même si tout seul cela lui semble infranchissable. Elle a aussi 4 ans et un petit syndrome de séparation, ici c'est un syndrome étudié, reconnu, compris je dirais meme et cela m'aide à mieux comprendre cette difficulté qu'elle peut avoir à se séparer de nous. Ouais être maman, c'est toute une bataille...

Rédigé par: Etolane | 17 nov 2009 05:23:05

Poster un commentaire






Ma Photo

mars 2010

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        

(...)


...