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Drôle de coup de fil reçu hier alors que je m'apprêtais à sortir. La soeur d'une belle cousine (la femme d'un cousin de Nico) cherchait à la joindre pour la prévenir qu'elles avaient perdu leur commun grand-père ; et comme la belle (cousine) est en vacances et fait partie de ces rares irréductibles qui refusent de posséder un téléphone portatif, sa soeur appelait tous les Vanbremeersch de Paris pour savoir si par hasard nous avions les coordonnées de son lieu de villégiature.
Je ne les avais pas.
- Je suis désolée pour votre grand-père...
- Oh vous savez, il était atteint de la maladie d'Alzheimer. Depuis plusieurs années, ce n'était plus lui-même... Sa mort a été un soulagement.
Cette phrase m'a peinée. Le détachement apparent. Cette manière de ne retenir que la fin et pas l'ensemble de la vie du défunt : la qualité d'être qu'il a incarnée, sa combinaison unique d'expériences, de désirs infinis... et puis, ce qui de lui survivra dans la jeune femme à l'autre bout du fil.
Et puis je me suis souvenue comment moi j'ai parlé de mon grand-père maternel après sa mort, et encore parfois aujourd'hui : en termes peu amènes ma foi. Et je me suis souvenue aussi que l'homme atrabilaire, arbitraire, colérique, était aussi démiurge, visionnaire, amoureux fou - et que sans ces qualités d'être, et d'une je ne serais pas née (Maman est la 7ème d'une fratrie de 8), et de deux nous n'aurions pas connu Belle Ile et cet endroit magique qu'il a créé avec ma grand-mère, et enfin ce désir de créer et de dire sans fin dont "je souffre" moi-même... eh bien c'est un peu de lui que je le tiens !
Grâce à cette inconnue à l'autre bout du fil, enfin je rends justice à mon propre grand-père. A ma manière je touche ce que peut être la résurection des morts : faire vivre en soi des morceaux de l'âme d'un défunt.
[ça n'a rien à voir, ou peut-être que si, mais je viens de terminer la lecture d'une très poignante histoire de grand-père !]
... Avant de partir en vacances et rejoindre mes chéries, je voulais partager avec vous un très beau morceau de musique de cet immense artiste fou et généreux, Antony and the Johsons, qui nous a remué les tripes jeudi soir à la salle Pleyel...
A bientôt mes douces et mes doux, mes pas si douces et pas si doux, je serai dans les parages alors n'hésitez pas à me laisser un petit mot par ci par là, à partager vos instants d'émerveillement ou un rêve qui vous vient, ou un livre vraiment top... Je vous embrasse tendrement.
[Je ne resiste pas à vous signaler cette théorie de remède à la crise...]
juillet 13, 2009 dans la petite voix | Permalink | Commentaires (11)
Bonnes vacances!!!!!!!
Rédigé par: lapetitecatherine | 13 juil 2009 11:21:56
Merci, chère Christie, pour la sensibilité et la douceur de ce post, qui, ma foi, fait bien réfléchir sur la notion de gratitude et de respect.
Bravo aussi pour la musique, cette voix poignante et androgyne.
Rédigé par: barbara nativel | 13 juil 2009 11:29:10
Christie tu es merveilleuse
et ce grand-père de qui tu tiens, devait etre merveileux
il a déjà beaucoup donné en "créant" cette famille si nombreuse
Oh que oui j espère encore m émerveiller cet été
grace à Louise je m émerveille un peu plus chaque jour
j ai bien aimé l article sur nos enfants maitres de vie dans le dernier psychologies magazine
nos enfants (petits enfants pour moi maintenant) nous apprennent à chaque instant à modifier notre regard, notre comportement, nos perceptions dans un mouvement de va-et-vient qui est celui de la vie
allez ce soir je vais m émerveiller devant le feu d artifice
gros gros bisous
Rédigé par: marijo | 13 juil 2009 20:00:00
Souffrir du doute de soi, cette utopie violente de la perfection à venir et puis, le travail encore et encore !
Étrange héritage d'un idéal, et le désir et son inhibition dans le même recommencement des pulsions contraires.
A-t-on d'autre choix, que ce manichéisme :
surmoïque ou égotiste ?
Nous ne sommes pas des héros.
Vivre, c'est se contredire et se contrefaire.
Soyons mystificateur de notre être !
Rédigé par: Égide | 13 juil 2009 22:28:57
J'aime bien le proverbe juif qui dit que les morts ne meurent vraiment qu'une fois qu'on arrête de parler d'eux... Quand j'étais petite, j'étais furieuse qu'on me dise que j'avais le même caractère que ma grande-tante, qui avait été une géniale grand-mère de remplacement pour moi pendant mes 8 premières années mais n'était à ce moment-là plus qu'une malade acariâtre dans son lit... Et pourtant... à sa mort et les derniers temps avant j'ai pu redécouvrir qui elle était et je suis maintenant fière de tenir d'une personne d'une telle qualité que même après 7 ans dans une maison pour personnes âgées ses amis venaient encore la voir toutes les semaines. C'est un sacré idéal de créer des amitiés d'une si grande valeur!
Sinon, question lecture, je te conseille "Ma Dolto" de Sophie Chérer en Médium (rayon ados! ^^)... Dolto y est racontée d'une très jolie façon...
Bonnes vacances!
Rédigé par: Titoune | 16 juil 2009 21:55:20
Pardon de m'immiscer comme ça. Mais je voudrais très respectuseusement manifester mon désaccord avec ton interprétation. Tu racontes que la cousine a dit que "ce n'était plus lui-même" : pour moi (qui connaîs de très près cette maladie, malheureusement), c'est clair qu'elle gardait, justement, un bon souvenir de son grand-père, des années avant la dégénérescence. Les dernières années de la maladie sont terribles (de plus en plus terribles, il faut dire pour être précis : parce que tout en elle est progressif – des fois imperceptiblement progressif) : le malade devient petit à petit une autre personne, pour les proches ça devient de plus en plus douloureux, on n'arrive pas à faire le deuil (mais il vaudrait mieux en être capable) de quelqu'un dont le corps est toujours vivant mais qui est parti il y a longtemps, on ne sait pas exactement quand. Et la mort, oui, est un soulagement : aussi bien pour les proches que pour le cher disparu, elle signifie la fin de souffrances atroces, la récupération, enfin pleine, des souvenirs des années un peu plus heureuses. Comme tu le suggères, ce détachement que ta cousine a montré n'est probablement qu'apparent. Ça cache sans doute des années et des années de doutes, de culpabilité et de peine. (Et on se demande à quoi bon la société se vante de l'augmentation de espérence de vie si c'est à ce prix, le prix d'un nombre croissant de démences séniles et d'une qualité de vie de plus en plus douteuse). ((Ce n'est pas mon intention de polémiser, je te demande encore des excuses pour cette irruption)).
Rédigé par: Pablo | 17 juil 2009 13:35:58
Oh non
tu as raison de remettre les pendules à l'heure cher Pablo. Je t'embrasse.
Rédigé par: Christie | 20 juil 2009 11:36:05
Coucou petite mère, bonnes vacances !!
Rédigé par: Cenina | 21 juil 2009 12:02:45
Belles vacances Christie, pleine de jolies photos, de cabanes, de fous rires et de magnifiques lectures ! Je repasse moi sur internet après une pause bien méritée au fin fond de la Nièvre, mais je repars tout août... Très bel été à toutes et à tous !
Rédigé par: Olympe | 24 juil 2009 17:23:10
Cette chanson est magnifique !
Rédigé par: lolo | 24 juil 2009 17:24:51
rhooo les vacances sont longues sans petit message de vous Christie !
Have fun
lutin
Rédigé par: lulu | 30 juil 2009 12:46:03
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