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Mars, ninja Christie


















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mercredi 03 juin 2009

la lumière qui change

What a mess 

Les travaux reprennent à la maison. Après la peinture étalée par nos soins (avec un  rapport temps passé - budget discutable), des professionnels viennent poser un parquet dans le salon et l'entrée.

Joie à la perspective d'avoir un appart' qui ressemble à autre chose - et crainte que ces belles lattes de bois ne changent rien à ma propension à tout bordéliser.

En attendant les poseurs de parquet, nous avons déplacé hier soir une partie des meubles - dans notre chambre, dans le bureau et même dans la salle de bain. En nous réveillant, surprise de voir la lumière éclairer l'entrée vide, d'une lumière différente des autres jours. Et mon bureau rempli de tous ces objets couleur fauve n'est pas oppressant comme je le craignais, au contraire, ça lui va bien...

Ranger, jeter, retrouver, réalouer l'espace. Donner un autre éclairage, rendre l'envie d'habiter bellement un lieu : la portée de nos petits travaux va bien plus loin que l'intention initiale, nous donne un regain de je ne sais pas quoi. Je suis bien contente.

["A 35 ans, on a tous raté quelque chose, et ça va en empirant."
Françoise Sagan

Je peine depuis hier sur ma définition de grandir. Tout ce qui me vient touche à l'avoir - une maison à moi, un troisième enfant.. - alors que je pressens que grandir touche à l'être. Peut-être que grandir, dans mon cas, c'est prendre conscience de l'impact que j'ai sur le monde et décider de le développer dans le bon sens. Mais il y a des jours où la tristesse et l'envie de disparaitre sont si encombrantes, que je ne sais pas quoi en faire.
Peut-être devrais-je les changer de pièce, comme pour nos meubles fauves - et ainsi renouveller mon regard sur elles. ]

juin 3, 2009 | Permalink | Commentaires (21)

Commentaires

Comme je me retrouve dans "propension à tout bordéliser" et cette façon que tu as de le formuler me réjouit follement ce matin !
Je ne veux pas faire mon oiseau de mauvais augure mais ici, le parquet n'a pas changé grand chose, du moins durablement mais bon, c'est beau !
C'est vrai que c'est toujours surprenant quand les meubles changent de place, quand on fait des travaux ou qu'on emménage dans un nouvel endroit, les changements de lumière, d'écho, tout çà, j'aime bien aussi, çà laisse plein de place aux rêves !
Jt'embrasse Christie, moi non plus je ne sais pas trop ce que signifie grandir...

Rédigé par: small head | 3 juin 2009 11:36:52

Changer la place des meubles, c'est choisir de changer de vie, ou bien grandir, ou bien les 2... ? Et si la vraie question était plutôt de "grandir autrement" ? c'est à dire de choisir une vie organisée de manière durable et fourmillant d'idées neuves en permanence, plutôt que de subir une vie où l'on cherche sans cesse une voie qui devient déplaisante ?
Le bordel dont tu parles est la forme la plus féconde du rêve, quand ce bordel est un choix de mode de vie, à tester et proposer en permanence des manières de vivre toujours plus durables, pour moi c'est cela le fourmillement nécessaire.

D'ailleurs, "grandir autrement" est un magazine plein de belles idées durables, je te le recommande.

Rédigé par: Mike - botaniste markéteux et écolo activiste | 3 juin 2009 11:48:56

et pourquoi grandir ce ne serait pas s'être suffisamment débarassé de ce qui nous encombre et faire l'expérience du souffle de l'Esprit dans notre vie ? C'était Pentecôte dimanche.

Un souffle qui vivifie, impulse, transforme et allège.

Rédigé par: Marie | 3 juin 2009 11:58:16

La phrase de Sagan est plombante.
C'est dit.

Chouchoute ta tristesse, prends-là par les sentiments, fais-en quelque chose (écris un texte un peu mélancolique, invente un personnage pour la porter, écris un dialogue...) et puis range-là dans une jolie boîte confortable, façon cocon, pour la laisser reposer.

Pour finir, si la citation de Sagan me plombe, je suis infiniment d'accord avec Marie et l'expérience du souffle, idée qui elle me donne des ailes. Et sacrées encore ;o)

Bonne journée Christie !
Bonne journée à tous !

Rédigé par: MarieMay | 3 juin 2009 12:39:59

Grandir, c'est être déjà, comme on s'imagine, comme on s'est créé, comme on veut devenir...
C'est faire grandir aussi d'autres, plus petits ou plus grands que soi
Grandir, c'est aimer !
C'est compliqué à définir...

Rédigé par: Olympe | 3 juin 2009 13:57:36

Connais-tu ce petit recueil d'aphorismes d'Alain Bosquet( certains sont parfois discutables, mais il y en a d'autres que j'aime beaucoup) qui s'intitule "Avoir empêche d'être" ?
J'aime particulièrement: "Arrose, arrose les cailloux: un jour peut-être ils se décideront à devenir primevères". J'en ai fait ma devise.

Rédigé par: Amélie | 3 juin 2009 14:07:59

Marie, MarieMay, concrètement c'est quoi faire l'expérience du souffle de l'Esprit?

Rédigé par: Viow | 3 juin 2009 14:31:43

J'ai changé moi aussi les meubles de place, lundi. juste un échange, mais ça change déjà bien la pièce... je songe à d'autres à tenter, et puis s'alléger, s'alléger... il faut que j'y arrive ! mais pour cela c'est si long. Trier, réaffecter à chaque chose une place, se retrouver dans un fouillis au milieu de l'opération, ne pas se décourager...
Il y a des choses sans cesse qui trainent. C'est que leur place n'est pas la bonne, mais je ne trouve pas de place idéale pour elles.

Rédigé par: miss*L | 3 juin 2009 16:14:51

Plombante, la phrase de Sagan ? Je ne sais pas...
Peut-être que je suis un peu fatiguée de toutes ces citations politiquement correctes censées donner de l'espoir et faire oublier qu'on navigue à vue. Du coup, cette phrase, d'une certaine manière me rassure, par son aplomb tranquille, ce constat qui n'est pas obligé d'être cynique.
Oui, on rate des trucs dans la vie. On n'a pas tous un super boulot, on ne vit pas tous de belles histoires d'amour, on a ou on n'a pas d'enfants (alors qu'on n'en voulait pas ou qu'on en voulait)
On n'en meurt pas (enfin si, mais à la fin). Next ?

Rédigé par: Milky | 3 juin 2009 16:18:53

je la trouve marrante la phrase de sagan ! elle me renvoie plus au lâcher prise qu'à un sentiment d'échec comme quoi... c'est un rêve rester suffisamment longtemps quelque part pour me l'approprier, faire des travaux, en plus avec du parquet tu vas pouvoir marcher avec des talons et embêter ta voisine du dessous

Rédigé par: alice | 3 juin 2009 16:56:55

Bon ben moi qui viens d'avoir 35 ans et qui ai plein de projets pas encore aboutis, elle me plombe cette phrase ;o)))

Quant à définir concrètement le souffle de l'Esprit, c'est un peu compliqué, je trouvais la formule de Marie parlante :"Un souffle qui vivifie, impulse, transforme et allège"

Rédigé par: MarieMay | 3 juin 2009 17:49:45

Grandir ?
Pour quoi faire ?
Continuer à sentir le souffle.
Affronter sereinement la mOrt.
??
Célébrer le faste de la vie sans en être dupe, célébrer le faste d'une vie sans confort qui n'a besoin pour fleurir qu'un peu de larmes et de lumière.
Sentir (et tu le fais tellement bien)la cognée du réel...

grandir, c'est surtout ne pas renoncer
grandir, c'est s'élever EN soi.

grandir, c'est TOUt changer en ne changeant AU FOND, rien, ou presque...

ça m'inspire tout ça.

Rédigé par: prumtiersen. immemory | 3 juin 2009 18:10:52

Je suis assez d'accord sur l'aplomb tranquille de la phrase de Sagan. C'est peut être dur mais c'est vrai, et en plus joliment dit... Et surtout c'est peut être ça grandir. Etre capable de regarder les choses en face sans frémir : que ce soit les enfants qui grandissent, une nouvelle naissance, ou l'absence d'enfants dans une vie, que ce soit la matérialité des choses, la fragilité des êtres ou même la mort. Peut être est-ce qu'on grandit juste en acceptant les choses comme elles sont, sans les imaginer autrement, avec un regard juste et honnête, honnête avec soi même surtout. Ce qui ne veut pas dire que grandir exclue de continuer à vouloir déplacer des montagnes (et à défaut les meubles) bien entendu.

Rédigé par: agnès | 3 juin 2009 18:48:14

Agnès, je partage tout à fait ton point de vue…
Dans Grandir je vois lâcher prise, accepter les choses, les situations, les gens tels qu'ils sont, si possible avec un regard bienveillant, vaste programme !

Rédigé par: Sandra | 3 juin 2009 20:25:02

C'est vrai qu'elle est d'un pessimisme crasse la phrase de Sagan ! Mais alors moi elle m'a fait un bien fou, un peu comme certains aphorismes de Ciora qui me font dire "Ah ben y'en a qu'ont plus envie de se jeter par la fenêtre que moi !" et ça me redonne le moral.. Pas sympa hein ? (Ceux-là sont morts mais avec les gens vivants, ça marche aussi..pff..)

Rédigé par: Christie | 3 juin 2009 21:22:42

ben moi, la phrase de Sagan, elle m'a rappelé une phrase de ma meilleure amie un jour où on parlait de la vocation religieuse, quelques temps avant son entrée au couvent:"tu sais, si a 35 ans on n'est pas marié, il faut se demander si on n'avait pas en fait une vocation religieuse qu'on aurait pas voulu écouter..." ça m'avait d'abord fait flipper, avant de me faire rire, par ce côté catégorique: pourquoi 35 et pas 34 et demi ou 35 et demi? ou 33 ou 36...

Rédigé par: Titoune | 3 juin 2009 22:37:17

... Je connais aussi des personnes qui avaient une vocation pour le célibat et qui ont fait de grandes choses ; et d'autres qui se sont mariées sur le tard, 37, 38 et même 50 ans, et qui sont heureuses.. heureuses en ménage ! Cet amour attendu si longtemps, elles le vivent chaque jour comme une bénédiction. Je les regarde comme des modèles tu penses bien, ces femmes de 55, 60 ans qui couvent leur homme du regard.

Rédigé par: Christie | 3 juin 2009 22:58:18

Heureusement, qu'on a tous raté quelque chose à 35 ans, sinon, on n'aurait pas vécu jusque là... Et tant mieux si ça va en empirant, parce que ça veut dire qu'on continue à vivre!

Rédigé par: Lola | 4 juin 2009 02:47:54

Lola vient de dire tout pile ce que je me suis dit hier, en lisant your note, Christie, et cette phrase de Sagan [qui m'a plutôt fait sourire!...sa justesse, son réalisme...J'ai voulu laisser un petit commentaire, mais l'a pas voulu passer, un truc de data chépaquoi].
Faut peut-être juste savoir quoi faire de ses ratages, pour grandir et s'élever EN soi, comme dit prumtiersen...

Rédigé par: Snödroppe/Sophie | 4 juin 2009 08:38:16

que faire avec ce qui est ?
et non pas avec ce que j'ai rêvé, imaginé, projeté, construit...
voilà moi aujourd'hui ce que je vais tenter de faire pour avancer, pas à pas.
avec confiance vers ce qui est à venir, et que pourtant je ne vois pas.

Rédigé par: Raphaële | 4 juin 2009 08:42:51

La phrase de Sagan m'a tellement titillée que je l'ai adoptée, finalement... Comme quoi ! ;o)

Rédigé par: MarieMay | 4 juin 2009 20:51:52

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