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Mars, ninja Christie


















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mardi 07 avril 2009

à qui appartiennent les lieux aimés ?

La fregate

Hier quand je suis arrivée sur la petite place devant le kiosque pour retrouver ma cousine Raf, j'ai eu la mauvaise surprise de voir que notre salade-bar habituel était fermé pour travaux. "Ca va devenir une brasserie", m'annonça Raphaèle. "J'ai l'impression qu'ils ont vendu."

Un lieu qui ferme, un autre qui ouvre : rien de grave. Mais en mangeant un bagel caoutchouc sur une table moche, je pense à l'adorable jeune femme blonde qui nous servait. Aux bouquets de roses rouges qu'elle disposait à droite à gauche. Aux fauteuils profonds pas pratiques pour manger, mais profonds. A son délicieux cake aux pommes. Aux trois adorés que j'aimais retrouver là.

C'est sûr, un lieu pareil au centre de Paris, et pas cher en plus, ça ne pouvait pas durer. D'ailleurs je le sentais, son air triste depuis quelques mois, j'aurais dû m'en douter..

Mais quand même. Je suis venue la semaine dernière et elle ne m'a rien dit, pas prévenu qu'elle allait vendre ! Toujours ça m'estomaque, cette dychotomie entre l'accueil chaleureux des commerçants et puis parfois on les croise dans la rue et ils ne nous reconnaissent pas. Ou alors, ils partent sans prévenir. Comme ça, au bout de 7 ou 8 ans que je venais, pftt, envolés sans laisser d'adresse.

Accepter la liberté des autres : c'est le plus dur. 

Et puis une fois que j'ai digéré (le bagel, la trahison, la liberté, tout !), exercer mon propre esprit d'aventure pour aller prospecter de nouveaux lieux à nous avec mes adorés.

[Photo prise sur la plage de Bordardoué à Belle-île. Je n'y suis pas retournée depuis que mes oncles ont décidé de vendre notre maison.]

avril 7, 2009 dans Les lieux | Permalink | Commentaires (9)

Commentaires

Meme impression avec une boulagerie en bas de chez moi. Nous y sommes allés tous les matins pendant 4 ans, nous avons été invités à l'anniversaire du boulanger (oui, invités !!!) et ils sont partis sans en parler.
Apparement, ca ne se fait pas dans le commerce. On a appelé, et ils nous ont dit que c'était comme ça, que personne ne le faisait, que c'était mauvais pour les affaires ou que sais-je. Incompréhensible.

Rédigé par: emmanuelle | 7 avr 2009 10:51:14

Ah, tu vois, moi je suis en train de me demander si je vais prévenir mes clients chouchous que je quitte le magasin dans un mois... Tentation de partir sans rien dire - en plus j'ai peur que ça n'arrive comme un cheveu sur la soupe: "Tiens, au fait, je pars..."
... Et en même temps, j'ai envie qu'ils sachent (voire qu'ils m'accompagnent dans mon nouveau projet, qui sait?)
Compliquées ces relations commerçant-client. On est présent dans leur quotidien mais sans y mettre trop d'affectif - dans mon cas en tout cas - mais une chose est sûre: quand le reste se passe mal, ce sont eux qui sauvent tout...

Rédigé par: Marie | 7 avr 2009 11:08:22

Ben dans mon petit village, quand les deux épiceries ont fermé à quelques années d'intervalle, on l'a toujours su à l'avance... une façon pour les gens qui les ont tenues de remercier les clients je crois, d'être clairs avec eux sur le devenir du magasin... ce n'est pas pour ça qu'on n'a pas toujours un petit pincement au coeur quand on passe devant...

Rédigé par: Titoune | 7 avr 2009 13:43:26

C'est sûr, un client n'est généralement pas un ami pour un commerçant, un restaurateur, le propriétaire d'un bar sympa... Et nous, est-ce qu'on va les avertir quand on déménage ou, pire, quand on se lasse d'eux, quand on arrête d'aller chez eux acheter le pain ou prendre un café parce qu'on a trouvé une autre boulangerie qui nous plaît davantage, un autre endroit où boire le thé... ? (Sinon, il y a ce beau film de Wong Kar-Wai, "My Blueberry Nights", où Jude Law, qui tient un café à New York, reçoit des cartes postales de Norah Jones, une cliente, lorsque celle-ci quitte la ville – et devient à son tour serveuse qui se lie d'amitié à certains de ses clients...).

Rédigé par: Pablo | 7 avr 2009 13:53:54

Je trouve très émouvant de partir sans rien dire. Et souvent plus sage. A quoi bon les effets d'annonce ?
Quoi de plus sincère qu'un dernier regard honnête, un dernier sourire léger.
L'annonce d'un départ change toujours l'attitude, en trop ou pas assez.
Et comment réagir juste d'ailleurs ? alors que tout ce qui importe ce sont les souvenirs et les bonheurs qui s'y attachent.
Juste garder tout ça intact et partir sur la pointe des pieds, si possible sans laisser d'adresse. Pour mieux revenir un jour comme si de rien n'était...

Rédigé par: agnès | 7 avr 2009 14:14:33

Nous cet été, c'est Belle-île, notre destination vacances... Encore faut-il que l'on trouve une location...Quel dommage pour vous la vente de votre maison... Il n'y a pas selon moi lieu plus dynamisant que Belle-île...

Rédigé par: Carminette | 7 avr 2009 15:56:32

Oui c'est dur
et à la fois, le fait de ne plus avoir cette maison me conduit à m'investir dans d'autres endroits.

Carminette je peux peut-être te mettre en contact avec des gens qui louent leur maison cet été.. écris moi un mail si ça t'intéresse.

Rédigé par: Christie | 7 avr 2009 16:15:13

Oh bé moi j'ai été lachée par mon petit garagiste du coin, j'ai tel pour prendre un rdv et je suis tombée sur son épouse "ah mais il est à la retraite ma bonne dame! il vous a pas prévenu il aurait pu quand meme je vais lui faire la remarque"
^^

Rédigé par: lapetitecatherine | 7 avr 2009 18:23:07

Catherine, c'est chou l'histoire du garagiste, j'imagine sa femme lui faisant la morale après...

Rédigé par: Titoune | 8 avr 2009 15:43:08

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